Philosophie du plaisir




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  #1  
Vieux 31/01/2005, 03h53
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Philosophie du plaisir

L'hédonisme éthique considère que notre obligation morale fondamentale est d’amplifier plaisir et bonheur. L'hédonisme éthique est associé au philosophe Epicure (342-270 a JC.) qui pensait que le but de notre vie est de minimiser la douleur et maximiser le plaisir. En fait, toutes nos actions devraient avoir ce but, le plaisir étant recherché dans chaque action humaine.

Dans une Lettre à Menoeceus, Epicure donne des conseils sur la meilleure façon de diminuer les douleurs de vie, et explique la nature du plaisir.



Epicure explique comment nous pouvons réduire l'angoisse psychologique qui résulte de la crainte des dieux et de la crainte la mort, et il insiste que toute douleur est mauvaise et devrait être évitée, et chaque plaisir est bon et devrait être préféré.

Cependant, il y a un lien entre douleur et plaisir. Chaque douleur est mauvaise, nous devrions minimiser la douleur si possible. Mais minimiser les douleurs de la vie suffisent pour parfois pour atteindre le bonheur, et dans ce sens nous n’avons pas besoin de chercher les plaisirs les plus intenses pour avoir le bonheur . Il discute sur le fait que nous ne devrions pas poursuivre chaque plaisir possible, car parfois les petits plaisirs suffisent pour éprouver le bonheur.

Pendant le moyen âge, les philosophes chrétiens ont dénoncé l’hédonisme Épicurien en croyant qu’il était contradictoire avec les recommandations chrétiennes d’éviter le péché, de suivre la volonté de Dieu, et développant les vertus chrétiennes.

Les Philosophes de la renaissance comme Erasmus (1466-1536) a réanimé l'hédonisme et a discuté que la recherche du plaisir était compatible avec le souhait de Dieu à rendre les êtres humains heureux. Le philosophe Thomas More (1478-1535) explique que " la partie principale du bonheur d'une personne est la présence du plaisir ".


Comme Erasmus, More défendait l'hédonisme et pensait que Dieu n’est pas contre le bonheur des hommes et que le désir à éprouver le bonheur peut motiver les humains à adopter une attitude morale. Il insiste que les humains devraient poursuivre des plaisirs naturels et négliger les plaisirs artificiels.

Au 18e siècle, le thème moral , plaisir, et bonheur a été exploré par Francis Hutcheson (1694-1747) et par David Hume (1711-1776), qui ont théorisé l’hédonisme et étaient des précurseurs d’une autre école de pensée : l'utilitarisme.

Notre époque

L’Hédonisme est devenu à notre époque une composante du comportement individuel. Sans centrer l’hédonisme sur ses aspects sexuels, les loisirs, les jeux et la consommation peuvent être considérés comme une conduite hédoniste.

Il est étrange de constater que le caractère sexuel de l’hédonisme a occulté les autres facettes de l’hédonisme. Des milliers de sites pornographiques se disent hédonistes, des clubs d’échangisme sexuel aussi. Si l’hédonisme est une mode de vie privilégiant le plaisir à la douleur, il ne s’agit en aucun cas des plaisirs sexuels exclusivement , mais de toutes sortes de plaisirs.

Le lien entre l’éthique et l’hédonisme est indissociable, éviter les douleurs signifie les douleurs des autres et les douleurs pour soi même. Une sexualité à risque n’est pas un hédonisme car elle risque d’engendrer des douleurs futures, et il s’agit d’une conduite à risque. Cette règle s’applique à d’autres conduites à risque comme l’abus de substance ( drogues) et l’abus d’alcool.
Aujourd'hui l'attitude hédoniste dans la vie en général et en matière de sexualité est répandue. Ses partisans croient que la sexualité est une activité plaisante et donc ne nécessite aucune justification supplémentaire. Cependant, cette permissivité ne justifie pas l’irresponsabilité. Au contraire, les hédonistes responsables essaient d'éviter des plaisirs éphémères, dangereux, ou destructeurs pour privilégier les plaisirs à satisfaction personnelle profonde et durable.

