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| La renaissance berbère au Maroc En décidant, le 20 août 1994, que la langue des Berbères, le tamazight, parlée par plus d’un tiers de la population du Maroc, serait désormais enseignée « au moins au niveau du primaire », le roi Hassan II a pris une décision qui fera date. Elle ouvre la voie, dans l’ensemble du Maghreb, à une réparation historique à l’égard de la communauté berbère, dont la culture, l’identité et les droits ont été longtemps méprisés. Partout, les associations se multiplient, les revendications se précisent, les avancées s’accumulent, au point que beaucoup n’hésitent plus à parler d’une véritable renaissance berbère. Les Berbères revendiquent une présence au Maghreb vieille de cinq mille ans. Le 12 janvier - Nouvel An, selon leur calendrier -, ils entameront l’année 2945. Géographiquement, leur communauté s’étend sur près de 5 millions de kilomètres carrés, de la frontière égypto-libyenne à l’Atlantique, et des côtes méditerranéennes au Niger, au Mali et au Burkina (les Touaregs aussi sont des Imazighen - ces « nomades » descendent, comme le mot l’indique, des Numides - et sont les seuls à avoir conservé, à travers les âges, leur écriture, le tifinagh). Quant à l’origine du mot « berbère », elle remonte à la culture gréco-latine, le terme barbarus désignant l’étranger à la cité, celui qui « ne sait pas parler » (ou seulement par des balbutiements, d’où l’onomatopée « bar-bare »), par extension, le « non-civilisé », le « sauvage », la « brute »... Cela explique pourquoi, sans renier totalement ce mot, les Berbères préfèrent le nom qu’ils se donnent dans leur langue, les Imazighen. Guerriers valeureux, réfugiés dans les montagnes lors des invasions aussi bien romaine (cf. la Guerre de Jugurtha, de Salluste) qu’arabe (cf. l’Histoire des Berbères, d’Ibn Khaldoun), ils surent résister avec succès au pouvoir central des sultans marocains (2) et eurent un rôle majeur dans la lutte contre la colonisation française et espagnole (3). Le protectorat tenta bien de jouer sur leurs spécificités (4) mais ne parvint pas à les rallier. Cependant, cette tentative de « débauchage colonial » bloqua pour longtemps toute revendication berbère, vite assimilée au « parti colonial » et à des visées sécessionnistes. Presque tout le monde s’accorde désormais pour reconnaître que, les conquérants arabes du IXe siècle ayant été peu nombreux, la très grande majorité des Marocains a du sang berbère. Ce qui ne signifie pas nécessairement qu’ils sont berbérophones, plusieurs tribus ayant été arabisées de force très tôt, en particulier le long des côtes de l’Atlantique (5). Un blocage psycho-politique persistant avait empêché, jusqu’au recensement de septembre 1994, que soit demandé aux gens s’ils parlaient une langue berbère. Dans l’attente du dépouillement, les estimations avancées vont de 33 % à 80 % ! Le régime marocain fait preuve, depuis deux ou trois ans, d’une volonté d’ouverture. On l’a vu notamment avec la libération des prisonniers politiques ou encore la destruction du bagne de Tazmamart. Parallèlement fleurissent des associations culturelles berbères d’un type nouveau. Les jeunes très actifs, à l’origine des nouvelles associations et des revues (6), sont souvent des déçus du monde politique. « Notre indépendance par rapport aux partis et aux autorités est l’un des facteurs de notre réussite », estime M. Ahmed Kikich, militant berbériste. Même M. Mahjoubi Aherdan, poète et peintre âgé d’« environ soixante-dix ans », qui fonda le Mouvement populaire (7) à la fin des années 50, déclare : « Ma démarche a toujours été politique pour imposer la culture ; mais elle devient plus culturelle que politique. » En fait, dès le 5 août 1991, six associations (elles sont aujourd’hui onze) signaient la charte d’Agadir, « relative à la langue et à la culture tamazightes au Maroc ». Elles y déploraient « la marginalisation systématique de la langue et de la culture tamazightes » et se mettaient d’accord sur sept « objectifs à atteindre », dont « la stipulation dans la Constitution du caractère national de la langue tamazight à côté de la langue arabe ». Elles demandaient aussi « l’intégration de la langue et de la culture tamazightes dans divers domaines d’activités culturelles et éducatives, et leur insertion dans les programmes d’enseignement » ; et encore « le droit de cité dans les mass media écrits et audiovisuels ». C’est dans ce contexte que devait survenir, le 1er mai 1994, la manifestation berbériste d’Errachidia. A l’origine de cet événement : l’association Tilelli (« Liberté » en tamazight) de Goulmima, oasis située à 60 kilomètres de la capitale provinciale, Errachidia. Cette association, signataire de la charte d’Agadir, est très active, dans une région dont les relations avec le pouvoir central, historiquement, ont toujours été tendues. Pour le président de Tilelli, M. Ali Harcherras, trente-deux ans, professeur au lycée de Goulmima, les berbéristes représentaient les deux tiers des participants au défilé du 1er mai 1994 organisé par la Confédération démocratique du travail (CDT) et l’Union générale des travailleurs marocains (UGTM). Ils scandaient des slogans mais portaient aussi force banderoles en français et en tamazight. Et insistaient tout particulièrement sur le statut officiel du tamazight, criant : « L’hébreu est enseigné, pas le tamazight » ; « Tamazight à l’école » ; « Pas de démocratie sans tamazight ». Lors du défilé, le pacha (sorte de sous-préfet) intervint pour réclamer - en vain - le retrait des banderoles en tamazight ; le défilé se termina sans incident. INTER Aucune prétention séparatiste S ELON M. Ahmed Kikich, trente-trois ans, professeur au même lycée, secrétaire du bureau local du Syndicat national des enseignants (SNE), à la fin de la manifestation, des « istiqlaliens (8) de l’UGTM désignèrent aux policiers les meneurs ». Conséquence : le 3 mai, sept enseignants de Goulmima et d’Errachidia, membres ou sympathisants de Tilelli, étaient interpellés. L’un d’eux sera frappé le premier jour, selon M. Harcherras. Tous seront interrogés - individuellement, menottés et les yeux bandés - sur les rébellions locales des dernières décennies, et sur leurs « rapports avec l’Algérie », alors qu’ils clament n’avoir « aucune prétention séparatiste ». Leur inculpation, dans ces circonstances, provoqua une surprise générale. Furent retenues contre eux, notamment, les charges de « troubles à l’ordre public » et « incitation à commettre des actes portant atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat », les autorités affirmant avoir découvert chez M. Harcherras des « documents compromettants échangés notamment avec des organisations étrangères ». Cela entraîna une protestation générale, et les autorités locales furent accusées de « violation de la liberté d’opinion ». Lors du procès, le 27 mai 1994, quatre militants, dont M. Kikich, furent relaxés, deux étaient condamnés à deux ans de prison et un à un an. Quelques semaines plus tard, les condamnés faisaient partie des 424 personnes amnistiées par Hassan II, leur peine étant ainsi effacée. Plusieurs interprétations sont données de cette affaire. M. Mimoun Habriche, rédacteur au quotidien communiste de langue française Al Bayane, estime qu’il s’est agi d’« une bévue d’un petit agent d’autorité locale qui n’a pas mesuré la portée de ses actes ». M. Driss Benzakri, vice-président de l’Organisation marocaine des droits de l’homme (OMDH), note que « beaucoup expliquent ces arrestations comme une mise en garde. Habituellement, au Maroc, quand le pouvoir procède à un changement politique, un mouvement de répression le précède pour en limiter la portée ». En tout cas, estime M. Ouzzin Aherdan, ancien député et directeur de la revue Tifinagh, « l’affaire de