|
#1
| |||
| |||
| http://www.lopinion.ma/IMG/jpg/doc-472.jpg « La maladie de l'Islam » de Abdelwahab Meddeb Le despotisme oriental et l'impérialisme occidental à l'origine de l'intégrisme Les attaques du 11 septembre 2001 contre les tours de World Trade Center de New York, n'ont cessé d'alimenter la scène internationale en livres visant à expliquer ce qui s'est passé, le pourquoi et le comment des choses. Abdewahab Meddeb ajoute de l'eau au moulin des essais édités depuis bientôt un an et demi avec son livre « La maladie de l'Islam » qui vient d'être traduit en arabe chez l'éditeur casablancais Toubkal. Dans cet essai,l'auteur, qui s'est toujours intéressé au patrimoine musulman les soufisme, qui est patrimoine de tous les hommes, tente de faire la part des choses en remontant aux origines historiques de l'intolérance et de l'intégrisme et le rejet de l'autre, en essayant de brosser le portrait de ce qu'est le malheur des pays d'Islam en difficulté d'assumer la perte de la suprématie de la civilisation musulmane, pays très en retard, grevés par le despotisme des gouvernants et pourtant héritiers d'un patrimoine d'une richesse inestimable. Ainsi l'auteur évoque cette notion du ressentiment qui agit dans la conscience en faisant voir dans l'autre, l'Occident, l'empire américain actuellement, le responsable de tous nos malheurs. Ce qui implique une fuite de la responsabilité. Ce qui implique aussi cet état d'être habité par l'image du passé glorieux à faire renaître de ses cendres en pensant à un temps mythique, idyllique, celui d'une cité idéale, Médine, des quatre Khalifs Aboubaker, Omar, Othmane et Ali, et au rétablissement du Khalifa comme en avaient rêvé les talibans dans ce qui est devenu une image dramatique de passéisme digne, tout au plus, de pitié. L'auteur retient ce mot clef, ressentiment, mot inventé par Nietzsche, désignant celui qui, au lieu de créer et de dépasser sa défaite par l'acte positif de la création, cherche à se venger et attend le moment propice. C'est ce qu'on finit par appeler l'intégrisme, le rejet de l'autre, comme il a existé et existe toujours d'autres intégrismes, mot désignant à l'origine des Chrétiens. Du reste l'auteur en avançant dans son explication,parlera d'une violence, occidentale, se traduisant par le rejet de l'Islam comme ennemi, sa marginalisation, sa diabolisation avec notamment le développement de la théorie de l'ismaïlisme. En diagnostiquant cette « maladie de l'Islam » l'auteur parlera de ce passage du musulman « aristocrate et maître » à un homme « haineux refoulé ». Comme cette attitude est loin d'être monolitique et ne saurait offrir une idée juste de l'Islam, l'auteur donne à voir une idée de l'autre attitude, diamétralement opposée, celle aristocratique, à travers l'exemple de l'Emir Abdelkader, lequel malgré sa défaite devant les Français colonialistes, donc des chrétiens, n'a jamais eu comme attitude la vengeance. C'est pourtant le fond d'un Islam profond, supérieur qui le fait agir pour une tolérance entre les religions suivant la doctrine d'Ibn Arabi. C'est cela même qui le pousse à défendre les chrétiens, comme ses propres frères, contre des musulmans fanatiques alors qu'il était réfugié en Syrie. L'auteur évoque cette histoire intéressante quand le Khalif Abbasside Maâmoun encourage le mouvement rationaliste mouatasilite qui défend la thèse du Coran en tant que texte créé à l'occasion de la révélation, donc dans le temps, et contre l'idée d'un texte incréé comme Dieu même. Là, l'important à retenir c'est cette idée de liberté de penser qui va être le fondement et le ferment de la prospérité et de la créativité au sein de la civilisation musulmane. Une liberté qui tolère la