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  #1  
Vieux 19/12/2004, 23h17
Avatar de nadiao
dis moi oui andy
 
Date d'inscription: octobre 2003
Messages: 3 720
Par défaut travail, salaire et reconnaissance pour toutes

Avec une formation professionnelle, le travail des femmes de ménage serait reconnu avec un salaire justifié qui leur permettrait de vivre dans la dignité

Aïcha Zaïmi Sakhri


Un confrère m’appelle un matin pour me proposer un sujet d’article. Le Maroc, me dit-il, est en train de vivre une transition en matière de gestion domestique. A titre d’exemple, sa femme et lui ont décidé de ne plus recourir aux services d’une femme de ménage ; c’est devenu trop coûteux pour leur budget avec une efficacité douteuse. Et de citer les nombreux témoignages d’autres couples qui ont décidé de prendre en charge leur logistique perso.
C’est un constat juste. Les tarifs des femmes de ménage, en tous les cas à Casablanca, ont tendance à s’élever, ce qui est le signe d’une évolution positive du pays. Personnellement, je trouve cette augmentation tout à fait justifiée. Elles s’occupent de la maison, de la cuisine, des enfants parfois (souvent !) à notre place. Sans horaires définis, sans congés payés (souvent),
sans assurance-maladie et sans retraite. Et surtout, sans aucune reconnaissance juridique ni même sociale de leur statut.
Leur efficacité, par contre, est souvent discutable. Analphabètes dans leur grande majorité, ayant grandi dans les campagnes ou bien dans les quartiers bidonvilles, sans ressources ni expérience, on leur demande en deux temps trois mouvement de s’adapter à un autre mode de vie, de nous assister totalement, de prendre en charge les adultes et les enfants, leur nourriture et leur saleté. Et surtout, surtout rester soumises, ne rien demander, ne rien revendiquer. Le comble, c’est de vouloir que ces personnes soient dignes de confiance, tout en étant les premières à figurer au banc des accusés au moindre couac !
Certes, il ne faut pas généraliser. Et comme le dit mon confrère, le choix de se passer de femmes de ménage relève souvent d’un manque de moyens mais aussi (c’est plus rare !) d’un choix de vie, de ne pas être assisté, de s’occuper soi-même (avec son conjoint bien sûr) des siens et de son intérieur, seuls comme des grands. C’est vrai que la vie est plus difficile surtout lorsqu’il y a des enfants en bas âge. Il y a peu ou pas d’infrastructures adaptées pour eux (crèches, cantines pour les enfants, transports scolaires généralisés), les maisons sont difficiles à entretenir car peu de ménages ont les équipements qui facilitent la vie, les plats cuisinés sont trop chers et ne font pas partie de notre culture, etc.
Mais cette tendance nouvelle est bien là. La vie est coûteuse et difficile pour les jeunes couples qui démarrent (elle l’est pour une grande majorité des Marocains d’ailleurs). Mais elle l’est davantage pour ces jeunes femmes qui travaillent chez nous. Car il s’agit d’un vrai boulot qu’il serait temps de reconnaître et de valoriser. Le manque d’instruction n’est pas une fatalité. Pourquoi ne pas prévoir des formations à destination de ces femmes concernant le travail à domicile ? Avec des modules sur le ménage, la cuisine, le rangement, la sécurité domestique. On pourrait même trouver des fonds auprès des lessiviers ou bien des fabricants de produits alimentaires qui allieraient à la fois civisme et intérêts économiques.
Ce que je dis là n’est pas du domaine du rêve. On a bien vu ce que la formation professionnelle a apporté en matière de débouchés sur le marché du travail. Dans le cas des femmes de ménage, tout le monde y trouverait son compte, à commencer par la collectivité ; le travail de ces femmes serait reconnu avec un salaire justifié qui leur permettrait de vivre dans la dignité. Les jeunes couples, les personnes qui n’ont pas les moyens pourraient recourir à leurs services à temps partiel. On peut même penser à des incitations fiscales (comme cela existe en France) pour pousser les employeurs à les déclarer à la CNSS.
Ce n’est pas une proposition qu’il faut prendre à la légère. Elle peut permettre de soustraire des dizaines de milliers de familles à la pauvreté. Par les temps qui courent, c’est loin d’être négligeable.

