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#31
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| ...voici une analyse que j'ai trouvée assez interessante au sujet du chef-d'oeuvre de Camus: "l'Etranger"..... Plus que incarner l'absurde, Meursault nous semble fonctionner de révélateur: à travers l'opacité épaisse de sa conscience (à laquelle le lecteur accède grâce au récit à la première personne), il nous permet d'entrevoir, d'un regard libéré de notre personnel besoin de charger la vie de signification, l'absurdité qui surgit spontanément de l'observation externe, détachée, de la société des hommes - si loin de cet univers de perfection cosmique, de cet état d'absolu auquel tout homme aspire. Il ne serait pas la personnalité de Meursault en elle-même, son regard sur les choses, en définitive, à se révéler absurde, mais plutôt la rencontre entre ce regard "vidé d'espoir" et les illusions sur lesquelles se fonde l'absurdité essentielle dans laquelle plonge toute communauté humaine. La société que nous voyons à travers les yeux du personnage, en fait, n'est pas autant rigoureuse que Meursault nous parait. Fondée sur un langage qui se révèle en toute circonstance inadéquat à exprimer la complexité (et l'honnêteté) des sentiments, la congrégation des hommes semble peuplée d'êtres abrutis par l'habitude, répétitifs, aliénés. Et les rituels sociaux ne nous apparaissent pas moins illogiques, le comportement humain étant réglé strictement par un code tacite, auquel il faut s'adapter si l'on ne veut pas être traité d'étranger. De là vient donc l'hypocrisie à laquelle l'homme ("animal social" pour Aristote) semblerait ne pas pouvoir se soustraire - cette même hypocrisie que, par ailleurs, Camus rejette décidément quand il souligne la nécessité, pour les hommes, "d'être vrais". L'absurdité de cet homme "qui ne joue pas le jeu", cet homme naturellement "révolté", se précise alors comme une conditio sine qua non qui, dans la rencontre avec l'inauthenticité d'une société prisonnière de son conformisme (et par là même définitivement éloignée de la Nature), lui permet de prendre conscience de l'angoisse invétérée à la condition humaine - et d'en dénoncer ainsi la tragicité implicite. Le non-sens de la vie devient alors manifeste, transparent, dans toute sa nudité - à la fois grotesque et grandiose. Cependant, il faut dépasser le désespoir et, comme Meursault le fait dans sa cellule, accepter ce statu quo redoutable, cette "infinita vanità di tutto" et, une fois converti le "pessimisme cosmique" en réconciliation avec la Nature, mourir dans la liberté de la lucidité, de la conscience, de "la tendre indifférence du monde" - pour retourner aussitôt à la Terre, à la Nature, à la Mère. :-) |
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#32
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| Citation:
oui elle subliminale :-) je répondrais inchaallah à tes posts sur Camus ciao |
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| up! :-) |
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#34
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