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Salutations, « Les journalistes (…) proposent souvent, sur les problèmes les plus brûlants, des descriptions et des analyses hâtives, et souvent imprudentes » disait P. BOURDIEU. Voici un exemple c’est un extrait d’un article publié par un apprenti-journaliste et qui est encore en ligne. Lisez : «……. Pas un mot non plus de leurs femmes qui une fois leur mari immigré décédé ont toutes les peines du monde à toucher les pensions de reversions et dont certaines viennent alors à Paris ou face à la compléxité administrative, c’est en se prostituant qu’elles arrivent à survivre» A l’origine ce papier devait parler des vieux immigrés, de leur intégration et même de leur place dans les médias (c’est raté), souci noble s’il en fallait mais je ne vois toujours pas comment il en est venu à parler de la prostitution de veuves « émigrées » parce qu’elles arrivent et « montées » directement à Paris ? Voilà comment même une étreinte qui se voulait amicale au début est devenue mortelle symboliquement. La militance et la compassion ne pouvaient pas passer sans avillir ces femmes. Et ils ont bon dos leur veuvage et leur pauvreté dans cette affaire. Questions : (diagnostic) · Ces veuves ne pouvaient pratiquer aucun autre métier : gardes malade, nourrices, vendeuses de « msemen » sur les marchés ou même « chawafas ? · Si ça se trouve, elles n’ont même pas eu le temps d’observer le deuil les pauvres qu’elles travaillent déjà (et quel travail !) · Remarque, elles ont de la chance, elles n’ont pas eu à chercher après le RMI ni quoi que ce soit ! Anamnèse avec application du test de la chauve-souris de Bigard, si si….) · Admettons que ces veuves qui sont « montées à Paris », habitaient encore dans leur bled, comment elles ont été mises au courant du décés de leur mari ? · Admettons…. Et comment elles ont fait pour obtenir le visa ? · Admettons…. Et avec quoi elles ont payé le billet rien que de l’autocar ? · Admettons……. Et comment elles ont fait pour se rendre de Clichy vers où d’abord ? Aller, on va dire le cimetière de Thiais, c’est la moindre des choses, elles peuvent bien rendre visite à ces pauvres maris ? · Et s’il se trouve que leur mari a été rapatrié ? Elles seraient venues pour rien ? Traitement : Si l’écriture est une liberté, la vigilance est un devoir et la dérision un bon remède. Bonne journée |