Marocains de l'étranger: Lien culturel vs lien familial


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Vieux 27/04/2004, 10h14
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Par défaut Marocains de l'étranger: Lien culturel vs lien familial

Zakaria Moussaoui, Jamal Zougam et Mohamed Bekkali font partie d'une longue liste d'accusés issus de l'immigration marocaine. Le terrorisme international s'appuie sur la carte de l'immigration. Ce constat ne doit pas empêcher de s'interroger sur la nature du lien qui unit le Maroc à sa communauté immigrée. Car le Royaume a toujours revendiqué la "marocanité" de ses ressortissants étrangers. Mais quel sens a-t-il donné à ce concept ?
Les campagnes publicitaires à destination des Marocains Résidant à l'Etranger sont à cet égard emblématiques. Il y a deux ans, sur les écrans, Najat Atabou et Faudel fredonnaient ensemble à l'aéroport Mohammed V le fameux "bienvenue chez vous". Cet été, le message s'est nuancé. Les yous-yous de joie, aussi retentissants que les pièces sonnantes et trébuchantes des MRE, ont laissé place à la modération. "Le Maroc", susurre la voix off du spot publicitaire, "œuvre à cultiver, partout dans le monde, le lien avec ses ressortissants étrangers". Le changement de ton préfigure une prise de conscience : le discours envers la population immigrée doit être repensé.
Jusque-là, le Maroc n'a cultivé qu'un seul lien : celui du sang. La matrice qui lie le pays à la diaspora marocaine ne s'est pas construite sur une base culturelle. Avec le renouvellement des générations et le succès plus ou moins grand des politiques d'intégration dans les pays d'accueil, le discours s'effrite. Pour les petits-enfants d'immigrés, la quête identitaire a besoin de s'appuyer sur un substrat culturel. S'il n'existe pas, l'identité religieuse prend finalement le dessus. Il existe des modèles qui montrent que l'on peut façonner un lien intelligent. La diaspora libanaise, profondément intégrée dans les sociétés où elle a pris racine, a néanmoins su cultiver un substrat culturel sans tomber dans un communautarisme primaire.
La création de la Fondation Hassan II en 1990 visait, entre autres, à renforcer l'encadrement culturel au sein des populations marocaines immigrées. Mais là, les politiques d'intégrations des pays d'accueil rendent la tâche difficile. "La coopération dépend beaucoup de la volonté politique dans le pays d'accueil", explique un haut cadre de la fondation, "certains ne souhaitent pas que la culture d'origine vienne parasiter l'intégration des enfants d'immigrés". Pour lui, les choses ne font que s'aggraver : "Pour les Occidentaux, être marocain ou arabe, c'est la même chose. Et cette perception de l'autre finit par déteindre sur les populations immigrées. Or pour apaiser les tensions identitaires, la solution se trouve dans la reconnaissance de la diversité culturelle".

Le Journal Hebdo
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