Goulmima a servi de révélateur dans tout le Maghreb ». Avant même le dénouement de l’affaire, le gouvernement avait exquissé des gestes. C’est ainsi que le nouveau premier ministre, M. Abdellatif Filali, annonçait le 14 juin dernier, devant la Chambre des représentants, que la télévision publique allait désormais diffuser des informations en « langue tamazight » - la radio le fait déjà depuis plusieurs décennies. Et, en effet, depuis le 24 août 1994, la télévision présente un journal de douze minutes, reprenant trois fois les mêmes informations avec un présentateur différent pour chacun des trois parlers imazighen : tarifit du Rif (Nord), tamazight du Centre-Est et tachlahit du Sud. A cet égard, les critiques sont nombreuses chez les berbéristes (trop d’arabismes, volonté de diviser en insistant sur les dialectes, insuffisance des programmes en tamazight sur la chaîne publique (9). Mais tous sont d’accord pour parler d’un « pas positif ». « Grâce à la télévision, des millions de Berbères se sentent enfin pris en considération », note M. Ali Harcherras. Mais, entre la déclaration du premier ministre et le début des journaux télévisés en berbère, le véritable bouleversement est venu du roi lui-même, dans un discours prononcé le 20 août 1994. Certes, à la différence du premier ministre, il ne parle pas de « langue » tamazight, mais de trois « dialectes », admettant qu’ils « font partie des composantes de notre authenticité ». Il tient à « mettre les choses au point : je ne suis absolument pas contre les dialectes ». Et il lance la « bombe » dont les ondes de choc n’ont pas fini d’affecter la société marocaine : « Il est indispensable, dit-il, au moins au niveau du primaire, de prévoir des tranches horaires pour l’enseignement de nos dialectes. » Même s’il rappelle que l’arabe est « la langue mère » du pays retenue dans la Constitution. Pour M. Brahim Akhiat, secrétaire général de l’Association marocaine de recherche et d’échanges culturels (AMREC), berbériste, il s’agit d’un « pas historique et clairvoyant ». Pour cet homme de cinquante-deux ans, Hassan II a ainsi « mis les points sur les i, non seulement en acceptant l’enseignement de la langue tamazight mais aussi en fixant l’orientation générale de l’avenir de la culture marocaine ». Certains sont moins optimistes, ils craignent qu’il ne s’agisse plutôt d’un « os à ronger » jeté aux berbéristes. Il n’empêche, comme le fait remarquer M. Laaroussi, du ministère de l’information, « après le discours du souverain, personne n’osera se dire contre l’enseignement du berbère ». M. Mohamed Louafa, député et porte-parole du Parti de l’Istiqlal (droite nationaliste), insiste : « La première langue du pays doit être l’arabe, facteur d’unification » ; mais il ajoute : « L’Etat doit sauvegarder l’ensemble du patrimoine marocain, y compris le patrimoine berbère. » Selon M. Mustapha El Alaoui, directeur de l’hebdomadaire indépendant en langue arabe Assiassi, « matériellement, on ne peut pas enseigner la langue berbère à l’école. Ce qu’a dit le roi est irréalisable... à court terme. Il faut dix à quinze ans ». Dans une série de quatre articles publiés fin mai, M. El Alaoui avait dénoncé les « visées on ne dira pas sécessionnistes mais presque » de ceux qui veulent « propager la contagion du sida séparatiste », et des militants « manipulés de l’étranger » qui cherchent à « morceler le Maroc et à le découper ». Au sein du mouvement berbère, nul ne réclame ouvertement la création d’un Etat indépendant. Malgré ces bémols, M. Ouzzin Aherdan pense que le mouvement enclenché est « irréversible ». Mais comment mettre en oeuvre cet enseignement du berbère ? Pour lui, ces dialectes ont des « racines communes » et forment une « seule langue » pour laquelle « un travail d’unification est nécessaire » ; il faut « démarrer avec les trois grandes variantes et que tous les Marocains apprennent le tamazight comme une