Sous la burqa, le shoot


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  #1  
Vieux 20/11/2004, 22h09
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A Kaboul, les médecins d'une association reçoivent des Afghanes souvent devenues toxicomanes sous le régime taliban.

Hamida a 24 ans. Elle tire sur sa longue burqa pour cacher ses jambes creusées de petits trous rougis par le sang. Sa dernière piqûre remonte aux aurores, «juste après le départ de [son] mari». Aujourd'hui, elle a décidé de venir consulter un médecin de l'association Nejat, l'unique structure à Kaboul qui propose des cures de désintoxication aux Afghanes intoxiquées à l'opium et l'héroïne, ou aux médicaments. Fondée à Peshawar (Pakistan) dans les camps de réfugiés en 1991, l'organisation humanitaire est devenue, en 1994, un centre d'aide aux droguées dans le Badakhshan (province du nord de l'Afghanistan), avant de s'établir à Kaboul, six mois après la chute des talibans.

Plaque tournante

A Kaboul, l'opium et l'héroïne se trouvent dans tous les quartiers. Cinq euros la dose, souvent pure à 70 %, ce qui permet plusieurs prises. Quant à l'opium, le kilo s'achète au bazar entre 100 et 150 euros. Selon certaines estimations, le pays compterait plusieurs dizaines de milliers de drogués. «La capitale afghane est une vraie plaque tournante. Une petite partie des cargaisons est destinée à la consommation locale», affirmait il y a quelques mois un inspecteur français de la brigade des stupéfiants en poste à Kaboul. «De très grosses pointures tiennent ce commerce. Nous ne pouvons pour l'instant absolument rien faire», ajoutait-il, montrant du doigt certains ministres et un ancien militaire, le général Toufane. Selon les services de renseignement français, cet homme, très proche de ministère de la Défense afghan, tiendrait la majeure partie du trafic dans la capitale.

Après avoir poussé la lourde porte en bois, Hamida s'installe sur un petit banc sous une affiche qui montre une femme à tête de mort, une seringue plantée dans le bras. «C'est la troisième fois que je viens. A chaque fois, je repars décidée à arrêter. Et puis je replonge. J'ai tellement honte. Pour mes enfants surtout», avoue-t-elle. Deux autres femmes attendent, comme elle protégées des regards par leur longue tunique.

Le médecin l'invite enfin dans son cabinet, une salle froide où ont été jetés à même le sol des matelas. Dans un coin, une petite table roulante avec des médicaments. Ici, aucun produit de substitution, méthadone ou Subutex, juste quelques calmants et le discours apaisant du médecin. «C'est horrible, confie doucement Hamida, maintenant ma fille aînée prend elle aussi de l'opium, car elle ne parvient pas à dormir.»

Par désespoir

Comme Hamida, elles sont une vingtaine à se rendre discrètement chaque semaine dans l'un des trois centres de Nejat à Kaboul. Implantée dans les quartiers pauvres de la ville, l'association propose des cures qui permettent aux femmes de décrocher. «Nous ne leur demandons pas de tout arrêter d'un coup. Elles peuvent même prendre de la drogue sur place, mais en diminuant progressivement leurs doses, explique Djamila, une des deux médecins. Nous avons reçu plus de 600 femmes depuis juillet 2002, mais nous ne savons pas combien ont réellement arrêté. Certaines ont commencé dans les camps de réfugiés, au Pakistan ou en Iran. Mais beaucoup sont tombées dans la drogue sous les talibans, par ennui ou désespoir. Leur existence était tellement niée qu'elles n'ont trouvé que ça pour tenir.»

En début d'année, des militaires sont venus «contrôler» les activités de Nejat, affirmant qu'elle dérangeait le commerce de la drogue dans le quartier, une menace à peine voilée. «Nous avons décidé de continuer quand même», dit Djamila. Avec des gestes précis, délicats, elle ausculte Hamida, puis lui remet quelques seringues neuves, «pour éviter les maladies». Hamida remet sa burqa et repart vers sa maison, située non loin du centre. Ses enfants l'y attendent. En sortant, elle croise deux adolescentes. Elles hésitent, puis pénètrent dans le centre en titubant.

