Un nouveau génocide 10 ans après le Rwanda dans l'indifférence générale


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  #1  
Vieux 02/04/2004, 10h10
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Par défaut Un nouveau génocide 10 ans après le Rwanda dans l'indifférence générale

Soudan. Une «politique de nettoyage ethnique» sévit au Darfour


Alors que le sud du pays est en passe de se pacifier, la région de l'ouest est ravagée depuis plus d'un an par une guerre quasi ignorée du reste du monde où les principales cibles sont les civils

La guerre dans le désert et les montagnes du Darfour, à l'ouest du Soudan, commence tout juste à attirer l'attention de la communauté internationale. Et pourtant l'échelle des dégâts est énorme. Selon Mukesh Kapila, coordinateur des affaires humanitaires de l'ONU au Soudan, il s'y déroule actuellement «la plus grande catastrophe humanitaire» de la planète.

Plus d'un million de personnes ont été affectées par «une politique de nettoyage ethnique» dans ce conflit opposant, depuis février 2003, les rebelles du Mouvement de libération du Soudan aux milices arabes Janjaweed et à l'armée soudanaise. Le tableau dressé par Mukesh Kapila est celui d'une guerre atroce, cachée aux yeux du monde, caractérisée par la politique de la terre brûlée et les viols systématiques. Quelque 120 000 personnes ont trouvé refuge juste de l'autre côté de la frontière, au Tchad, et vivent sous la menace permanente d'incursions des Janjaweed. D'après l'ONU, 700 000 civils du Darfour sont également déplacés à travers le Soudan. Il n'y a pratiquement aucune information sur leur sort.

Selon Mukesh Kapila, la situation y est comparable à celle du génocide rwandais en 1994. Même si le bilan des victimes est très loin des 800 000 morts rwandais. «J'étais au Rwanda durant le génocide, a-t-il déclaré. Le niveau de violation des droits de l'homme au Darfour y est semblable. C'est davantage qu'un simple conflit. C'est une tentative organisée de se débarrasser d'une population. Je ne comprends pas pourquoi la communauté internationale n'en fait pas plus pour arrêter cette catastrophe.»

Le haut responsable onusien raconte comment l'attaque surprise d'un groupe de miliciens Janjaweed s'est transformée en viols collectifs, voici deux semaines, dans le village de Tawila, au Nord Darfour. «75 personnes ont été tuées. Toutes les maisons, le marché et un centre de soins ont été pillés. Après cela, ils ont incendié le marché. Plus d'une centaine de femmes ont été violées. Six d'entre elles devant leurs pères, qui ont ensuite été tués. Environ 150 femmes et 200 enfants ont été enlevés.»

Khartoum accusé

Le régime islamique de Khartoum a été ouvertement accusé par de nombreux observateurs de soutenir les Janjaweed, en armes comme en moyens logistiques. Mukesh Kapila, lui, évite de mener une attaque frontale contre le gouvernement. Elle risquerait de rendre encore plus restreintes les opérations de l'ONU au Soudan. Mais il affirme que les bombardiers Antonov et les hélicoptères gouvernementaux continuent de prendre des civils pour cible. Il accuse également les autorités de Khartoum de détourner les regards lorsque les Janjaweed commettent des atrocités, et de multiplier les obstacles administratifs pour envoyer de l'aide humanitaire.

L'ONU et plusieurs ONG réclament un rapide cessez-le-feu afin d'accéder au terrain sans risquer de se faire attaquer. Elles ont aussi fait part de leur inquiétude de voir le conflit au Darfour miner les pourparlers de paix engagés pour mettre fin à l'autre guerre du Soudan: celle qui oppose depuis vingt et un ans le gouvernement et les rebelles sudistes de la SPLA, sur fond de tribalisme, de religion, de sous-développement et d'accès au pétrole. C'est la guerre la plus ancienne dans le plus grand pays d'Afrique. Darfour ne fait que commencer.

Lundi 29 Mars 2004 - Le Temps - par MASCIARELLI, Alexis
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  #2  
Vieux 02/04/2004, 10h50
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slt,
juste quelques rectifications,
à Darfour, il n y a pas de politique de nettoyage ethnique, ni problèmes d'ordre religieux comme laisse entendre l'article!!!
les rebelles de Darfour bénificient du soutien du parti de la nation, présidé par sadiq almahdi qui est un arabe, aussi par le parti du marghini qui est un arabe aussi le grand parti "congrès populaire" présidé par hassan Tourabi qui est un arabe aussi, islamiste, l'ex théoricien du régime islamique soudanais,
justement , hier il a été arrêté par la police
, apparemment il prévoyait de renverser le gouvernement( d'après les militaires) pour une justice à Darfour, ......
et aussi pour une politique du "régionalisme" qualifiée de "tribalisme" par le gouvernement.
auusi un autre point les arabes et les africains de Darfour sont des musulmans à ma connaissance.