différence,la diversité,l'ouverture vers l'autre, d'autres civilisations, d'autres peuples, barassage de cultures arabe, grec,perse, romaine,chrétienne,judaïque, mongole, turc, etc. Cette liberté est tout le contraire de ce que prône le courant de l'immobilisme incarné dans le hanbalisme qui appelle à une lecture littérale stricte du Coran et de la Sounna. Mais ce qu'il y aurait à retenir aussi est ceci : ce n'est que par la force de l'autorité du gouvernant en place que les Mouatasilites ont pu s'exprimer et développer leur philosophie. Ils seront opprimés plus tard du temps du Khalif Moutawakkil. La liberté de penser, de créer est garante du progrès et de la richesse et donc devant agir comme l'antidote pour dépasser cet état de défaite en l'assumant. C'est cette liberté de penser et d'aller vers l'autre pour puiser dans le savoir sans rejet, sans peur maladive, frileuse d'assimilation, qui a fait à un moment donné de Bagdad la capitale du monde. Dans le rejet de l'autre et la haine de l'étranger, l'auteur voit des symptômes de ce qu'il appelle la « maladie de l'Islam ». De même que le discours dogmatique superficiel qui trahit une misère de la pensée. Cette attitude d'aller vers l'autre, une attitude de culture profonde et d'ouverture, l'auteur en donne un exemple incarné dans l'empreneur Frédérick II qui, admirant la civilisation arabo-musulmane s'en abreuve, apprend la langue arabe et rencontre le fils de Salaheddine Ayyoubi non pas en conquérant mais en pacifiste, instituant ainsi une culture de dialogue par le biais de la culture loin du fracas des armes. Or cette liberté a été opprimée par les théologiens avec l'introduction de la tyrannie du mot arabe bidaâ à connotation péjorative signifiant innovation, un vocable tiré étymologiquement de la racine Badaâ (créer). Sous couvert de vouloir éviter la fitna mais au juste pour asseoir une pensée unique despotique on met la liberté en cage ! Cela sonne le glas de l'essentiel. Car toute nouvelle interprétation ijtihad peut être considérée comme innovation par les théologiens et donc nulle et non avenue. Ceux-ci avec Ibn Hanbal (9ème siècle) fondateur de l'idée de la lecture littérale des textes (Coran et Sounna) et son redoutable hériter Ibn Taymiya (14ème siècle),ont condamné toute interprétation des textes, donc toute liberté et toute vie. L'auteur souligne que c'est ce courant qui va être repris par les Wahhabistes, courant puritain qui est au fondement du régime de l'Arabie Saoudite, apparu au 18ème siècle avec Mohamed Ibn Abdelwahhabe, un piètre héritier d'Ibn Taymiya. Ce qui semble intéresser l'auteur c'est de montrer comment le rejet de l'Occident est né chez une catégorie de Musulmans qu'il décrit et qui vont donner les kamikazes de l'attentat du 11 septembre. L'Islam a été à l'origine d'une des plus riches civilisations de l'humanité. Mais le recul de cette civilisation se fera au bénéfice de l'Occident. Les Musulmans ne commenceront à se rendre compte de leur situation de retard qu'à l'occasion de la campagne d'Egypte de Napoléon, au début du 19ème siècle, ce qui sera un premier choc qui donnera lieu à la Nahda. Jamal Eddine Afghani, Mohamed Abdou vont éprouver de l'admiration pour le génie de l'Occident et la nécessité d'une reconstruction de l'Umma effondrée. Rachid Réda, disciple de Mohamed Abdou, partagea la même admiration dans sa jeunesse pour observer par la suite un mouvement de rejet. Pour Hassan Benna, fondateur du mouvement des frères musulmans le rejet de l'autre, l'Occident,sera total et sans appel suivi de Mawdoudi et de Sayyed Kotb, ce dernier appelant au jihad armée, en un mot le terrorisme contre les représentants de l'Etat. D'après les thèses avancées par