Réf :

- Encylopedia of philosophy, 1996-2000

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  #2  
Vieux 31/01/2005, 03h59
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le dernier point est tres interessant:
quant il parle de plaisir à satisfaction personnelle et durable

moi je me pose la question quant à la durabilité de ce plaisir, j'opte plutot par des plaisirs distincts mais continus dans le temps, car l'experience a montré (du moins la mienne) que toutes les bonnes choses ont une fin
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  #3  
Vieux 31/01/2005, 04h03
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Philosophie du plaisir

Le désir raisonnable ?


Mais si le désir renaît toujours, ne nous condamne-t-il pas à l'agitation infinie, ne nous voue-t-il pas à la frénésie illimitée, à l'excès ? Ne nous interdit-il pas alors l'accès à toute sérénité, ne nous empêche-t-il pas de nous tenir dans les paisibles limites du bonheur ? La philosophie antique se préoccupa particulièrement de cette question.

Les Cyrénaïques (Aristippe), proclamant qu'il n'y a pas d'autre bonheur que le plaisir sensuel de l'instant, firent certes de la satisfaction des désirs (c'est-à-dire du plaisir) le but ultime de l'existence. Il furent suivis en cela par quelques autres, dont les sophistes qui, tel Calliclès, opposent la loi de la nature (loi du plaisir) aux conventions humaines : "Si on veut vivre comme il faut, on doit suivre ses propres passions, si grandes soient-elles, et ne pas les réprimer" (Gorgias).
voir aussi le texte de Platon
" Le donjuanisme en sera le moderne écho, mais à sa façon, pour autant que le libertin Don Juan "méprise la mort autant qu'il recherche le plaisir" (P. Bénichou).
Mais la plupart des philosophes virent plutôt dans le désir un facteur de déraison : ainsi Platon, dans le Gorgias, compare-t-il le désir au tonneau percé des Danaïdes, toujours plein, toujours vide, impossible à jamais remplir. Le désir est ainsi traditionnellement conçu comme opposé à la raison, et la volonté raisonnable doit le soumettre. Dans sa démesure, le désir prend alors la figure de la passion, désir devenu nécessité.


La maîtrise des désirs

Stoïcisme et épicurisme, ces deux écoles de sagesse, proposent une morale du renoncement, ou du moins, de la tempérance. Le bonheur (absence de troubles) ne s'atteint que par l'usage réglé de nos désirs. Qu'il s'agisse de les conformer soit à la raison, en accordant notre vouloir à notre pouvoir (stoïcisme), soit à la nature (épicurisme), en hiérarchisant les désirs en désirs naturels et nécessaires (manger, boire, dormir), en désirs naturels mais non nécessaires (boire à l'excès, manger des mets raffinés), et en désirs artificiels et non nécessaires (goût du luxe, de l'opulence, des honneurs). En vue du bonheur (ataraxie), Épicure exhorte à ne satisfaire que la première sorte de désirs.Voir texte d'Épicure

L'épicurisme, qui est en réalité un éloge du plaisir bien compris, n'est pas un ascétisme (renoncement à tout plaisir). Il échappe en cela à la critique nietzschéenne de l'ascétisme, qui vise plutôt le platonisme et les morales judéo-chrétiennes.


Désir et humanité


Cependant, chercher à réduire le désir n'est-ce pas méconnaître, à travers lui, la véritable nature de l'homme ? En ce sens, notre incapacité à combler nos désirs ne serait pas tant la marque de notre faiblesse que celle de notre éloignement de l'animalité. Autrement dit, nos désirs témoignent de notre appartenance à l'histoire (les besoins sont toujours les mêmes, tandis que les désirs évoluent en entraînant la transformation des conditions d'existence de l'homme) et à la culture (émancipation et liberté par rapport au simple donné naturel). Le désir semble ici seul capable de nous orienter vers des buts pleinement humains. Voir citation de Bachelard.


Désir et volonté

Mais s'orienter réellement suppose de ne pas se laisser simplement porter par ses désirs. Or, cela ne se peut sans faire usage de volonté.

Le désir se distingue en effet de la volonté, qui n’est pas un simple mouvement mais une organisation réfléchie de moyens en vue d'une fin. De plus, le désir peut aller sans ou contre la volonté (un désir, par exemple, que je sais interdit et que je ne veux pas réaliser), et la volonté peut aller sans le désir (la volonté d’ingurgiter un médicament quand, pourtant, je ne le désire pas).

