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Vieux 20/07/2004, 20h34
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Date d'inscription: octobre 2003
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Par défaut 8 questions sur la couverture des agressions antisémites

Huit questions sur la couverture des agressions antisémites
PAR DOMINIQUE VIDAL

Le Jeudi 23 mai, Acrimed recevait, pour un débat sur les médias et
l'antisémitisme, Dominique Vidal, du Monde Diplomatique. Ces notes
ont été rédigées à partir de son intervention


La France a connu une recrudescence des actes visant des personnes et des
lieux juifs depuis une vingtaine mois. Certains d'entre eux sont très
graves : incendies de synagogues et d'écoles juives, attaques contre des
bus scolaires juifs, agressions contre des juifs, profanation de cimetières
juifs. Il va de soi qu'il s'agit là phénomène inquiétant, que les médias
doivent traiter. Mais comment ? Une fois encore, on a assisté à des
dysfonctionnements nombreux et sérieux.


(Embedded image moved to file: pic15724.gif) Une première série de
violences visant des lieux juifs se produit à la rentrée 2000. Or à
l'époque, la plupart des médias observent un prudent silence.


(Embedded image moved to file: pic11478.gif) Le traitement massif ne
débute en fait qu'un an plus tard, après la publication de la liste de
plusieurs centaines d'actions anti-juives par la revue créée Shmuel Trigano
Observatoire du monde juif. Cette liste est reprise et complétée par le
CRIF [1] qui la remet au Premier ministre Lionel Jospin lors du repas
annuel du Comité. Alors commence une véritable campagne. Une nouvelle liste
paraît dans Les Antifeujs, livre blanc des violences antisémites en France
depuis septembre 2000 [2], publié mars par l'UEJF [3] et SOS Racisme, qui
alimente la couverture du phénomène.


(Embedded image moved to file: pic29358.gif) On assiste alors à un
crescendo de reportages télévisés, de doubles pages dans les journaux
(notamment Libération, Le Figaro, Le Monde) et de dossiers dans les
magazines (Le Nouvel Observateur, L'Express, Le Point, Marianne)


(Embedded image moved to file: pic26962.gif) Mais la couverture a
posteriori des événements se fait de manière a-critique presque sur la
seule base des informations et des commentaires fournis par des sources de
presse et d'institutions juives. Or ces dernières posent certains problèmes
de méthode et de contenu. Je m'en tiendrai à 8 questions :


1) Défauts de vérification. L'incendie très médiatisé de la synagogue de
Trappes s'avère être un accident. Ce cas, semble-t-il n'est pas unique.
Dans d'autres cas, les auteurs, arrêtés, sont des criminels sans le moindre
engagement raciste. Etc.


2) Amalgame des actes : ainsi en va-t-il des actes recensés dans les listes
de Shmuel Trigano, du CRIF, et d'Antifeujs. A côté des attaques graves
mentionnées plus haut, figurent des actes certes délictueux, mais nettement
moins graves : graffitis antisémites, courriers ou e-mails anonymes,
insultes... Additionner les uns et les autres pour parler de centaines
d'agressions antisémites donne, à tort, l'image d'une France renouant avec
ses démons antisémites du passé.


3) Référence omniprésente à la "Nuit de Cristal", voire - dixit
Finkielkraut - à l' " Année de Cristal ". Ceux qui ont osé cette
comparaison sont soit irresponsables, soit analphabètes : dans l'Allemagne
nazie, le gigantesque pogrom du 9 novembre 1938 avait détruit 191
synagogues et 7 500 magasins, tué 91juifs et conduit 30 000 autres en camp
de concentration... Heureusement, nous n'en sommes pas là en France, et de
loin ! Toutes les enquêtes d'opinion indiquent qu'une majorité croissante
de Français rejettent fermement toute forme d'antisémitisme. Certes, les
sondages sont à prendre avec pincettes, pour toutes raisons bien connues
des membres d'Acrimed, mais ils fournissent néanmoins des indications -
surtout s'ils posent la même question sur une longue période.


Ainsi en 1946, 1 Français sur 3 considérait un Français d'origine juive
comme " aussi français qu'un autre Français ". En 2000, ils sont 2 sur 3.


De même, en 1966, la moitié des Français déclaraient ne pas vouloir d'un
président de la République juif. Aujourd'hui, seul 1 sur 10 l'affirme


Le Livre blanc de UEJF - déjà cité - comporte, outre des commentaires très
discutables, un sondage détaillé portant sur 15-24 ans : ils refusent
l'antisémitisme plus vigoureusement encore que leurs aînés (à hauteur de 85
%-90 %).


