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Vieux 23/01/2005, 22h21
 
Date d'inscription: janvier 2005
Messages: 9
Par défaut la biographie de nostradamus

Loin de moi de faire toute sa biographie cela à déjà été fait nous allons simplement rappeler qui il était et remettre en ordre certaines désinformations sur sa personne .

A Saint-Rémy de Provence rattaché aux dioscèse d’Avignon le 14 décembre 1503 à midi Michel vit le jour, son père était Jacques de Nostre-Dame et était notaire du lieu et marchand de céréales ( ???), sa mère était Reynière (ou Renée) de Saint-Rémy, son grand-père était Pierre de Nostre-Dame ou Pierre de Sainte Marie sois disant marchand à Avignon, quand au frère de Michel, il se nommait Jean de Nostredame qui était poéte et procureur au parlement d’Arles, un deuxième grand-père nommé Jean de Saint-Rémy qui était mathématicien,médecin et astrologue, il était aussi le trésorier de la ville de Saint-Rémy . Donc dans sa famille nous devons selon Chavigny comptabiliser René roi de Jérusalem et de la Sicile, devenu comte de Provence et Jean qui était duc de Calabre et fils du susdit roi René !

Sa famille : des juifs convertis au catholicisme , descendirent d’Italie pour s’installer en France, ils ne lui ont jamais enseigné leur connaissance, c’est simplement toutes ses diversités intellectuelles dans lesquelles il baigna toute son enfance qui décidèrent Michel à étudier l’astrologie, l’alchimie, les lettres humaines à Avignon ou il recu son diplôme de maitre es art (1524), et la médecine le 23 octobre 1529 à la faculté de médecine de Montpellier jusqu’en 1533 son maitre d’apprentissage à l’université était Antoine Romier, il dut pour cela verser des droits d’inscriptions : deux livres au procureur des écoliers et vingt sols à l’université . Dès son arrivé Guillaume Rondelet (procureur de la faculté de médecine) le raye du livre des procureurs de la faculté, il l’accusait de médire les docteurs et d’être un apothicaire, mais cela n’empecha pas Michel de poursuivre ses études il noua une amitié certaine avec François Rabelais inscrit au livre du procureur le 17 septembre 1530 et Antoine Saporta c’est la 4ème année qu’il passa son doctorat et l’obtint après avoir passer les épreuves du doctorat avec les triduanes, c’est-à-dire six autres examens qui avaient lieu, pendant trois jours, chacun de ces six examens durait au moins une heure, le sujet de sa thèse avait pour sujet : paraphrase de C. de Gallien sus l’exhortation aux estudes de bonnes arts mesmement médicine. Le candidat, ayant recueilli l’approbation de nombreux professeurs, il fut admis au doctorat. Michel pouvait se dire docteur. Il ne lui restait qu’à voir son actus triumphalis s’accomplir, le candidat admis au Doctorat réalisa pour l’occasion une fastueuse cérémonie publique qui avait lieu dans la paroisse St-Firmin. On délivra à Nostradamus les insignes du grade suprême et il endossa la robe d’apparat. Puis on le coiffa du bonnet carré de drap noir surmonté d’une houppe de soie cramoisie ; on lui passa au doigt l’anneau d’or, le ceignit de la ceinture dorée et l’étole à bandes d’hermine. Après lui avoir remis solennellement le livre d’Hippocrate, le jeune docteur prêta serment.

Voilà la raison, qui le poussa l’année 1533 d’ouvrir son cabinet de médecin à Agen et se maria une première fois la même année, c’est là qu’il rencontra Jules César Scaliger, un illustre personnage haut en couleur et qui fugurait parmis les intellectuels de l’époque, toutes fois après quelques années, leurs échanges intellectuelles prirent fin pour des désacords qui devenaient de plus en plus nombreux et systématiques, du second fait que Scaliger à aussi dénigré Nostradamus dans une de ses lettres publié sans doute jaloux de son succès, et ne put souffrir qu’il soit mis sur son identique niveau, Scaliger voulait être le seul à ce faire aduler .

Ensuite il voyage pour parfaire sa connaissance des plantes aussi il écrivit dans ses fardements et confitures « Après avoir consumé la plus grand part de mes ieunes ans, ô lecteur benivole, en la pharmaceutrie, & à la cognoissance & prescrutation des simples par plusieurs terres & pays depuis l’an 1521 jusques en l’an 1529, incessamment courant pour entendre et savoir la source et origine des plantes & autres simples concernans la fin de la faculté Iatrice... Que quand suis esté au bout de mes huict ans accomplis & consumés, me suis trouvé ne pouvoir parfaitement attaindre en cestuie summité de la parfaicte doctrine... & vins parachever mon estude jusques à lheure présente, qui est le trente un an de ma vacation, que tenons mil cinq cens cinquante deux... » c’est don bien en 1529 qu’il rentre à la faculté de Montpellier .

On le retrouve ainsi dans ses voyages à Bordeaux (1539), Bar-le-Duc et Valence (1543) Marseille (1544) Aix et Lyon (1546) donc en 1546 il par au secours de nombreuses villes de France car la peste de 1520 semble vouloir faire de nouveau parler d’elle ainsi il parcour la France (Narbonne et Toulouse, Agen, Aix, Lyon) ces victoires contre la maladie sont à chaque fois des succès, hélas il ne pu sauver sa femme et ses deux enfants (garçon et fille) qui seront entièrement décimée par la peste c’est cette année là qu’il rencontre Anne Ponsard veuve d’un certain Jean Baulme, ils tombent amoureux l’un de l’autre et se marie le 11 novembre 1546, pour se fixer définitivement à Salon de Provence (Salon de Craux) dans le quartier Ferreiroux ou il y acheta une maison en 1547 au N° 2 de la rue qui porte aujourdh’ui son nom, il gravera sur le linteau de sa porte la mention en latin SOLI DEO traduire par AU DIEU SEUL .

De 1548 à 1549 il reprend ses voyages (Venise, Gênes, Savonne) puis à Blois en 1555 !

C’est justement cette années là (1555) que naitra son fils César de Nostredame qui deviendra écuyer et historien de Salon de Provence qui mourru en 1629 .

