L’épicier « arabe » et le Monop’ : un combat inégal


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  #1  
Vieux 29/12/2008, 17h03
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Jbilou
 
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Par défaut L’épicier « arabe » et le Monop’ : un combat inégal


En moins d’un an, trois épiceries « arabes » d’un même quartier ont définitivement fermé leurs portes. Certes, la spéculation immobilière qui engendre une flambée des baux commerciaux apporte une première explication à ce phénomène. Dans la majorité des cas, ces fermetures se sont faites au profit d’agences bancaires et immobilières ou de restaurants asiatiques. Toutefois, l’installation des Monop’ (Monoprix), des Ed et Leader Price, au cœur même des quartiers, reste l’une des raisons majeures de ce phénomène.

Citation:
Fin d’une tradition

Dans l’imaginaire collectif, populaire, le bon vieil « épicier arabe du coin » sert « à dépanner ». C’est le dernier recours quand tout est fermé et qu’un article s’avère indispensable au repas du soir ou introuvable ailleurs. Ouvert même le dimanche ce bon épicier du coin joue le rôle d’une petite « Samaritaine » où l’on trouve de tout : du ghassoul (savon noir), de l’eau distillée de fleur d’oranger, de la gomme arabique, de l’huile d’argan, rangés pas loin du thé et du Coca, des malabars et de la semoule fine.

Mais l’épicier « arabe du coin », c’est plus qu’un simple commerçant. Il est le gardien d’une tradition populaire faite de convivialité et de disponibilité, un acteur social, une figure emblématique du commerce ethnique et communautaire. Il incarne à la fois le petit commerce de proximité et l’immigré, « arabe du coin » venu de loin, il y a longtemps, du Souss marocain, de la Kabylie et du Mzab Algériens ou de l’île tunisienne de Djerba et qui a fait souche dans le quartier en dépit de tout.

L’image d’Epinal, « l’arabe du coin », résiste à toutes les évolutions. En effet, si l’appellation « arabe du coin » a pris le dessus et est devenue une étiquette, un label, tous les épiciers ne sont pas arabes. Ils ne s’appellent pas tous Ali ou Ibrahim et toutes les épiceries ne sentent pas le ghassoul et la gomme arabique. De même, les vendeurs-transporteurs de charbons, les raboteurs, les vitriers d’autrefois et les cafetiers de Montparnasse n’étaient pas tous Bretons, mais Auvergnats, Basques, Savoyards et même polonais ou italiens.

De nombreuses épiceries de quartiers sont tenues et depuis longtemps par des personnes de nationalités et d’origines ethniques diverses. Des arabes et des berbères , certes, mais aussi des chinois, des vietnamiens, des pakistanais et des turcs.

Beaucoup de ces épiciers, dignes représentants des premières générations d’immigrés, ont cédé leurs commerces à des jeunes (fils, cousins ou neveux) nés sur le sol français, maitrisant non seulement la langue et la culture locale mais aussi les règles comptables et les subtilités des liasses fiscales. Ce renouvellement et ce rajeunissement sont à l’origine de l’évolution qualitative que connaissent ces épiceries au niveau de leur gestion et de leur l’organisation. Elles sont mieux rangées, bien achalandées, les codes barres ont remplacé les veilles étiquettes écrites à la main. Souvent, les fameux panneaux : « Alimentation générale », ont cédé la place à des enseignes plus modernes qui portent des noms bien « d’ici ».

Malheureusement, et en dépit de cette évolution et cette adaptation, le phénomène de disparition des petits commerces n’épargne pas les épiceries traditionnelles. L’introduction en France du concept américain de Daily Monop’ (ouvert 24 h/24) et la prolifération des nightshops (Belgique) rendent cette disparition inéluctable.

