Les Berbères dans l'histoire du Maroc


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Vieux 21/01/2005, 11h46
 
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Par défaut Les Berbères dans l'histoire du Maroc

Sur le Forum général, des Bladinautes se sont plaints que l’enseignement de l’histoire du Maroc est réduite à celle des dynasties et néglige l’histoire populaire, le fonds humain, en particulier la civilisation berbère.

A mon avis, cette carence de l’enseignement trouve sa cause dans les sources documentaires. L’histoire des dynasties a été écrite par les historiens arabes, mais à l’exception d’Ibn Khaldoun, ils ne sont pas intéressés à la vie des populations, à leurs coutumes familiales, sociales et politiques.

La littérature orale berbère est abondante, mais le seul témoignage écrit dont nous disposons est celui d’Al-Awzali (XVIIIe siècle) qui écrivait en arabe. La civilisation berbère n’a commencé d’être étudiée qu’à partir du protectorat et par les Européens.

Par un hommage involontaire à Ibn Khaldoun, l’inventeur de la sociologie, et en raison de l’absence de documents écrits, les Européens ont abordé la civilisation berbère sous l’angle de cette discipline. Ils ont essayé de déduire des habitudes des Berbères qu’ils observaient les traits principaux de cette civilisation et de son histoire.

C’est un exemple de ce travail que je propose aux Bladinautes. Il s’agit d’un extrait de l’Histoire du Maroc de Henri Terrasse consacré aux habitudes sociales et politiques des Berbères. Les Bladinautes repéreront aisément les insuffisances d’un texte édité en 1949 et les préjugés d’un historien qui ne pouvait échapper à l’esprit de sa civilisation.

Si d’autres Bladinautes disposent de travaux plus récents et plus objectifs, nous pourrions mesurer les progrès de la connaissance de la civilisation berbère et les difficultés d’en faire une synthèse qu’on puisse intégrer à l’enseignement de l’histoire du Maroc.

LES HABITUDES POLITIQUES ET SOCIALES DES BERBÈRES

LA VIE POLITIQUE ET SOCIALE DES BERBÈRES : SA CONTINUITÉ PROFONDE

Cette chronique dynastique, aux perpétuels recommencements, est la seule que nous puissions saisir de façon continue. Elle est l’histoire majeure de la Berbérie puisqu’elle rend compte des grands évènements extérieurs ou intérieurs qui ont décidé de son sort. Mais elle n’est ni la seule histoire du pays, ni la plus profonde.

En dehors des périodes de crise, où leur destinée se lie, par l’alliance ou par la révolte, à celle du pouvoir central, on a vu que les petits groupes sociaux ont eu, en dehors de l’action du makhzen, une histoire étonnamment morcelée et toute locale. C’est dans le passé des tribus que nous pouvons le mieux saisir, avec les institutions, les habitudes politiques et sociales des Berbères. Ce sont ces formations et ces tendances traditionnelles qui nous font comprendre les ressorts profonds de la vie politique et sociale.

Le spectacle de ce qui se passe encore, et la connaissance de ce qui s’est passé dans le demi-siècle qui précéda le Protectorat, nous permet de suppléer à l’indigence des textes, d’acquérir l’intelligence du passé marocain. La sociologie est ainsi devenue au Maroc l’indispensable auxiliaire de l’histoire. Le beau livre de Robert Montagne sur Les Berbères et le Makhzen dans le Sud du Maroc a jeté une vive lumière, non seulement sur la vie propre des tribus de montagne, mais sur l’action du makhzen en pays insoumis et surtout sur la naissance et le développement du pouvoir des grands chefs qui ont tenté de former des dynasties locales. Le présent et un passé tout proche permettent de comprendre le sens profond des grands évènements du passé et de restituer, sous la maigre trame des chroniques dynastiques, les forces vives de l’histoire du Maroc.

Mais ce que nous savons des formations sociales et des habitudes politiques des populations marocaines, telles qu’elles apparaissent à l’époque contemporaine, vaut-il pour les siècles passés ? Lorsqu’on emploie cette méthode régressive, ne risque-t-on pas de commettre à tout moment les plus graves anachronismes ? Est-il juste de considérer que la vie politique et sociale des tribus a été hier et reste parfois un reflet pâli, mais fidèle de ce qu’elle fut au moyen âge et aux temps modernes.

