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| Le Maroc s'est incliné 14 à 10 face à l'Afrique du Sud dans un match des plus serrés pour remporter l'organisation de la Coupe du monde 2010. Après tant d'attente, d'espoir et de synopsis, le rêve tant caressé par tout un peuple, a été brisé et les Marocains ont fait leur deuil de la Coupe du monde de football. Car, en désignant l'Afrique du Sud pour l'organisation du Mondial 2010, le très puissant gouvernement de la FIFA et à sa tête l'incontournable Joseph Blatter a honoré ses engagements vis-à-vis de ce pays. Le Maroc, quelques heures avant le vote et de l'avis de tous, faisait l'unanimité. Dans son ultime tentative devant les membres du comité exécutif de la FIFA, le dossier marocain a été qualifié par les observateurs d'extrêmement cohérent. En effet, tous les pronostics donnaient le Maroc largement favorable. Preuve en est l'assurance qui s'est dégagée des propos et déclarations des uns et des autres notamment des différents membres de la délégation officielle marocaine qui s'est rendue à Zurich. Certes, les 48 heures qui ont précédé le verdict des 24 membres du comité exécutif de la FIFA ont été des plus longues pour les dizaines de journalistes, artistes, comédiens, anciennes gloires de football et de sport qui, malgré des conditions difficiles d'hébergement, de transport et de travail, ont été jusqu'à la dernière minute solidaires et croyaient fermement dans les chances du Maroc pour l'organisation du Mondial 2010. Côté délégation officielle marocaine, on a laissé entendre que 80 % du travail pour décrocher l'organisation de la Coupe du monde, allait se faire la veille du vote à Zurich. Il s'agissait, en effet, de persuader dans les coulisses, les uns et les autres de la solidité et de la légitimité du Maroc à abriter le premier Mondial africain. Or, au vu des résultats et de la décision de la FIFA, rien de cela n'a été fait. Certes, la présentation et la promotion du dossier marocain ont été des plus meilleures sinon les meilleures, mais cela n'a pas suffi pour convaincre le staff du comité exécutif de la FIFA dont l'attitude a été jugée partiale surtout celle de son président Joseph Blatter et comme se plaît à la surnommer nombre de Marocains présents à Zurich en disant que c'est «la Fédération Internationale de la Finance et de l'Arnaque». Un autre Marocain, membre du comité de candidature, a lui aussi, lors d'une déclaration à la presse, montré du doigt le président de la FIFA : «En optant pour l'Afrique du Sud, Joseph Blatter a pesé de tout son poids dans la désignation du vainqueur. Il est le seul à bord». Car en prononçant son discours précédant l'annonce du verdict, Joseph Blatter semblait se justifier par rapport à quelque chose. Il n'a pas arrêté de marteler l'ensemble de l'assistance dans la fameuse salle du World Trade Center de Zurich et les milliards de téléspectateurs de par le monde qu'il n'était pas au courant du résultat du vote vantant par la même occasion le caractère neutre de son organisation qui, en vérité, devrait revoir ses structures et ses procédures de vote. Tout le monde avait compris le message qu'il a tenté de faire passer. Autre élément et non des moindres qui avait dissuadé les membres de la délégation marocaine, l'annonce faite par le porte-parole de la FIFA quelques minutes avant le début de la cérémonie demandant ainsi à l'ensemble de l'assistance de patienter jusqu'à l'arrivée d'un membre de la FIFA. Or, l'ensemble des membres du comité exécutif de la FIFA étaient bel et bien présents et à la grande surprise de tout le monde, la personne tant attendue n'était autre que l'ex-président de l'Afrique du Sud, le très populaire Nelson Mandela. Ce dernier a été accueilli avec tous les honneurs qu'on doit à un chef d'Etat au sein d'une organisation censée mettre les membres de l'ensemble des délégations candidates à l'organisation du Mondial sur le même pied d'égalité. Encore une fois, l'impartialité et la neutralité de la FIFA et de son président ont été mises en doute. Le reste, tout le monde le sait. Mais au delà d'une défaite que le Maroc a d'ailleurs accueillie avec fair-play, c'est tout un projet de société qu'il faut terminer. Toute une vision qu'il faut défendre. Celle d'un Maroc ouvert, moderne et déterminé à aller de l'avant dans ses choix démocratiques, de développement économique et social et d'émancipation. La Coupe du monde n'est pas un projet de société l'organisation et elle n'était qu'un moyen pour réaliser le développement durable et la mise à niveau de l'économie nationale à l'horizon 2010. Le Royaume du Maroc a son propre projet de société qu'il a déjà amorcé et qu'il entend poursuivre vaille que vaille. Aujourd'hui, il est du devoir de tout un chacun de soutenir et de consolider la marche du progrès et la réalisation des projets en cours en matière d'infrastructures sportives, hôtelières et sanitaires. Perdre une bataille n'est pas perdre la guerre. Militant et orfèvre incontesté de la brèche qui a permis qu'enfin, aujourd'hui, l'Afrique puisse prétendre à l'organisation de l'événement sportif le plus convoité du monde, le Maroc a, encore une fois, été à la hauteur de ses ambitions et ce, bien avant le dépôt de la candidature pour le Mondial 2010.Cette défaite ne doit en aucun cas atteindre le moral des Marocains. Elle doit au contraire animer les Marocains encore plus dans la marche de l'édification, du développement et de la démocratie sous la conduite éclairée de S.M. le Roi Mohammed VI. Mustapha Moulay - Le Matin |