Les germes du déclin

Beaucoup de communes rurales ou périurbaines (moins de 500 habitants) ont souffert de l’installation massive de grandes surfaces commerciales à leurs portes. Elles ont perdu leurs commerces traditionnels (boulangerie, fleuristes, bouchers, poissonniers) et dans de très nombreux cas, leurs marchés hebdomadaires.

Les commerces dits communautaires, les coiffeurs antillais, les bouchers et boulangers maghrébins, les épiciers asiatiques, turcs, berbères ou arabes, souvent installés au cœur des quartiers, sont restés à l’abri de la poussée des grands enseignes qui prospèrent dans la périphérie des villes.

Les épiceries traditionnelles, implantées depuis des générations au sein de ces quartiers, tiraient plus au moins leur épingle du jeu grâce à un mode de fonctionnement particulier : ouverture tardive et dominicale, disponibilité et convivialité.

Mais, l’installation de Monop’ et autres Ed et Leader Price dans ces mêmes quartiers a considérablement changé la donne. Inspirés d’un concept japonais, « les magasins de convenance », ces enseignes mettent également en avant des arguments forts telles que la proximité, l’amplitude horaire (21h et 22h), la livraison à domicile, pratiquent des rabais sur des produits alimentaires de base et proposent même des crédits à la consommation.

Pris ainsi à leur propre jeu, les épiciers « arabes du coin » ont de plus en plus du mal à résister à cette concurrence directe et proche. Crise économique oblige, les clients préfèrent ces enseignes qui leur proposent, en plus de la proximité, la qualité des produits et, surtout, des prix nettement inférieurs à ceux pratiqués par l’épicier « arabe du coin ».

Certes, la carte de la convivialité et de la qualité reste un argument de poids que certains artisans tels que les boulangers, les bouchers voire les poissonniers et les fleuristes, peuvent encore mettre en avant pour résister à la poussée des Monop’ et autres enseignes. Mais, le combat reste inégal et David aura, cette fois ci, beaucoup de mal à terrasser Goliath.

Les épiceries traditionnelles, plus familièrement nommées les « arabes du coin » ne peuvent longtemps résister à l’installation de ces enseignes au cœur des quartiers et parfois en face d’elles. L’assouplissement de la législation sur le travail du dimanche, la vente par correspondance qui vit une véritable révolution grâce à l’internet, vont accentuer leurs difficultés et rendent ce phénomène de déclin et de disparition de plus en plus inévitable.

Léo ferré chantait, il y a plus de 30 ans, pour exprimer la tristesse et la nostalgie du temps qui passe : « avec le temps va, tout s’en va, même les chouettes souvenirs ». La disparition des épiceries traditionnelles annonce en effet la fin d’une époque et consacre le triomphe de concepts commerciaux impitoyables (Daily Monop’ et nightshops) où seule compte la rentabilité à outrance. Avec elles disparaîtront à jamais de nos quartiers des repères, des visages familiers, des silhouettes habituelles et un modèle commercial spécifique qui a fait ses preuves comme moyen d’intégration économique et sociale de plusieurs milliers de maghrébins.

« Je laisse aller un mort, un évêque, un roi, sans y faire attention ; mais je ne vois jamais avec indifférence un épicier », écrit Honoré de Balzac (1799-1850) dans son livre, L’épicier, (1840). Que dire de plus. C’est le plus beau et le plus ample hommage qu’on puisse faire aujourd’hui à nos épiciers « arabes du coin ».

Mohammed Mraizika
Il auraient plutôt du mettre épicier berbère vu qu'ils le sont quasiment tous, mais c'est vrai que pour le français lambda, c'est un épicier arabe
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  #2  
Vieux 29/12/2008, 18h07
Avatar de Kamui
bladinaute averti
 
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Par défaut Re : L’épicier « arabe » et le Monop’ : un combat inégal

Un soussi fait travailler combien de personne? 4, tous de sa famille.

Un super marché? Une bonne centaine directement, des milliers en amont.

Sans oublier que le marché libérale est de loin préférable à une protectionnisme nostalgique.