Un an après le 14 juillet 1556 Catherine de Médicis le fait expressement mandé à la cour sur ordre du Roi Henri II à la suite de la publication des Centuries, c’est le comte Claude qui se chargera d’aller le chercher, il s’y rendit le 15 août, il était descendu à l’enseigne de Saint Michel, une fois arrivé, le Connetable va le chercher à son logis et le présente au roi qui commande alors de le loger chez le cardinal de Sens, là il restera douze jours, qui tous le long lui permettrons d’avoir de la part du roi cent écus d’or dans une bourse de velour, et la reine lui en donne presque autaud, le roi l’envoi alors à Blois pour voir ses enfants, c’est alors qu’on le retrouve de nouveau sur les routes, on fait état de sa présence à Turin où il y fréquente la maison de Savoie d’ou la présence de cette plaque

MDLVI
NOSTRE DAMVS A LOGE ICI
ON IL HA LE PARADIS LENFER
LE PVRGATOIRE. IE MA PELLE
LA VICTOIRE QVI MHONORE
AVRALA GLOIRE QVI ME
MEPRISE OVRA LA
RVINE HNTIERE


1er juillet 1559 le roi Henri II est bléssé dans un tournoi, la ressemblance avec un de ses quatrain fait sa renomée, mais cela commence à lui valoir des critiques de la part de l’inquisition ils veulent l’interroger, mais Catherine de Médicis intervient pour le protéger .

Le 20 octobre 1559 devient le médecin ordinnaire de François II . Ce même mois d’octobre il est chargé d’aider Adam de Craponne de restaurer le Durance il lui donna deux cents écus, et de faire l’honneur de Salon de Provence pour la venue de Marguerite de Valois , il fait alors graver ces mots latin « sanguiné troiano, troiana stirpé créata et régina cypri », de même que pour l’innauguration d’une fontaine en 1553 il inscrivit ces mots.

SI HVMANO INGENIO PERPETVO SALONAE CIVIB. PARARI VINA POTVISSET
NON AMOENVM QVEM CERNITIS FOTEM AQVARVM. S.P.Q. SALON. MAGNA
IMPENSA NON ADDVXISSET DICTA. N. PALAMEDE MARCO ET ANTON. PAVLO COSS.
M. NOSTRADAMVS
DIIS IMMORTALIB.
OB. SALONENESES.
M.D.LIII.

Traduction : « Si, par un effet de l’humaine industrie, le Sénat et les Magistrats de Salon avaient pu fournir à perpétuité du vin à leurs concitoyens, ils n’auraient pas dû dresser, à grand frais, sous le consulat d’Antoine Paul et de Palamède Marc, la médiocre fontaine d’eau que l’on aperçoit ici. Aux Dieux Immortels, M. Nostradamus, pour les gens de Salon, 1553. »

Charles IX avec sa mère Catherine de Médicis allèrent voir Michel ils arrivèrent à Arles le 18 novembre et séjournèrent 15 jours, il alla quérir le prophète le 2 novembre, il le fit dépêcher avec un présent de deux cents écus d’or, la reine lui en donna la moitié (300 écus en tout), et le firent medecin ordinnaire .

Déjà bien ronger par la goutte fin 1561, il se déplaçait en cannes à partir de 1564, il mourru le 2 juillet 1566 (nuit du 1er juillet) sur sa tombe fut inscrit

D.M
OSSA CLARISSIMI MICHAELIS NOSTRADAMI VNIUS OMNIVM MORTALIVM IVDICIO DIGNI, CVIVS PENE DIVINO CALAMO TOTIVS ORBIS EX ASTRORVM INFLVXV FVTVRI EVENTVS CONSCRIBERENTVR VIXIT ANNOS LXII. MENSES VI. DIES X. OBIIT SALONÆ MDLXVI QVIETEM POSTERI NE INVIDETE .
ANNA PONTIA GEMELLA, CONIVGI OPTIMO V.F.

Traduction : « Aux Dieux Mânes .
Les os du très fameux Michel Nostradamus, unique en dignité au jugement de tous les mortels, dont la plume quasi divine a décrit les événements qui, sous l’influence des astres, se produiront dans le monde entier. Il a vécu 62 ans 6 mois 10 jours(plus exactement 17 jours, du 14 décembre au 2 juillet) . Il mourut à Salon en 1566. Vous qui viendrez plus tard, n’enviez pas son repos. Anne Ponce Gémelle a fait ce vœu pour le meilleur des époux. »


Il fut enterrer dans l’Eglise des cordeliers de Salon de Provence, sa tombe fut prophaner une première fois en 1626, le 3 février 1667 Samuel Pépys raconte que lors de cette profanation fut retrouver une plaque sur la poitrine du prophète ou on pouvait y lire une inscription dans laquelle il maudissait la perfidie des citoyens de la ville qui en dépits des promesses faites lui ont troublé la paix tel jour, tel mois, tel année et à telle heure, elle fut de nouveau prophaner pendant la révolution francaise précisément en 1791, par un détachement de la garde nationale faisant étape à Salon, trouvèrent que l’église des Cordeliers serait pour eux une proie avantageuse le tombeau fut brisé à coup de hache, un des soldats s’étant étancher avec le crâne ayant bu dedans comme si eut s’agit d’un vase, le malheureux n’eu pas l’idée de refléchir à ce qu’il venait de faire, car il fut tué quelques jours plus tard pour avoir volé quelques objets en argent, surement la vengeance du prophète, qui le sait ? Le reste de ses ossements furent déporter par les Salonais dans l’église de Saint Laurent !

Une autre histoire circule à son sujet Au terme de l’année 1561, les chanoines de l’église d’Orange vinrent trouver Nostradamus afin qu’il les aide à découvrir l’auteur d’un vol sacrilège dont ils avaient été victimes lors des troubles soulevés par la guerre de religion. Voici les circonstances de cette affaire. Le 20 décembre 1561, « entre huit et neuf heures de nuict, estoient entrés plus de trois cents hommes à la grande église d’Orange, en armes ; ils avoient rompu et abattu tous les autels et ymages, rompu et bruslé aussi les fonts baptismales et aussi le grand bénitier qui estoit de métal... Le lendemain, on brusla au grand semetière les retables de diverses églises... le crucifix des Prescheurs... ils le traynarrent par terre, qui etoyt chose épouvantable de le voir ; donnant des coups tant sur la teste du crucifix que des saints, que les Turcs et Utaystes n’eussent pas fait davantage. »

Au cours de la bagarre, qui dura quelques temps, le vénérable châpitre avait perdu le trésor qu’il avait « bailhé en garde » au Chanoine chargé de surveiller les ornements sacrés et qu’on appelait « Monsieur le Vestiaire ». L’inventaire de ces « iouiaux et relichayre » avait été dressé le 18 octobre 1561. Et nous savons qu’il contenait entre autres « l’imaige de nostre Dame, un petit enfant au bras, et son couvercle, le tout d’argent ; item l’image de sainct Estropi (Eutope, patron d'Orange), avecques sa mitre, le tout d’argent doré ; l’image de sainct Flourens avec sa mitre d’argent doré ; item la grand croix avec son crucifix... item la custode d’argent doré... item le grand calice avec sa paix d’argent doré... » Les soupçons des chanoines se portèrent sur deux des leurs qu’ils pensaient de connivence avec les Protestants. C’est alors qu’ils s’adressèrent à Michel de Nostredame afin qu’il démasque les coupables de ce sacrilège. Il rédigea, dès lors, une « consultation d’astrologie judiciaire, en bonne et due façon. » Après avoir signalé l’identité des voleurs, tout en demeurant prudent, Nostradamus prophétise leur juste châtiment. Le sacrilège est si grave qu’il apportera la pestilence dans la ville d’Orange. Au début de l’année 1562, Nostradamus fut consulté par deux chercheurs de trésors qu’il envoya fouiller en Espagne, dans un lettre du 20 janvier 1562.