l'auteur, la réaction du fanatisme est due entre autres à l'échec. Il donne comme exemple les expériences de Boumguiba et Attaturk. L'auteur explique aussi que cette situation n'aurait pas pu avoir lieu sans le rejet de l'Islam par l'Occident, sa marginalisation, l'américanisation du monde avec des Etats-Unis fonctionnant comme un Etat impérialiste et non pas comme un empire. Quelle que puisse être les explications, comme on ne peut pas accepter le meurtre de personnes innocentes comme celle enterrées sous les tours de New York le 11 septembre 2001, on ne peut non plus ignorer toutes les injustices commises par le super Etat qui gouverne le monde. « La maladie de l'Islam » de Abdelwahab Meddeb traduit en arabe par Mohamed Bennis, éditions Toubkal, Casablanca. Par Saïd AFOULOUS http://www.lopinion.ma/IMG/jpg/doc-472.jpg |
|
#2
| |||
| |||
| assalamou alaykoum, Et quelle est ta vision propre, le_Marocain? Penses-tu aussi que le soufisme "patrimoine musulman les soufisme, qui est patrimoine de tous les hommes"soit la panacée? assalamou alaykoum. |
|
#3
| |||
| |||
| Citation:
Ce sont les tenants de l'islamisme politique qui doivent se pencher sur leur experience et tirer les enseignements uqi s'imposent actuellement. Ils doivent se seculariser davantage et de ne pas rester sur des positions intransigeantes et moralisatrices !! La religion et la politique n'ont jamais fait bon ménage. Quant au soufisme, c'est une pratique de sagesse et de dévelopement personnel que l'on trouve dans toutes les cultures ! C'est une pratique qui a toujours derangé les responsables religions au pouvoir ! |
|
#4
| |||
| |||
| [quote] le-Marocain a écrit*: [quote] Ce sont les tenants de l'islamisme politique qui doivent se pencher sur leur experience et tirer les enseignements uqi s'imposent actuellement. Ils doivent se seculariser davantage et de ne pas rester sur des positions intransigeantes et moralisatrices !! [quote] De quels islamistes tu parles . Tu parles comme le_Français. Tu devrais savoir que des islamistes il y en à de tous bords. de l'extreme guauche à l'extreme droite... [quote] La religion et la politique n'ont jamais fait bon ménage. [quote] ça c'est une sentence! Ils existent, c'est un fait; et ils ont de plus en plus de succes chez nous c'est indéniable. Tu a remarqué que la montée de l'islamisme va de paire avec la démocratisation? Citation:
PS Le plus grand mouvement islamiste marocain est soufi: Al adl wa l ihsane |
|
#5
| |||
| |||
| Citation:
Achtouki, permet moi de te demander si tu peux nous donner ta vision.. |
|
#6
| |||
| |||
| Citation:
Citation:
Achtouki, c'est claire que Le-Marocain parle de l'islam pris comme politique moralisatrice et pas comme spiritualite privee.. il est vrai que l'islam est a la fois din wa douniya, mais justement c'est la d'ou vient le probleme majeur de l'islam. ca a plus ou moins marche jadis, et ca a meme donne une civilisation importante dont nous pouvons tous etre fiere, mais il ne faut pas oublier que ce n'est pas l'islam genre taliban ou des integristes comme le FIS ou les ayatoallah qui l'a donnee, cette civilsation. c'est un islam tolerant, je dirais meme de la debauche qui a pu donner une architecture ouverte, un art sublime, une culture arabe majestueuse en son temps... un islam renferme, moralisateur, autoritaire, pensant qu'il a le verite divine absolue ne marchera jamais comme systeme dirigeant des societe emancipees, harmonieuse, tolerante envers toutes les croynces et kes non-croyances, et prospere, specialement aujourd'hui ou les libertes individuelles integrent en elles meme la liberte de pensee, d'expression, et le droit de vivre comme un humain et pas comme musulman. Il est temps de seculariser l'islam, ca ne fera que du bien a l'islam spirituel, croit moi. |
