l'evolution de tifinagh (culture amazigh)


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Vieux 15/07/2004, 11h30
 
Date d'inscription: janvier 2004
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Par défaut l'evolution de tifinagh (culture amazigh)

Officialisation chez les rois Massinissa et Micipsa pendant leurs règnes.
-Usage maintenu jusqu'à la période romaine (mentionné chez les auteurs latins tardifs : Fulgence le mythographe, Corippus, etc.)
-Disparition de l'Afrique septentrional à l'arrivée des Arabes. Aucun texte arabe n'a mentionné cette écriture.
-Son maintien chez les Touarègues jusqu'à nos jours .
-Sa renaissance au début des années 70 chez les Berbères d'Afrique du Nord (surtout d'Algérie et du Maroc) .





QUELLE EST L'ORIGINE DE CETTE ALPHABET ?



La question des origines est décidément soulevée à chaque fois qu'il s'agit des Amazighs. On s'est d'abord interrogé sur l'origine du peuple. Cela a ouvert le champ à certaines hypothèses invraisemblables, initiées surtout pour des fins idéologiques. L'alphabet tifinagh n'a pas échappé à cette question récurrente. Plusieurs hypothèses ont été avancées.

Les ancêtres des Berbères, les Libyens, mot qui vient de "Libou" par lequel les Egyptiens les désignaient, disposaient d'un alphabet à un moment où la plupart des autres peuples n'en avaient pas ou n'utilisaient que des systèmes hiéroglyphiques ou au plus syllabiques. La question a donc été soulevée pour savoir d'où leur vient cet alphabet.
Certains seraient tentés de voir dans cette interrogation une manière implicite de sous-entendre que rien ou presque n'est typiquement amazigh ou d'Afrique du Nord. Et s'il s'agit tout simplement d'une invention berbère ? Les Amazighs, surtout au Maroc, certainement excédés par cette recherche éternelle d'une origine extérieure à tout ce qui se rapporte au domaine berbère, ont développé une version fréquemment citée pour consacrer l'origine autochtone de cet alphabet. Pour eux, Tifinagh est un mot composé de "Tifi" qui signifie trouvaille ou découverte et de l'adjectif possessif "nnagh" qui signifie notre. Tifinagh voudrait donc dire notre trouvaille ou notre découverte. Cette interprétation simpliste et très probablement éronnée ne tient pas compte des variations régionales et de l'évolution de la langue amazighe ; le berbère d'il y'a plus de 2500 ans n'est certainement plus le même que le chleuh ou le kabyle parlés actuellement.
Ci- après, nous exposons les hypothèses les pus fréquemment soulevées.



ORIGINE INCONNU ?

Cité par Prasse (1972), M. Cohen (La grande invention de l'écriture et son évolution (1958)), conclut que l'origine de l'alphabet tifinagh reste inconnue. Selon lui, toutes les tentatives de le dériver des hiéroglyphes égyptien, des alphabets sudarabique, grec, ibérique, voire phénicien- punique, n'ont pas réussi à fournir la preuve décisive.


ORIGINE PHENICIENNE?

Selon Hanoteau, le nom même de l'alphabet amazigh trahit son origine phénicienne. Tifinagh est un nom féminin pluriel dont le singulier serait tafniqt : la phénicienne.
Cette hypothèse est largement partagée par les berbérisants. Ainsi, pour Salem Chaker (1984), "L'alphabet Tifinagh est très certainement d'origine phénicienne, comme la quasi totalité des systèmes alphabétiques existants." Plusieurs raisons ont poussé S. Chaker à considérer que l'alphabet tifinagh est d'origine punique :
- le mot tiphinagh: ce mot vient de la racine /fnq/ qui désigne les phéniciens en sémitique. L'alternance q / gh [1] est une alternance morphologique très fortement attestée en berbère, le cas de la construction de l'intensif en est l'exemple : negh --- neqqa "tuer".
- L'usage de tifinagh s'est surtout développé dans les régions d'Afrique du Nord qui ont connu une influence punique.
- L'orientation originelle est abandonnée au profit d'une pratique épigraphique punique (i.e. horizontal de droite à gauche remplace l'usage courant i.e. vertical)
- Il n'existe aucune tradition pré-alphabétique qui permettrait d'envisager sérieusement l'hypothèse d'une formation autochtone.


ORIGINE AUTOCHTONE INFUENCE PAR LE PUNIQUE ?

Ch. Higounet (1986) estime que les Amazighs n'auraient emprunté aux Carthaginois que le principe de l'écriture alphabétique : quant aux caractères, certains auraient été empruntés d'autres puisés dans un fonds local des signes symboliques.


ORIGINE AUTOCHTONE ?

Plusieurs chercheurs cependant contestent l'origine phénicienne. (St Gsell (1956), J. G. Février (1956), Friedrich (1966)).L'hypothèse punique bute en effet sur plusieurs objections.
D'une part, selon Gsell (1956), il est fort probable que les "Phéniciens" ne se soient pas donnés eux-mêmes le nom de "Phéniciens", par lequel les Grecs les désignaient. L'exemple des Amazighs désignés par un autre nom par les Romains - Barbarus d'où est dérivé le mot "berbère" - soutient cette analyse.
La deuxième objection émane de la comparaison entre les deux alphabets et qui montre très peu de ressemblance entre le tifinagh et le phénicien. C'est notamment l'absence de notation de voyelles initiales en berbère, le très peu de lettres identiques (6 lettres) et les différentes dispositions des deux écritures (horizontalement et de droite à gauche pour le punique et verticalement et de bas en haut pour le tifinagh) qui ont conduit à douter de cette origine.