Donc le Pb n'est d'ordre ethno-religieux,
c'est plutôt un pb de revendications sociales, de justice, d'égalité,....
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  #3  
Vieux 02/04/2004, 12h48
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Salut Kouakou,

Je suis bien d'accord que ce conflit n'est pas d'ordre religieux, puisque tous sont musulmans... L'article parle de conflit d'ordre religieux pour celui qui a sévi pendant une 20aine d'années dans le Sud-Soudan (qui opposait les musulmans aux chrétiens/animistes).
Mais le conflit qui se déroule actuellement au Darfour est tout de même d'ordre éthnique/tribal (apparemment, à la base, éleveurs contre agriculteurs)... Et les tribus janjawids (éleveurs) sont soutenues ou commanditées par le gouvernement de Khartoum (islamiste).
Voir ci-dessous une article du Monde d'aujourd'hui...
Il n'est reste pas moins que ce conflit est complètement oubliés des médias et des politiques... :-(


La guerre provoque une grave crise humanitaire dans l'ouest du Soudan.
Pour tenter de trouver une issue à la guerre civile qui les oppose, depuis février 2003, au gouvernement de Khartoum, les rebelles du Darfour (ouest du Soudan), avaient exigé de négocier en "terrain neutre".

C'est finalement à N'Djamena, dans la capitale du Tchad voisin, qu'un cycle de négociations - le quatrième - s'est ouvert, mercredi après-midi 31 mars. Les pourparlers précédents n'avaient abouti qu'à deux cessez-le-feu jamais respectés. Auront-ils plus de chances cette fois ? A tout le moins, les ennemis du Darfour peuvent compter sur l'attention de la communauté internationale, manifestée par la présence d'observateurs de l'Union européenne (UE) et de l'Union africaine (UA).

L'objet même des négociations entre la délégation de Khartoum, d'un côté, celles du Mouvement/Armée de libération du Soudan (SLM/A) et du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), de l'autre, n'est pas clair. Parmi les revendications des rebelles figure, en plus du cessez-le-feu, un "volet politique" qui inclut le désarmement des miliciens soutenus par l'armée soudanaise, le partage des ressources du pays et le déploiement d'observateurs internationaux au Darfour.

Le gouvernement, de son côté, a affirmé n'accepter le principe des négociations qu'à condition que ses interlocuteurs n'émettent aucune "condition préalable" à un cessez-le-feu.

Or, le temps presse. Depuis un an, l'armée soudanaise, débordée par la rébellion, a recours à des milices recrutées parmi les tribus arabes nomades. Ces "janjawids", comme on les surnomme, mènent une politique de terre brûlée qui soumet les villages au meurtre, au viol et au pillage.

Ces exactions, répondant aux attaques du SLM/A et du JEM contre des cibles militaires soudanaises qualifiées par Khartoum d'"actes de banditisme", n'ont d'abord suscité que peu de réactions à l'étranger. Les rebelles qui venaient de prendre les armes étaient inconnus, le terrain difficile et les témoins extérieurs rares.

VILLAGES BRÛLÉS

Mais il est désormais impossible de continuer à ignorer le bilan de l'insurrection au Darfour : dans cette région, la plus peuplée du Soudan avec 7 millions d'habitants, les observateurs font état de 3 000 morts, 800 000 déplacés et 110 000 réfugiés au Tchad. Encore ces chiffres pourraient-ils être sous-estimés. Depuis décembre 2003, une offensive de l'armée soudanaise, appuyée par des janjawids, a porté des coups sérieux à la rébellion.

La partie nord du Darfour est à présent pratiquement vide de rebelles, mais aussi d'habitants, et l'opération se poursuit dans la partie sud de la région. Des membres d'une organisation humanitaire qui y ont circulé dans les premiers mois de 2004 ont croisé, à de multiples reprises, des groupes de janjawids d'un millier de cavaliers, qui s'attaquaient aux villages avant de les incendier. "Quand on se déplace sur les grands axes, on voit de la fumée partout. On se demande comment il peut encore rester des villages qui n'ont pas été brûlés", témoigne l'un d'entre eux.

Lors d'une audience, début mars, devant la Chambre des représentants, à Washington, Roger Winter, administrateur adjoint de l'agence de développement américaine US Aid, a qualifié le Darfour de "crise humanitaire la plus importante d'Afrique, et peut-être du monde".

Quant au coordinateur humanitaire des Nations unies au Soudan, Mukaesh Kapila, il a affirmé, en quittant son poste, début mars, que, selon ses propres estimations, le nombre des victimes pourrait désormais s'élever à 10 000. Inquiétude relayée par un groupe de huit experts des droits de l'homme des Nations unies, qui ont rendu public, le 26 mars à Genève, le résultat de leur travail sur la région. Ils dénoncent les abus "systématiques" commis par le gouvernement et les janjawids qui "attaquent des civils, violent les femmes et les jeunes filles, kidnappent des enfants, pillent des villages, détruisent le bétail". Ils insistent sur la "nécessité absolue d'identifier les auteurs" de ces exactions.

Depuis février, la pression sur le gouvernement soudanais s'est accrue. Lorsque le président américain George Bush a appelé son homologue soudanais Omar Al-Bachir, à la mi-mars, pour le presser de conclure l'accord de paix avec la rébellion sudiste, il lui a également demandé de mettre fin aux actions des janjawids. Les miliciens commencent à devenir encombrants, alors que le Darfour est en voie d'être écrasé.

