|
#1
| |||
| |||
|
Lecture dans l’ouvrage de Chakib Guessous, "L’Exploitation de l’innocence" Dans son ouvrage, basé sur une enquête, Chakib Guessous se consacre au travail des enfants au Maroc. Un phénomène social représentant un obstacle à la croissance harmonieuse de l’enfant et au progrès économique du pays. Par Loubna Bernichi Les enfants de la rue abandonnés à leur sort. Anthropologue et sociologue, Chakib Guessous multiples les recherches en sciences sociales et les responsabilités associatives. Ses activités s’articulent autour des trois pôles: défense des droits de l’enfant, scolarité et problématique de l’alphabétisation, de la pauvreté et de la marginalisation. Dans son ouvrage, L’Exploitation de l’innocence, basé sur une enquête, Chakib Guessous se consacre au travail infantile au Maroc. Un phénomène social représentant un obstacle au développement harmonieux de l’enfant et au progrès économique du pays.Dans un premier temps, l’auteur de ce livre définit les causes du travail de l’enfant dans la société marocaine. Pour lui, les raisons sont directement liées à la pauvreté, l’absence d’une éducation adaptée et le rôle de la tradition. Concernant l’absence d’éducation, le sociologue pense que l’enseignement, avec ses programmes et ses méthodes inadaptés, offre une qualité médiocre. Autre raison du travail des enfants, le rôle de la tradition. Mais celle-ci est moins prépondérante au Maroc, selon l’enquête menée par le sociologue Guessous.Il aborde les travaux propres au milieu rural et les emplois urbains, ou ceux pouvant être exercés dans les deux milieux.Dans le milieu rural, les enfants des deux sexes ont contribué au travail agricole et d’élevage, le plus souvent en tant qu’aide familiale. Ainsi, les garçons effectuent des petits travaux comme biner, sarcler, désherber, épandre les pesticides (!) ou encore récolter. Ils peuvent également effectuer des travaux plus importants comme le labourage, battre le grain, ramasser du gros bois ou encore garder les animaux et le grand transport sur les bêtes de somme. Quant aux filles, elles font des travaux de champs, la récolte ou la cueillette. Occupant le plus grand nombre d’enfants marocains actifs, le secteur agricole, forestier et d’élevage est un des secteurs des moins protégés.Le travail domestique est l’une des activités les plus répandues en milieu urbain. Elle est exercée tout particulièrement par les jeunes filles. Par ailleurs, le travail domestique constitue le type d’activité infantile le moins étudié, parce qu’il est difficile de forcer la porte des familles pour enquêter ou étudier. Le secteur artisanal utilise également une forte main d’œuvre infantile. Il comprend le travail du cuir pour la fabrication de la maroquinerie ou le tissage et la fabrication du tapis.Autre activité, les métiers des rues. Dans les villes, les enfants occupent les rues pour y pratiquer moult activités comme cireur, les vendeur de chewing-gum, mouchoirs à papiers ou autres babioles. Ces enfants sont exposés à toutes sortes d’agressivité. La prostitution est une autre forme d’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales. Elle n’est pas apparente, mais semble prendre des proportions alarmantes chez les deux sexes.Dans un troisième temps, Chakib Guessous explique les conséquences fâcheuses du travail précoce de l’enfant sur son développement et sa santé. Il peut provoquer un certain nombre de désordres dans le développement physique, psychique ou psychoaffectif. Physiquement, la fatigue affaiblit son organisme, par conséquent, il se défendra mal contre les infections. Citons aussi la malnutrition qui est souvent le lot quotidien des enfants au travail. Psychiquement, l’enfant aura des traces qu’il traînera toute sa vie. |