L'économie des pays musulmans


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Vieux 22/10/2004, 04h33
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Spécial Islam: Voyage dans une économie au bord du chaos

L'Expansion

Pourquoi le grand Moyen-Orient s'est-il exilé du monde de la prospérité ? Du Maghreb au Pakistan, entre pétrole et sous-développement, «L'Expansion» a enquêté sur cette énigme.


Imaginez une petite annonce pour investisseurs qui commencerait ainsi : « Des milliers de kilomètres de plages, du soleil à en revendre, des déserts immaculés, des ruines inscrites au Patrimoine mondial, du gaz et du pétrole à gogo, une main-d'oeuvre abondante et pas chère, un marché de 560 millions d'habitants grand comme deux fois les Etats-Unis, une langue écrite partagée par la moitié de ses habitants et un consensus social irrésistible autour d'une même et (presque) unique religion, qui porta l'une des plus riches civilisations de l'histoire... »

Aucune région du monde ne pourrait dresser un inventaire aussi mirobolant. Et pourtant cette longue bande de terre qui ceinture à demi la planète - le grand Moyen-Orient - a comme disparu des écrans de la mondialisation. Ces 22 pays pèsent à peine 4 % des exportations mondiales - aussi peu qu'en 1973 ! -, n'attirent qu'un flux dérisoire des investissements directs internationaux (0,6 % du PIB global, près de dix fois moins que l'Asie en 2003), et affichent un niveau de vie par habitant qui stagne depuis trente ans ! En l'espace de trois décennies, des dizaines de pays sont sortis du sous-développement et de la dictature, en Asie, en Amérique latine, en Europe... mais pas en Orient. La Grèce, la Pologne, la Corée du Sud, Taïwan ou le Chili ont décollé, portés par une classe moyenne avide de réussir. Pas l'Egypte, ni l'Iran, ni l'Algérie. Bien au contraire, 51 % des jeunes adultes de la région - âgés de 15 à 25 ans - expriment leur désir de tourner le dos à leur pays d'origine en émigrant dans une autre région du monde. Sur cet échec prospèrent le découragement, l'extrémisme, le terrorisme. Le « clash des civilisations. »

Pourquoi le grand Moyen-Orient (GMO) s'est-il exilé du monde de la prospérité et de la démocratie ? Faut-il incriminer l'islam et son conservatisme, le colonialisme, l'absence de démocratie ou bien le socialisme dont plusieurs pays gardent encore des séquelles ? Existe-t-il une malédiction du pétrole, qui favorise la rente plus que le développement ? Quels sont les facteurs les plus aggravants ? La pression démographique, le poids de l'armée, ou encore la timidité des réformes libérales ?

Dans ce dossier spécial, L'Expansion a enquêté sur l'énigme du grand Moyen-Orient et éclaire les mystères de ces économies semblables à des « boîtes noires ». Au moment même où Américains, Européens et, c'est nouveau, plusieurs gouvernements et ONG du Moyen-Orient multiplient idées et projets.

Le 11 septembre 2001, la terre n'a pas tremblé qu'à Manhattan. L'onde de choc a traversé tous les pays musulmans. Plusieurs tabous sont tombés avec les deux tours du World Trade Center. Quelque temps avant l'attentat terroriste, une équipe de chercheurs arabes indépendants travaillait déjà sur le « développement humain » des pays du Maghreb et du Machrek. Avec une idée en tête, simple, provocante et partagée par tous les économistes : c'est d'abord la qualité du capital humain qui fait la croissance et le développement. Jamais leur rapport, commandé par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), n'aurait eu un tel écho dans la région sans la secousse du 11 septembre.

Dans une première étude publiée au printemps 2002, les auteurs identifient et passent au scanner les trois « plaies » de leur région d'origine : « le manque de liberté, l'aliénation des femmes et la faiblesse du processus d'acquisition et d'usage du savoir ». Ce ne sont plus des experts occidentaux, suspects d'arrière-pensées mercantiles, qui le disent, mais des voix arabes respectées. De Rabat à Riyad, le retentissement est considérable. Un an plus tard, les mêmes auteurs récidivent avec une batterie de chiffres inattaquables. Le désert culturel de cette région du monde et l'indigence du système éducatif, des vérités que tant de gouvernements tentaient de masquer, sautent aux yeux de tous. « Le monde arabe traduit environ 330 livres par an, soit cinq fois moins qu'un petit pays de 11 millions d'habitants comme la Grèce. »

Sans précautions oratoires, les auteurs soulignent que le mal est ancien : « Le nombre d'ouvrages traduits depuis le règne du calife Maamoun [IXe siècle] est d'environ 10 000, soit presque le nombre moyen de livres traduits en espagnol chaque année. » Ils ajoutent que 65 millions d'adultes arabes, soit près d'un quart de la population, ne savent ni lire ni écrire et que les budgets consacrés à l'éducation ont diminué depuis une décennie dans la plupart des pays de la région.

