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Vieux 04/01/2003, 05h20
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Par défaut Les tribulations des chrétiens américains en Israël


Le christianisme sioniste existe !! Il est aussi ravageur et dangereux que les autres sionistes !
Bonne lecture !!!

• LE MONDE | 16.12.02 | 12h56

Le récent voyage en Israël d'une délégation de la Coalition chrétienne américaine illustre la convergence entre cette organisation messianique
conservatrice et les ultranationalistes israéliens.
Kippa sur la tête, Michael Brown insère dans un interstice du mur des Lamentations un papier sur lequel, conformément à la tradition juive,il a écrit un vœu. La suite est plus inattendue : front contre pierre, il entame une prière. "Merci Jésus, merci Seigneur." Chef du lobby officiel de la Christian Coalition of America (Coalition chrétienne
américaine – CCA), M. Brown semble au comble de l'émotion. Le temps de quelques photos devant le saint des saints du judaïsme et, déjà, le
guide israélien appelle. Le lobbyiste, la nouvelle présidente de la CCA, Roberta Combs, et cinq autres de ses dirigeants, invités du ministère israélien du tourisme, pressent le pas. La journée est encore
longue.

La Coalition chrétienne est la plus grande organisation de la droite conservatrice américaine. Fondée en 1989 par le prédicateur Pat
Robertson, elle réunit 2 millions de membres et toucherait 18 millions de sympathisants, pour la plupart des évangélistes baptistes et pentecôtistes. Elle mène campagne pour le retour de la prière à
l'école, contre l'avortement, les homosexuels, les "papistes", épiscopaliens, presbytériens, "humanistes laïques" et autres
représentants de "l'esprit de l'Antéchrist", dixit Robertson. Désormais, il faut ajouter à la liste le soutien inconditionnel à Israël, plus précisément à sa fraction politique la plus nationaliste.

"Roberta Combs, vante Ronn Torossian, directeur de la communication de la CCA, est très puissante. Lorsqu'elle appelle Bush, il la rappelle au
plus tard le lendemain." Le 11 octobre, le président américain a envoyé un chaleureux message vidéo à sa convention nationale. En Israël, Roberta ne cessera d'évoquer son "ami George Bush".

Quatre jours durant, du 18 au 21 novembre, la délégation va visiter quelques Lieux saints chrétiens et juifs et, surtout, rencontrer une série de personnalités religieuses et ultranationalistes israéliennes.
Pour la plupart, ses interlocuteurs seront issus des deux mouvances du Grand Israël les plus idéologiquement structurées : ceux originaires du
Betar, le noyau dur du Likoud au pouvoir, et les adeptes de l'école rabbinique Merkaz HaRav, pour qui la création d'Israël, en 1948, constitue le début de la rédemption juive, et la conquête des
territoires palestiniens en 1967 le signe annonciateur de l'avènement du Messie.

Premier jour. Réception chez le ministre du logement Nathan Chtcharanski. "La guerre ici n'est pas entre Juifs et Arabes, mais entre la liberté et l'esclavage, le Bien et le Mal. Il y a un accord
entre les dirigeants européens et les terroristes pour nous faire évacuer les implantations. Nos colons défendent nos valeurs communes.
Vous êtes nos meilleurs alliés. Il y a tant d'anti-Israéliens et de judéophobes dans le monde." Brown : "Nous, chrétiens, comprenons que la
défense d'Israël est l'affaire de tous." Départ pour le mur des Lamentations. D'en bas, on aperçoit l'esplanade des Mosquées, qui surplombe le mont du Temple. Allan Marks, le guide israélien :
"Jérusalem n'apparaît nulle part dans le Coran. Ici, les musulmans se sont approprié un lieu saint juif." Devant la via Dolorosa, Michelle
Ammons, de la CCA, jette des regards inquiets. "Ces gens, là, ils sont tous musulmans ?"

