|
#1
| ||||
| ||||
| Comment une odeur parvient-elle au cerveau? Comment explique-t-on que l'être humain puisse se souvenir d'un nombre impressionnant d'odeurs, des années parfois après les avoir humées? L'odeur d'un grenier où l'on jouait enfant qui resurgit soudain une fois y avoir remis le pied des dizaines d'années plus tard ou le parfum familier d'une grand-mère - ayant quitté cette Terre depuis bien longtemps déjà -, qui flotte toujours dans l'air... Comment toutes ces senteurs restent-elles imprimées dans la mémoire? Pourquoi les unes nous sont-elles agréables et d'autres insupportables? Bien mystérieux et un peu plus méconnu que les autres sens, le fonctionnement du système olfactif a fait l'objet de savantes études pour lesquelles viennent d'être couronnés deux Américains, Linda B. Buck (57 ans) et Richard Axel (58 ans), prix Nobel de médecine 2004. «L'odorat est longtemps resté le plus énigmatique de nos sens. Les principes de base pour reconnaître et se souvenir d'environ 10000 odeurs différentes n'étaient pas compris», a expliqué l'Assemblée Nobel de l'institut Karolinska, qui décerne le prix, «les lauréats du prix Nobel de médecine cette année ont résolu ce problème dans une série d'études pionnières qui ont clarifié la manière dont fonctionne le système olfactif. Ils ont découvert une grande famille génétique, composée de 1000 gènes différents (3pc de nos gènes) qui permettent l'apparition d'un nombre équivalent de types de récepteurs olfactifs. Ceux-ci sont situés dans le récepteur olfactif des cellules, qui occupe une petite place dans la partie haute de l'épithélium nasal et détecte les molécules odorantes inhalées. Chaque cellule spécialisée dans la détection d'odeurs ne possède qu'un type de récepteur odorant, lequel ne peut détecter qu'un nombre limité de substances odorantes. Par conséquent nos cellules olfactives sont très spécialisées sur quelques odeurs». Ainsi se résume l'explication des travaux. En d'autres mots, la plupart des odeurs étant composées de multiples molécules odorantes et chacune activant plusieurs récepteurs olfactifs, c'est donc une cascade de réactions qui nous permet de reconnaître et de mémoriser quelque 10000 odeurs. Et ce, quelle que soit la longueur du nez... Vital, dans un sens, pour le nourrisson guidé par l'odorat afin de trouver le sein de sa mère, l'odorat est également pour la qualité de vie et le goût dans la mesure où il nous permet d'apprécier un bon vin ou un fruit mûri à point. Les travaux des deux chercheurs américains s'avèrent d'autant plus intéressants qu'ils semblent s'appliquer aussi aux autres systèmes sensitifs, selon l'académie rappelant que les phéromones, qui ont un rôle important dans le comportement social et sexuel des animaux, sont des molécules détectées par des récepteurs également localisés dans l'épithélium nasal. Si Richard Axel, aujourd'hui professeur à l'Université Columbia de New York, et Linda Buck, travaillant depuis 2002 au département des sciences fondamentales du Fred Hutchinson cancer research center de Seattle, ont publié conjointement leurs découvertes en 1991, ils ont ensuite travaillé séparément. Ils devront attendre le 10 décembre pour recevoir leur prix et se partager les 10 millions de couronnes suédoises (1,1 million d'€) dont est doté chaque prix Nobel. LAURENCE DARDENNE Mis en ligne le 05/10/2004 -La Libre Belgique |
![]() |
| Outils de la discussion | |
| Modes d'affichage | |
|
|