On rapporte que Nostradamus fut personnellement témoin, à Salon, de la chute d’une météorite, le soir du 10 mars 1554 ; sa description du phénomène et son interprétation du présage fit l’objet d’une lettre d’avertissement, datée du 19 mars 1554, à Claude de Savoie, comte de Tende. La lettre fut traduite en allemand et publiée à Nuremberg intitulé : Ein Erschrecklich und Wunderbarlich Zeychen... mon ignorance de la langue allemande ne me permet pas de le traduire !

En l’année 1554, deux « monstres » furent vus en Provence, le premier était un enfant pourvu de deux têtes, né le 31 janvier 1554 au village de Senas et apporter à Salon à la fin du mois de février, et le second était un chevreau avec deux têtes également, né le 31 janvier 1554 au village d’Aurons, près de Salon. Michel Nostradamus les examina et fit un pronostic pessimiste, déclarant qu’il s’agissait des monstres qui présagent la division, sur le plan religieux et il n’allait pas tarder à avoir raison !

En fait Michel et sa famille n’étaient pas des nobles, le « de Nostre Dame », n’est pas à proprement parler leur véritable nom, il faut avoir en tête qu’ils étaient des juifs reconvertis au catholicisme descendu de l’Italie pour s’installer en France, le « de Nostre Dame » vient du fait que pour ne pas être inquiété par l’inquisition qui n’aimait pas trop les juifs considérer comme des hérétiques, de Nostre-Dame leur semblaient plus judicieux et raisonnable, ce nom est calqué sur Notre-Dame de Doms du diocèse d’Avignon, mais en aucune manière ils étaient nobles et très riche sinon il n’exerceraient aucun métier et séjouneraient dans des chateaux comme Henri II, Catherine de Médicis etc, ce qui n’est absolument pas du tout le cas, le fait qu’il est cotoyé des gens de la noblesse, ou qu’il y en ai du coté maternelle, ne justifient pas de telles conclusions, ils n’étaient pas nobles ni très riches, voit t’on un roi ou un vrai noble etre vendeur de pêche, ou trésoriers, vu l’époque cela ne me paraît pas être très réaliste !

J’ai lu également qu’il était physicien (sic) médecin et astrophile et initié à l'alchimie oui mais physicien je voudrais bien voir les documents l’attestant, car de médecine on en a les preuves… mais la physique il n’y a rien à ce jour qui soit vérifiable concernant cette activité, encore une fois le mensonge et la déformation sont tout puissant et prime sur la vérité ( ???)
Voilà maintenant ce qu’en dit Jean Aymé de Chavigny qui était son secrétaire et confident en sa première face de Janus François (1594) publier pour la première fois dans l’édition princeps de Pierre Rigaud 1566 :


JEAN AYME DE CHAVIGNY
LA PREMIERE FACE DE JANUS FRANCOIS
PAR LES HERITIERS DE PIERRE ROUSSIN .

Michel de Nostredame le plus renommé & fameux qu'ait esté de longs siècles en la prédiction qui se tire de la congnoissance & iugement des astres nasquit en la ville de Sainct Remy en Prouence l'an de grâce 1503, vng ieudy 14 décembre enuiron les 12 heures de midy . Son père fut Iacques de Nostredame notaire du lieu, sa mère Renée de Sainct Remy, dont les ayeuls paternels & maternels furent personnages bien versez aux sciences de mathématique, & médecine : cõme médecins qu'ils estoyent, l'vng de René roy de Hiérusalem & de Sicile, comte de Prouece & l'autre de Iean Duc de Calabre, filz dudit roy René . Qu'est pour clorre la bouche à d'aucuns enuieux quelques grands dictateurs qu'ils soyet aux sciences qui ont mesdit de son origine, mal informez de la vérité dont vient que nostre auteur en ses commentaires dit auoir reçeu comme de main en main la congnoissance des mathématiques de ses antiques progéniteurs . Et en la préface sus ces Centuries que la parole héréditaire de l'occulte prédiction, sera dans son estomac Intercluse . Après le trespas de son bisayeul maternel qu'il lui auoit donné comme en iouant, vng premier goust des célestes sciences (ainsi qu'auons escript ailleurs amplement) il fut enuoyé en Auignon, pour apprendre les lettres humaines . De là il vaqua fort heureusement à la philosophie & théorie de médecine dans l'vniuersité de Montpellier, iusques à ce qu'à l'occasion d'vne pestilence qui suruint au pais, prist la route deuers Narbonne, Tholouse, Bourdeaux, auxquelles villes & citez donnant ses premiers coups d'essay, tira premièrement fruict de ses labeurs, & lors il menoit l'an 22 de son aage, ayat séiourné quatre ans en ces quartiers pratiquoit la médecine, il luy sembla bon retourner à Montpellier pour se recuire & passer au doctorat : ce qu'il fist en peu de temps, non sans preuue loüange & admiration de tout le collège, passant à Tholouse vint à Agen, ville sus la riuière de Garonne, où Iules César Scaliger l'arresta, personnage de signalée & rare érudition, ainsi que chacun sçait, auec lequel il eut grande familiarité : qui toutes fois ce changea quelque tẽps après en sorte simullé & pique ainsi qu'aduient souuent entre les doctes, & se peult colliger par leurs escripts, là prist à femme vne fort honorable damoiselle, de laquelle il eut deux enfans, masle & femelle .
Lesquels décédez, se voyant seul & sans compagnie, délibéra soy retirer du tout en Prouẽce son naturel pais . Arriué à Marseille, vint à Aix parlement de Prouence, où il fut trois années aux gages de la cité : du tẽps que la peste s'y éleua en l'an de Christ 1546 . Telle si furieuse & cruelle que l'a descritte le seigneur de Launay en son théâtre du monde, selon les vrais rapports qui lui en furent faits par nostre auteur de là venant à Salon de Craux, ville distante d'Aix d'vne petite iournée, & mi chemin d'Auignon & Marseille, il se maria en secondes nopçes, où préuoyant les insignes mutations & changemens aduenirs en l'Europe vniuersellement, & mesme les guerres ciuiles & sanglantes, & les troubles pernicieux de ce royaume gaulois fatalement s'approcher, plein d'vn enthousiasme, & comme raui d'vne fureur toute nouuelle, se mist à escrire les Centuries, & autres présſages commençant ainsi :

D'esſprit diuin l'âme présage atteinte
Trouble, famine, peste guerre courir,
Eau, siccité, terre & mer de sang teinte .
Paix tresue, à naistre, prélats, princes mourir .