langue vivante. L’essentiel, c’est de commencer ». Me Hassan Id Balkassm estime que, s’il y a une volonté politique accompagnée de fonds budgétaires, on peut débuter dès cette année. « Il y a 68 000 diplômés licenciés au chômage. Au moins 20 000 parlent berbère. S’ils sont formés pendant un an, ils pourront commencer dans deux ans à enseigner le tamazight de façon scientifique et performante. » Le camp berbériste n’a pas de position unifiée sur ce thème de l’enseignement et reste divisé sur la question de la graphie à adopter. Faut-il choisir le tifinagh, qui correspond le mieux à la langue mais est peu répandu ; les caractères latins, qui auraient l’avantage de favoriser la liaison avec le monde occidental et de faciliter l’accès à l’informatique ; ou les caractères arabes, qui sont les plus connus au Maroc ? D’autres se demandent s’il ne vaudrait pas mieux lutter d’abord pour l’alphabétisation (une étude récente a révélé que 65 % des Marocains sont analphabètes) plutôt que pour l’apprentissage du tamazight. M. Ali Harcherras rétorque vivement : « Alphabétiser les enfants du Rif ou de l’Atlas en arabe est absurde. Que feront-ils de l’écriture d’une langue qu’ils ne parlent pas ? » Autre point de divergence, le statut de la langue. La charte d’Agadir réclame qu’elle soit reconnue comme « nationale ». M. Harcherras demande un statut officiel, de même que Me Id Balkassm. « On revendique l’égalité des langues et des cultures », affirme ce dernier, même s’il reconnaît que, pour des raisons tactiques, certains ne réclament pas tout de suite le statut officiel (reconnu seulement à l’arabe par la Constitution). « Il faut rendre le tamazight langue officielle », affirme M. Ouzzin Aherdan, qui admet toutefois que « le combat sera encore long ». « On ne va pas forcer notre roi à traduire ses discours, ajoute M. Aherdan, mais il faut que les gouverneurs et les juges, les gens de l’administration, apprennent le tamazight. » Le journaliste communiste Mimoun Habriche, bien que Berbère d’origine, estime en revanche : « Les gens qui demandent le statut de langue officielle ne sont pas réalistes. La langue officielle ne peut être que l’arabe. » M. Mohamed Louafa, de l’lstiqlal, qui revendique lui aussi des origines berbères, insiste également pour que l’arabe reste la « première langue du pays ». « C’est une grave erreur que de demander que le berbère soit considéré comme une première langue officielle. » Sur le terrain, ce qui est nouveau c’est une certaine discrimination des Berbères à l’égard des « Arabes ». On l’a vu fin septembre, notamment, lors d’un incident dans le Haut-Atlas : un jeune voulait faire descendre d’un autocar bondé les passagers arabophones unilingues pour laisser la place aux seuls Berbères... M. Ahmed Kikich divise le mouvement berbériste en trois camps : celui de la démocratie et de la tolérance culturelle (dans lequel il se situe) ; celui des « opportunistes » de la culture tamazight qui agissent par ambition personnelle ; et celui, enfin, des « chauvinistes » qui réclament « le départ des Arabes ». Ces derniers, selon lui, sont rares mais ont « une influence non négligeable ». Tous cherchent à internationaliser leur cause, en tentant de renforcer les contacts avec l’ensemble du monde amazigh et en profitant des tribunes de l’ONU. Un mémorandum a été déposé par huit associations marocaines lors de la Conférence internationale des droits de l’homme à Vienne en juin 1993. Des militants berbéristes marocains ont participé, fin juillet 1994, à la session de Genève du groupe de travail de l’ONU sur les populations autochtones. A cette occasion a été arrêté le principe de tenir un congrès amazigh international. Une idée précisée, fin août, à Douarnenez, lors du 17e Festival du cinéma, consacré cette année « aux peuples berbères (10) ». Un comité de réflexion a été mis en place pour organiser ce congrès durant l’été 1996. « Ce