Une tentative de désarmer certains d'entre eux ayant échoué, une autre solution a été tentée. Selon des sources concordantes, des éléments de l'armée tchadienne sont intervenus en territoire soudanais pour y combattre les janjawids, avec l'appui de Khartoum.

"On peut se demander si, au fond, les janjawids ne sont pas également les victimes, à leur façon, des manœuvres du gouvernement, qui a provoqué les exactions sans se salir les mains", s'interroge Roland Marchal, spécialiste de la Corne de l'Afrique au Centre d'études et de recherches internationales (CERI).
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  #4  
Vieux 02/04/2004, 13h37
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oui lola, il y a des points ou je suis d'accord d'autres pas, depuis pas mald'années je suis de près ce qui se passe au soudan, à mon avis même le conflit au sud (chrétien/animiste/musulman, majoritairement animiste), n'est du tout d'ordre religieux (la religion est un facteur parmi autres), moi je dirais que le sud connais des problèmes et conflits depuis une 50aines d'années, avec des gouvernements ( commmunistes, marxistes(athèes), nationaux "démocrates", les islamistes, ....), le côté religieux du conflict ne s'est apparu que depuis 1989( état islamiste selon le modèle conçu par Hassan Tourabi).
au sud même entre animistes et chrétiens il y a eu tjrs des conflits surtout entre la tribu DINKA à laquelle appartient (Jhon Garangue), et d'autres tribus (animistes ou chrétiènnes) du côté du gouvernement.
les revendications du sud étaient depuis 1950, de nature sociale, justice,... le côté religieux c'est avec l'intervention des évangélistes américains qui ont déclaré la guerre sainte(croisades), leur chef religieux est un copain intime de Bush!!!

Aussi pour le gouvernement du khartoum, à mon avis il était islamiste, mais là après l'"élimination" de son théoricien (Hassan Tourabi, très conniu en occident, doctorat de philosophie(Sorbonne)), moi je parle de gouvernement islamique modèle de Bachir/Taha :-D

pour finir la cause de Darfour est juste, il faut les soutenir, is ne demandent (d'après les rebelles que d'avoir des écoles, des hôpitaux, un travail,....)
;-)
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  #5  
Vieux 02/04/2004, 16h37
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Tu es une véritable experte ;-)
Je travaille en toute petite partie en relation avec le Soudan, mais je vois que tu es bien calée sur la question !
D'où te vient cet intérêt particulier pour ce pays ?
Ca me désespère de voir tous les conflits oubliés qu'il y a sur notre petite planète, et tous ces gens qui souffrent loin de la mondialisation médiatique... :cry:


J'ai un peu l'impression de discuter avec moi même(cf avatar ;-))
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  #6  
Vieux 02/04/2004, 17h06
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Citation:
lola13 a écrit*:
Tu es une véritable experte ;-)
Je travaille en toute petite partie en relation avec le Soudan, mais je vois que tu es bien calée sur la question !
D'où te vient cet intérêt particulier pour ce pays ?
Ca me désespère de voir tous les conflits oubliés qu'il y a sur notre petite planète, et tous ces gens qui souffrent loin de la mondialisation médiatique... :cry:


J'ai un peu l'impression de discuter avec moi même(cf avatar ;-))
c'est marrant on a le même avatar ;-) esthétique

sauf que moi je suis de couleur bleu, autrement je suis un mec, un gars, un mssieur, un gentlman :-D ;-)
lola je m'intéresse à tous les conflicts, les points chauds,... et j'aime bcp lire, ce qui fait je m'arrête pas aux faits et événements, mais je cherche les origines.
:rose:
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  #7  
Vieux 02/04/2004, 17h31
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Dans l'ex-zaïre , mine de rien , ils en sont déjà à près de 4 millions de morts.
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  #8  
Vieux 02/04/2004, 18h17
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Citation:
par Wasinegh le 2/4/2004 à 16:31

Dans l'ex-zaïre , mine de rien , ils en sont déjà à près de 4 millions de morts.
Hé oui mine de rien, il faut savoir que lors de la guerre civile au Rwanda, lorsque qu'aprés un mois seulement de combats lors ce que la radio télévision nationale rwandaise a annoncé le chiffre de 500 000 MORTS, c'est passé inapercu et tu sais pourquoi ?

Ayrton Seyna était mort le même jour à immola :chepa:
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  #9  
Vieux 02/04/2004, 18h51
 
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c simple au ruwanda il nya pa de petrole :-D 8-) :-x
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  #10  
Vieux 03/04/2004, 21h59
Avatar de pocoloco
 
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C'est pas nouveau, la castagne entre nordistes et sudistes. C'est depuis l'indépendance, en 1956.
Et puis, on a jamais été aussi près de la paix en dépit des récentes escarmouches du Darfour.
Il est clair que le Nord arabe reconnaîtra l'autonomie du Sud noir.

C'est si rare, les bonnes nouvelles....
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