Finalement, on peut dire que vouloir, c’est désirer au point d’agir effectivement pour atteindre ce qu’on désire. Et malgré l'usage synonymique des termes, la volonté se distingue du simple désir en ce sens que ce qu’on veut (vraiment), c’est toujours ce qu’on fait (effectivement), de même que ce qu’on fait, c’est toujours ce qu’on veut.
On peut donc considérer la volonté comme une espèce de désir, c'est-à-dire comme le désir dont la satisfaction dépend de nous.

Et c'est précisément parce que l'on désire la joie plutôt que la peine, que le désir doit être gouverné en raison. Le désir devient alors à proprement parler la volonté. "Le désir désire la joie. La volonté veut la joie et sa condition : la peine. Le négatif et le positif ne sont plus disjoints, mais affirmés ensemble" (Marcel Conche).

p.s.: ce qu'on fait, c'est ce qu'on veut vraiment... et ce qu'on veut vraiment, on le fait (noter le "vraiment").
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  #4  
Vieux 31/01/2005, 04h05
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Citation:
Belette a écrit*:
le dernier point est tres interessant:
quant il parle de plaisir à satisfaction personnelle et durable

moi je me pose la question quant à la durabilité de ce plaisir, j'opte plutot par des plaisirs distincts mais continus dans le temps, car l'experience a montré (du moins la mienne) que toutes les bonnes choses ont une fin

si on associe le plaisir à un objet particulier et unique c'est sur qu'il aura une fin (puisque nous somme dans un monde matériel ou tout ne dépend pas de nous)
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  #5  
Vieux 31/01/2005, 04h10
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Citation:
de_passage a écrit*:
si on associe le plaisir à un objet particulier et unique c'est sur qu'il aura une fin (puisque nous somme dans un monde matériel ou tout ne dépend pas de nous)

le plaisir n'est pas tjs lié à un objet, il prend fin parceque nous mêmes changeons tous les jours, notre regard sur chaque parcelle de nous et de la vie change avec chaque moment qui passe, et ce qui est désir aujourdhui est plaisir demain et peut être souvenir après (dans le meilleur des cas koi)
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  #6  
Vieux 31/01/2005, 04h18
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texte de platon:

le Beau et le Laid (chercher le beau dans la loi de la nature ou les lois des hommes)