qui a toujours nui aux Berbères, c’est leur isolement. Si l’on arrive à se regrouper, on constituera une force considérable, surtout au moment où le projet d’Union du Maghreb arabe a du plomb dans l’aile, estime M. Ouzzin Aherdan. Ce sera la première fois depuis deux mille ans, depuis Jugurtha, que les Berbères se regroupent. » Extrait d’un article de JOEL DONNET. Le Monde diplomatique de janvier 1995. -------------------------------------------------------------------------------- 1) Le terme « amazigh », masculin, signifie « homme libre ». Le féminin « tamazight » lui est généralement préféré pour désigner la langue. Le pluriel est « imazighen ». (2) Pour ces poches de résistance, on parle alors de « bled siba », par opposition au « bled makhzen » contrôlé par l’administration centrale. (3) La « pacification » française se solda, entre 1907 et 1935, par 37 000 morts dans les rangs de l’armée coloniale, plus que durant la guerre d’Algérie (1954-1962) ; l’occupation du nord du Maroc par l’Espagne, commencée en 1906, fut marquée par l’insurrection des Berbères du Rif que dirigeait Abd El Krim, fondateur d’une éphémère « République du Rif ». (4) Cette politique fut surtout symbolisée par le « Dahir berbère » de 1930 qui reconnaissait le droit coutumier spécifique des Berbères et les soustrayait au droit commun pénal marocain. (5) Cas notamment des Zaërs, au sud-est de Rabat. (6) Quatre revues berbères ont vu le jour en 1994 et ont remporté un vif succès, en particulier auprès des jeunes, lors du Salon international de l’édition et du livre organisé à la mi-novembre à Casablanca. Cf. notamment : Tifinagh, BP 5086, 10, rue Raïs-Cherkaoui, Rabat-Souissi. (7) Dès sa création, le Mouvement populaire (MP) a réclamé l’enseignement du berbère, mais il ne l’a jamais obtenu. Une première scission a vu, en 1966, le départ de son président M. Abdelkrim Khatib. La seconde, en 1986, s’est soldée par la création du Mouvement national populaire (MNP) par M. Mahjoubi Aherdan. (8) L’Istiqlal est le parti nationaliste historique, particulièrement en pointe sur la question de la défense de la langue arabe. (9) Outre les chaînes étrangères (surtout espagnoles et françaises) captées avec une antenne parabolique, il existe une autre chaîne marocaine, privée et cryptée, 2M. (10) Lire Carlos Pardo, « Le cinéma berbère, miroir de la société », le Monde diplomatique, octobre 1994 |
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| La renaissance berbère au Maroc RENAISSANCE DE L'armee marocaine anti-rebels! |
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| La renaissance berbère au Maroc Comment les intellectuels marocains abordent-ils l’amazighité ? Quelle image le paysage journalistique reflète-t-il de Tamazight ? Comment l’élite arabophone marocaine reçoit et interprète le renouveau amazighe ? Avant de tenter des réponses à ces interrogations épineuses, il faut avouer que jamais le débat autour de TAMAZIGHT n’a été aussi magmatique qu’aujourd’hui, et jamais aussi les intellos arabistes de notre pays n’ont exprimé autant d’avanie et de vexation intellectuelles qu’ aujourd’hui, et toutes ces réactions insignifiantes, dans un climat de déchaînement fou furieux accusant le mouvement amazigh de raciste, ... d’extrémiste... - FRONTS INTELLECTUELS AMAZIGHOPHOBES. La phobie intellectuelle hostile aux revendications du mouvement amazigh, ne date pas d’aujourd’hui c’est une espèce de « jihad », à référence arabo-baâtiste, qui, telle une dégénérescence virale, évoluait en parallèle à l’histoire métamorphosante des idées au sein du Maroc contemporain. Parfois c’est l’interventionnisme officielle du Makhzen qui tentait, en vain, d’opprimer la voix montante du militantisme amazigh, mais dans la plupart des cas, ce sont des « intellectuels amazighophobes d’élite » instrumentalisés comme forces auxiliaires pour transplanter et parsemer l’idéologie arabo-baâtiste