La religion: qu'est-ce que c'est


Précédent   Bladi.net > Catégorie Principale > Forum Général



Réponse
 
Outils de la discussion Modes d'affichage
  #1  
Vieux 31/01/2005, 19h12
 
Date d'inscription: juillet 2003
Messages: 3 554
Par défaut La religion: qu'est-ce que c'est

La religion constitue la sphère générale où l'homme prend connaissance de la seule totalité concrète dans laquelle se trouvent unies et sa propre essence et celle de la nature. (Hegel. Esthétique 150)
La religion est le lieu où un peuple se définit à lui-même ce qu'il considère comme la vérité. (Hegel Ph de l'histoire p48)
La religion, c'est la théorie générale de ce monde. (Marx Critique Ph du droit de Hegel)
La religion est ce qui fixe un sens commun, c'est dire qu'elle est consubstantielle au langage. Il convient de reconnaître sa fonction, de repérer le champ de ses conséquences plutôt que d'en dénier les effets, y compris bien sûr chez ceux qui se croient les plus irréligieux des hommes. Il est en effet plus facile de croire ne pas croire que d'échapper aux effets normatifs du discours dominant. La critique et l'histoire des religions restent à l'intérieur des religions. Ce n'est pas pour s'en tenir à son discours dogmatique, mais tenir compte de sa persistance dans sa mise en question même, car ce n'est certes pas le seul discours mais c'est sûrement un des plus fondamentaux.
Comme fondement du sens et du social, une religion doit rendre compte de la vie concrète d'un peuple en même temps qu'elle la structure. La première détermination consiste donc dans le degré de civilisation, les moyens de production (cueillette, chasse, élevage, agriculture, pillage), l'organisation sociale. Depuis l'invention de l'écriture, ces déterminations objectives sont, petit à petit, reléguées à l'arrière-plan au profit d'une logique signifiante, historique, auto-référentielle, plus abstraite et universelle. On peut aussi voir dans l'évolution de la magie, à la religion puis à l'art l'objectivation de la subjectivité, de la présence de la finalité dans une réalité qui ne se limite pas à la causalité matérielle.

Le résultat de cette évolution, c'est donc que l'esprit tandis qu'il s'objective et pense son être, détruit d'un côté la détermination de son être et en saisit d'autre part l'élément universel.
Nous n'avons donc affaire, quand nous parcourons le passé quelqu'en soit l'étendue qu'à de l'actuel; car la philosophie en tant que se préoccupant du vrai, n'a affaire qu'à de l'éternellement actuel. Pour elle rien n'est perdu dans le passé, car l'Idée est présente, l'Esprit immortel, c'est-à-dire qu'il n'est pas passé et qu'il n'est pas inexistant encore, mais il est maintenant essentiellement. C'est dire que la forme actuelle de l'esprit comprend en soi tous les degrés antérieurs. (Hegel Ph Histoire 66)
L'effort pour réduire chaque religion à son concept apparaîtra caricature face à la richesse infinie des représentations et des subtilités logiques de chacune d'entre elles. Il ne s'agit pas tant d'en dire la vérité que de formuler ce que chacune représente dans sa différenciation, son apparition dans l'histoire, sa rupture essentielle logique et pratique. Une contradiction trouvera à s'y mesurer, dans ce "Work in progress" comme un défi à ce qui nous cause, lueur fragile arrachée aux profondeurs de la nuit. Le prêt-à-penser nous précède que nous ne pouvons que modeler à notre tour.
Une vie sans religion est une vie sans principes et une vie sans principes est un bateau sans gouvernail. (Gandhi Lettres à l'Ashram)
Réponse avec citation
Réponse

Outils de la discussion
Modes d'affichage




Fuseau horaire GMT +2. Il est actuellement 20h21.



1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38