La langue arabe


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  #1  
Vieux 04/07/2004, 12h14
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Par défaut La langue arabe


L'arabe est une langue chamito-sémitique (ou afro-asiatique) attestée dès le VIIe siècle. Elle fait partie de la branche sémitique avec l'hébreu et l'amharique en Éthiopie. L'arabe doit son expansion à la propagation de l'islam, à la diffusion du Coran et à la puissance militaire des Arabes à partir du VIIe siècle. Ces trois facteurs sont intimement liés au point qu'on ne peut les dissocier.

[color=CC0000]1- Arabe classique et arabe dialectal[/color]

La langue arabe se présente sous deux formes principales: l'arabe dialectal et l'arabe littéraire (ou classique). L'arabe dialectal résulte à la fois de la fragmentation de l'arabe du VIIe siècle et de la fusion des parlers provenant des conquêtes militaires et des brassages de population des langues sud-arabiques, berbères, africaines, etc. Ces variétés dialectales sont, de nos jours, extrêmement nombreuses et persistent dans tout le monde arabe. L'arabe dialectal est la langue que chacun des 200 millions d'arabophones utilise toute sa vie et qui véhicule toute une culture populaire, traditionnelle et contemporaine. Il est fortement dévalorisé au plan social et est souvent perçu comme «vulgaire» ou «abâtardi». C'est donc une langue exclusivement parlée dont les variétés sont souvent incompréhensibles entre les arabophones. On distingue principalement l'arabe algérien, l'arabe égyptien, l'arabe irakien, l'arabe jordanien (levantin), l'arabe libanais (ou syro-libanais), l'arabe libyen, l'arabe marocain, l'arabe mauritanien, l'arabe omanais, l'arabe palestinien, l'arabe saoudien, l'arabe syrien (ou syro-libanais), l'arabe tchadien, l'arabe tunisien, l'arabe yéménite, etc. Cependant, si certaines variétés dialectales sont aisément compréhensibles entre elles (p. ex., l'arabe égyptien et l'arabe libanais), d'autres ne le sont pas (l'arabe algérien et l'arabe jordanien).

Au contraire, l'arabe classique, appelé aussi «arabe éloquent» ou «arabe grammatical», est une langue prestigieuse associée à la religion et à l'écrit, c'est-à-dire à la culture littéraire, à la science et à la technologie, aux fonctions administratives. À peu près aucun Arabe ne parle cette variété d'arabe comme langue maternelle. De très forts liens historiques et idéologiques unissent ces deux formes d'arabe; aussi les communautés arabes ont toujours considéré qu'il n'existe qu'une langue arabe.

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  #2  
Vieux 04/07/2004, 12h16
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[color=CC0000]2- L'arabe et l'Islam[/color]

L'arabe doit sa fortune, soulignons-le encore, à l'expansion de l'islam, qui s'est étendu en l'espace de quelques siècles (entre le VIIe siècle et le XIIe siècle), de l'Afrique du Nord à l'Espagne, puis au Proche-Orient et en Asie. C'est ce lien puissant entre une grande religion et une langue qui a contribué à sacraliser l'arabe et à maintenir une unité linguistique à travers le temps et l'espace. C'est pourquoi, dans le monde occidental, on associe facilement l'islam et les musulmans à la langue arabe, croyant que religion islamique et monde arabophone forment un tout indissociable. Il s'agit là d'une généralisation semblable à celle qui consisterait, par exemple, à croire que tous les anglophones du monde sont de religion protestante. Évidemment, ce n'est point le cas. Il est vrai que 80 % des musulmans sunnites parlent l'arabe; ils habitent l'Algérie, le Maroc, la Tunisie, la Libye, l'Égypte, le Soudan, la Jordanie, l'Irak et toute la péninsule Arabique (Arabie Saoudite, Yémen, Oman, etc.); la Syrie parle aussi l'arabe, mais ses habitants sont des musulmans chiites.

De façon plus accidentelle, certains peuples arabisés ne se sont pas islamisés. C'est le cas des Maltais de l'île de Malte au sud de la Sicile. Le maltais est apparenté à l'arabe, mais la population de l'île est demeurée chrétienne. Au Liban, beaucoup de Libanais parlent l'arabe mais demeurent chrétiens; il en est ainsi en Égypte où l'on retrouve des chrétiens coptes (mais aussi des communautés catholiques).