à travers le sol socio-culturel marocain, ou sinon, se sont des théologiens bilieux qui manœuvrent et émettent des « presque fatwas » pour contrecarrer la marche des imazighen, tels des alliés, en entente cordiale, toutes ces formations s’organisent en front antiamazigh. Et pour mener à bien cette mission sacro-ideologique, à cette noble fin tous les moyens sont bons et légitimes : partis politiques, écoles, médias et surtout la presse. Cette dernière voie demeure la plus efficace, puisque elle reflète le mouvement tumultueux des idées, et étant donné le rôle des journaux dans l’orientation des débats politique, ainsi que leur impact sur les décisions dans la gestion des affaires publiques. En fait toute une armada intellectuellement amazighophobe (leaders politiques, universitaires, hauts cadres officiels, éminents FOUQAHA, journalistes, syndicalistes ...) s’est érigée et s’est investie pour dresser de faux barrages contre l’évolution, sereine et intelligente de la mouvance revendicative amazighe. Et c’est à travers certaines publications de la presse écrite que l’expression affichée de ces entraves illusoires ne cessent de se manifester. A ce propos , la dernière offensive du genre a été scandaleusement orchestrée par l’hebdomadaire arabophone ANNAHAR dans sa publication N° : 69 du 19\03\04. Un journal, de fond et de forme maigre et sans poids éditorialiste. la manière, dont il a conçu le dossier à propos des imazighen, laisse sauter aux yeux l’impression de l’immense manque d’éthique et du professionnalisme. Une élaboration qui trahit clairement la position délibérément amazighophobe de la rédaction et qui donne libre cours a la lave mensongère et les contre-vérités allant à l’encontre des imazighen, et tout en étant source d’informations troubles, de diffamations et d’obscures divagations. - TITRE CHOC D’UN DOSSIER NOIR. Dans sa livraison précitée, l’hebdomadaire ANNAHAR ne s’est pas donné la moindre peine de vérifier le fondement des propos carrément puisé en plein registre des « insultes », et cités d’une façon confuse. Un dossier lourd de mépris, entièrement conçu dans une totale maladresse journalistique, au point de devenir une lance missive verbale chargée de haine à tout ce qui a sens au sein de l’univers amazigh (langue, culture, histoire, mémoire, populations, associations, mouvement...). Bref, un dossier noir, horriblement provoquant, élaboré pour choquer « le pathos collectif » des imazighens, et pour dénigrer le caractère civique des revendications amazighes. En gros caractères, en Arabe et en Tifinah, la rédaction a formulé le titre de la couverture comme suit : "HARBOU L AMAZIGH DIDDA L AARABE" (Guerre des imazighen contre les arabes). Pure provocation et aberration démesurée. Car, opter à intituler ce dossier par cette formulation, fait replonger le lecteur dans l’atmosphère des guerres intertribales, vécues pendant la JAHILIA de l’époque QORAYCHITE. Et, précisément, cette référence accentue l’impact de l’esprit fantasmagorique qui puise dans l’imaginaire des 1000 et une nuit. Une sorte de réactualisation des contes fabuleux des conquêtes arabes. Quant au contenu absurde de ce dossier (4 pages), il fait l’objet de deux recettes (fast food) journalistiques, d’une saveur amère. D’abord comme entrée, des entretiens hors d’œuvres, en suite, un article de résistance . ENTRETIENS HORS D’OEUVRES. Pour mettre en relief ces trois entretiens, ces fameux journalistes novices d’ANNAHAR les font encadrer par des commentaires insignifiants, des fausses notes composées à l’aveuglette. Et, le tout donne à évaluer la méconnaissance profonde et la médiocrité intellectuelle à travers lesquelles ce dossier traite le mouvement amazigh. D’un coté, un entretien vantard et excessivement narcissique, celui d’un absurde défenseur de la sacralité idéologique de la langue-culture importée du Machreq. Et, pire encore c’est un opposant déclaré