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| IRCAM: LE SURSAUT DES HOMMES LIBRES ! L'aquarium monarchique implose Ni coup de cœur, ni coup de gueule. Il s'agit d'un acte responsable, réfléchi et pesé. Le retrait de sept membre du Conseil d'administration de l'Institut Royal de la Culture amazighe de cette institution constitue une secousse tellurique dont les effets ont déstabilisé les responsables du dossier amazighe dans les hautes sphères du pouvoir. Particulièrement Abdelhaq Lemrini et Meziane Belfqih l'artisan de la COSEF et de la réforme de l'enseignement et promoteur de l'intégration de l'amazighe comme auxiliaire de l'apprentissage de la langue des arabes enseignée aux amazighes. Les motifs invoqués par les sept membres dans un communiqué repris par la presse et les agences de presse soulignent la continuité de la politique arabiste et la négation systématisée de l'amazighité et son exclusion du paysage médiatique et institutionnel national. Voici donc que la question amazighe retourne à sa case de départ. La réponse apportée par le pouvoir aux revendications identitaires amazighes il y a trois années s'évapore. Ce fut une pure manœuvre dilatoire, une supercherie «mijotée» au cœur des arcanes du pouvoir par la caste araboandalouse qui a estimé opportun de solutionner la question amazighe, non par l'acide, mais par sa domestication pour pouvoir la vider de son sens. C'est, en fait, sous-estimer la détermination des amazighes qui ont choisi de contribuer, de manière civilisationnelle et pacifique, pour tourner une page de notre histoire faites de palaies, de cicatrices, de blessures, d‘humiliations, de brimades, de mépris, d'exclusion et de marginalisation programmée. Un choix fait pour maintenir la stabilité du pays. Un geste fait avec stoïcisme. La réponse du pouvoir s'avère une manipulation, une mascarade politique, un feu d'artifice, un leurre. Désormais nos décideurs sont acculés. Leur volonté politique fait défaut. Ils se retrouvent face à leur responsabilité. Leur crédibilité s'écroule car leurs actions s'inscrivent toujours dans le cadre d'une politique ethnocidaire : la prostitution, la folklorisation et la destruction de l'identité amazighe. Ils s'accrochent à leur hypothèse idéologique : le Maroc est un pays arabe, ses habitants sont arabes, son passé, son présent et son avenir sont arabes. Hors de l'arabité, point de salut. Que va donc encore nous raconter M. Belfekih et ses acolytes ? Que va proposer ce conseiller royal aux sept membres du Conseil d'administration qui se sont retirés et qu'il rencontrera le lundi 28 février 2005 ? Et ne disposant d'aucune marche de manœuvre, ni d'un quelconque pouvoir de décision, comment va-t-il appréhender les revendications formulées par les « démissionnaires » ? Usera-t-il de l'intimidation, des menaces ? Une perspective à ne pas exclure, mais dont les conséquences risquent de, définitivement,entériner la rupture entre le pouvoir et la mouvance amazighe et ouvrir une confrontation directe qui reste à la faveur des amazighes qui continuent, sur leur propre terre, dans leur pays, à subir la politique d'une caste qui se dit venir d'ailleurs – d'Arabie ou d'Andalousie-, des a mazighes qui vivent sous une forme de colonisation aux couleurs nationales. M. Belfkih n'est qu'un conseiller. Il endosse entièrement la responsabilité de la crise qui secoue l'IRCAM. Son départ avec d'autres têtes, aiderait, probablement à rétablir un minimum de confiance. C'est un changement inévitable qui témoignerait d'une réelle volonté de changement. Autrement, la crise s'enlisera. Les amazighes ne pourront pas croire à un changement émanant de personnes qui ont orchestré le sabotage, qui ont œuvré à la paralysie de l'IRCAM, qui ont pensé pouvoir acheter les hommes libres, troquer leur identité contre quelques privilèges. Non. Et comment pourront-ils avoir confiance en un pouvoir qui honore leurs bourreaux, ceux qui les insultent au su et au vu de tout le monde, comme Abdelhaq Lemrini, directeur du protocole royal qui garde toujours sa fonction et continue à narguer la mouvance amazighe par des insanités publiées dans la presse moyen orientale ? Ou encore, des responsables politiques et des fonctionnaires du Ministère de l'Intérieure ainsi que l'actuel Ministre de la Communication qui ont signé la pétition publiée par le journal La Vérité accusant les amazighes de racistes ? Ou le Ministre de la culture Mohamed Achâri qui a arnaqué les artistes amazighes et a déclaré la capitale des alaouites, capitale de la culture arabe ? Ou une apprenti sorcière du cinéma, Narjis Najjar, qui a fait des tribues amazighes des Ayt Sokhmane et de s Ayt Abdi, des hommes débauchés et des femmes prostituées ? Ou Mustapha El Alaoui qui distille son racisme antiamazighe dans son torchon hebdomadaire ? Ou les Gouverneurs et les Walis, comme un certain El Madkouri, qui appliquent la loi du far west dans le villages et bourgades amazighes, avec la complicité et les instructions du pouvoir ?...Et un certain Abdelwahab Belmensour, un charlatan de l'histoire, qui a établi les fameuses listes des prénoms qui mettent sous scellés les prénoms amazighes? Et les fonctionnaires de l'Etat civil, au Maroc et dans les Consulats et Ambassades du Royaume, qui empêchent les amazighes de donner des prénoms amazighes à leurs enfants ? Et comment comprendre que l'IRCAM n'est pas doté d'un siège deux ans après sa constitution? Comment les amazighes feront-ils confiance à un pouvoir qui coptent tous les conseillers du Roi parmi