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par Paul Hughes TEHERAN, 1er juin (Reuters) - La police iranienne a lancé une vague de répression pour lutter contre la "dépravation sociale" qui, selon les conservateurs radicaux, touche la jeunesse, ont rapporté mardi plusieurs journaux iraniens. "Un combat sérieux a été engagé pour mettre fin à l'expansion d'une certaine dépravation sociale, particulièrement en ce qui concerne les habitudes vestimentaires déplacées", a déclaré le procureur de Téhéran, Saeed Mortazavi, cité par le journal Seda-ye Edalat. L'application d'un code moral strict régissant l'habillement des femmes, l'accès à la musique occidentale et la mixité est devenue plus laxiste depuis l'arrivée au pouvoir en 1997 du président réformateur Mohammed Khatami. Les jeunes femmes ont alors progressivement repoussé les limites permises, portant des habits et des foulards plus colorés, plus moulants et plus suggestifs et se maquillant plus ostensiblement. De nombreux jeunes couples n'hésitaient plus à se promener en public main dans la main, défiant les règles islamiques qui interdisent tout contact physique entre personnes de sexe opposé sans lien de parenté. Les fidèles religieux accusent Khatami d'encourager ce qu'ils considèrent comme "un comportement immoral" de la jeunesse iranienne. Les conservateurs, qui ont battu les réformistes lors des élections législatives de février, ont assuré qu'ils n'entendaient pas revenir sur les libertés. Mais les spécialistes pensent que les conservateurs ont un double discours puisqu'ils adoptent une ligne très dure sur ce qu'ils considèrent être des délits sociaux. "Cette répression est une preuve de leur force", déclare un observateur politique sous couvert d'anonymat. "Les conservateurs doivent satisfaire les gens qui ont voté pour eux". Les Téhéranais ont remarqué une augmentation des arrestations pour "comportement immoral" ces dernières semaines. La police et des volontaires islamiques ont ainsi multiplié les interventions dans les soirées au cours desquelles les jeunes gens boivent de l'alcool et dansent sur de la musique occidentale, pratiques interdites depuis la révolution islamique de 1979. Des membres des services de sécurité en civil stoppent aussi les voitures le long des principales avenues de la capitale iranienne et arrêtent leurs occupants. "Ma voiture a été confisquée pour trois mois parce qu'ils ont trouvé des cassettes de musique illégales et parce que ma petite amie était assise à côté de moi", raconte Arshia, un architecte de 32 ans. |