Ce qui étudient les sources mêmes de l’histoire maghribine n’ont jamais douté qu’il soit légitime, en pareille matière, d’expliquer le présent par le passé. Cette méthode n’est d’ailleurs ni paradoxale, ni vraiment neuve. Il y a longtemps que l’archéologie et la critique des textes recherchent et reconstituent des prototypes disparus par l’analyse des monuments ou des versions plus jeunes de plusieurs siècles.

Aussi bien les auteurs anciens ont apporté plus d’une preuve de la valeur de cette méthode. Tout ce qu’Ibn Khaldoun nous dit de la vie politique et sociale dans ses Prolégomènes et son Histoire des Berbères s’accorde avec les observations des modernes sociologues de l’Afrique du Nord. Par ailleurs, les Mémoires d’Al-Baïdaq, qui racontent les débuts du mouvement almohade, et la Rihla du marabout de Tasaft, qui donne, avec le plus grand détail et pour les premières années du XVIIIe siècle, l’histoire de la vallée du Nfis — qui fut le berceau des Almohades et dont Robert Montagne a étudié l’histoire récente — montrent que le Grand-Atlas avait dans le passé la même physionomie sociale qu’aujourd’hui.

Toutefois, certaines institutions se sont, dans bien des tribus, dégradées au cours des siècles. L’action du makhzen a détruit maintes fois ou corrodé les anciennes institutions démocratiques. Mais, dans les tribus qui échappaient à l’action du makhzen, nous avons retrouvé la vie politique et sociale des Berbères sous des formes encore très pures. Ces traditions sociales ont été assez vivaces pour refleurir après des éclipses passagères : dès qu’une tribu était laissée à elle-même, la coutume des ancêtres y reprenait tout son empire.

L’esprit d’indépendance et le conservatisme des Berbères nous ont donc conservé des témoins suffisants de la structure et des coutumes de la société berbère. Le tableau qu’il est possible d’en dresser aujourd’hui, d’après quelques régions privilégiées, vaut pour l’ensemble du monde berbère dans les siècles passés.

LES UNITÉS SOCIALES DES BERBÈRES

On a vue que les Berbères, même lorsqu’ils fondèrent et maintenir quelque temps un empire, ne surent s’élever ni à la notion d’État, ni à celle de nation. En dehors de ces périodes exceptionnelles, où l’une après l’autre les grandes races berbères eurent conscience de leur unité et s’efforcèrent de la réaliser sur le plan politique, l’horizon politique des Berbères est plus limité encore. Rien n’est plus révélateur que l’examen des unités sociales où ils inscrivent leur vie.

La fraction ou le canton. — Chez les sédentaires, la cellule sociale et politique, l’état-type est, non pas la tribu, mais ce que nous appelons, d’une manière assez inexacte, la fraction de tribu (taqbilt en berbère, khoms en arabe). La fraction rassemble, dans un territoire de six à dix kilomètres de rayon, deux ou trois cents feux répartis en une quinzaine de hameaux dans les vallées de montagne, en deux ou trois gros villages dans les régions les plus riches. Tous les membres de la même fraction disent descendre d’un même ancêtre dont ils portent le nom.

La fraction est gouvernée par une petite assemblée oligarchique, un sénat : toutes les familles — au sens large du mot — y envoient un seul délégué. Parfois même, chaque membre de ce conseil de notables doit représenter un certain nombre de familles.

L’activité essentielle de ce sénat est de répartir les charges et les profits — c’est-à-dire les corvées, les impôts et les amendes — de la petite communauté. Lorsque le droit musulman n’a pas pris pied dans la tribu, l’assemblée exerce aussi un pouvoir judiciaire, suivant la coutume reçue des anciens, mais qu’elle est libre de modifier en cas de nécessité.