de l’officialisation de la langue Tamazight. De l’autre coté deux autres entretiens de deux étranges militants, en état d’égarement hors cercle de l’amazighité. Ils sont l’incarnation pleine de deux voix, usées et affaiblies, devant la force lucide et la sève vigoureuse d’un militantisme renouvelé, personnifié dans l’éruption d’une nouvelle génération d’amazighs, convaincus et fidèles à la cause. Le premier de ces deux antihéros n’est autre que l’ex Mr C.N.C., dit aussi Mr. « contre courant ». Une sorte de roi déchu et éjecté hors du royaume de l’amazighité. Il est aussi connu par un comportement déficient et instable, outre que ses positions sont souvent à l’antipode des intérêts du mouvement amazigh. Et le deuxième antihéros est, curieusement, une figure habituée de la presse amazighophobe, prise au piège, et froidement instrumentalisée pour donner un peu de clarté à ce dossier sombre. Certes , un ancêtre, un des pionniers même du mouvement associatif, dit aussi Mr.Nostalgia, une sorte d’Ulysse de l’Odyssée militantiste traditionaliste, mais qui ne cessait de navetter entre prises de positions caméléonesques et contradictoires.Tantôt en harmonie avec lui même et avec ses confrères pour défendre la cause ; tantôt hors chorale fredonnant, en solo, des airs vieillots et nostalgiques du militantisme année 60. Alors ces gaucheries intellectuelles, tâtonnement et pataugeage, trahissent la crédibilité, à la foi de cet activiste associatif et de son profil presque charismatique. Car, le fait d’accepter d’épaissir le volume des diffamation contenues dans ce dossier, s’avère une complicité préméditée qui appuie cette offense méprisante à la dignité et à l’honneur des militants propres et intègres, surtout qu’aujourd’hui, plus que jamais, le mouvement amazigh a besoin de plus en plus d’ efforts et d’unification pour faire face aux forces déstabilisantes et destructives qui le ciblent. - ARTICLE DE RÉSISTANCE. Le summum de cette coulée lavique d’avanie est, par excellence, l’article signé par un certain ABOU SALMA. Sans doute, un pseudonyme masquant un personnage à défaut d’audace et de courage intellectuels. Cet article plat, sans forme ni fond, est écrit sous une emprise rabique, doublée d’une fièvre délirante. L’auteur ivre de rage antiamazighe, attaque l’amazighité et les imazighen par toutes les humiliations possibles : descendance de Lyauty, serviteurs du sionisme, porte-parole du colonialisme, extrémistes, racistes, séparatistes ... etc... Tout un inventaire parsemé d’outrages et d’offenses directes, sans la moindre nuance ni réserve. Déjà le titre, à lui seul, constitue une grave provocation. Une autre version insolente pour réactualiser les falsifications permettant à restituer les contre-vérités et troubler les eaux claires de la véritable Histoire. Mais l’adjectif « Aljadid » est là pour renouveler le souffle par rafales chargé de mépris et de dénigrements. En effet, justement « Aljadid », car un aspect des revendications amazighes, en un petit bout de l’iceberg, émerge à la surface de l’actualité : l’enseignement de Tamazight, l’impact symbolique de TIFINAGH, la solidarité du mouvement amazigh avec les victimes du séisme d’El hocéima, les rencontres, les colloques, les conférences et les débats autour de l’amazighité, ainsi que le boom associatif... Bref, un continuum ininterrompu de signes forts qui confirment que la constitutionnalisation demeure un choix inévitable. Alors, prenant conscience de ces faits et de cette réalité qui s’imposent, à contre cœur, aux nostalgiques du rêve évaporé de la QAWMIA AL AARABIA, ils déclenchent l’alarme des nouveaux « LATTIF ». Or cette fois-ci non pas dans les mosquées (impossible ) mais dans la presse. Une presse où des maîtres divagateurs, de la souche intellectuelle de Mr X ABOU SALMA, sont accueillis et loués comme les sauveurs de la OUMMA EL AARABIA. Dans l’ensemble, les idées obscures