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| par Michael Georgy BAGDAD, 14 octobre (Reuters) - Les kamikazes qui foncent vers la mort en Irak dans des véhicules bourrés d'explosifs demeurent une énigme pour les services de sécurité irakiens. Une seule certitude à leur égard: leur recrutement ne tarit pas. Par leur nature sanglante, injuste et imprévisible, les attentats suicide, qui ont fait plus d'un millier de morts en Irak depuis la fin officielle des combats en mai 2003, sont devenus le principal cauchemar de la population irakienne. Les autorités irakiennes avouent ne savoir que très peu de choses sur l'identité de ces candidats à la mort. "Ce sont soit des étrangers et on ne sait rien à leur égard, soit des Irakiens et les familles se taisent de peur d'être arrêtées", explique Ghassan al Attyah, directeur de la Fondation pour le développement et la démocratie en Irak. Leur rituel macabre est simple et très difficile à prévenir: il consiste à bourrer une voiture ou un camion d'explosifs, à foncer sur une foule ou sur un bâtiment et à se faire sauter. Le gouvernement irakien a souvent accusé les combattants étrangers d'être à l'origine de ces actes sanglants, qui sapent le fragile processus de reconstruction du pays. FRIANDISES ET CHOCOLATS Jusqu'à présent, la seule preuve de l'implication d'étrangers a été fournie dans une cassette vidéo délivrée par des activistes fidèles au Jordanien Abou Moussab Zarkaoui. Sur ce document, on voit des activistes venus d'Arabie saoudite, de Tunisie, de Jordanie et de Syrie dire quelques mots avant de mener des attentats suicide contre "les infidèles". Suivent des images d'attaques contre des convois de l'armée américaine, de bateaux se faisant exploser sur une plate-forme pétrolière et d'un attentat à la bombe contre le siège des Nations unies à Bagdad. Seul un Irakien apparaît sur la vidéo: on lui attribue une attaque contre un convoi américain dans le centre de Bagdad. Le Djamaa at Taouhid wa Djihad, le groupe de Zarkaoui, a revendiqué la plupart des attentats à la bombe les plus meurtriers, mais on ignore toujours combien d'Irakiens y ont participé. Après les attentats, les habitants irakiens affirment souvent ne pas croire que certains de leurs compatriotes puissent être à l'origine de telles horreurs. Dans les territoires palestiniens, les familles des kamikazes ont pour coutume d'offrir des friandises ou des chocolats une fois que leurs enfants sont morts en "martyrs" en Israël. Une pratique qui pourrait s'être exportée en Irak. A Falloudja, un habitant raconte en effet, sous le sceau de l'anonymat, comment son fils de 20 ans a fait part il y a quelque temps à sa famille de son envie de se faire sauter contre une base américaine. "Il nous a prévenu trois mois avant l'attentat. Il a dit à soeur que quand elle entendrait parler de son martyre, elle devrait distribuer des chocolats à la famille et aux amis", se rappelle-t-il. "Elle a offert les chocolats il y a deux semaines"./CD |
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