Vive le fric, vive les multinationales.
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  #3  
Vieux 29/12/2008, 18h19
Avatar de AVICENNE84
arabian jaguar
 
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Par défaut Re : L’épicier « arabe » et le Monop’ : un combat inégal

msakin déjà qu'ils ne gagnaient pas grand choses

Dernière modification par AVICENNE84 ; 29/12/2008 à 18h25.
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  #4  
Vieux 29/12/2008, 18h23
Avatar de Nbarch
 
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Par défaut Re : L’épicier « arabe » et le Monop’ : un combat inégal

Mr Mraizika n'a rien d'autres à faire que d'épiloguer sur les épiciers avec 20 ans de retard...
Les super marchés avaient balayés les épiceries il y a plus de 20 ans...
Les épiceries arabes ont résisté et résistent toujours tt simplement parce qu'elles correspondent à un créneau, ils sont ouvertes très tard, ce que ne peut faire aucune grande ou moyenne surface
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  #5  
Vieux 29/12/2008, 18h32
Avatar de Maleklajet
 
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Par défaut Re : L’épicier « arabe » et le Monop’ : un combat inégal

Citation:
Envoyé par AVICENNE84 Voir le message
msakin déjà qu'ils ne gagnaient pas grand choses
les epiciers gagnent tres bien leurs vie ! plus de 5000e de benef/mois
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  #6  
Vieux 29/12/2008, 18h48
Avatar de AVICENNE84
arabian jaguar
 
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Par défaut Re : L’épicier « arabe » et le Monop’ : un combat inégal

Citation:
Envoyé par Maleklajet Voir le message
les epiciers gagnent tres bien leurs vie ! plus de 5000e de benef/mois
pas chez moi en tous cas , meme si ils gagnent 5000 euros par mois c'est mal payé par rapport aux nombres d'heures travaillées
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  #7  
Vieux 29/12/2008, 18h55
Avatar de raynox
Jbilou
 
Date d'inscription: janvier 2008
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Par défaut Re : L’épicier « arabe » et le Monop’ : un combat inégal

Citation:
Envoyé par AVICENNE84 Voir le message
pas chez moi en tous cas , meme si ils gagnent 5000 euros par mois c'est mal payé par rapport aux nombres d'heures travaillées
5000 euros même s'ils font beaucoup d'heures, c'est pas mal du tout surtout pour qqn de non diplômé. C'est largement plus que 2fois et demi le salaire moyen en France.

Après il faut savoir s'ils se font vraiment 5000Euros/mois ...
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  #8  
Vieux 29/12/2008, 18h56
Avatar de Nbarch
 
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Par défaut Re : L’épicier « arabe » et le Monop’ : un combat inégal

Citation:
Envoyé par AVICENNE84 Voir le message
pas chez moi en tous cas , meme si ils gagnent 5000 euros par mois c'est mal payé par rapport aux nombres d'heures travaillées
Dans ma ville, il y'en a 6 personne n'a fait faillite...
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  #9  
Vieux 29/12/2008, 19h02
Avatar de AVICENNE84
arabian jaguar
 
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Par défaut Re : L’épicier « arabe » et le Monop’ : un combat inégal

Citation:
Envoyé par Nbarch Voir le message
Dans ma ville, il y'en a 6 personne n'a fait faillite...
chez moi non plus , il doit y en avoir une douzaine dont un très bon copain à moi c'est pour ça que la somme de 5000 euro m'a paru excessive , le principal revenu de ces épiceries c'est l'alcool , mon pote vend à peu près 5 palettes d'une célebre marques hollandaise de bieres
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  #10  
Vieux 29/12/2008, 19h14
Avatar de binouze
larabix berbericus
 
Date d'inscription: septembre 2008
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Par défaut Re : L’épicier « arabe » et le Monop’ : un combat inégal

leur ennemi s appelle casino24,ouvert 24/24 et moins cher
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arabe, berbere, épicier

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