Lesquels il garda long temps, sans les vouloir publier, estimant que la nouuelleté de la matière ne failliroit luy susciter infinies détractions, calomnies & morsures plus que venimeuse, ainsi qu'il aduint à la parfin vaincu du désir qu'il auoit de proufiter au public, les mist en lumière : dont tout incontinent le bruit & renommé couru par la bouche de noz hommes, & des estrangers auec grandissime admiration . De ce bruit, & fame empennée esmeu le très puissant Henry II roy de France, l'enuoya quérir pour venir en la cour l'an de grâce 1556 & ayant auec iceluy communiqué de choses grandes, le renuoya auec présent . Quelques ans après Charles IX, son filz visitant ses prouinces (que fut 1564) & rangeant soubs la douceur de la paix, ses villes, mutinées, entrant en Prouence ne voulut faillir de visiter ce prophète, & vrayement héroe, & vsant, enuers luy de libéralité royalle, l'honnora de l'estat de conseillier & sien médecin ordinaire . Ce seroit chose trop prolixe si ie voulois icy déduire par escript ce qu'il a prédit tant en spécial, que général, & superflue, combien de gens doctes, grands seigneurs, & autres arriuoyent à luy de toutes parts & régions, comme à vng oracle : & ce que S. Hierosme disoit de Tite Liue, ie le puis affermer de cestuy, que venans en la France cherchoyent en icelle autre chose pour voir . Á ce voyage du susdit roy Charles il passoit soixãte ans & deuenant fort caduque & débile pour les maladies, qui souuent l'affligeoyent mesme vne arthritis, & goutte, attendoit constamment son an climactérique, auquel il décéda, scauoir le secõd de iuillet 1566 . Peu deuant le soleil leuant, passant icelle arthritis en hydropisie, qui au bout de huit iours le suffoqua . Que le tẽps de son trespas luy fut notoire mesme le iour, voir l'heure, ie le puis tesmoigner auec vérité, me souuenant très bien que sus la fin de iuin, ladicte année, il auoit escript de sa main aux éphémérides de Iean Stadius ces mots latins HIC PROPE MORS EST. c'est à dire, icy proche est ma mort, & le iour deuant qu'il fist échange de ceste vie à l'autre, luy ayant assisté bien longuement, & sus le tard prenant congé de luy iusques au lendemain matin, il me dist ces parolles, vous ne me verrez pas en vie au soleil leuant . Sur son sépulcre fut inscript & graué tel épitaphe faict à limitation de celuy de ce grand Tite Liue (que cy dessus auons touché) historiographe romain, qui auiourd'hui se void en l'église des cordeliers de Salon où le corps d'iceluy fut enseuely honorablement, & porté qui pour estre allégué cy après en latin, tel qu'il est insculpé, ie le traduirois ainsi : CY REPOSENT LES OS DE MICH. DE NOSTREDAME, DVQVEL LA PLVME PRESQVE DIVINE A ESTE DE TOVS ESTIMEE DIGNE DE TRACER ET RAPPORTER AUX HVMAINS SELON L'INFLVENCE DES ASTRES LES EVENEMENTS AVENIR PAR DESSVS TOVT LE ROND DE LA TERRE . IL EST TREPASSE A SALON DE CRAVX EN PROVENCE L'AN DE GRACE MDLXVI ET SECOND DE IVILLET EAGE DE LXII ANS SIX MOIS XVII IOVRS . O POSTERES NE TOVCHEZ A CES CENDRES ET N'ENVIEZ POINT LE REPOS D'ICELVY . Il estoit de stature vng peu moindre que la médiocre, de corps robuste, alègre & vigoureux, il auoit le front grand & ouuert, le nez droit & esgal, les yeux gris, le regard doux, & en ire comme flamboyant, le visage séuère & riant, de sorte qu'auec la séuérité se voyait en iceluy conioincte vne grande humanité, les iouës vermeilles voir iusques à l'extrême aage, la barbe longue & espaisse, la santé bonne & gaillarde, si nous exceptons la vieillesse, & tous les sens aigus & très entier, quand à l'esprit, il l'auoit vif & bon, comprennant légèrement ce qu'il vouloit, le iugement subtil, la mémoire felice & admirable, de nature taciturne, pensant beaucoup & parlant peu, discourant très bien en temps & lieu, au reste vigilant, prompt & soubdain cholère, patient du labeur, son dormir n'estoit que de quatre à cinq heures, loüant & aimant la liberté de langue, ioyeux, facétieux, mordant en riant . Il approuuoit les cérémonies de l'église romaine & tenoit foy en la religion catholique hors de laquelle il asseuroit n'estre point de salut, & reprenoit grièuement ceux qui retirez du sein d'icelle, se laissoyent apaster & abreuuez de la douceur & liberté des doctrines éstrangères & damnables, affermant que la fin leur en seroit mauuaise & pernicieuse . Ie ne veux oublier à dire qu'il s'exerçoit volontiers en ieusnes, oraisons, aumone, à la patience, abhorrissoit le vice, & la chastioit séuèrement . Voire me souuient que donnant aux pauures enuers lesquelz il estoit fort libéral & charitable, il auoit ce mot en bouche, ordinnairement tiré de l'escripture saincte, faites vous des amis des richesses d'iniquité . De sa seconde fẽme il a laissé six enfans, trois filz & trois filles, le premier des masles nommé César, persſonnage d'vng fort gaillard & gẽtil esprit, est celuy auquel il a dédié ses Centuries premières duquel nous deuons espérer de grandes choses, si vray est ce que i'en ay trouué en plusieurs lieux des commentaires de son dict père, notamment sus l'an 1559 & mois de iuillet où ie renuoy le lecteur . Entre autre enfantemens de son esprit second, que ie passe icy soubs silence, il a escript XII Centuries de prédictions comprinses brièuement par quatrains que du mot grec il a intitulé prophétie, dont trois ce trouuent imparfaictes, la VII, XI & XII . Ces deux dernières ont long temps tenu prison & tiennent encore pour la malice du temps, enfin nous leur ouurirons la porte . Nous auons de luy d'autres présages en prose, faict puis l'an 1550 iusques à 67, qui colligez par moy la plus part & rédigez en XII liures, sont dignes d'estre recommandez à la postérité, ceux cy comprennent nostre histoire d'enuiront cent ans & tous noz troubles, guerres, & menées dez vng bout iusques à l'aultre, ceux là scauoir les Centuries, s'estendent en beaucoup plus long siècles dont nous auons parler plus amplement en vng aultre discour ſus la vie de ce mesme autheur qui bientost verra la lumière, où nous remettons le lecteur ensemble au dialogue latin qui cy après sera rapporté .
MICH.