Pour assurer l’exécution des décisions, et aussi pour décider et juger en dehors des réunions de l’assemblée, un chef est désigné (en berbère amghar, en arabe cheikh) ; on lui donne parfois le titre plus modeste de moqaddem (préposé). En théorie, il n’est que le délégué de l’assemblée et on prend toutes les précautions pour que son pouvoir ne puisse gagner en étendue et en durée. On évite souvent de nommer à cet emploi une personnalité trop forte. Les fonctions du moqaddem restent temporaires : souvent elles ne dépassent pas un an ; un prudent relativisme y fait défiler les représentants des principales familles. En cas de guerre, le pouvoir des chefs s’accroît ; en fait, c’est par la guerre que les chefs berbères ont toujours réussi à s’élever et à instaurer, contre la volonté profonde de leurs contribules, leur pouvoir personnel.

L’entité administrative et judiciaire que représente la fraction est aussi une unité économique. Presque toutes les fractions indépendantes ont encore ou avaient naguère in magasin collectif, un agadir régi par un règlement minutieusement établi et où chaque famille entreposait ses récoltes. L’agadir contient souvent une mosquée qui peut servir de salle de délibération à l’assemblée. C’était dans l’agadir que, en cas de guerre, la fraction se défendait.

La fraction est donc une « république berbère » minuscule, mais consciente de son unité et de ses volontés. Les fêtes religieuses rassemblent tous les membres de la fraction dans les danses et les chants qui manifestent dans la joie l’âme de la petite communauté.

La fraction se subdivise parfois en sous-fractions ; administrées elles aussi par une petite assemblée qui groupe tous les chefs de feux, elle se contente en général de régler le détail d’application des décisions pris par le conseil de la fraction et de prendre les mesures qui n’intéressent pas l’ensemble de la taqbilt. Dans les pays où le fractionnement social est poussé à l’extrême, il arrive que la sous-fraction ait tout ou partie des organes politiques de la fraction : assemblée, moqaddem, agadir.

En dehors des périodes de crise, la vie politique et sociale des Berbères s’inscrit donc dans un minuscule état. La cité antique — sous ses formes les plus simples et à peu près dépouillée de son aspect religieux primitif — reste l’élément premier du monde berbère.

La tribu. — Un nombre variable de fractions ou cantons — de trois à douze — se groupent pour former une tribu. Cette formation sociale — encore bien modeste — est loin d’avoir la forte cohérence de la fraction. Les membres d’une tribu ont le double sentiment d’avoir un même ancêtre et, chez les sédentaires, d’avoir un territoire commun. La tribu a ses marchés presque toujours son sanctuaire ; le tombeau du patron de la tribu ; chaque année un moussem y réunit les membres des diverses fractions. Mais ces manifestations d’unité sont rares. Les tribus indépendantes n’ont de chef unique qu’en temps de guerre et leur conseil, qui forme lui aussi un petit sénat oligarchique, est souvent tombé en désuétude. La tribu, qui ne conserve qu’une vie politique restreinte, n’a plus guère qu’une unité morale et territoriale.

Encore cette unité est-elle divisée et affaiblie en permanence par le curieux mécanisme des leffs. Toutes les fractions qui composent la tribu se divisent en deux clans — souvent rattachés eux aussi à un ancêtre commun. Toute fraction opprimée ou lésée a le droit de faire appel à ses frères de leff, qui sont tenus de lui donner assistance. Ce système d’alliances déterminés et automatiques pouvait être et fut parfois un remarquable instrument d’anarchie. Mais son but et sa fonction la plus habituelle semblent bien différents. L’intervention des frères de leff amenait bien plus souvent une transaction ou un arbitrage qu’un conflit. Un même système de leffs couvrait en général un assez grand nombre de tribus, parfois de vastes régions. Par cette dichotomie de la tribu, les fractions arrivaient à sauvegarder leur indépendance et ont évité d’être absorbées et détruites par des unités sociales plus vastes ou soumises au pouvoir personnel de quelque chef. Le système des leffs était le plus sûr garant de l’indépendance dans le morcellement.