Libération
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  #2  
Vieux 21/11/2004, 20h35
 
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c'est vraiment triste dans arrive a de telles extremités!!
mais je pense a ce qu'elles ont du endurer, je les comprend
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  #3  
Vieux 24/11/2004, 18h19
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Afghanistan : [color=FF0000]L’opium, richesse nationale[/color]


[img align=left]http://www.rfi.fr/images/059/opium220.jpg[/img]La culture du pavot, dont on tire l'opium et l’héroïne, a connu une très forte augmentation en 2004, selon un dernier rapport des Nations unies. La drogue est en effet une source de revenus à la fois inépuisable et incontournable pour les forces en présence et les différents factions en lutte pour le pouvoir à Kaboul. Reportage.

Mayel prend sa fille dans ses bras, l’allonge à côté de lui. Il sort de sa poche une petite boîte pleine d’une poudre brune, en verse un peu sur un long papier d’aluminium. Il passe alors une allumette en dessous et inspire profondément la fumée. Il recommence ce geste plusieurs fois, puis s’installe, l’air satisfait à côté de son enfant. « Ca fait plus de dix ans que je prend de l’héroïne », dit-il tranquillement. « J’ai commencé à 21 ans à Téhéran, en Iran. J’étais réfugié, j’étais seul, je n’avais pas de travail et je vivais dans la rue. Un jour, la police m’a embarqué. J’ai passé presque un an en prison, avec d’autres Afghans comme moi. Deux d’entre eux fumaient de l’opium. J’ai voulu goûté et je m’y suis mis », ajoute-t-il. A sa sortie, il se lance dans le commerce de la drogue, avec un associé.

« Il partait en Afghanistan chercher le produit, je le revendais dans les rues de Téhéran. Nous avons gagné beaucoup d’argent à deux, confie-t-il. Le passage de la frontière n’était pas un problème. La drogue était cachée dans la doublure de son blouson, un demi kilo à chaque fois, et les douaniers passaient leur temps à dormir ». Un jour, la police débarque dans sa chambre et trouve un peu d’héroïne prête à la vente. Mayel repart en prison, mais cette fois, il est déterminé : il ne se laissera pas faire et rentrera définitivement en Afghanistan dès que possible. Après quelques mois passés en liberté surveillée, il regagne son pays. Nous sommes en 1995. En pleine guerre civile entre les Talibans et l’Alliance du Nord, il se retrouve dans son village natal de Kapisa, une province du Nord-Est.

« Je vendais de l’héroïne à la plupart des Talibans »

Il se marie et part combattre aux côtés des fondamentalistes sur la frontière pakistanaise. « J’avais une longue barbe. J’étais plus en forme que maintenant. Je pouvais marcher des nuits entières et me battre. Je vendais de l’héroïne à la plupart des Talibans. C’était notre seul moyen pour tenir dans les combats », raconte-t-il, en allumant une autre feuille d’aluminium pleine de poudre. Sa gamine, gênée par la fumée, décide de quitter la pièce. Il l’a regarde partir avec un sourire attendri et se sert un verre de thé. Arrêté en 1999 par les hommes du commandant Massoud, il passe deux mois en prison, puis il s’échappe et se retrouve au Pakistan.

« Les routes étaient tenues par les moudjahidin, je ne pouvais pas retourner chez les Talibans. Je me suis donc installé à Peshawar ». A cette époque, les étudiants en théologie occupent presque tout l’Afghanistan. Leur chef spirituel, le mollah Omar, a décidé d’en finir avec les plantations d’opium, d’où l’on tire l’héroïne. « Ils avaient des stocks considérables », affirme Mayel. « A Peshawar, on m’a contacté pour organiser la vente des stocks. Nous étions quelques-uns et nous avions pour tâche de trouver de bons débouchés. Nous savions que les talibans reprendraient ensuite rapidement la culture du pavot. La drogue était le plus important rouage de leur économie », ajoute-t-il.