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  #2  
Vieux 19/12/2004, 23h21
 
Date d'inscription: juillet 2003
Messages: 3 554
Par défaut travail, salaire et reconnaissance pour toutes.

... simple bon sens...

merci nadiao pour l'article.
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  #3  
Vieux 19/12/2004, 23h29
Avatar de shivvah
 
Date d'inscription: juillet 2004
Âge: 77
Messages: 6 325
Par défaut travail, salaire et reconnaissance pour toutes.

bsr nadiao!!

trés bien ton article! ;-)

d'autant plus que trés souvent les femmes de manages de par leur travail ne sont pas au centre des préocupations ;-)

merci pour elles ;-)
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  #4  
Vieux 20/12/2004, 03h46
 
Date d'inscription: décembre 2004
Messages: 36
Par défaut travail, salaire et reconnaissance pour toutes.

salut nadiao

tres bonne article l'idée l'est aussi.

mais cette formation elle ne serait bien sur pas gratuite alors commnt demander a des femmes de menages issues de familles bien pauvre e payer pour une formation.
mais bravo pour l'article .
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  #5  
Vieux 20/12/2004, 15h29
 
Date d'inscription: octobre 2004
Messages: 5 270
Par défaut travail, salaire et reconnaissance pour toutes.

Citation:
nadiao a écrit*:
Avec une formation professionnelle, le travail des femmes de ménage serait reconnu avec un salaire justifié qui leur permettrait de vivre dans la dignité

Aïcha Zaïmi Sakhri


Un confrère m’appelle un matin pour me proposer un sujet d’article. Le Maroc, me dit-il, est en train de vivre une transition en matière de gestion domestique. A titre d’exemple, sa femme et lui ont décidé de ne plus recourir aux services d’une femme de ménage ; c’est devenu trop coûteux pour leur budget avec une efficacité douteuse. Et de citer les nombreux témoignages d’autres couples qui ont décidé de prendre en charge leur logistique perso.
C’est un constat juste. Les tarifs des femmes de ménage, en tous les cas à Casablanca, ont tendance à s’élever, ce qui est le signe d’une évolution positive du pays. Personnellement, je trouve cette augmentation tout à fait justifiée. Elles s’occupent de la maison, de la cuisine, des enfants parfois (souvent !) à notre place. Sans horaires définis, sans congés payés (souvent),
sans assurance-maladie et sans retraite. Et surtout, sans aucune reconnaissance juridique ni même sociale de leur statut.
Leur efficacité, par contre, est souvent discutable. Analphabètes dans leur grande majorité, ayant grandi dans les campagnes ou bien dans les quartiers bidonvilles, sans ressources ni expérience, on leur demande en deux temps trois mouvement de s’adapter à un autre mode de vie, de nous assister totalement, de prendre en charge les adultes et les enfants, leur nourriture et leur saleté. Et surtout, surtout rester soumises, ne rien demander, ne rien revendiquer. Le comble, c’est de vouloir que ces personnes soient dignes de confiance, tout en étant les premières à figurer au banc des accusés au moindre couac !
Certes, il ne faut pas généraliser. Et comme le dit mon confrère, le choix de se passer de femmes de ménage relève souvent d’un manque de moyens mais aussi (c’est plus rare !) d’un choix de vie, de ne pas être assisté, de s’occuper soi-même (avec son conjoint bien sûr) des siens et de son intérieur, seuls comme des grands. C’est vrai que la vie est plus difficile surtout lorsqu’il y a des enfants en bas âge. Il y a peu ou pas d’infrastructures adaptées pour eux (crèches, cantines pour les enfants, transports scolaires généralisés), les maisons sont difficiles à entretenir car peu de ménages ont les équipements qui facilitent la vie, les plats cuisinés sont trop chers et ne font pas partie de notre culture, etc.
Mais cette tendance nouvelle est bien là. La vie est coûteuse et difficile pour les jeunes couples qui démarrent (elle l’est pour une grande majorité des Marocains d’ailleurs). Mais elle l’est davantage pour ces jeunes femmes qui travaillent chez nous. Car il s’agit d’un vrai boulot qu’il serait temps de reconnaître et de valoriser. Le manque d’instruction n’est pas une fatalité. Pourquoi ne pas prévoir des formations à destination de ces femmes concernant le travail à domicile ? Avec des modules sur le ménage, la cuisine, le rangement, la sécurité domestique. On pourrait même trouver des fonds auprès des lessiviers ou bien des fabricants de produits alimentaires qui allieraient à la fois civisme et intérêts économiques.
Ce que je dis là n’est pas du domaine du rêve. On a bien vu ce que la formation professionnelle a apporté en matière de débouchés sur le marché du travail. Dans le cas des femmes de ménage, tout le monde y trouverait son compte, à commencer par la collectivité ; le travail de ces femmes serait reconnu avec un salaire justifié qui leur permettrait de vivre dans la dignité. Les jeunes couples, les personnes qui n’ont pas les moyens pourraient recourir à leurs services à temps partiel. On peut même penser à des incitations fiscales (comme cela existe en France) pour pousser les employeurs à les déclarer à la CNSS.
Ce n’est pas une proposition qu’il faut prendre à la légère. Elle peut permettre de soustraire des dizaines de milliers de familles à la pauvreté. Par les temps qui courent, c’est loin d’être négligeable.
dans la ligne "elle","cosmopolitan", "femmes du maroc" etc...

