La foi véritable


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Vieux 01/03/2005, 12h59
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La foi véritable
Le mardi 1er mars 2005.
Ce texte reprend le script d’un prêche radiodiffusé de Sheikh Ahmad Kuftâro - qu’Allâh lui fasse miséricorde - datant du 13 avril 1961, le 27 Shawwâl 1380, sur les ondes de la radio syrienne.
Chers frères,

Le Messager d’Allâh - paix et bénédictions sur lui - dit : « La foi n’est ni une affaire d’apparence ni une affaire de prétention, la foi c’est ce qui est installé dans le cœur et vérifié par les actes. » [1] De même, le Très-Haut dit : « Ceux qui, de la crainte de leur Seigneur, sont pénétrés, § qui croient aux versets de leur Seigneur, § qui n’associent rien à leur Seigneur, § qui donnent ce qu’ils donnent, tandis que leurs cœurs sont pleins de crainte (à la pensée) qu’ils doivent retourner à leur Seigneur. § Ceux-là se précipitent vers les bonnes actions et sont les premiers à les accomplir. » [2]

Telles sont les caractéristiques des croyants. Telles sont les qualités de la foi dont sont empreints les croyants. Vois-tu, cher frère, si l’on te présentait une chose comme étant du musc et que tu la trouvais malodorante, croirais-tu ce qu’on te dit ? Si l’on te proposait une chose qui ressemble au miel, mais dont le goût est amer, ne te moquerais-tu pas de celui qui appelle cela du miel ou qui chercherait à le vendre cher ? Il en est de même avec la foi. Elle n’est pas un habit qu’on revêt, ni une tunique dont on se pare, ni une appellation usurpée, ni un souhait que tu caresses de ton imagination. La foi est ce qui fait le bonheur de son porteur dans la vie ici-bas et assure son salut le jour dernier. La foi est cette lumière divine installée dans un cœur sain et pur, soumis et en constante remémoration (de Dieu). La foi est comparable à des ondes électriques émanant de ce cœur et animant la raison et la pensée. La foi est cette source électrique qui enveloppe et anime les membres de cette force lumineuse vers des œuvres méritoires, des qualités nobles, et de bonnes manières. Le Prophète - paix et bénédictions sur lui - dit : « Craignez la clairvoyance (firâsah) du croyant car celui-ci voit grâce à la lumière de Dieu. » [3]

La foi, chers frères et sœurs, fait ressentir à son détenteur que Dieu est plus proche de lui que sa jugulaire, et qu’Il est avec l’homme où qu’il soit : « Pas de conversation secrète entre trois sans qu’Il ne soit leur quatrième, ni entre cinq sans qu’Il n’y ne soit leur sixième, ni moins ni plus que cela sans qu’Il ne soit avec eux, là où ils se trouvent. Ensuite, Il les informera au Jour de la Résurrection, de ce qu’ils faisaient, car Allah est Omniscient. » [4]