A la yéshiva (école talmudique) Beit Orot, du rabbin et député Benny Elon, chef du parti Moledet (Patrie), qui prône le "transfert" des Palestiniens hors du Grand Israël, la réception est exceptionnellement
chaleureuse. "Les Arabes veulent chasser les juifs et les chrétiens de Jérusalem", explique un dirigeant. L'assimilation Arabe-musulman sera, quatre jours durant, entretenue par les interlocuteurs israéliens,
comme s'il n'existait pas d'Arabes palestiniens chrétiens. "Exigez de Bush qu'il applique l'American Embassy Act", demande encore ce responsable. Cette décision du Congrès de 1995, prônant le déplacement de l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, n'a jamais été appliquée. "Notre représentant à la Chambre, Jim Sexton, va s'y
employer", promet James Backlin, directeur juridique de la CCA.

Le soir, dîner avec Elie Cohen, chef de l'association parlementaire Terre d'Israël, qui regroupe des députés de tous partis opposés à la moindre évacuation de territoire palestinien. Après l'embuscade qui a coûté la vie à neuf soldats et trois membres de la sécurité des colons à Hébron, Ariel Sharon a annoncé son plan : débarrasser la route des
Fidèles, où vivent éparpillés 400 à 500 colons, de ses habitants palestiniens. Une route, "c'est insuffisant ; toute la zone H2 doit devenir juive", dit Cohen. Dans cette zone, sous absolu contrôle israélien, résident 20 000 Palestiniens.

Hébron constitue le gros de la deuxième journée. Quatre heures durant, les délégués chrétiens déambulent en zone H2, mise sous couvre-feu
intégral, hormis pour les colons. Derrière leurs fenêtres, on aperçoit, furtivement, ces Palestiniens confinés dans leurs appartements. Porte-parole des colons, David Wilder – qui dirige aussi le Hebron Fund – montre l'endroit où, trois jours avant, a eu lieu l'attaque palestinienne. "Des barbares", s'indigne Jim Backlin. "Depuis qu'Abraham a acheté ce lieu parce qu'il y a découvert les tombes d'Adam
et Eve, explique Wilder au caveau des Patriarches, il appartient aux juifs. Et les musulmans y ont fait une mosquée !"

Benny Katzover, maire de la colonie limitrophe de Kyriat Arba, appelle la CCA à se mobiliser : "Actionnez vos députés, vos sénateurs. Nous en avons marre des pressions américaines. Sans elles, l'armée aurait détruit ici toutes les maisons des terroristes." Noam Arnon, chef de la
communauté juive d'Hébron : "J'ai dit bien avant le 11 septembre que la troisième guerre mondiale a commencé ici. Nous, colons, sommes le front
avancé du monde libre face au terrorisme. Ici, le défi de la culture occidentale est de ne pas reculer." Roberta Combs : "Vous êtes nos héros. Ne lâchez jamais."

Troisième jour. Petit déjeuner avec Ouzi Landau, ministre de la sécurité intérieure. Roberta Combs : "Pourquoi juifs et chrétiens sont-ils empêchés d'aller sur le mont du Temple [esplanade des mosquées pour les musulmans], plus haut lieu de notre patrimoine commun ?" Le ministre explique que le problème est délicat, l'Intifada ayant
précisément éclaté après la visite d'Ariel Sharon sur l'esplanade des Mosquées. Mais, dit-il, "après la prochaine guerre du Golfe, ce sera certainement possible". Un autre rendez-vous, avec Shimon Pérès, est annulé. "Ce Pérès, j'aurais dû le rencontrer ?" demande Roberta. "C'est l'homme de l'accord d'Oslo avec Arafat, un libéral", explique le guide
israélien. "Quelqu'un comme Bob Kennedy, ou Clinton ?", s'enquiert, d'une moue dégoûtée, Michelle Ammons.

Que savent ces chrétiens de l'Israël réel, de son histoire, de sa complexité ? Parfois, l'absurdité surgit à l'improviste. Comme lors d'une halte dans la colonie de Shilo, entre Ramallah et Naplouse.
L'hôte, Yisraël Medad, rappelle qu'ici eut lieu, selon la Bible, une bataille entre Hébreux et Philistins. Michelle Ammons, surprise : "Une bataille ? Les Philistins n'étaient-ils pas juifs ?"