|
#7
| |||
| |||
| [quote] ibnouroshd a écrit*: Citation:
Assalamou alaykoum, Je suis sûre que tu est quelqu'un d'intelligent, dans ton genre. Alors si tu connais bien le sujet tu saurais qu'il y a des bons et des mauvais partout: Il n'est pas besoin d'être islamiste pour avoir de la morale et certains islamistes marocains sont plus ouverts à la démocratie et aux droits de lhomme et de la femme que la plupart des formations politiques du bled. Je pense que les pays arabo-musulmans devraient d'abord retrouver leur souveraineté politique et économique. Nous sommes potentiellement tous des pays riches économiquement et intellectuellement (il y a qu'a voir le niveau sur bladi ;-) ). Ensuite, je pense qu'avec nos valeurs propres et notre personnalité nous pouvons donner une leçon de modernisme et d'humanisme à tous les occidentaux de la terre. Je sais, tu vas dire que je rêve mais ne dit on pas que l'espoir fait vivre :-) |
|
#8
| |||
| |||
| Achtouki ! Tu parles de panacée, que veux-tu dire par cela ? Je donne quelques precisons de ma vision sur le courant philosophie mullman qui pourrait être porteur : L'aleternative pour le mond earabo-musulman est de se reconcilier avec ce que Ibn Ruchd a impulsé comme pensée rationaliste de la philosophie musulmane ! C'est ce modèle là qu'il faut retrouver, le comprendre mieux et l'introduire dans le praxis et la pratique politique. Les courants islamistes dans le monde arabe et le Maroc n'y échappe pas, font l'apprentissage de la democratie, mais il leur manque une vision rationaliste et progressiste de l'islam. Ils sont restés traditionalistes, salafistes et très conservateurs. Ils acceptent très difficilement un autre point de vue différent des leurs. Chacun sa mosquée et son cheikh enturabanné et ils n'hesitent pas à se chamailler entre eux. L'alternative ne viendra pas d'eux, sauf s'il font l'effort d'ouverture pour renouer avec la tradition averroîste "Ibn Ruchd" . |
|
#9
| |||
| |||
| Achtouki a dit: Il n'est pas besoin d'être islamiste pour avoir de la morale et certains islamistes marocains sont plus ouverts à la démocratie et aux droits de lhomme et de la femme que la plupart des formations politiques du bled. Le-Marocain a dit: Les courants islamistes dans le monde arabe et le Maroc n'y échappe pas, font l'apprentissage de la democratie. Même si l'Islam prône la Choura: " Waamrouhoum chora baynahoum" il restera toujours diamétralement opposé à la démocratie, et là je parle de l'Islam tout court. Quant à l'Islamisme c'est quand même un degré plus haut que la dictature répréssive. |
|
#10
| |||
| |||
| Ibnouroshd a dit: "il est vrai que l'islam est a la fois din wa douniya, mais justement c'est la d'ou vient le probleme majeur de l'islam. ca a plus ou moins marche jadis, et ca a meme donne une civilisation importante dont nous pouvons tous etre fiere" Cher ami, Excuse moi de remettre cette affirmation dans son vrai contexte. l'Islam n'était porteur d'aucune civilisation, il a véhiculé très longtemps la civilisation arabe de l'époque de la Jahilya et ce n'est que par le contact d'autres civilisations par le processus d'Islamisation qu'il a pris à son compte le rayonnement de celles ci. La civilisation arabe avant pendant la période anté Oumayade et Abasside était une civilisation de chameliers et guerriers bédouins du désert avec une littérature abandante et un urbanisme primaire. Ce n'est certainement pas ce peuple qui à construit l'Alhambra. D'ailleurs les espagnoles d'aujourd'hui sont pluis reconaissant à la Syrie (Abassides) qu'à l'Arabie Saoudite. |
![]() |
| Outils de la discussion | |
| Modes d'affichage | |
|
|