On peu voir que Chavigny n’a pas respecter certains éléments notemment sur ces études et à eu tendance à largement broder voir à exagérés !

1°) Son admission à Montpellier est certifier par le seul document qui existe celui de sa signature daté du 23 octobre 1529 tous le reste n’est que supputation, aucun document valide n’atteste de son entrer dans cette faculté de médecine en 1524 comme d’autre disent 1521 ou 1526!

2°) Chavigny semble grossièrement exagérer et enjoliver le caractère noble du personnage en precisant que de nombreux gens de la haute venaient à luy de toutes parts, ce qui est faux, ils ne venaient pas à lui, ils le convoquaient, dans ce cas c’est plutôt lui qui venait à eux, et à part quelques intellectuels avec qui il se lia d’amitié, et à part pour la royauté d’Henri II, Catherine de Médicis, François II, et Charles IX, il n’y a aucun autres rois à ma connnaissance qu’ils l’aient consultés, cela resta plutôt une affaire de famille royal, dans le sens que dans la famille de Médicis c’était une tradition de consulter Nostradamus, mais c’est surtout en raison de ces centuries publiées qui le fit connaître, et cet éloge de l’œuvre lui permis de liez des liens avec la famille royale de Médicis, et pour la seule fois ou ils sont venu le voir vraiment dans sa maison au même titre que Marguerite de Valois on ne peut pas ce satisfaire de cette grossière amplification exagéré de la vrai réalité .

3°) les louanges faites à la faculté de médecine après ces victoires sur la pestes ne figurent nulle part à Montpellier !

Le personnage devenu si important agrémentent des histoires qui tiennent d’avantage de la légende ne doivent etre retenues ici, de plus les biographies établies à l’heure actuelle ne permettent aucune validation sérieuse de sa vie, comme toujours et comme avec la traduction on n’a jamais aucun document officiel d’imprimer dans les livres pour prouver la véracité des dires ni même de cote bibliothécaire vérifiable et il est évident que tous le monde n’a pas le temps d’aller vérifier, la manipulation étant à ce moment là très facile !

Chavigny n’a apparement pas su résister à la tentation d’embellire le personnage et de lui inventer une facette conférant une aura d’extraordinaire qui apparement n’a rien avoir avec la vérité vécu à l’époque, des analyses de ce genre pleuvent à foison sur internet ou dans des livres peu regardant sur la sincérité historique de sa vie !

La psychologie du personnage peut sembler au premier abord complexe, mais il n’en est rien .

Michel mesurait 1, 65 m (taille moyenne) assez robuste en parlant de son corps en général, le regard calme, doux et pas agressif sauf quand il se mettait en colère, les yeux gris, son nez était long droit et égal de chaque côté, un front large et dégager, c’est à dire sans cheveux qui le cacherait, les joues vermeilles donc légèrement rosacées, l’expression de son visage laissait transparaitre une certaine dureté mais tempérer par une sorte d’humanité qui se dégageait de sa personne, d’un tempéramment allègre et vigoureux on parlerait de nos jour d’un tempéramment nerveux, c’était un bon vivant qui aimait plaisanter, bonne mémoire et comprennait légèrement ce qu’il voulait bien comprendre, en clair si l’objet philosophique ou une discussion ne l’interressait point il faisant semblant de ne pas comprendre et ne voulais rien entendre, il pensait beaucoup mais n’était pas très bavard cela dit il savait très bien parler en temps et en heure sur des sujets ou il excellait, ou quand des choses lui paraissaient fausses là dessus il était vif et savait mordre avec des mots justes .

A un moment donné de sa vie se laissa pousser la barbe car cela était à la mode et la sagesse y allait de paire c’était une tradition chez les philosophes et les intellectuelles, de ce fait il était assez préoccuper par l’hygiène et l’entretient du corps, cette mode qu’il adopta est assez révélatrice d’une personne qui vit avec son temps mais cherche part cela à devancer son époque à etre original pour se démarquer des autres, cela pris une telle ampleur qu’il était pleinement critiquer d’administrer aux malades des remèdes bizarres, carrément taxé d’apothicaire ce qui était une grave insulte pour les médecins et intellectuels de cette période et de ne pas respecter les soins mis en usages à l’époque, mais apparement il s’en mocquais complétement parce que cela ne l’empecha pas de continuer avec succès de guerir des malades de la peste .

Il était de part sa famille prédéstiné à des métiers intellectuels et scientifiques, il était tous le temps motivé pour aider son prochain il était effectivement dans cette lignée humaniste qui se developpait un peu partout en europe à cette période, les gens qu’il sauvait gratuitement de la peste, le cabinet de médecine ouvert à Agen, le financement de 200 écus preter à Adam de Craponne pour restaurer la Durance et irriguer la Crau avec les eaux de cette dernière, ou quand il donnait régulièrement aux pauvres envers les quels il était bon et charitable, il était animé de cette fois envers Dieu elle n’était pas déguisé en raison de l’inquisition et de la période peu développer socialement, n’etant pas uniquement le fait de ce courant humaniste auquel il adhérait .

Tout démontre on le voit depuis 1529 que ce Dieu prennait une place réellement importante non feinte dans le cœur de Michel il écrit textuellement dans sa signature de passage dans le registre de la faculté de Montpellier « au deu dy gratiatus= par la grace de Dieu » nonobstant que sa notoriété lui conférait pleinement une valeur sûre de son temps il ne se prennait pas au sérieux, cette personnalité gracile est encore soutenue par une réponse faite à ses détraqueurs qui l’accusaient d’être un véritable imposteur faisant plus d’or et d’argent sous l’apparence d’une bonté à peine voilé voir simulé, il répondait alors par l’écrit que l’or est surtout plus au bout de sa plume que dans une bourse de velour .

Il était soucieux de ce faire bien comprendre, comme on peut le voir sur sa graphie, mais par moment semblait ne pas vouloir qu’on le déchiffre on peut voir un terme que je n’ai pas été capable d’attribuer à 100% à quelque chose de connu en latin me restant personnellement indéchiffrable, toutes fois j’ai essayer de lui attribuer une logique de lecture c’est le mot entre « qui » et la fin de l’écrit !