dominant dans l’article s’articulent autour de trois contre-vérités flagrantes (toile de fond terne), à savoir : -le dahir dit berbère ( !), -le caractère raciste du mouvement amazigh ( !) et -le militantisme amazigh comme manipulation étrangère ( !). Et tout le barbarisme verbal, qui enveloppe vaguement ces trois assertions creuses et sans fondements, n’est que peine perdue. En guise d’illustration, le fait de dire que la cause des Imazighen est artificielle et sans référence juridique, ou que le mouvement amazigh est une expansion du sionisme, ou bien que l’action associative œuvre dans l’intérêt du colonialisme, ou encore que ce sont la langue arabe et l’islam qui ont « civilisé » les berbères etc. Bref ce sont là des fragments d’un discours haineux, saturé de diffamations et franchement provocateur.L’auteur de cette charabia est, sans doute, pénétré jusqu’à l’état d’ivresse extatique par la semence arabo-islamique, il interprète tout ce qui bouge immédiatement, autour de lui à travers le prisme du conflit arabo-israélien. Donc, tout est sionisme, tout est impérialisme. Même les Imazighen des hauteurs, qui ne quittent jamais leurs montagnes, qui n’ont ni radio ni télévision ni téléphone mobile, et qui ne fréquentent presque jamais les cités des lumières (Fès , Rabat ...) eux aussi sont des serviteurs de l’Impérialisme et du Sionisme ! ! ! Quelle absurdité ! Quelle naïveté ! C’est que l’emprisonnement idéologique, où se sont condamnés nos intellos fanatiquement arabistes, est vraiment fatal. Mr X ABOU SALMA en est la meilleure illustration : il pense et intellectualise la situation socio-culturelle marocaine comme étant un Machreq, il ne cessait d’inventer et de réinventer un monde arabe qui n’existe plus dans les faits, un mande explosé en éclats, et le dernier débris qui en reste, c’est la statue de SADDAM détruite l’autre jour à BAGDAD. Aujourd’hui, il ne reste que les paroles tristes de la chanson : AL HOULM AL ARABI. C’est fini, le monde arabe est Mat Echec et Mat ! Mais les Imazighen n’y sont pour rien ! - PERORAISON. A l’heure où cet article-réponse est sous rédaction, l’hebdomadaire ANNAHAR attise d’autres feux de haine antiamazighe, ceci, en s’exaltant de louanges suite aux faux exploits marqués par la publication de ce dossier noir. Et pour faire prolonger l’épopée amazighophobe, le même journal ouvre, grandes, ses pages à un certain al Mouatassim, autre héros de cette saga d’attaques et de provocations allant à l’encontre des Imazighen du Maroc. Certes, pour finir, le dossier noir publié par ANNAHAR s’avère un grand succès commercial, mais il demeure dénué de toute crédibilité et de toute éthique professionnelle : il est, nettement, hors du débat démocratique |
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| La renaissance berbère au Maroc armee marocaine actuelle est composé que de femelettes "arabes" de fes comme leurs freres arabes du moyen orient avec leurs ventres gonglés comme les femmes Crois moi , j ai la famille dans l armée Il y a des officiers de familles de fes qui ne savent meme pas comment "manipuler un kalanchikov ou bien une arme legere normal en general C est fini la fameuse ARMEE MAROCAINE composée autrefois qu avec des Rifains et des chleuhs de l atlas Tu veux que je te raconte l exploit de certains d entre eux ? les Jungles d indochine , les plaines et les forets d europe , le sahara , les Jungles d afrique connaissent ces Braves Officiers et soldats Tu sais qu un certain ABABOU dans les annees 60 et 70 , il etait un officier , U.S.A voulait á tout PRIX le faire rejoindre á son marine !!? armee marocaine bye bye |
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| La renaissance berbère au Maroc Citation:
:lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: LA VIE EST BELLE! quels miserables types! :lol: alah alwatan almalik! marroc |
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