Les confédérations. — Les confédérations qui groupent des tribus — parfois aussi de simples fractions — n’ont guère d’existence chez les sédentaires. Bien que tous les membres d’une confédération se reconnaissent aussi un ancêtre commun, elles semblent s’être constituées à la faveur d’événements historiques et avoir groupé pour une action commune — migration ou défense — un certain nombre de tribus. Elles n’ont ni chef permanent, ni assemblée. Mais les éléments qui composent la confédération s’ordonnent suivant une hiérarchie fixe qui est un ordre de bataille. L’organisation almohade ne fut que l’agrandissement, aux dimensions d’un empire, d’un de ces ordres de bataille.

Les formations sociales chez les transhumants, les nomades et chez les qsouriens. — La vie sociale dont on vient de donner les grandes lignes est celle des sédentaires du Grand-Atlas. Elle se retrouve en ses éléments essentiels chez les transhumants et les nomades.

Chez les transhumants, l’unité sociale la plus vivante est le douar qui groupe un nombre variable de groupes familiaux composés en général de plusieurs tentes ; il correspond en général à la sous-fraction. Il forme une petite république gouvernée par un conseil de notables.

La fraction qui n’a souvent qu’une existence assez floue, a parfois son conseil composé des représentants des douars. Mais cette assemblée ne connaît guère que des questions qui intéressent toute la fraction et surtout la guerre et la paix.

La tribu, divisée en leffs, est, en période de paix, aussi peu cohérente que chez les sédentaires. Mais, en guerre, elle prend une forte unité : elle a son conseil et souvent son chef, son amghar, nommé pour un an et qui se choisit des répondants dans chaque tribu ou chaque fraction.

La guerre et les jeux d’alliances qu’elle imposa ont souvent donné une existence effective aux confédérations de tribus transhumantes.
Chez les grands nomades, les confédérations ont existé, mais semble avoir perdu toute vie réelle. Les assemblées des douars — et parfois des fractions — règlent toutes les questions qui concernent la vie courante. Mais la tribu — bien qu’elle ne corresponde pas à un territoire et que ses membres vivent presque toujours dispersés — a conservé une forte unité morale et même politique. Ses membres suivent ses coutumes et connaissent ses traditions. Elle est gouvernée tantôt par un chef unique qui peut être héréditaire, tantôt par un conseil de notables.

Les luttes qui ont opposé les tribus nomades ont laissé des traces profondes. Les vainqueurs récents forment les tribus nobles, les vaincus, les tribus serves ; les unes et les autres s’ordonnent en une hiérarchie compliquée.

Ainsi chez les transhumants et les nomades — que les nécessités de déplacement fragmentent souvent en groupes plus petits que les sédentaires — la tribu est plus fortement constituée et forme souvent l’unité sociale essentielle. C’est que transhumants et nomades ont eu très souvent à lutter — et par suite à s’unir — pour s’assurer leurs territoires de parcours. Par ailleurs les grands nomades, qui ne sont pas attachés à un territoire et qui se dispersent sur de vastes espaces, ont besoin de sauvegarder leur personnalité et de maintenir leur force par la cohésion tribale.

Les habitants des oasis qui groupent des populations hétérogènes — où les gens de couleur sont nombreux et où viennent se confondre vaincus et sédentaires — se rassemblent en villages fortifiés ou qsour. Deux ou trois villages forment une petite cité, assez semblable à la sous-fraction des sédentaires, mais d’un caractère urbain assez marqué. Cette cité a souvent deux assemblées, l’une aristocratique présidée par deux de ses membres, en général inamovibles, et une assemblée inférieure présidée par un seul chef qui ne fait guère qu’appliquer les décisions de la haute assemblée.

Des alliances de protection se nouent entre ces petites républiques qsouriennes et les tribus nomades. La suzeraineté des nomades s’est souvent traduite par un véritable servage imposé au qsouriens.

LES HABITUDES POLITIQUES DES BERBÈRES

Ce système politique et social ne saurait se comprendre en dehors des sentiments et des idées qui l’animent, des tendances et des habitudes sociales des Berbères.

Le sens biologique de la patrie. — Pour les Berbères, comme pour bien d’autres peuples, la patrie n’est pas la terre, le sol des ancêtres, mais la race. Même chez les plus vieux sédentaires marocains, où existent le sens du territoire et l’amour du petit pays, la race est conçue sous la forme de la parenté par le sang.