L'hôte, stupéfait : "Madame, c'étaient nos ennemis !"

Ammons : "Ah ! Comme les Palestiniens ?"

L'hôte : "Oui, mais la Bible parle de Philistins."

Ammons : "Et de quelle culture étaient-ils, à l'origine : juive,
chrétienne ou musulmane ?"

L'hôte, horrifié : "Madame, à l'époque, nous seuls étions monothéistes,
tous les autres étaient païens."

Ammons : "Ça alors ! Et moi qui ai toujours cru que les Philistins étaient juifs..." L'Américaine confond-elle les Philistins de l'Ancien Testament et les pharisiens du Nouveau ? Ou s'agit-il d'une plus
profonde ignorance ? Souvent, les évangélistes ne savent de la Bible que les seuls passages – Genèse, Josué, Isaïe, Ezéchiel... – utiles à leur vision millénariste.

Comment expliquer la convergence entre ces chrétiens conservateurs etces ultras israéliens ? Du côté américain, l'alliance est, d'abord, spirituelle. Les évangélistes croient en la "seconde venue" du Christ, qui inaugurera le "royaume millénaire" de Dieu sur Terre. Cette vision de l'Apocalypse, dite "dispensionnaliste", se fonde sur une lecture des Ecritures dans laquelle les juifs sont investis d'une mission sacrée : rétablir le "royaume de David" en Terre sainte et "reconstruire le Temple", conditions requises pour l'affrontement final entre le Messie et l'Antéchrist. Alors, après sept années de "tribulations" ("guerres, épidémies, tremblements de terre..."), au cours desquelles deux tiers des juifs tomberont en "martyrs", le dernier tiers reconnaîtra en Jésus, revenu une seconde fois, le vrai Sauveur. Convertis, ils trouveront leur place immédiatement à la droite du Christ. Ces temps sont-ils proches ? Pat Robertson (72 ans) a énoncé sa conviction : "J'espère fermement être encore en vie lorsque Jésus reviendra sur terre."

Les juifs pieux pourraient nourrir quelques craintes devant cette vision. Car enfin, dit Gershom Gorenberg, juif religieux auteur du livre The End of Days (La Fin des temps), "la conception évangélique est une pièce en cinq actes où les juifs disparaissent au quatrième". Le pasteur Brown se veut rassurant : "Certains nous soupçonnent d'avancer masqués. Mais nous ne faisons pas de prosélytisme chez les juifs." Qu'en dit Benny Elon, son plus proche associé en Israël ? "Avec ces chrétiens-là, nous avons une langue commune : les Patriarches, la Bible, le Temple. Avec les musulmans, aucune. L'antisémitisme moderne s'est déplacé du catholicisme vers le monde arabo-musulman. C'est à Jénine, au Caire, à Téhéran qu'on entend le plus "Mort aux juifs". Quel est le ghetto le plus menacé au monde, désormais ? Israël ! Notre alliance avec la Coalition chrétienne américaine est bien plus naturelle que celle des gauchistes européens avec les islamistes."

Le rabbin Elon convient cependant que sa vision est exactement inverse à celle de la CCA : "Quand le Messie viendra, dit-il, les chrétiens comprendront leur erreur." Chaque partenaire tient ainsi l'autre par la barbichette, certain d'être, à la fin de l'histoire, le bénéficiaire d'une coopération qui, en attendant, se nourrit de motifs plus temporels. Roberta Combs : "Nous avons toujours soutenu Israël. Mais le 11 septembre a tout changé. Depuis, face au terrorisme, nous sommes frères par le sang versé."