la caste des araboandalouses, les Qabbaj, Naciri, Jirari et consorts ? N'existe-il pas d'amazighes dignes d'être conseiller auprès de Sa Majesté ? Les critères du choix des conseillers du Roi sont-ils des critères andalous ? arabes ?...Et que dire du Ministère des Affaires Etrangères qui fonctionnent comme une entreprise de la famille des Fassi, Slaoui et autres andalous ? Et que pense M. Belfekih des terres amazighes spoliées aux tribus par le colonisateur et mise sous tutelle du Ministre de l'Intérieur qui les distribue comme dons aux arabo-andaloux ? Et Que va-t-il nous raconter sur la constitutionnalisation de l'amazighe ? De l'Institut d'arabisation financé par l'argent des amazighe ? Des Bureaux et autres organismes de l'arabisme hébergés par notre capitale pour la destruction des valeurs civilisationnelles amazighes ? Et des deux chaînes de télévision dont se sont emparés les araboandalous pour faire de leur «culture» et « valeurs » arabes des éponymes et des modèles de référence nationaux ?...Le pouvoir, ira-t-il jusqu'à proposer la construction d'une nouvelle Tazmammart pour y foutre les sept démissionnaires de l'IRCAM et leur faire subir le sort des officiers amazighes mêlés aux événement des années 70? M. Belfekih, peut-il répondre à toutes ces questions? Nous dire s'il envisage de faire du tarbouch turco-ottoman un symbole national ? Et de la musique andalouse un patrimoine sacré ? Et des Arabes le peuple élu de Dieu ? Et des amazighes les descendants de la Zaouïa dilaiya considérée comme ennemi juré de la dynastie alaouite? Les «démissionnaires» ont fait un choix conforme aux valeurs amazighes : la transparence, la dignité, la clarté, l'honnêteté, l'intégrité. Ils ne veulent pas rendre de compte à l'histoire. Ils ont cru en la bonne volonté du pouvoir. Ils ont pensé que les décisions du Roi tiennent lieu de lois d'autant plus qu'elle rétablissent une injustice, et invitent les marocains à renouer avec leur histoire, la vraie, pas l'histoire concoctée par des historiographes charlatans et démagogues. Non, l'histoire de notre pays dont les amazighes, depuis des millénaires sont les acteurs. Leur choix rompt avec les valeurs du sérail et de la caste araboandalouse qui cultive les amalgames et les ambiguïtés, fonde le népotisme, le clanisme, la tartufferie, la démagogie, l'hypocrisie et le je-m'en-foutisme…Un choix qui met a nu les mercenaires de l'arabo-stalinisme et les adeptes de l'idéologie marxiste, révolutionnaire, progressiste et antimonarchiste que le pouvoir a réussi a soudoyer et à acheter en les enfermant dans des institutions dont les budgets échappent à tous contrôle : Instance Justice et Equité, Conseil Consultatif des Droits de l'Homme…N'est-ce pas messieurs Benzekri et autre Herzenni ! Sept membres de l'IRCAM ont dit non, préférer vivre debout donc. Ils auraient pu être, selon des sources sûres, plus de quinze. Les contacts n'ont pas porté leurs fruits. Ceux qui ont préféré ne pas se retirer tiennent à leur indemnités et privilèges. D'autres ont peur des mirages. Et quelques uns ont même dénoncé cet acte. Qu'importe. La mouvance amazighe en sort gagnante : elle sait qui est qui et peut désormais procéder à l'évaluation, estimer à leur juste valeur tous ces fanfarons qui se sont érigés en défenseurs inconditionnels de l'IRCAM et ses responsables, ceux qui partout disent que l'IRCAM est la solution miracle. Les militants amazighes peuvent maintenant se faire une vraie idée sur les profiteurs, les opportunistes qui ont refusé de se retirer et ont troqué les principes et la cause contre quelques mill iers de dihams. Côté chercheurs, on s'achemine vers une démission collective touchant plus de la moitié du personnel. C'est du moins ce qui se dessine. Et là encore, il y aura ceux qui choisiront les principes et ceux qui voudrait sauvegarder les quelques primes misérables qu'ils perçoivent d'une institution gérée comme un commissariat de police, digne des années Basri. Coté interne, rappelons également le sort de trois chercheurs renvoyés arbitrairement vers leurs administrations d'origines. Evoquons aussi la dilapidation du fonds des œuvres sociales géré par l'administration : plus de cinq millions de dirhams. M.Belfkih n'est-il pas au courant? Depuis la publication du communiqué des sept membres du Conseil d'administration de l'IRCAM par la presse nationale et les sites web amazighes, moulte tentatives ont été initiées pour étouffer le scandale qui a éclaboussé ceux qui veillent sur la destinée des amazighes. Le ministre de l'Education a été convoqué en catastrophe au palais royal et l'administration de l'IRCAM a publié un communiqué (démagogique) sur une rencontre avec ce même ministre le mardi prochain (01/03/05). Ce dernier s'est aussitôt précipité à la télévision pour nous parler de programme audiovisuel sur l'amazighe « arabisé » dans la chaîne de télévision que lance son ministère. Le ministre de la Communication fait des déclarations à droite et à gauche pour nous parler de programme audiovisuels en amazighe parrainés par l'arabe, les respons able du journal de Allal Al Fassi AL ALAM se sont déplacés vers l'IRCAM (le 24/02/05) pour prendre des photos avec les responsables et témoigner leur bonne fois quant à la sauvegarde d'Al Barbariya. Toutes ces démarches qui sont de la poudre aux yeux émanent de la secousse tellurique provoquée par les « démissionnaires ». Mais on ne peut plus leurrer personne. La suite est à venir. N'Aït Slimane Hddou |
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