Tout groupement social ne se comprend que comme la réunion d’hommes issus d’un même ancêtre dont ils continuent à porter le nom. Même lorsque l’on sait que le groupement est récent et hétéroclite et que la fraternité de sang de la plupart de ses membres n’est qu’une fiction, la solidarité du groupe n’en est pas diminuée.

En Berbérie, c’est la conception la plus archaïque, la plus sommaire et la plus dangereuse de la patrie qui a toujours régné. Ce sentiment de la patrie convient à des nomades, bien plus qu’à des sédentaires ; l’obligation essentielle n’est pas de défendre un territoire où ont vécu les ancêtres, mais de rester entre soi dans l’autonomie du groupe social.

La migration, la déportation elle-même, ne brisent pas les cadres sociaux. L’éloignement des fractions d’un même sang atténue en fait la solidarité ethnique sans en abolir le sentiment. Les grandes forces historiques du Maroc furent des unités ou des groupements ethniques qui ne s’inscrivent pas toujours dans un cadre territorial.

Par ailleurs, ce système ne laisse pas de place à l’individu isolé. Tout émigrant, tout fugitif, doit se rattacher, par la protection ou l’adoption, à l’unité sociale avec laquelle il a décidé de vivre, sous peine de rester un hors la loi que chacun rejettera.

En dehors de ces groupe fondés sur la race, aucune entreprise politique n’est possible ; tout chef, tout aventurier devra, à ses origines, obtenir l’appui de ses frères de sang. Seuls les personnages religieux, en particulier les chérifs, pourront échapper à cette obligation.

Le sentiment démocratique. — A ce sens biologique de la patrie, les Berbères ajoutent un profond sentiment démocratique. Ils ont l’horreur — à la fois instinctive et expérimentale — du pouvoir personnel. C’est pourquoi ils ne confient le pouvoir politique qu’à des assemblées. Les magistrats chargés d’en exécuter les décisions n’ont presque toujours qu’une charge temporaire.

Un certain égalitarisme, une défiance vis-à-vis des fortes personnalités sont la rançon de ce sentiment démocratique. Au Maroc comme ailleurs, il est difficile d’être prophète en son pays. Le chef n’arrive à s’élever qu’en entraînant son clan dans une aventure profitable à tous, en lui faisant partager ses appétits et ses ambitions.

Mais ces crises d’expansion sont rares. Dans son ensemble, le Maroc a été un conglomérat de petites républiques berbères acharnées à maintenir leur autonomie et, en cas de besoin, à défendre vigoureusement ou à reconquérir dans des révoltes sans pitié leur indépendance et leurs coutumes.

LA PAIX BERBÈRE

Nos esprits occidentaux habitués à concevoir l’ordre et l’organisation dans le cadre de l’État et de la nation ont du mal à imaginer que le système social et politique des Berbères ne les ait pas plongés en permanence dans l’anarchie et dans la guerre. Il n’en fut rien : pendant de longues périodes, de vastes régions indépendantes ont joui d’une paix qui n’était troublée que par des conflits rares et limités.

Le cloisonnement social et le jeu des leffs assurait à chaque petite communauté l’autonomie qui permettait la juste répartition des profits et des charges. La société berbère trouvait l’équilibre et la paix dans le morcellement.

Au contraire, dès que sous l’action d’un clan ou d’une race en marche vers l’hégémonie, des formations politiques plus vastes s’imposaient au pays alors, commençaient, avec les grandes guerres de conquêtes, les révoltes épuisantes aussi bien pour le pouvoir central que pour les tribus.

Par contre, il est certain que cette vie politique et sociale qui emprisonne les hommes et leur activité dans les étroites limites d’une minuscule cité, où les formations supérieures n’ont pour but que l’équilibre et la protection des cellules sociales élémentaires, ne facilite pas l’accomplissement de grandes tâches.

Pour réaliser des groupements plus vastes, royaumes ou empires, il faut briser le système au profit d’un clan qui s’impose aux autres et s’érige en gouvernement central, se constitue en makhzen.