Remarquons qu’il avait tendance à faire ces « v »et ces « u » comme ces « n » ainsi dans les deux premières lignes «ego por michaletus de nostra domina natione prouintie (provintie) vili sancti Remigni auiniony (aviniony) duoclsis (duoclesis) veny tusdos uniuersitatem montis pessulanus au deu dy gratiatus actu et promito me obsiruat tuus et statuta et priuilegia edita et edenda sor custusu embreus et eligo unus patrinus not pot’ dominus antonius Romerius dye xxiii mensis octobris 1529 millisimo qui grntissimo (grantisimo) visu suma nouo die ut suam 1529
Michaletus de nra dna

Traduction : moi Michel de Nostredame né près du marché à Saint Remy de Provence du diocèse d’Avignon suis venu étudier à la faculté de Montpellier par la grâce de Dieu je fais acte et promet d’observer le ton et statut du règlement intérieur et le privilège que j’ai d’être établit en cet havre de paix et de certains statut que j’ai en tant qu’étudiant, destiné à favoriser la condition nécessaire pour être admis et garder en ces murs et j’ai élu Antoine Romier pour être un de mes maître d’apprentissage en ce 23ème jour du mois d’octobre 1529 on verra que pour cette élite qui va être formé cela sera pour eux une très grande et très bonne année mais aussi en ces nouveaux jours qui succèderont à 1529
Michel de Nostredame

Une chose saute aux yeux, il scinde ses mots en deux et se permet par deux fois de jouer des anagrammes comme custusu= custuus
Et celui ci : tusdos= studos
ego= je, moi
michaletus=michel
de nostra= de nostre
domina= dame
nationé=né, natif
provintie= Provence
vili= vendre à vil prix dans le sens de vilitas c’est à dire bon et grand marché de toutes choses
sancti=saint
Remigni=Rémy
Aviniony=Avignon
duoclesis=du diocèse
veny= être venu
tusdos=studos= étudier
universitatem=l’université
montis pessulanus= (nom latin de) Montpellier
au=par, par la
deu=dieu
dy=de
gratiatus=grâce
actu=faire acte de
et=et
promito=promettre, promet
me=moi, je
obsirvat=observer
tuus=tous, ton, toi, tout
statuta=statut
privilégia=privilège
édita= règlement
edenda= lieu de paix, de calme etc… (l’éden)
sor= destin, fortune, condition, catégorie, manière
custusu= custuus= pour être garder
embreus= croître, à l’intérieur
eligo (de éligere)=j’ai élu, je vient d’élire
unus=un
patrinus= patron
dot=un droit d'acquitement
potum=
dominus=maître, seigneur, monsieur
antonius= Antoine
romerius = Romier
dye= jour
xxiii= chiffre romain XXIII=23
mensis= mois
octobris= octobre
millésimo= très bon cru, année etc.
qui= qui sera, qui, qui ne
grantisimo= grandissime=très grand
visu= voir, vision
suma= corps, formation
novo=nouveau, nouvelle
ut= de, des, du, d’, pour
suam= son, sien, sienne, cet, cette, ces, ses


Son doute permanent commençait à ce manifester en 1529, quand il raye le terme de "por"= pour, il montre encore une fois cette indécisions et ce doute

TESTAMENT :