Selon St. Gsell (cité par Khettouch 1996 : 58) "Des figures élémentaires semblables aux lettres de l'alphabet libyque apparaissent déjà, mélangées à des animaux, sur des gravures rupestres relevées un peu partout en Afrique du Nord et antérieures au premier millénaire avant J.C." Selon le même auteur, ces écritures pourraient être le résultat de l'évolution d'un système pictographique où des images seraient devenues des signes phonétiques. La date de l'apparition de ces figures exclut le lien entre le libyque et le punique. Même constat pour Gabriel Camps (1968 - pp 47 : 60) : le libyque est anté-punique et rien ne prouve que son alphabet a été importé. J. Friedrich (1966), de son côte, soutient que l'alphabet berbère est une soeur de l'alphabet sémitique plutôt qu'un descendant emprunté.

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  #2  
Vieux 15/07/2004, 12h33
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Par défaut l'evolution de tifinagh (culture amazigh)

Source stp?
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  #3  
Vieux 15/07/2004, 13h53
 
Date d'inscription: juin 2004
Messages: 441
Par défaut l'evolution de tifinagh (culture amazigh)

Citation:
Mmis-u-Mazigh a écrit*:
Source stp?
à première vue, je dirais que cela vient de www.mondeberbere.com ; site sur lesquel tu peux trouver cette bibliographie sur le sujet du tifinagh :

AGHALI (M.) et Drouin (J.), 1973-79. - Recherches sur les tifinagh (1 et 2), GLECS. 18-23, pp. 245-272, 279-292.

BASSET (A.), 1959. - Ecritures libyques et touarègue, Articles de dialectologie berbère, Paris, p. 167 - 175.

BASSET (A.), 1969. - La langue berbère, Londres (1ère éd., 1952)

CAMPS (G.), 1978. - Recherches sur les plus anciennes inscriptions lybiques de l'Afrique du Nord et du Sahara, Bulletin archéologique du C.T.H.S., n.s. 10-11, (1974-195), p. 143-166.

CAMPS (G.), 1980. - Berbères aux marges de l'histoire, Ed. des Hespirides. pp. 275-278.

CHABOT (J.B.), 1940. - Recueil des inscriptions libyques, Imprimerie Nationale, Paris.

CHAFIQ (M.), 1993/94. - Initiation au tifinagh, in Tifinagh 1. pp 5-10.

CHAKER (S.), 1972. - Libyque : épigraphie linguistique, Encyclopédie berbère (Aix-en-Provence), édit.prov., fasc.9.

CHAKER (S.), 1977. - Une inscription libyque du Musée des Antiquités d'Alger, Libyca, p. 193-201.

CHAKER (S.), 1984. - Textes en linguistique berbère, CNRS : Paris, pp. 246-258

CHAKER (S.), 1989/1990. - Berbères aujourd'hui/Imazighen ass-a, Paris/alger. L'Harmattan /Bouchène.

CHAKER (S.), 1994. - Pour une notation usuelle à base "Tifinagh". in Etudes et Documents Berbères, 11 : pp. 31-42.

CLAUDOT (H.), 1985. - Tifinar'. Du brin à la plume, Dauphin, Atelier du triangle/aix, LAPMO, 16 p.

CLAUDOT-HAWAD (H.), 1989. - Tifinar'. De la plume à l'imprimante. in Etudes et Documents Berbères, 6, pp. 187-190.

CONINCK (J. de) et GALAND (L.), 1960. - Un essai des Kel-Antessar pour améliorer l'écriture touarègue, GLECS, VIII, pp. 78-83.

ECHALLIER (J.C.), 1972.- Villages désertés et structures agraires anciennes du Touat-Gourara (Sahara-algérien), Paris, 142 p.

FEVRIER (J.G.), 1956. - Que savons-nous du libyque ? Revue Africaine, 100, pp. 263-273.

FEVRIER (J.G.), 1959. - Histoire de l'écriture, Paris ; " Ecritures libyques et ibériques ", pp. 321-332.

FEVRIER (J.G.), 1964-1965. - "La constitution de la municipalité de Dougga à l'époque numide", Mélanges de Carthage offerts à
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FOUCAULD (Ch. de), 1920, - Notes pour servir à un essai de grammaire touarègue, Alger.

FOUCAULD (Ch. de), 1951, - Le dictionnaire Touareg-Français. Imprimerie Nationale. Paris. 4 volumes.

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MUSSO (J.C.) et POYTO (R.), 1974. - Nouvelles stèles libyques de Grande Kabylie, Libyca, XVIII, p. 241-249.

POYTO (R.) et ANOUNE (A.), 1973. - Inscriptions libyque, Libyca, 21.

PRASSE (K.G.), 1972. - Manuel de grammaire touarègue (tahaggart), Copenhague, II, Ecriture, p. 145-161.

REINE (M.), 1969. - Les gravures pariétales libyco-berbères de la haute vallée du Draaz, Antiquité Africaine (Paris), 3, p. 35-54.

REYGASSE (M.), 1932. - Contribution à l'étude des gravures rupestres et inscriptions tifinagh su Sahara Central, Cinquantenaire de la Faculté des Lettres d'Alger, p. 437-534.

TARRADELL (M.), 1966. - Contribution à l'Atlas archéologique du Maroc : région de Tétouan, Bulletin d'archéologie marocaine, VI, 425-443.

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