Calliclès (à Socrate). [...] (Polos) t'a accordé que (e) commettre l'injustice est plus laid que la subir. En effet, à cause de cette concession, il s'est laissé prendre dans tes discours et s'est laissé museler par toi, la honte le retenant de dire ce qu'il pensait. Car toi, en fait, Socrate, sous couvert de poursuivre la vérité, tu nous ramènes à ce genre d'insupportables ficelles de démagogues : "Selon la nature, ce n'est pas beau, mais ça l'est selon la loi". Or le plus souvent, ces deux choses, la nature et la loi, se contredisent. Dès lors, si on cède à la honte et qu'on n'ose pas dire ce qu'on pense, (483a) on est amené nécessairement à se contredire. Point faible que tu as, toi aussi, observé et qui te permet habilement de pervertir la discussion : si on te parle en se plaçant du point de vue de la loi, tu interroges subrepticement en te plaçant du point de vue de la nature, et si on te parle de ce qui est conforme à la nature, tu interroges sur ce qui est conforme à la loi. Par exemple tout à l'heure à propos de cette injustice commise ou subie, Polos disait ce qui était plus laid selon la loi ; toi, tu traquais la loi en te plaçant du point de vue de la nature. Selon la nature, en effet, est plus laid, chaque fois, ce qui est aussi plus désavantageux : subir l'injustice ; (b) mais selon la loi, ce qui est plus laid c'est de la commettre. Subir l'injustice, voilà un malheur qui n'est même pas le fait d'un homme, mais le fait d'un esclave pour qui mourir vaut mieux que vivre, et qui, alors qu'il subit les injustices et les outrages, n'est pas capable de venir au secours de lui-même ni de personne d'autre qui lui serait cher. Mais ce sont les faibles gens et le grand nombre qui, à mon avis, établissent les lois. Or c'est en vue d'eux-mêmes et de leur propre intérêt qu'ils établissent les lois (c) et qu'ils distribuent les louanges et les blâmes. Ils effraient ceux qui sont les plus forts et ceux qui sont capables d'avoir l'avantage, et, pour qu'ils n'aient pas l'avantage, ils disent qu'il est laid et injuste d'avoir une plus grande part que les autres, et que c'est cela se conduire injustement : chercher à avoir plus que les autres ; car eux sont très contents, je pense, s'ils sont à égalité avec les autres, alors qu'ils leur sont inférieurs. Voilà pourquoi la loi dit qu'il est injuste et laid de chercher à avoir l'avantage sur le grand nombre, et que c'est cela qu'on appelle commettre l'injustice. (d) La nature, elle, à mon avis, montre au grand jour, en revanche, qu'il est juste que le meilleur ait plus que le moins bon et que le plus capable ait plus que le moins capable. Elle fait ressortir avec évidence qu'il en va partout ainsi, chez les autres animaux et, parmi les hommes, dans toutes les cités et toutes les familles, que la marque de ce qui est juste, c'est que le meilleur commande à l'inférieur et qu'il ait plus que lui. (e) De quel droit, en effet, Xerxès a-t-il envoyé son armée en Grèce, et son père contre les Scythes ? Et on pourrait citer mille exemples de ce genre. Mais ces hommes, je pense, agissent selon la nature, selon la nature du droit, et, par Zeus, selon la loi de la nature, bien qu'elle ne soit pas conforme sans doute à celle que nous établissons. En façonnant les meilleurs et les plus forts d'entre nous, en les prenant dès leur jeune âge comme des lionceaux (484a) pour les ensorceler et les embobiner, nous en faisons des esclaves ; nous leur disons qu'il faut être à égalité avec les autres, et que c'est cela qui est beau et juste. Mais, à mon avis, qu'il advienne un homme qui ait une nature assez puissante pour secouer tout ce fatras, le faire voler en éclat, s'en échapper, fouler aux pieds nos écrits, nos sortilèges, nos incantations et nos lois, toutes contraires à la nature, voilà notre esclave rebelle qui se dresserait en maître, (b) et brillerait alors de tous ses feux le droit de la nature.
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  #7  
Vieux 31/01/2005, 04h23
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Citation:
Belette a écrit*:
le plaisir n'est pas tjs lié à un objet, il prend fin parceque nous mêmes changeons tous les jours, notre regard sur chaque parcelle de nous et de la vie change avec chaque moment qui passe, et ce qui est désir aujourdhui est plaisir demain et peut être souvenir après (dans le meilleur des cas koi)

quand je dis objet du plaisir, c'est la façon de laquelle ce plaisir a pu être accompli... l'objet de désir quand il est atteint devient source de plaisir...
maintenant, je suis d'accord avec ce que tu dis: nous changeons à tous les instants, il se peut qu'un objet qui procurait du plaisir aujourd'hui devienne indifférent le lendemain...
Ce n'est pas le désir qui s'éteint, mais le désir d'un objet particulier... seulement le désir est porté à un autre objet... et c'est toujours le plaisir qui est recherché...
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  #8  
Vieux 31/01/2005, 04h23
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le dernier post, euuuuuuuuuuh c koi le rapport avec le plaisir :-?
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  #9  
Vieux 31/01/2005, 04h29
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Citation:
Belette a écrit*:
le dernier post, euuuuuuuuuuh c koi le rapport avec le plaisir :-?

justice et bonheur (la notion du beau et du laid étant aussi très vaste)... y a la suite ici

SOCRATE. […] Commençons tout de suite (d) par rappeler l'objet de la
discussion : toi, tu penses qu'un homme qui commet des injustices et qui est un être injuste peut être heureux, si par exemple tu penses qu'Archélaos est injuste mais heureux. Devons-nous penser que c'est bien là ton opinion ?

POLOS. Tout à fait.

SOCRATE. J'affirme moi que c'est impossible. Ceci est un premier point de désaccord. Bien. Mais est-ce que celui qui commet une injustice sera heureux s'il est châtié et puni ?

POLOS. Pas le moins du monde : si c'est cela qui lui arrive, il sera le plus malheureux des hommes.

SOCRATE. (e) Mais celui qui commet une injustice, s'il n'est pas châtié, sera-t-il, selon toi, heureux ?

POLOS. Oui.

