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#1
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Je naviguais sur le web à la recherche des poèmes de Mohammad Iqbal, et je tombai sur un texte surprenant extrait du Livre de l'Éternité. Je dois dire que je n'ai pas une grande intelligence de la pensée de Nietzsche, ayant peu fréquenté son oeuvre. "Partout, l'Être est en lutte avec le non-Être, et nul ne connaît le secret de cette voûte tournante. Partout la mort porte le message de la vie. Oh! Heureux l'homme qui sait ce que c'est que la mort. Partout la vie est à bon marché comme le vent, elle est instable, mais est en quête de stabilité! Mes yeux ont vu cent mondes éphémères, jusqu'à ce que mon regard parvienne aux confins de la création. Dans chaque monde, j'ai vu une autre lune et d'autres Pléiades, d'autres coutumes, d'autres formes de vie! Le temps, dans chacun de ces mondes, s'écoulait comme un flot, ici lent, là plus rapide : en un lieu notre année équivalait à un mois, dans un autre, à un instant; ce qui était beaucoup en un monde était peu dans un autre. Notre esprit, dans un monde, était plein de talents, dans un autre monde, humble et méprisé ! Aux confins de ce monde contingent, se trouvait un homme à la voix pleine de passion : son regard était plus perçant que celui de l'aigle, son visage trahissait la passion qui embrasait son coeur. A chaque instant augmentait la fièvre dans son sein, et il avait sur les lèvres un vers qu'il répétait sans cesse : « Ni Gabriel, ni paradis, ni houri, ni Dieu, seulement une poignée de terre brûlée du désir du coeur! » Je dis à Rûmî : « Qui est ce fou? » Il répondit : « C'est un sage allemand. Il se tient entre deux mondes; le chant de sa flûte est un chant antique. Cet Hallâj sans corde et sans gibet redisait de nouveau et différemment des paroles anciennes. Ses paroles étaient audacieuses et ses pensées élevées; les Occidentaux furent coupés en deux par le glaive de ses discours! Il ne trouva aucun compagnon dans ses extases : il était ivre de Dieu, on le prit pour un fou! Les intellectuels ne connaissent rien à l'amour et à l'ivresse ils le remirent aux mains des médecins. Chez ces derniers, il n'y a que fraude et qu'hypocrisie : malheur à l'homme ivre de Dieu qui naît en Europe! Avicenne ne tient compte que des traitements donnés dans les livres : on te perce une veine ou bien l'on te donne une pilule somnifère. Nietzsche fut un Hallâj étranger à sa propre patrie; il échappa aux mollahs, mais les médecins le tuèrent! Il n'y avait pas en Europe d'homme connaissant la Voie mystique; or, sa mélodie était trop puissante pour les cordes de son luth. Personne n'indiqua le chemin à ce voyageur, et cent accidents lui arrivèrent en cours de route. Il était une monnaie, et personne n'en fit l'essai; il était un théoricien de l'action, et personne n'en fit un homme d'action. Un amant qui se perd dans ses propres soupirs, un voyageur qui s'égare sur son propre chemin! Son ivresse brisa tous les flacons, il s'arracha de Dieu et à la fin de lui-même. Il voulait percevoir avec son oeil extérieur l'union de la Beauté et de la Puissance. Il voulait que jaillit de l'eau et de la terre ce fruit qui ne peut être produit que par le coeur seul. Ce qu'il cherchait, c'est le Degré de la Majesté divine, et ce niveau est au delà de la raison et de la sagesse. La vie est le commentaire des mystères du « Soi », Lâ et Illâ sont des étapes du Soi. Il s'arrêta au Lâ et ne parvint pas au Illâ, il disparut sans avoir compris le sens de « Serviteur de Dieu ». Embrassant les manifestations de Dieu, et pourtant en étant ignorant, comme le fruit est loin de la racine de l'arbre. Son oeil ne voulait voir que l'homme, et son cri audacieux était : « Où est l'Homme? » Sinon, il aurait éprouvé de la répugnance pour les êtres terrestres, et comme Moïse, il aurait aspiré à la Vision de Dieu ! Oh! S’il avait pu vivre au temps de Ahmad, afin de parvenir à la Joie éternelle! Sa raison était en discussion constante avec son Moi. Toi, suis ta propre route, car cette route est la meilleure. Avance maintenant, car voici un lieu où naissent les discours sans paroles." |
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#2
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| Citation:
Je trouve en effet la comparaison fort interessante. Surtout sur le but final recherché a savoir s élèver en tant qu etre humain Sinon sur la trategie è suivre ou la methode deux approches a mon sens differentes ; voire opposées et Iqbal a une lecture bien reconciliante de Nietzsche et genereuse. Opposées car quand Hallaj parle de son etre diluer, entrer pour se perdre en Dieu ( holoul that el insan fi that allah ) Nietzche voit que seul par la mort du Dieu et donc abandon de ses croyances que l etre humain s elevera a un degré superieur que celui des "mouches" , " des moutons" et deviendrait superieur. La connaissance de l un est purement sensorielle ( ma3rifa el hissiya ) alors que chez l autre c est une argumentation philosophique pure basée sur la logique enfin n empechent qu ils ont connu tous les deux une fin tragique dans la folie meme disent certains juste qq modestes remarques d apres ma comprehension pour continuer le debat:-) |
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#3
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Vous m'excuserez si je m'égare (peu dormi), mais j'ai comme l'impression qu'Iqbal cherche à islamiser Nietzsche, je me trompe? Certes, cela pourrait se tenir pour la personne qui considère que nous sommes tous musulmans, qu'on le veuille ou non, mais à ma connaissance, le gars Nietzsche n'a jamais été spécialement marqué par l'Islam, et sa pensée tire son essence de l'Antiquité grecque, avant que cette religion n'apparaisse. A partir de là, je me demande si plus audacieux est le "Dieu est mort!" ou bien ce texte. Un peu comme si je disais que tel peuplade aborigène était écologiste parcqu'elle respecte la nature, par exemple. Cela me semble anachronique et pas très cohérent. |
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#4
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| Citation:
Agdoud |
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#5
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Oui, bien sûr, Iqbal attire Nietzsche vers l'Islam, mais sa méthode n'est pas pire ou moins séduisante que celle de Massignon, qui attirait Hallâj vers le Christianisme. La philosophie de Nietzsche refuse rarement les orgues de la passion, et c'est pourquoi elle peut féconder même les esprits religieux. |
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#6
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| Je trouve assez significatif que les orientaux n'aient pas la même lecture de Nietszche que les occidentaux, les orientaux comme Iqbal ou Gibrane trouvent beaucoup de spiritualité chez lui et même s'en nourissent, alors qu'en Occident il a été toujours interprété dans un sens soit anti-religieux soit carrément anti-humain (les nazis) ! |
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#7
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De ce que je me souviens de ma lecture de Par delà le Bien et le Mal, il dit d'ailleurs à un moment donné qu'il n'a rien contre une religion en soi, mais tout contre la religion chrétienne, grosso modo (je vérifierais ça quand je l'aurais récupèré). Sinon, je ne sais pas s'il y a de la spiritualité dans Nietzsche, pour la simple raison que je ne comprends pas ce que signifie ce terme. J'ai l'impression que par spiritualité, on entend sans grand ménagement toute pensée un brin mystique/mystérieuse qui a les apparences de la profondeur et je vois très mal comment on pourrait retrouver cette vulgarité chez notre bonhomme. |
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#8
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| Citation:
Par ailleurs, le concept "übermensch", c'est à dire le superhomme ou homme parfait (je m'en souviens d'avoir lire qq chose sur ce sujet), Nietszche en trouverait dans le profet: c'est le "cabd" (messager, serviteur) qui apparaît dans l' isrâ y mi’rây (qur'an, XVII,1)... ... mais, comme stendhal, il y a bcp de temps que je ne lis Nietszche... ps. dsl, sin mon post n'apporte grand chose à la discussion |
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#9
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| Citation:
je te rappelle ma chère huda, qu'a ses débuts Mussolini avait séduit même la gauche en France ! La Vision du monde de M. Iqbal est contenu dans son livre "pour une revification de la religion muslmane", livre très intéressant que je te conseille, Personnelement je crois que Nietszche est avant tout un poète, IL faut le lire d'abord en tant que tel. On peut faire plsuieurs interprétations de sa philosophie ! Ses écrits ont inspirés l'extrême droite, mais aussi une partie de la gauche, Il existe des "Nietszhiens" croyants mais aussi des athés, |
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#10
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| Citation:
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