L'an à la Nativité de Notre Seigneur mil cinq cens soixante six et le dix-septiesme du mois de juin. Comme ne soit chose plus certaine qu'est la mort, n'est chose plus incertaine que l'heure d'icelle; pour ce est-il qu'en la présence de moy Joseph Roche notaire Royal et tabellion juré de la présente ville de Sallon, Diocèse d'arles, et des témoins ciaprès nommés, fut présent en sa personne Me Michel Nostradamus, Docteur en médecine et Astrophile de la ditte ville de Sallon, Conseiller et Médecin ordinaire du Roy, lequel considérant et estant en son bon entendement, bien portant et voyant, et entendant, combien que en tout ne soit affoibly, caus'ant son ancien eage et certaine maladie corporelle, de laquelle il est à présent destenu, voulant pourveoir, et pendant qu'il est en vie, des ses biens que Dieu le Créateur-luy a donnés et prestes en ce mortel monde, à celle £n que après son decez et trespas sur iceuz biens n'y ayt question, procès, et différens, pour ce ledt Me Michel Nostradamus, de son bongré, pure et franche volonté, propre mouvement et délibération a fait, ordonné et establi, et par ces présentes fait, ordonne et établit son testament nuncupatif, disposition et ordonnance finale à la forme et manière que s'ensuit: et premièrement, comme bon, vray chrestien et fidelle, a recommandé son âme à Dieu le Créateur, le priant que quand sera son bon plaisir de l'appeler, que luy plaise colloquer sori âme au Royaume éternel de Paradis, et pour ce que après l'âme, le corps est la chose plus digne de ce siècle, led' testateur a vollu, quand son âme sera séparée de son corps, que icelluy soit porté en sépulture dans l'Église du. Couvent de St Francoys dudt Sallon, et entre la grand porte d'icelle et l'autel de S^ Marthe, là ou a vollu estre faicte une tombe ou monument contre la muraille; et a vollu sond' corps estre accompagné avecques quatres cierges, d'une livre la pièce; et a vollu aussi toutes ses obsèques et funérailles estre faictes à la discrétion de ses gaigiers cyaprès nommés; et aussy a légué, vollu, et ordonné incontinent que soit baillé à treize pauvres six soûls pour chascun, une fois tant seulement après son décès; et aussi a légué aux Frères de l'Observance de St Pierre de Canon un escu une fois tant seulement, payable incontinent après son trespas; et aussi a légué a la Chapelle de Nostre Dame des Pénitents-Blancs dud' Sallon un escu payable une fois tant seullement incontinent après son décès; et aussi a légué aux Frères Mineurs du Couvent de S' Francoys, deux escus une fois tant seullement, payables incontinent après son trespas; et aussi a légué à Magdeleine Besaudine fille de Loys Besaudine son germain, la somme de dix escus d'or pistoUets, lesquelles a voUu luy estre baillés quand elle sera colloquée en mariage, et non autrement; tellement que si ladte Magdeleine venoit à mourir avant qu'estre colloquée en mariage, a vollu ledt testateur le présent légat estre nul; et pareillement a légué et laissé ledt de Nostradamus testateur à Damoyselle Magdeleine Nostradamus sa fille légitime et naturelle et de Damoyselle Anne Ponsarde sa femme commune, la somme de six cens escus d'or sol payable une fois tant seullement le jour qu'elle sera colloquée en mariage; et pareillement a légué et lègue à Damoyselles Anne et Diane de Nostradamus ses filles légitimes et naturelles et de la ditte Anne Ponsarde sa femme commune, et à chascunes d'elles, la somme de cinq cens escus d'or pistollet, payable à chascune d'elles le)'our que seront colloquées en mariage, et cas advenant que lesdtes Damoyselles Magdeleine, Anne et Diane sœurs, ou une d'elle vint à mourir en pupillarité, ou autrement, sans heoirs légitimes et naturels, audt cas a substitué à chascune desdtes Magdeleine, Anne et Diane, ses héritiers ciaprès nommés; et aussi a légué et laissé à la ditte Damoyselle Anne Ponsarde sa femme bien aimée la somme de quatre cens escus d'or pis-tollets, lesquels led' testteur a vollu estre expédié à la ditte Damoyselle Anne Ponsarde incontinent après la fin et trespas dudt testateur; et desquels quatre cens escus lade Ponsarde en jourira tant qu'elle vivra veuve, et en son nom dudt testateur; et cas advenant que lade Ponsarde vienne è se remarier, audt cas ledt testateur a vollu lesdts quatre cens escus estre restitués à ses heoirs ci-après nommés; et si ladte Ponsarde ne vient à soy remarier audt cas ledt testateur a vollu qu'elle puisse léguer et laisser lesdts quatre cens escus à un des enfans dudt testateur, tel ou tels que bon lui semblera pour-veu toutes fois qu'elle ne les puisses laisser à autres qu'auxdts enfans dudt testateur; et pareillement a légué et lègue à lade Ponsarde sa femme le usage et habitation de la tierce partie de toute la maison dudit testateur laquelle tierce partie lad" Ponsarde prendra à son choix et de laquelle en jouira tant qu'elle vivra, et veuve en nom dudt testateur; et aussi a légué a lade Ponsarde une caisse de noyer dicte la Grand Caisse, estant à la salle de la maison dudt testateur, ensemble l'autre petite joignant ycelles près du lict, et aussi le lict estant à lade salle, avecques sa baissaque, matelats, coultre, traversier, couverte de tapisserie, les cortines et rideaux estans aud' lict, et aussy six linceuls, quatre toailhes, douze serviettes, demi-douzaine de plats, demi-douzaine d'assiettes, demi-douzaine d'écuelles, deux pichieres une grande et une petite, une eyguedière et une salière, le tout d'estaing, et d'autres meubles de maison que luy sera nécessaire selon sa qualité, trois boutes pour tenir son vin, et une petite pyle quarrée estant dans la cave, lesquels meubles après la fin de ladite Ponsarde, ou cas advenant qu'elle vint à se remarier, a vollu tomer à ses heoirs cy-après nommés; et pareillement a légué et lègue ledt testateur à ladite Anne Ponsarde sa femme toutes ses robes, habillements, bagues, et joyaux, pour d'yceux en faire à tous ses plaisirs et volontés, et aussy a prélégué led' testateur tous et un chascuns ses livres à celluy de ses fils qui profitera plus à l'étude, et qui aura plus de la fumée de la lucerne; lesquels livres, ensemble toutes les lettres missives que se trouveront dans la maison dudit testateur, ledit testateur n'a vollu aucunement estres inven-torissées ne mis par description, ains estre serrés en paquets et banastes, jusques à ce que celluy que les doit avoir soit de l'eage de les prendre et mis et serrés dans une chambre de la maison dud' testateur; et aussy a prélégué à Caesar de Nostradamus son fils légitime et naturel et de ladite Damoy-selle Ponsarde sa femme commune, la maison où ledt testateur habite; item luy a prélégué sa cape, qu'a ledit testateur d'argent surdoré, et aussy les grosses cadières de bois et de fer, demeurant toutes fois le légat fait à lade Ponsarde sa femme en sa force et vertu, tant qu'elle vivra veuve, et en son nom, lede testateur; et laquelle maison demeurera en commun et indivis, quand pour regard de l'usage entre lade César, Charles et André ses frères, jusques à ce que tous lesds frères soyent de l'eage de vingt-cinq, après lequel temps toute lade maison sera entièrement dud' César, pour en faire à son plaisir et vollonté, demeurant toutefois le légat fait à lade Ponsarde sa mère, pour le regard de lade maison, en sa force et vertu; et aussy a prélégué et prélègue audt Charles de Nostradamus son fils légitime et naturel et de ladte Ponsarde so femme commune, la somme de cent escus d'or pistollets, une fois tant seullement, lesquels cent escus ledt Charles porra prendre sur tout l'héritage, avant que partir, quand sera de l'eage de vingt-cinq ans; et aussy a prélégué audt André de Nostradamus son fils légitime et naturel et de lade Ponsarde sa femme commune, la somme de cent escus d'or pistollets, une fois tant seullement, lesquels cent escus ledt André porra prendre sur son héritage, avant que partir, quand sera, comme dict est, de l'eage de vingt-cinq ans; et en tous et un chascuns ses autres biens, meubles et immeubles, présents et advenir, droits, noms, actions, dettes, a fait ses héritiers unversels, nommés de sa bouche par leurs noms et surnoms, lesdte César, Charles et André de Nostradamus ses enfants légitimes et naturels et de ladte Ponsarde sa femme commune, par égales parts et portions en les substituant de l'un à Fautre, s'ils viennent à mourir en pupillarité, ou autrement sans heoirs légitimes et