discours facile sans approfondir en questions comme: "externelisation" de ce type de services (contratation individuelle) ou état social qui reconaît les droits universels (parmi eux, le droit de la citoyennitée è une réseau de services socio-communitaires).

"Pourquoi ne pas prévoir des formations à destination de ces femmes concernant le travail à domicile ?"

un problème de cualification?
pourriez vous m'expliquer...

... c'est dommage!un débat intéressant traité de forme superficiel
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  #6  
Vieux 20/12/2004, 15h34
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Messages: n/a
Par défaut travail, salaire et reconnaissance pour toutes.

Citation:
"Pourquoi ne pas prévoir des formations à destination de ces femmes concernant le travail à domicile ?"
je ne pense pas qu'il y ait besoin de formation specifique pour savoir faire le ménage!


:-?
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  #7  
Vieux 20/12/2004, 15h37
 
Date d'inscription: octobre 2004
Messages: 5 270
Par défaut travail, salaire et reconnaissance pour toutes.

est-ce que on peut parler de bas niveau de qualification et précarité de l'emploi quand on parle d'une activité pas régularisé (travail, bien sûr) dehors du marché du travail?
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  #8  
Vieux 20/12/2004, 15h38
 
Date d'inscription: octobre 2004
Messages: 5 270
Par défaut travail, salaire et reconnaissance pour toutes.

Citation:
tament a écrit*:
Citation:
"Pourquoi ne pas prévoir des formations à destination de ces femmes concernant le travail à domicile ?"
je ne pense pas qu'il y ait besoin de formation specifique pour savoir faire le ménage!


:-?
hé,hé,hé alors, pkoi une formation de ce type adressée aux femmes?

peut-être que la journaliste pourrait nous expliquer
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  #9  
Vieux 20/12/2004, 15h42
Guest
 
Messages: n/a
Par défaut travail, salaire et reconnaissance pour toutes.

Citation:
peut-être que la journaliste pourrait nous expliquer
oui, j'aimerais bien comprendre moi aussi, comment ce fait il que les femmes de ménages soit très peu rémunérées et que l'employeur , ou bien un organisme recruteur ait l'argent pour les former? une formation ça coute bien plus cher!
je trouve que c'est paradoxal! :-o
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  #10  
Vieux 20/12/2004, 15h50
 
Date d'inscription: octobre 2004
Messages: 5 270
Par défaut travail, salaire et reconnaissance pour toutes.

Citation:
tament a écrit*:
Citation:
peut-être que la journaliste pourrait nous expliquer
oui, j'aimerais bien comprendre moi aussi, comment ce fait il que les femmes de ménages soit très peu rémunérées et que l'employeur , ou bien un organisme recruteur ait l'argent pour les former? une formation ça coute bien plus cher!
je trouve que c'est paradoxal! :-o
justement, tament... je me demande quel est le but de cette formation? contribue-t-elle à la consolidation de la féminisation du secteur ("femmes de ménages"), renforce les stéréotypes?
si on parle d'organisme recruteur et employeur on aurait bien de parler des politiques fiscales (împots etc..) :-)
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