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  #3  
Vieux 04/07/2004, 12h19
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[color=CC0000]3- Les pays arabophones[/color]

Les pays arabes sont regroupés aujourd'hui dans une sorte de fédération appelée la Ligue arabe, fondée en Égypte le 22 mars 1945 à Alexandrie. Les pays fondateurs furent l'Égypte, l'Irak, le Liban, l'Arabie Saoudite, la Syrie, la Transjordanie et le Yémen (Nord). Avec la fin de la domination coloniale, la Ligue arabe s'est élargie et compte désormais 22 membres: en plus des membres fondateurs, on y trouve la Libye, le Soudan, la Tunisie, le Maroc, le Koweït, l'Algérie, les Émirats arabes unis, Bahreïn, Oman, la Mauritanie, la Somalie, Djibouti et les Comores, plus l'OLP qui est membre à part entière depuis 1976. Bien qu'exprimant l'aspiration unitaire des Arabes, la Ligue n'a jamais été un instrument de mise en oeuvre de la langue arabe. D'ailleurs, ses statuts ne prévoient pas d'efforts en ce sens.

Au Proche-Orient, l'arabe, ou l'une de ses variantes dialectales, est la langue maternelle de la grande majorité de la population. L'arabe est majoritaire à plus de 80 % en Syrie (15,3 millions d'habitants) et en Irak (21,8 M). Il est à peu près la seule langue au Liban (3,1 M), en Jordanie (6,3 M), en Arabie Saoudite (20,1 M), au Yémen (16,8 M), au Koweït (1,8 M), au Qatar (0,5 M), à Oman (2,3 M), à Bahreïn (0,5 million), dans les Émirats arabes unis (2,3 M). Ainsi, dans cette région du monde, 90 millions de personnes ont l'arabe ou une forme d’arabe comme langue maternelle.

Sur le continent africain, la situation de la langue arabe est un peu plus complexe qu'au Proche-Orient. Les seuls pays où l'arabe avec ses variantes dialectales est parlé presque par 100 % de la population sont les suivants: l'Égypte (65,9 M), la Libye (5,3 M) et la Tunisie (9,3 M). Les arabophones constituent 83% de la population (de 29,3 M) en Algérie, 65 % au Maroc (29,1 M), 66 % en Mauritanie (2,3 M), 65 % au Soudan (28,2 M).

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  #4  
Vieux 04/07/2004, 12h22
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[color=CC0000]4- Les minorités arabophones[/color]:

Les minorités arabophones sont le plus souvent bilingues et habitent surtout des pays où l'islam est la religion principale; néanmoins, certaines populations immigrées vivent en Europe et en Amérique du Nord. On trouve d'importantes minorités arabophones au Tchad (1,2 million/ 28 % de la population). D'autres petites minorités habitent l'Iran (1,2 million/1,3 %), la Turquie (400 000/1 %), Djibouti (52 000), la Somalie (50 000), le Mali (106 000), le Niger (270 000), le Sénégal (5000), l'Afghanistan (5000) et le Tadjikistan (1000). Ces minorités arabophones comptent environ 15 millions de locuteurs.

On compte également près de trois à quatre millions d'arabophones du Maghreb en Europe, principalement en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique. Étant donné que l'Europe tend à limiter l'immigration maghrébine, beaucoup d'arabophones ont commencé à choisir les États-Unis et le Canada comme terre d'accueil.

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  #5  
Vieux 04/07/2004, 12h23
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[color=CC0000]5- Le statut juridique de l'arabe[/color]

L'arabe est la langue officielle ou co-officielle de 23 États dans le monde. Les États arabophones occupent deux aires géographiques limitrophes: l'Afrique du Nord et le Proche-Orient. En Afrique, l'arabe est l'unique langue officielle en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Libye, en Égypte et au Soudan. Il est co-officiel avec le français en Mauritanie, à Djibouti, au Tchad et dans l'archipel des Comores. L'arabe est la langue majoritaire en Mauritanie, mais une langue minoritaire à Djibouti et au Tchad; aux Comores, il n'a que le statut de langue religieuse, puisque la grande majorité de la population parle le comorien, une variante du swahili.