Sur le coup, les gouvernements ont très mal réagi à nos rapports, raconte l'un des auteurs, le Syrien Burhan Ghalioun, mais ils n'ont pas pu empêcher leur diffusion. Nos travaux nourrissent le débat dans la presse du Proche- et du Moyen-Orient, ils sont sur Internet en langue arabe, ils circulent, passent de main en main, les opinions s'en sont emparé. » L'islamologue américain Bernard Lewis abonde : « Autrefois, une écrasante majorité des musulmans ne se seraient pas aperçus de l'écart gigantesque avec l'Occident. Aujourd'hui, avec les moyens de communication modernes, même les plus pauvres savent quel fossé les sépare des autres sur le plan personnel, familial, régional et social. » Des intellectuels donnent l'alarme et réclament une refonte générale des systèmes d'éducation. De tribune en colloque, l'intellectuel algérien Mohamed Arkoun dénonce ainsi ce qu'il appelle l'« ignorance institutionnalisée ». Au Caire, l'économiste égyptien Mohamed el-Sayed ajoute : « Dans l'échelle des valeurs, la culture occupe ici le dernier rang. Même un roman de Naguib Mahfouz, notre Prix Nobel de littérature, ne se vend qu'à quelques milliers d'exemplaires. Seuls les livres sur la religion font un tabac. »

Ala suite des rapports du Pnud, d'autres chiffres tabous sortent de l'ombre. L'OCDE, une organisation qui regroupe les pays les plus riches, va révéler prochainement l'ampleur de la fuite des diplômés de la région : 214 000 Algériens, 202 000 Marocains, 141 000 Egyptiens, 110 000 Libanais ou encore 83 000 Irakiens ayant un niveau éducation supérieur travaillent et vivent aujourd'hui dans l'un des pays de l'OCDE. Une hémorragie qui prive les sociétés de leurs forces vives.

La suite ici
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  #2  
Vieux 22/10/2004, 04h50
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Merci de me conforter dans mon idée d'appartenir à la race la plus faible du siécle :-(

Merci quand meme pour l'article ;-)
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  #3  
Vieux 22/10/2004, 04h55
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Par contre l'idée développée dans l'article selon laquelle les pays riches notament états-units font tout ce qu'ils peuvent pour y améliorer la situation m'éclate de rire.

Quels faux-culs !!! :-o
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  #4  
Vieux 22/10/2004, 11h37
yhd yhd is offline
 
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Messages: 13
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J'aurais aimé lire cette article dans un journal marocain ... lol
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  #5  
Vieux 22/10/2004, 17h40
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A mons avis le fleaux fondamnetale des pays muslamns c est la prise en ottage de l islam par les pouvoir des les oumaoui et suivis par abassi et otmani. Les oulema et fouqaha n avais pas la sagesse et le savoir de confronter ces tentatives et sont devenus des ouleams des palais. Ces pouvoir ont reussi a exterminer les philosphes et les savants et ont etais supporter par les fatwas des oulema. Ils remarcable que la dynastie des outmani n a donner aucun philosphe ou sanvant de renomer eternell. D ailleur jusqu a aujourdhuit on entent au mosquees que des histoires sur tel kalif et tel kailf du passe du passe et rien qu du passe ou des oulemas font des pactes avec des ignorants pour leur pouvoir ou leur argent. Sans un martin lutter musulaman qui reformera l islam
ces soscietes resterons diviser entre modernite (auto, telephone, pc ) et entre leur forme de vie fyodale et archaique.
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  #6  
Vieux 22/10/2004, 17h47
 
Date d'inscription: juin 2004
Âge: 38
Messages: 722
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Citation:
morodeoro a écrit*:
un martin lutter musulaman qui reformera l islam
Que Dieu t'entende. L'histoire tourne, on ne va pas rester indéfiniment dans le chaos... Mais il va falloir du travail, car l'avance que des pays ont pris sur les autres sera difficilement rattrapable, c'est pour cela que les intégristes exècrent les non musulmans...
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  #7  
Vieux 22/10/2004, 17h48
Avatar de saidsahraoui
 
Date d'inscription: juillet 2003
Messages: 6 509
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Citation:
msalim75 a écrit*:
c'est pour cela que les intégristes exècrent les non musulmans...
et les musulmans qui ne sont pas d'accord avec eux aussi!rapellez-vous les victimes du terrorisme en algérie!
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