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#1
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| "L’éternité rêvée..." dimanche 9 août 2009, par Al Faraby "Mahmoud Darwich n’est plus... il a rejoint Aragon, Eluard, Maïakovski et Lorca" "pourquoi Ahmad pleure-t-il ?" "l’enfant regarde son père, sa mère et son frère pleurer" "il se fait tard et le ciel reste éclairé d’un million d’étoiles" "plus une" "le soleil de ces derniers jours a courbé les épis de blé" "bientôt la faux va passer et la farine va couler" "la rosée du matin va mouiller la terre et Ahmad va encore rêver, puis grandir, puis se souvenir" "de quoi ?" "de cette nuit étoilée quand son père, sa mère et son frère ont pleuré" "et alors ?" "alors, il partagera son pain avec tous les autres ouvriers du chantier... en retour, quelqu’un lui passera un oignon, une tomate, ou encore quelques olives..." "ce sera le rêve accompli" "lequel ?" "celui clamé par le poète du temps des années difficiles et des espoirs perdus où chaque mot prononcé signifiait l’éternité" "celle qui est allée avec la mer ?" "tout juste" "mais en ces temps-là, les ouvriers ne croyaient pas au rêve !" "et ne partageaient pas leur pain" "sauf voilà... les temps ont changé et l’éternité a donné raison au poète" "alors Ahmad se souviendra de cette nuit-là" "quand son père, sa mère et son frère ont pleuré" "quand une étoile est venue s’ajouter aux autres étoiles" "que Darwich a rejoint Aragon, Eluard, Maïakovski et Lorca" "que le soleil a courbé les épis de blé" "que la farine a coulé" "et que les ouvriers ont enfin partagé le pain !" "..." "signe que l’éternité est arrivée... celle dont les poètes avaient rêvée" Al Faraby Ce texte a été publié pour la première fois le dimanche 10 août 2008 http://www.youtube.com/watch?v=5DF_5...layer_embedded ina lilah wa ina ilahi raji3oun
__________________ N'ayez pas peur du bonheur...ça n'existe pas ! |
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#2
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J'ai la nostalgie du pain de ma mère, Du café de ma mère, Des caresses de ma mère... Et l'enfance grandit en moi, Jour après jour, Et je chéris ma vie, car Si je mourais, J'aurais honte des larmes de ma mère ! Fais de moi, si je rentre un jour, Une ombrelle pour tes paupières. Recouvre mes os de cette herbe Baptisée sous tes talons innocents. Attache-moi Avec une mèche de tes cheveux, Un fil qui pend à l'ourlet de ta robe... Et je serai, peut-être, un dieu, Peut-être un dieu, Si j'effleurais ton coeur ! Si je rentre, enfouis-moi, Bûche, dans ton âtre. Et suspends-moi, Corde à linge, sur le toit de ta maison. Je ne tiens pas debout Sans ta prière du jour. J'ai vieilli. Ramène les étoiles de l'enfance Et je partagerai avec les petits des oiseaux, Le chemin du retour... Au nid de ton attente ! Mahmoud DARWICH
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#3
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| La terre nous est étroite La terre nous est étroite. Elle nous accule dans le dernier défilé et nous nous dévêtons de nos membres pour passer. Et la terre nous pressure. Que ne sommes-nous son blé, pour mourir et ressusciter. Que n'est-elle notre mère Pour compatir avec nous. Que ne sommes-nous les images des rochers que notre rêve portera, Miroirs. Nous avons vu les visages de ceux que le dernier parmi nous tuera dans la dernière défense de l'âme. Nous avons pleuré la fête de leurs enfants et nous avons les visages de ceux qui précipiteront nos enfants Par les fenêtres de cet espace dernier, miroirs polis par notre étoile. Où irons-nous, après l'ultime frontière? Où partent les oiseaux, après le dernier Ciel? Où s'endorment les plantes, après le dernier vent? Nous écrirons nos noms avec la vapeur Carmine, nous trancherons la main au chant afin que notre chair le complète. Ici, nous mourrons. Ici, dans le dernier défilé. Ici ou ici, et un olivier montera de Notre sang.
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#4
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Inscris ! Inscris ! Je suis Arabe Le numéro de ma carte : cinquante mille Nombre d'enfants : huit Et le neuvième... arrivera après l'été ! Et te voilà furieux ! Inscris ! Je suis Arabe Je travaille à la carrière avec mes compagnons de peine Et j'ai huit bambins Leur galette de pain Les vêtements, leur cahier d'écolier Je les tire des rochers... Oh ! je n'irai pas quémander l'aumône à ta porte Je ne me fais pas tout petit au porche de ton palais Et te voilà furieux ! Inscris ! Je suis Arabe Sans nom de famille - je suis mon prénom « Patient infiniment » dans un pays où tous Vivent sur les braises de la Colère Mes racines... Avant la naissance du temps elles prirent pied Avant l'effusion de la durée Avant le cyprès et l'olivier ...avant l'éclosion de l'herbe Mon père... est d'une famille de laboureurs N'a rien avec messieurs les notables Mon grand-père était paysan - être Sans valeur - ni ascendance. Ma maison, une hutte de gardien En troncs et en roseaux Voilà qui je suis - cela te plaît-il ? Sans nom de famille, je ne suis que mon prénom. Inscris ! Je suis Arabe Mes cheveux... couleur du charbon Mes yeux... couleur de café Signes particuliers : Sur la tête un kefiyyé avec son cordon bien serré Et ma paume est dure comme une pierre ...elle écorche celui qui la serre La nourriture que je préfère c'est L'huile d'olive et le thym Mon adresse : Je suis d'un village isolé... Où les rues n'ont plus de noms Et tous les hommes... à la carrière comme au champ Aiment bien le communisme Inscris ! Je suis Arabe Et te voilà furieux ! Inscris Que je suis Arabe Que tu as raflé les vignes de mes pères Et la terre que je cultivais Moi et mes enfants ensemble Tu nous as tout pris hormis Pour la survie de mes petits-fils Les rochers que voici Mais votre gouvernement va les saisir aussi ...à ce que l'on dit ! DONC Inscris ! En tête du premier feuillet Que je n'ai pas de haine pour les hommes Que je n'assaille personne mais que Si j'ai faim Je mange la chair de mon Usurpateur Gare ! Gare ! Gare À ma fureur
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| Pierre falardeau récite un poème Palestinien de Mahmoud Darwich
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