SOCRATE. Selon moi, Polos, celui qui commet une injustice et qui est un être injuste est de toutes façons malheureux ; il est cependant plus malheureux s'il n'expie pas sa faute et s'il n'est pas puni, et moins malheureux s'il expie sa faute et subit un châtiment des dieux et des hommes.

POLOS. (473a) Tu t'évertues à me dire des énormités.

SOCRATE. Je finirai par te faire dire les mêmes choses que moi. Car je te considère comme un ami. Ce qui nous sépare pour le moment c'est ceci, regarde toi-même : j'ai dit tout à l'heure qu'il était pire de commettre une injustice que de la subir.

POLOS. Oui, en effet.

SOCRATE. Mais pour toi c'est de la subir.

POLOS. Oui.

SOCRATE. Et j'ai dit que ceux qui commettent des injustices sont malheureux, et j'ai été réfuté par toi.

POLOS. Oui, par Zeus !

SOCRATE. (b) Du moins c'est ce que tu crois, Polos.

POLOS. Mais c'est la vérité, ce que je crois.

SOCRATE. Peut-être. Toi tu penses au contraire que ceux qui commettent des injustices sont heureux, s'ils n'expient pas leurs fautes ?

POLOS. Tout à fait.

SOCRATE. Moi je dis qu'ils sont les plus malheureux, et que ceux qui expient leurs fautes le sont moins. Veux-tu aussi réfuter ce point ?

POLOS. Encore plus difficile à réfuter que le précédent, Socrate !

SOCRATE. Non assurément, Polos, pas difficile, impossible ! On ne réfute jamais la vérité.

POLOS. Que dis-tu ? Si un homme est pris alors qu'il enfreint la justice (c) et qu'il est en train de comploter contre le tyran, que, une fois pris on le torture, on le mutile, on lui brûle les yeux, qu'il est livré à quantité d'autres supplices, terribles et multiples, et qu'il y voit livrés sous ses yeux ses propres enfants et sa femme, que pour finir il est mis en croix, enduit de poix et brûlé vif, cet homme-là sera plus heureux que si, après avoir réussi à s'échapper, il avait accédé à la tyrannie et régné en maître sur la cité en passant son existence à faire ce qu'il veut, envié et proclamé heureux par ses concitoyens et les étrangers ? C'est ça que tu dis "impossible à réfuter" ?

SOCRATE. (d) C'est un épouvantail que tu dresses, brave Polos, ce n'est pas une réfutation. Rappelle-moi pourtant une petite chose : tu as bien dit : "au moment où il complote contre son tyran en enfreignant la justice" ?

POLOS. Oui.

SOCRATE. Ils ne seront jamais plus heureux l'un que l'autre, ni celui qui s'est emparé de la tyrannie en enfreignant la justice, ni celui qui expie ses fautes par le châtiment ; tous les deux étant malheureux, il ne pourra pas y en avoir un plus heureux que l'autre. (e) Mais le plus malheureux des deux, c'est celui qui a échappé au châtiment et qui est devenu tyran. Qu'est-ce qu'il y a, Polos ? Tu ris ? Voilà encore un autre type de réfutation : quand quelqu'un parle, on rit, sans chercher à le réfuter ?


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  #10  
Vieux 31/01/2005, 04h37
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Citation:
de_passage a écrit*:

quand je dis objet du plaisir, c'est la façon de laquelle ce plaisir a pu être accompli... l'objet de désir quand il est atteint devient source de plaisir...

la façon dont le plaisir est accompli, bien sur mais la source du plaisir qui découle de cet objet peut prendre plusieures formes tout comme l'objet lui même

que d'attentes dans la vie de chacun de nous, le vécu, les representations et les années donnent à chacun de nous une idée (bien souvent erronée) du plaisir , et au delà du plaisir de concrétiser ses désirs, le plaisir de les désirer tout simplement..

Citation:
maintenant, je suis d'accord avec ce que tu dis: nous changeons à tous les instants, il se peut qu'un objet qui procurait du plaisir aujourd'hui devienne indifférent le lendemain...
Ce n'est pas le désir qui s'éteint, mais le désir d'un objet particulier... seulement le désir est porté à un autre objet... et c'est toujours le plaisir qui est recherché...

plus que le plaisir on soit je crois que c'est vouloir continuer à desirer car finalement c'est ce quinous fait vivre (enfin y a pas ke ça heureusement mais si on reste dans l esprit du fil .. :-D )
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