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| RABAT, 21 octobre (Reuters) - La répression contre les militants islamistes présumés engagés par le Maroc après les attentats suicide de mai 2003 a remis en cause les progrès réalisés depuis plusieurs années dans les domaines du droit civil et des libertés fondamentales, selon un rapport rendu public jeudi par une organisation de défense des droits de l'homme. Une vaste législation anti-terroriste adoptée après les attaques de mai 2003 à Casablanca qui avaient fait 45 morts dont 12 auteurs d'attentats suicide a entraîné des détentions arbitraires et permis des procès où les aveux avaient parfois été extorqués sous la torture, a déclaré Human Rights Watch. L'organisation de défense des droits de l'homme établie à New York a précisé que des détenus pouvaient être victime d'une justice expéditive, le ministère public et les juges ne se montrant guère empressés d'éclaircir les circonstances dans lesquelles leurs aveux avaient été obtenus. Plus de 1.000 personnes ont été emprisonnés pour des accusations de terrorisme depuis les attaques de Casablanca, selon le gouvernement marocain. Beaucoup ont fait appel de leur jugement alors que 16 peines de mort ont été prononcées. Tous les cas de tortures présumés ont fait l'objet d'une enquête, a déclaré le ministre marocain de la Justice, Mohamed Bouzoubaa, lorsqu'il a été prié de commenter le rapport, dont les conclusions sont comparables à celles qu'avaient présentées Amnesty International en juin dernier. "Ces hommes n'ont parlé de torture qu'une fois qu'ils ont été emprisonnés. Ils auraient pu bénéficier d'une expertise médicale et d'une assistance juridique" a-t-il déclaré à Reuters. Dans son rapport de 70 pages, Human Rights Watch reconnaît que le "Maroc a opéré d'impressionnant progrès en matière de droits humains" et fait preuve d'une plus grande tolérance à l'égard des organisations nationales et internationales de défense des droits de l'homme. "Au nom du contre-terrorisme, la protection des droits civils et des libertés fondamentales connaît un recul partout dans le monde et le Maroc n'y fait pas exception" note toutefois Human Rights Watch. L'organisation prévient que "d'importants progrès opérés pendant les quinze années écoulées sont à présent menacés." "Les libertés plus nombreuses dont les Marocains ont pu jouir au cours de la dernière décennie et demi n'ont jamais été institutionnalisées et pourraient bien leur être facilement retirées" poursuit Human Rights Watch. Bouzoubaa, qui a rencontré les enquêteurs de l'organisation mardi, a rétorqué : "Le Maroc ne fait pas machine arrière sur le chemin de l'état de droit." Article de reuters, parue dans boursorama |
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