Le sens de la race et parfois l’attachement au sol, la haine de l’oppression et le goût de l’égalité composent un patriotisme berbère, assez pauvre en nuances peut-être, mais qui s’est toujours montré capable de dresser et parfois d’unir contre un danger commun, dans des résistances et des révoltes acharnées, les petites républiques berbères qui, d’elles-mêmes, ne recherchaient que l’isolement dans la liberté (Ne serait-ce pas plutôt la liberté dans l’isolement ? Jdal)


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  #2  
Vieux 21/01/2005, 11h51
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Citation:
jdal a écrit*:
Nos esprits occidentaux habitués à concevoir l’ordre et l’organisation dans le cadre de l’État et de la nation ont du mal à imaginer que le système social et politique des Berbères ne les ait pas plongés en permanence dans l’anarchie et dans la guerre. Il n’en fut rien : pendant de longues périodes, de vastes régions indépendantes ont joui d’une paix qui n’était troublée que par des conflits rares et limités
toi tu connaissais pas arifublik :lol:

si tu me regarde de travers je te fous une balle, si j aime pas ta façon de manger de même..., de même que si tu deshonores de n importe qu elle maniére un membre d une autre tribu, ou si t empiete sur les terres de ton voisin...surtout toujours regarder ce qui se passe derriére ton dos car tu seras pas prevenu :-D

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  #3  
Vieux 21/01/2005, 12h54
Avatar de abicha
 
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Les Berbères dans l'histoire du Maroc
par jdal


Merci pout ton post!! :-)
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  #4  
Vieux 21/01/2005, 13h00
Avatar de Difkoum
Ce n'est pas du pepsi
 
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A la lecture de ce fort interessant article, s'est posée à moi l'énigme suivante :
Les arabes n'ayant pratiquement rien écrit sur la population amazigh qu'ils ont colonisé.
Tarik ibnou ziad étant, d'après les dires, un amazigh.
Comment a-t-il pu prononcer le, oh combien célébre, discours "ayouha nnaass. ayna l mafarr ?" dans un arabe parfait ? :chepa:
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  #5  
Vieux 21/01/2005, 13h08
 
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c'est sûrement une scène qui n'a pas existé et même si c'était le cas, c'est le comportement des écrivains arabes de l'époque ... TOUT ARABISER:

même les noms, franchement comme si à cette époque là tout le monde en Afrique du Nord avait tout d'un coup commencé à prendre des noms arabes !

Tarik...Ziyad...

:-D
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  #6  
Vieux 21/01/2005, 19h07
 
Date d'inscription: décembre 2004
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[quote]
SaidMariouari a écrit*:
Citation:
jdal a écrit*:
Nuance: Terrasse a écrit. Sans doute ne connaissait-il pas Arifublik; moi non plus.

Cela dit, il s'agit d'un résumé des coutumes sociales et politiques des Berbères telles qu'elles pouvaient être comprise vers 1945, par un Européens observant les Berbères de cette époque.

Ce n'est pas parce que des Berbères furent féroces (Il n'y pas que chez eux qu'il y a des féroces, non?) que leur civilisation doit être méprisée.
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  #7  
Vieux 22/01/2005, 16h41
 
Date d'inscription: décembre 2004
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Citation:
Difkoum a écrit*:
A la lecture de ce fort interessant article, s'est posée à moi l'énigme suivante :
Les arabes n'ayant pratiquement rien écrit sur la population amazigh qu'ils ont colonisé.
Tarik ibnou ziad étant, d'après les dires, un amazigh.
Comment a-t-il pu prononcer le, oh combien célébre, discours "ayouha nnaass. ayna l mafarr ?" dans un arabe parfait ? :chepa:
Quoi qu'il en soit de l'authenticité de cet évènement, qui aurait-il d'impossible à ce qu'un Amazigh eut appris l'arabe et l'eut maîtrisé aussi bien qu'un Arabe?
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  #8  
Vieux 23/01/2005, 10h53
 
Date d'inscription: décembre 2004
Messages: 506
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Admetons,...et toutes ses troupes auxquelles il parle en arabe ?...elles le parlaaient?...Faut pas exagérer.
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  #9  
Vieux 23/01/2005, 12h57
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"Le sens biologique de la patrie. — Pour les Berbères, comme pour bien d’autres peuples, la patrie n’est pas la terre, le sol des ancêtres, mais la race. Même chez les plus vieux sédentaires marocains, où existent le sens du territoire et l’amour du petit pays, la race est conçue sous la forme de la parenté par le sang."