« Un euro la dose. Je parviens à gagner 55 euros par jour »

De retour en Afghanistan, il devient commandant chez les moudjahidin. Là, il fait office d’agent de liaison entre les Talibans et les combattants de l’Alliance du Nord pour l’approvisionnement en héroïne. « Ils se battaient les uns contre les autres, puis à l’heure du thé, ils s’arrêtaient pour s’entendre sur le transit de la drogue. Ils se répartissaient les points de passage sur les frontières et se promettaient de ne pas attaquer les convois. La guerre entre eux était très sanglante, mais ils ont globalement respecté leurs engagements vis à vis des chargements de drogue ». Après un autre passage chez les fondamentalistes et un retour vers les moudjahidin, Mayel s’installe, fin novembre 2001, avec sa famille à Kaboul.

La capitale afghane vient de tomber aux mains des combattants de l’Alliance du Nord, épaulés par les Américains. C’est la fin du régime taliban. Grâce à ses contacts entre Kaboul et Jalalabad, la grande ville du Nord-Est réputée pour ses laboratoires de transformation de l’opium en héroïne, il se met à vendre la poudre brune dans les rues de la capitale, non loin de chez lui. « Un euro la dose. Je parviens à gagner 55 euros par jour. J’ai de nombreux clients. Ils viennent de tous les horizons. Un homme d’affaires, des politiciens, d’anciens réfugiés qui vivent dans les ruines, quelques femmes aussi, notamment une très riche veuve », explique-t-il.

« Personne ne prend ça pour le plaisir »

Mayel est grand. Il porte un petit bouc. Sa maison, dans les quartiers du nord de Kaboul, il l’a construite de ses mains avec ses voisins. Sa famille : une femme au visage d’ange et trois petits enfants ravissants. Chez lui, pas d’eau ni d’électricité, les murs en torchis passent rarement l’hiver. Tout le quartier est ainsi fait, au pieds d’une des nombreuses collines de la capitale, très chaud l’été, glacial l’hiver, un quartier d’anciens réfugiés revenus progressivement d’Iran et du Pakistan avec trois fois rien. La misère. « Beaucoup de gens se droguent ici. Ils me connaissent tous. Ils ont souvent commencé dans les camps de réfugiés, le long de la frontière. Ils leur fallait oublier les horreurs de la guerre ou combler leur ennui. Mais croyez-moi, personne ne prend ça pour le plaisir », indique Mayel, le regard perdu.

Chaque matin, il embrasse ses enfants et part s’installer dans une grande rue, juste en face d’un nouveau centre commercial. Ils sont une dizaine sur place à vendre l’héroïne, protégé par la police. « Je leur verse plus de cent euros par mois. Ils peuvent bien me laisser tranquille », s’écrie-t-il. Selon un enquêteur français de la brigade des stupéfiants, une majeure partie de l’héroïne produite sur le sol afghan transite par Kaboul. « Les mafias sont sur place et tout est solidement organisé pour l’envoi à l’étranger », dit-il. « Membres du gouvernement, généraux, anciens seigneurs de guerre, chacun touche son tribut. Ils contrôlent tout. Et les centaines de petits dealers de la capitale sont forcément un jour en relation avec l’un d’entre eux », ajoute-t-il. Mayel achète, lui, directement ses doses dans un camp militaire, non loin de l’aéroport international. Il affirme être protégé par un porte-parole du ministère de la Défense afghan.

RFI
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  #4  
Vieux 24/11/2004, 18h23
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Moi j avais compris que depuis que les talibans ne sont plus là, la culture de la drogue a exponentiellement augmenté
enfin bref
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  #5  
Vieux 24/11/2004, 18h27
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Citation:
Nbarch a écrit*:
Moi j avais compris que depuis que les talibans ne sont plus là, la culture de la drogue a exponentiellement augmenté
enfin bref
exact elle a augmenté mais elle a toujours été là et dans le deuxiéme article on explique comment elle a réussi à financer les talibans maintenant c'est pour reconstruire l'Afghanistan.
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