Au Proche-Orient, le statut de l'arabe est nettement mieux défini. À l'exception d'Israël où l'arabe est co-officiel avec l'hébreu, il constitue l'unique langue officielle des États de la région: Syrie, Irak, Liban, Jordanie, Arabie Saoudite, Yémen, Koweït, Qatar, Oman, Bahreïn, Émirats arabes unis.

Dans plusieurs pays arabes, des mesures politiques, parfois vigoureuses, ont été prises pour renforcer le statut juridique de l'arabe, particulièrement là où cette langue s'était trouvée dans un état de subordination. Ce fut le cas au Maroc et en Tunisie, mais particulièrement en Algérie où les campagnes d'arabisation ont été aussi virulentes qu'incessantes.

Soulignons que l’arabe n’a aucun statut «civil» dans les grands pays musulmans où l’arabe ne constitue pas une langue officielle, mais simplement une langue religieuse, comme en Turquie, en Iran, au Pakistan, au Bangladesh, en Indonésie, etc.

Cependant, dans l'île de Malte, les habitants de ce pays parlent le maltais (co-officiel avec l'anglais), Cependant, le maltais est une variété d’arabe maghrébin fortement marquée par le sicilien, l’italien, l’anglais et un peu de français. C'est pourquoi le maltais est associé aux pays arabes, mais il diffère de l'arabe coranique.

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  #6  
Vieux 04/07/2004, 12h26
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[color=CC0000]6- L'apport de l'arabe au français[/color]

L'apport important de l'arabe au lexique français peut s'articuler en trois temps: au Moyen Âge, à la Renaissance et au XIXe siècle. Ces sources sont tirées du dictionnaire Le Petit Robert.

Le Moyen Âge

Les savants arabes ont fourni au français, directement ou par l'intermédiaire d'autres langues (notamment latin médiéval et espagnol), des termes d'origine arabo-persane, comme échec (jeu), jasmin, laque, lilas, safran ou timbale. C'est essentiellement aux XIIe et XIIIe siècles, plus rarement au XIVe siècle, que les emprunts à l'arabe pénètrent en français :

1) soit par l'intermédiaire du latin médiéval, de l'espagnol (plus rarement du catalan) ou de l'italien. C'est ainsi que le français emprunta à l'arabe des mots des sciences et des techniques, ainsi que du commerce: abricot, alambic, alchimie, algèbre, almanach, ambre, azur, chiffre, coton, douane, girafe, hasard, épinard, jupe, magasin, matelas, nénuphar, orange, satin, sirop, sucre, tare.

2) soit directement comme dans cuscute, élixir, gazelle, nadir, tasse, truchement, zénith, etc.

La Renaissance

Le domaine des sciences (mathématiques, chimie, botanique) et des techniques s'enrichit de nouveaux termes. L'arabe fournit au français, par l'intermédiaire de l'italien, des mots comme arsenal, artichaut, calibre, massepain, massicot, nacre, tarif, zéro. Le français emprunta directement à l'arabe des mots comme alcool, algorithme, alcali, amalgame, marcassite, sinus (terme de mathématiques), sofa, soude, talc, talisman, usnée.

Les XIXe et XXe siècles

Les emprunts seront étroitement liés aux circonstances historiques. Avec la campagne d'Égypte de Napoléon et les conquêtes coloniales de la France en Afrique du Nord, le français emprunta aux variétés régionales d'arabe, essentiellement à l'arabe maghrébin (algérien, marocain, tunisien), des mots qui seront véhiculés par les militaires et trouveront leur place dans l'argot ou le langage familier. Par exemple, baraka, barda, bésef, caoua, chouia, clebs, droper « courir vite », fissa, kif-kif, maboul, macache, moukère... D'autres mots désignent des réalités locales comme bled, casbah, djebel, djellaba, erg, gandoura, harissa, méchoui, merguez, oued, reg, sarouel, souk, taboulé, tajine, zellige.

Enfin, les conflits nationaux et internationaux qui secouent le monde musulman à la fin du XXe siècle (guerre du Golfe, conflit israélo-palestinien, révolution islamique en Iran) favoriseront l'introduction en français (et dans d'autres langues) de mots comme ayatollah, charia, djihad ou intifada.


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  #7  
Vieux 12/07/2004, 11h53
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