Si j`annonce que Obilix, et Astirix, sont des Berberes, vous me croyier? Je pense pas, mais il ya vraiment des explication a vous faire....
Des rechercheurs Entropologists, ont publier dans leurs journal de metier, et il ya presque une annee, de ca...
Ils disent, ou bien ils ont determiner, que les Celtics ont immigrer vers l`Afric du Nord, dans un temps non precis.Les laisons apparentes et preuves d`une recherche aprofondue des ces deux peuples.
Berberes, et Celtics, partagent la meme Genologie,les results d`etudes de song de deux peuples a produit des similarites incontestable ! Aussi, que les dialects Berberes, et Celtic partagent les memes compositions. Sur ce, je crois que James Bond, est Berber, et la Princess Diana, est ma cousinne, haha..Vous aller me dire que Obilix, et Astirix, sont des Druids, oui ils le sont mais aussi des cousins aux Celtics...
Moi, je parle Tachlhit, et c`est un grand previlage, car ce n`est pas la langue qui fait une nation! C`est leurs CIVILIZATION, soit evoluer,et benifique a son peuple, ou soit primitive, et emprisonne le dernier... L`autre jour en regardant un film Alemand, j`ete surpris de comprendre quellques mots, Alemand que je trouve tellement TACHLHIT einoo.
Merci a ceux qui s`interessent a avancer mon blade, ceux qui ont le courage et la vision d`un Maroc, libre d`ignorance, un Maroc CIVILIZER, ET PAS UN MAROC DE tazmamert, Chabakooni, et Commissariat! Pas un Maroc de SKOUT LAMOUK, COMME ILS DISENT!Et pour commencer, il faut rondre justice aux victimes de Hassan , Il va pas,
y avoir autrement messieurs, Dames! Il ya que la justice qui produira des resultas positif!
2eme, Mohammed 6, doit realiser, que les Marocains sont pas des fourmis, ou bien des rats! Nous sommes des etres humains, et on doit etre adresser et governer telle que des citoyens de cet Universe! Mohammed doit aussi realizer, que le temps de Haroun Rachid, n`a exister que dans les livres de "Mille et une nuit" Mohammed doit faire ses bagages pour quiter nos palais,definitivement, ces mille palais qui serveron de refuge et orphelina pour nos enfants de la rue, Mohammed, et ces Minisre Mafiossis doivent aussi nous rendre compte de ce qui est, et de ce qui est pas dans le TRESOR Marocain , aussi que les billans de son passer, les fermes, terrains, confissquer, et par force, et abuse de pouvoire, ils sont exploiter! L`agronomie Marocain, est pour nourir les Marocain et on bon marchee!!.. La griculture Marocain, par dieu,est aux Marocain! Nos recoltes sont pour nourir les Marocains, et pas pour le marche European!et encaisser des fortunes, quand le peuple Marocain creve de faim, et la hausse des prix! Quand meme, il faut etre humain Monsieur! Je declare que Mohammed, et ses criminelle, Mafiossis, soit disant Ministers, et cadres supperieurs, on abuser le peuple Marocain!! Mohammed, et ces associers doivent realizer la gravitee de leur faits et positions, ils doivent aussi etre conscient du pouvoir du peuple, et leurs obligations a ce peuple, est Sacree!! Ces responssable corrumpu, doivent savoir, q`ils seront poursuiver, par une justice JUSTE et Marocain, de demain.
Leurs jugement,et ce jour,ce rapprochent et a chaque crime et betise, qui ont devenu le norme d`un pouvoir abusive, dictaeur, criminelle, et tenebreux. Messieurs, les criminelles, vous etes averti!
"Words that do not match deeds are unimportant"
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  #10  
Vieux 23/01/2005, 22h56
 
Date d'inscription: décembre 2004
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Citation:
agerzam a écrit*:


Admetons,...et toutes ses troupes auxquelles il parle en arabe ?...elles le parlaaient?...Faut pas exagérer.
Peut-être qu'elles y ont rien compris!
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