4) A défaut d'une France antisémite, des Arabes antisémites. Les
quotidiens, y compris Le Monde, ont présenté les "Beurs" et la banlieue
comme gangrénés par l'antisémitisme.


Là encore, les sondages contredisent cette vision simpliste. Dans le Livre
blanc UEJF-SOS Racisme, Philippe Méchet commente ainsi, pour la Sofrès, les
réponses spécifiques des jeunes Arabes : " Ces résultats traduisent avant
tout l'absence d'antisémitisme massif chez les jeunes d'origine maghrébine.
(...) Il est donc essentiel de ne pas stigmatiser une communauté dans sa
globalité : ce serait d'une part commettre une erreur stratégique grave, et
d'autre part négliger la réalité d'une communauté qui, dans sa grande
majorité, rejette l'antisémitisme. "


Le moins qu'on puisse dire, c'est que Philippe Méchet n'a pas été très
écouté par médias, de même que ceux-ci n'ont pas entendu les appels,
pourtant nombreux et remarquablement clairs, de responsables et
d'intellectuels arabes ou musulmans contre les actes anti-juifs. Et en
particulier tous ceux qui voient derrière les attentats anti-juifs la main
des islamistes ont systématiquement passé sous silence les prises de
positions des dirigeants islamistes appelant à lutter contre
l'antisémitisme, y compris lorsque ce dernier est propagé par certains
imams. Je pense notamment au texte remarquable de Tariq Ramadan dans les
pages Horizons du Monde (24 décembre 2001).


5) Silence sur les agressions anti-arabes. La même logique a conduit
plupart médias à passer sous silence la vague d'agressions anti-arabes
depuis 11 septembre. Selon les informations diffusées - il est vrai au
compte-gouttes - par les autorités françaises, les attaques contre des
Arabes, des musulmans et parfois des lieux de culte ont été aussi
nombreuses, sinon plus que les actes contre des personnes ou des lieux
juifs. Selon le Rapport de la Commission nationale consultative des droits
de l'Homme (CNDDH), on a dénombré en 2001 67 faits graves racistes : 38
anti-arabes et 29 anti-juifs. Et selon un sondage paru dans Marianne le 6
avril, 23 % des Français éprouvent de l'antipathie pour les jeunes
Maghrébins, 10 % pour les juifs. Un sondage de la Sofrès paru en mars
établit une autre "hiérarchie" du racisme : celui-ci vise d'abord les
Maghrébins (89 %), suivis des Gitans (46 %), des Noirs (37 %) et des Juifs
(10 %). Combien de médias ont cité ces chiffres ?


6) Qui sont les auteurs des actes antijuifs ? Nombre de journalistes sont
partis d'une analyse chronologique indiscutable : la moitié des faits
recensés par le Livre blanc entre octobre 2000 et février 2002 se sont
produits en octobre-novembre-décembre 2000, c'est-à-dire au moment du
déclenchement de la deuxième Intifada. On a également recensé des dizaines
de faits, dont certains très graves, en avril 2002, c'est-à-dire au moment
de opérations " Rempart " de l'armée israélienne en Cisjordanie. Le
contexte proche-oriental joue donc évidemment un rôle très important.


Pour autant, considérer les auteurs des agressions comme étant
immanquablement de jeunes Arabes en colère, c'est procéder à une déduction
que rien ne vient prouver. Au contraire : selon les rares informations
disponibles, nombre de personnes arrêtées ne sont ni arabes ni musulmanes.
Et celles qui le sont n'ont, semble-t-il, aucun lien avec leur communauté,
une mosquée ou un groupe islamiste : ce sont, en général, des jeunes
désocialisés. Ce constat renvoie à une réflexion plus générale de Théo
Klein, qui voit souvent dans les attentats l'expression, non d'un
antisémitisme ciblé, mais plutôt de la violence qui se développe dans
certaines banlieues.


Par ailleurs, la plupart des médias ont ignoré la piste d'extrême droite,
malgré l'arrestation de skin heads. Comme ils ont ignoré la piste de
milieux criminels. Comme ils ont ignoré l'hypothèse de provocations. A ce
propos, comment ne pas être étonné de la complaisance des autorités
vis-à-vis du Bétar et de la Ligue de défense juive, à l'origine, depuis
deux mois, d'une série d'agressions depuis qui justifieraient leur
dissolution immédiate comme ligues armées. Incroyable, mais vrai : un de
ces fascistes juifs ayant poignardé un commissaire de police à l'issue
d'une manifestation du CRIF a été condamné à 4 mois dont 2 avec sursis !
Imaginons un seul instant que l'agresseur ait été Maghrébin...