naturels; et si ladte Anne Ponsarde sa femme estoit enceinte, et fit un fils ou deux, les a fait héritiers également comme les autres, avec semblable substitution; et si elle faisoit une ou deux filles leur a légué a ycelle et chascune dycelles la somme de cinq cens escus, a mesme paye et substitution que les autres; et si a vollu ledt testateur que sesdts enfans et filles ne se puissent colloquer en mariage que ce ne soit de consentement et bon volloir de lade Ponsarde leur mère, et des plus proches parents dudt testateur; et cas advenant que tous vinssent à mourir sans heoirs légitimes ou naturels, a substitué au dernier, lesdts Damoyselles Magdeleine, Anne et Diane de Nos-tradamus des sœurs, et filles dudt testateur, et pour ce que ledt testateur voit son héritage consister la plus part en argent comptant et dettes a vollu ledt testateur ledt argent comptant et dettes quand seront exigés, estre mis entre les mains de deux ou trois marchands solvables, à gain et proffits bon-nestes; et aussy pour ce que a vu ses enfans estre en bas eage et pupillarité constitués leur a pourveu de tuteresse et administraresse testamentaire de leurs personnes et biens, lade Damoyselle Anne Ponsarde sa femme, de laquelle spécialement se confia, pourveu qu'elle soit tenue de faire bon et loyal inventaire, ne voilant toutesfois qu'elle puisse estre constrainte de vendre aucuns meubles ne utensiles de maison dudt héritage et a tant qu'elle vivra veuve au nom dudt testateur, deffendant faire alliénation de meubles en quelque sorte que ce soit, ains que soient gardés et puis divisés auxdts enfans, quand seront d'eage; laquelle tuteresse prendra et recourrera les proffits dudt argent que sera esté mis entre mains desdts marchands, pour dudt proffit s'en norrir elle avec sesdts enfans, chausser, vestir et pourveoir de ce que sera nécessaire sellon leur qualité, sans que desdts fruits elle soit tenue d'en rendre aucun compte ains seullement pourveoir sesdts enfans comme dict est; deffendant expressément ledt testateur que sesdts héritiers ne puissent demander leur part de leurdt héritage, en ce que concernera en argent, qu'ils ne soient de l'eage de vingtcinq ans; et touchant aux légats faits à sesdts filles, se prendront sur les fonds de l'argent que sera esté mis entre les mains desdts marchands, quand elles viendront soy colloquer en mariage, suyvant les susdits légats; voilant en oultre ledt testateur que aucun de ses frères dudt testateur aie et ne puisse avoir aucun maniement et charge dudt héritage, ains en a laissé le toutal régiment et gouvernement d'icelluy et de la personne de sesdts enfans a la susditte Damoyselle Anne Ponsarde sa femme, et fait ses gaigiers et exécuteurs du présent son testament Palla-mèdes Marc escuyer sire de Chasteauneuf, et sire Jacques Suffren bourgeois dudt Sallon, auxquels etc. cassant etc. et tout incontinent led' Nostradamus a dict et déclaré, en présence des tesmoins ciaprès nommés avoir en comptant la somme de trois mil quatre cens quarante quatre escus et dix sols, lesquels a exhibés et monstres réellement en présence desdts tesmoins susnommés et en espèces ci-après espécifiées, premièrement en trente six nobles à la Rosé; ducats simple cent et un; Angelots, septante neuf; doubles ducats, cent vingt et six; escus vieux, quatre; lyons d'or en forme (Tescus vieux deux; un escu du Roy Louys; une médaille d'or vallant deux escus; florins d'Allemagne, huict; impériales, dix; marionnetes, dix sept; demy-escus sol huict; escus sol, mil quatre cent dix neuf; escus pistollets, douze cents; trois pièces d'or dittes Portugaise, vallant trente six escus; que reviennent toutes les susdtes sommes d'argent comptant réduites ensemble, ladte somme de trois mil quatre cens quarante quatre escus et dix sols, et aussy a fait apparoir tant par son livre, que par obliges et cedules, que gaiges, qu'il a de dettes la somme de mil six cens escus, lesquelles sommes d'argent comptant ont été mises dans trois coffres sive caisses estans dans la maison dedt de Nostra-damus, les clefs dequelles sont esté baiihées, l'une à Pallamedes Marc sire de Chasteauneuf, l'autre à sire Jacques Suffren bourgeois dud' Sallon, qu'ils ont reçues réellement, après avoir esté mis l'argent dans lesdtes caisses par iceux mesmes. Fait et passé audt Sallon, en l'estude de la maison de M' Nostradamus, testateur, en présence de sires Joseph Raynaud borgeoys, Martin Manson consuls, Jehan Allegret trésorier, Pallamedes Marc escuyer sire de Chasteauneuf, Guillaime Giraud, noble Arnaud d'Amiranes, Jaumet Viguier escuyer, et Frère Vidai de Vidai, Gardien du Couvent de St Francoys dudt Sallon, tesmoint à ce appelles, que se sont soussignés excepté led' Raynaud. Ainsi signé: michel nostRadamus, martin manson consul; jehan allegret trésorier, fr. vitalis gardien tesmoing, balthezar d'amirane tesmoin, P. marc tesmoin, J. de viguier, guilhaume giraud. roche notaire.
Codicil du mesme
L'an à la Nativité de Nostre Seigneur mil cinq cens soixante six, et le dernier jour du mois de juin, sachent tous présents et advenir que les présentes verront, que par devant et en la présence de moy Joseph Roche notaire Royal et Tabellion juré de la présente ville de Sallon, Diocèse d'Arles, soussigné, et des tesmoins ci-après nommés, fut présent en sa personne M' Me Michel Nostradamus Docteur en médecine, Astrophile, Conseiller et Médecin ordinaire du Roy, lequel considérant et réduisant en sa mémoire, comme il a dit, avoir fait son dernier testament nuncupatif prins et receu par moy dit et soussigné notaire sur l'an présent et le dix sep' jour du présent mois de juin, auquel, entre autres choses contenues en icelluy, auroit fait ses héritiers César, Charles et André de Nostradamus ses enfans; et pour ce que à ung chascun est licite et permis de droit codiciller et faire ses codicils après son testament, par lesquels à sondt testament puisse adjouster ou diminuer, ou autrement de tout en tout abolir pour ce ledt Me Michel de Nostradamus, voilant faire ses codicils, et de présent codicillant, et adjoustant à sondt testament a légué et lègue audt César de Nostradamus son fils bien aimé, son Astrolabe de leton, ensembleson gros anneau d'or avecques la corneline y enchâssée et ce oultre et par dessus le prelegat à luy fait par ledit de Nos-tradamus son père à sondt testament; et aussy a légué et lègue à Damoyselle Magdeleine de Nostradamus sa fille légitime et naturelle, outre ce que luy a esté légué par sondt testament, savoir est deux coffres de bois noyer estant dans Vestude dudt codicillant, ensemble les habillements, bagues, et joyaux que lade Damoyselle Magdeleine aura dans lesdts coffres, sans que nul puisse voir ny regarder ce que sera dans yceux; ains dudt légat l'en a fait maistresse incontinent après le décès dudt collicitant; lequel légat lade Damoyselle pourra prendre de son autorité, sans qu'elle soit tenue de les prendre par main d'autruy ny consentement d'aucuns; et en toutes et chascunes les autres choses contenues et déclarées à sondt testament ledt Me Michel de Nostradamus codicillant a approuvé, ratiffié, et confirmé, et a voulu et veut icelles valloir et avoir tousiours perpétuelle valleur et fennesse; et aussi a voulu et veut ycelluy codicillant ce présent codicil et tout le contenu en ycelluy avoir vertu et fennesse par droit de codicil, et autres, et par droit de tout autre dernière vollonté, et par la meilleure forme et manière que faire se pourra, et a requis et requiert moy soussigné notaire et tesmoins cy-après nommés, estre records de sondt présent codicil; lesquels tesmoins il a bien connus et nommés par leurs noms; et lesquels tesmoins ont aussy connu ledt codicillant; dont et de quoy ledt Me de Nostradamus codicillant a vollu acte en estre fait à ceux à qui de droit appartiendra par moy dit et soussigné notaire. Faict, et passé, et publié audt Sallon, et dans la maison dudt codicillant, en présence de sire Jehan Allegret trésorier, Me Anthoine Paris docteur en médecine, Jehan Girard dit de Bessoune, Guillem Eyraud appotiquaire, et Me Cervais Berard chirurgien dudit Sallon, tesmoin à ce requis et appelles. Lesquels codicillant et tesmoins se sont soussignés, excepté ledt Giraud tesmoin, qui a dit ne savoir écrire.
Ainsi signés: M. Nostradamus, Jehan Allegret, Gervais Berard, a. Paris, Guillem Eyraud. roche notaire.

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