La CCA est la plus connue d'une kyrielle d'organisations messianiques protestantes qui soutiennent la droite dure israélienne. Ehoud Olmert, maire de Jérusalem, "dur" du Likoud, était l'invité d'honneur de sa convention, en octobre à Washington. "Dieu est avec nous, vous êtes avec nous", a-t-il lancé aux délégués, dont certains brandissaient des panneaux "Dites non à un Etat Palestinien !" Ariel Sharon, en septembre, a été ovationné par 4 000 évangélistes, venus des cinq continents célébrer la fête des Tabernacles (fête juive de Soukkot), à l'appel de l'ambassade internationale chrétienne de Jérusalem, une association qui dit "travailler avec l'Agence juive" (l'organisme qui gère l'émigration vers Israël). Aux Etats-Unis, Stand for Israel, créé par le rabbin Eckstein et l'ancien vice-président de la Coalition chrétienne, Ralph Reed Jr, a réuni, le 20 octobre, 5 millions de fidèles pour un "jour de prières et de solidarité avec Israël". Sharon leur écrivit : "Ce soutien des chrétiens américains est un grand encouragement pour moi, mon gouvernement et, par-dessus tout, le peuple israélien." Les Christian Friends of Israeli Communities, eux, récoltent directement des fonds pour les colonies israéliennes.

Historiquement, les juifs américains sont majoritairement démocrates. Beaucoup restent très méfiants quant à la nature de l'amour porté à Israël par la CCA. Certains prédicateurs, dans le passé, n'ont-ils pas tenu des propos antisémites ? Mais le courant néoconservateur tend à devenir prédominant dans les organes de la communauté juive, et, sur fond de conflit israélo-palestinien, ses affinités avec la droite américaine, y compris religieuse, sont désormais publiques.

Les liens de la CCA avec les ultranationalistes israéliens sont si forts que son directeur de la communication, Ronn Torossian, sympathique au demeurant, est... américano-israélien. Il a travaillé avec Irwin Moskowitz, milliardaire de Floride qui finance les cercles activistes israéliens à Jérusalem-Est. "Dans beaucoup d'endroits où la Coalition est active, vous trouverez à côté des gens du Betar",glisse Torossian. Au-delà du lobbying politique, la CCA finance-t-elle les ultranationalistes israéliens ? Roberta Combs : "A aucun moment mes interlocuteurs ne me l'ont demandé." Le rabbin "transfériste" Elon : "La Coalition chrétienne aide peut-être certaines implantations. Mais pas mon parti. Je ramasse des millions de dollars dans la diaspora juive, je n'ai pas besoin d'elle."

Durant son périple israélien, la délégation a eu une entrevue discrète avec Haïm Silberstein, vice-président d'Uvneh Yerushalayim. Cette association a pour objet d'obtenir l'expropriation de Palestiniens de Jérusalem-Est qui, selon elle, y "habitent illégalement". Et aussi d'acheter des terrains ou des maisons appartenant à des Palestiniens désireux, volontairement ou las d'être harcelés par les amis deM.Silberstein, de quitter la ville.

Sylvain Cypel

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 17.12.02"

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  #2  
Vieux 04/01/2003, 19h07
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Par défaut Re: Les tribulations des chrétiens américains en Israël

c'est long ! mais intéressant !!
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  #3  
Vieux 04/01/2003, 20h01
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Par défaut Re: Les tribulations des chrétiens américains en Israël

Le soutien inconditionnel au sioniste n'est pas le fait d'un petit groupe d'individu mais d'un ensemble de nation.

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  #4  
Vieux 04/01/2003, 21h53
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Par défaut Re: Les tribulations des chrétiens américains en Israël

Oui ! mais si on reste au niveau des généralités, on ne s'informe pas !! Des details sur le réseau sioniste nous permet de connaïtre ses ramifications. D(où l'int"rêt de cet article qui fait un coup de projecteur sur ce groupe de chretins sionistes.
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  #5  
Vieux 06/05/2003, 19h13
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Par défaut exact

Citation:
a écrit*:
Le soutien inconditionnel au sioniste n'est pas le fait d'un petit groupe d'individu mais d'un ensemble de nation.
Et on l'a vu recemment lors de la guerre contre l'irak ! C'est un methodiste fondamentaliste qui gouverne les USA ! Bush est un intgeriste chretien !
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