7) Utilisation des agressions anti-juives pour, d'un même mouvement,
mobiliser la solidarité de la communauté juive avec Israël et exercer une
pression sur les médias en faveur d'une couverture des événements du
Proche-Orient plus empathique à l'égard de l'Etat juif. Certes, la plupart
des rédactions - dans le droit fil des déclarations officielles - ont
dénoncé les déclarations grotesques d'Ariel Sharon et de plusieurs
ministres présentant la France comme pays le plus antisémite du monde, sans
parler du boycott lancé par Congrès juif américain !


Mais cette situation a servi de toile de fond à un harcèlement sans
précédent des journalistes par les milieux ultra-sionistes français. Non
sans résultats : culpabilisation, terrorisme intellectuel et dénonciation
diffamatoire en ont amené plus d'un à "arrondir les angles" de leurs
critiques de la politique israélienne. De même, l'offensive de Pierre-André
Taguieff sur le thème de nouvelle judéophobie, prétendûment enracinée dans
l'antisionisme islamiste ou d'extrême gauche, a porté quelques fruits


8) La riposte. Ceux qui ont dépeint les violences antisémites comme
l'expression de la haine des Arabes contre les juifs pas seulement commis
une erreur majeure : ils ont considérablement gêné la mobilisation
nécessaire. Pour moi, il est évident que la seule réponse juste et efficace
est le rassemblement de toutes les composantes religieuses, associatives et
politiques de la société française contre toutes les formes de racisme,
anti-juives comme anti-arabes. Tel n'a pas été le choix du CRIF : malgré
les propositions d'une grande manifestation unitaire, Roger Cukierman a
imposé au bureau du CRIF (de justesse) un défilé contre l'antisémitisme et
pour le soutien à Israël, donc une riposte juive et non pas unitaire.
Irresponsable, ce choix a été cautionné par médias qui ont couvert cette
manifestation massivement et favorablement sans en souligner les enjeux. Le
lendemain du premier tour des élections présidentielles, le président du
CRIF, dans Haaretz, présentera le score de Le Pen comme " un message aux
musulmans leur indiquant de se tenir tranquilles " [4] ... Le même Roger
Cukierman avait déclaré à Haaretz en septembre 2001 : " Lorsque Sharon est
venu en France, je lui ai dit qu'il doit absolument mettre en place un
ministère de la propagande, comme Goebbels. " [5]

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  #2  
Vieux 20/07/2004, 23h23
Guest
 
Messages: n/a
Par défaut Huit questions sur la couverture des agressions antisémites

bein, il est clair que certains font du lobbying pour perpétuer cette image des juifs d'éternels persécutés (Tout en ne reniant rien à la souffrance de la shoah qui est terrible) et qui sert leurs intérets au niveau international (pensant particulièrement à la palestine).. Où est alors le lobying musulman pour une palestine indépendante et souveraine?! Autre constat: c bien que les médias s'en rendent compte petit à petit..
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  #3  
Vieux 22/07/2004, 11h39
Avatar de hichaam
 
Date d'inscription: juillet 2004
Âge: 31
Messages: 1 927
Par défaut Huit questions sur la couverture des agressions antisémites

Citation:
naou a écrit*:
bein, il est clair que certains font du lobbying pour perpétuer cette image des juifs d'éternels persécutés (Tout en ne reniant rien à la souffrance de la shoah qui est terrible) et qui sert leurs intérets au niveau international (pensant particulièrement à la palestine).. Où est alors le lobying musulman pour une palestine indépendante et souveraine?! Autre constat: c bien que les médias s'en rendent compte petit à petit..
je tenais à préciser que les arabes aussi peuvent utiliser cette "loi" antisémites.. car les arcbes sont aussi des sémites!!!

on n'a donc qu'a utiliser cet enjeux nous aussi!!
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  #4  
Vieux 22/07/2004, 11h39
Avatar de hichaam
 
Date d'inscription: juillet 2004
Âge: 31
Messages: 1 927
Par défaut Huit questions sur la couverture des agressions antisémites

Citation:
naou a écrit*:
bein, il est clair que certains font du lobbying pour perpétuer cette image des juifs d'éternels persécutés (Tout en ne reniant rien à la souffrance de la shoah qui est terrible) et qui sert leurs intérets au niveau international (pensant particulièrement à la palestine).. Où est alors le lobying musulman pour une palestine indépendante et souveraine?! Autre constat: c bien que les médias s'en rendent compte petit à petit..
je tenais à préciser que les arabes aussi peuvent utiliser cette "loi" antisémites.. car les arcbes sont aussi des sémites!!!

on n'a donc qu'a utiliser cet enjeux nous aussi!!
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