La foi véritable suscite dans le cœur du croyant la crainte révérencielle de Dieu et Sa glorification. Le Prophète - paix et bénédictions sur lui - disait : « Je suis celui d’entre vous qui éprouve le plus de crainte envers Dieu. » [5] Il se tenait en prière la plupart de la nuit, ses yeux débordant de larmes, son cœur empli de la majesté de Dieu et de la crainte qui Lui est due, ses membres étant quiets et soumis devant Dieu. Et malgré tout, il disait : « Si Dieu nous tenait rigueur tous deux - joignant son index et son majeur -, à Jésus le fils de Marie et à moi-même, pour ce que nos mains ont récolté, Il nous châtierait et ce ne serait point injuste. » [6] Un jour, voyant un oiseau perché sur un arbre, Abû Bakr dit : « J’aurais voulu être comme toi l’oiseau, et ne pas avoir été créé en tant qu’humain. » De même, le visage de `Umar Ibn Al-Khattâb comportait deux rainures noires creusées par les larmes, tellement il pleurait par crainte de Dieu alors qu’il était vainqueur de Kosroès et de César. Il lui arrivait souvent de s’évanouir par crainte de Dieu à l’écoute d’un verset du Coran et en restait malade plusieurs jours. Un jour, il ramassa une plante et dit : « Si seulement je pouvais être cette plante, si je pouvais n’être rien de significatif, si l’on pouvait m’oublier totalement, si ma mère ne m’avait point mis au monde... » Sa foi était tellement véridique qu’il disait : « Celui qui craint Dieu ne se laisse pas aller à la vengeance, celui qui craint Dieu ne fait pas ce qui lui plaît, si l’on ne craignait pas la résurrection, il en serait autrement. » `Alî - que Dieu honore sa face - dit à l’issue de la prière de l’aube : « J’ai vu les compagnons de Mohammad - paix et bénédictions sur lui -, rien ne leur ressemble aujourd’hui. Ils se réveillaient hirsutes et poussiéreux, avec entre les yeux des marques telles les genoux des caprins [7] car ils passaient la nuit se prosternant devant Dieu et récitant Son Livre, changeant d’appui entre leurs pieds et leurs fronts. Et lorsqu’ils se levaient le matin, ils mentionnaient Allâh, s’inclinaient tels des arbres par un jour venteux et leurs yeux débordaient de larmes au point de mouiller leurs vêtements. » De même, Yazîd Al-Qurashî dit : « Entrant chez `Umar Ibn `Abd Al-`Azîz, il me dit : “Yazîd, exhorte moi.” Je lui dis : “Ô Prince des Croyants, sache que tu ne seras pas le premier calife à mourir.” `Umar pleura alors et me demanda de poursuivre. Je dis : “Ô Prince des Croyants, sache qu’il n’y a entre toi et Adam que des ancêtres morts.” Il pleura alors et me demanda de poursuivre. Alors je dis : “Ô Prince des Croyants, sache qu’il n’y a d’issue dans l’au-delà si ce n’est le paradis ou l’enfer.” `Umar pleura de plus belle si bien qu’il tomba évanoui. »

Honorables frères,

Qui furent ces califes fidèles et véridiques ? Qui furent ces rois repentants et recueillis, pieux et craignant Dieu, Abû Bakr, `Umar, `Alî et Ibn `Abd Al-Azîz ? Je vous en conjure chers auditeurs. Les mondes arabe et musulman ont-ils connu de tels géants, nobles, savants dévoués, éducateurs sages, politiciens respectables, leaders pieux ? Ont-ils connu des gens leur ressemblant, peu ou prou, aux plans de la force, de la grandeur, de l’affranchissement des terres de l’injustice, de l’asservissement, de l’ignorance et de la corruption ? A-t-on vu pareils gens, l’histoire a-t-elle connu des gens comparables, aux plans de la propagation du savoir, de la vertu, et de la généralisation de la justice juridique, sociale, et de l’humanité parmi tous les êtres humains, sans discrimination sur la base de la croyance, de la couleur ou de l’ethnicité ? Ils firent des océans des lacs arabes et semèrent les graines de l’amour des Arabes, à l’Est et à l’Ouest, dans le cœur de centaines de millions d’individus parmi les peuples d’Asie et d’Afrique. La grandeur de ces hommes politiques força le respect et la considération des étrangers. Les historiens, les écrivains et les critiques consacrèrent leur temps à l’étude de la vie et de l’œuvre de ces éminents croyants. À quoi sont dues la grandeur, la gloire et l’éternité dont jouissent, dans les pages de l’histoire, Abû Bakr, `Umar, `Uthmân, `Alî, Ibn `Abd Al-Azîz, Al-Ma’mûn, Ar-Rashîd, Salâh Ad-Dîn et Nûr Ad-Dîn ? Comment ces gens réalisèrent-ils ces conquêtes inouies et ces victoires magnifiques ? Comment parvinrent-ils à changer le cours de l’histoire et le destin des nations ? Ils avaient, de leur propre aveu, le Coran comme seul bagage culturel. `Umar Ibn Al-Khattâb dit en effet : « Nous sommes un peuple que Dieu honora par l’islam. Aussi longtemps que nous rechercherons les honneurs par une autre voie, Dieu nous humiliera. » Certes Dieu les honora par l’islam, mais il s’agit de l’islam pratique et véritable, l’islam cordial et intellectuel, l’islam moral et pratique. Leur islam n’était pas une affaire d’apparence ni de souhait. Il s’agissait d’un islam accompagné d’une foi fermement établie dans le cœur et confirmée par les œuvres. Ils étaient grands et forts, ils menaient les armées guerrières et les armées du savoir, et ils étaient en sus des croyants sincères craignant Dieu. Le poète dit ainsi :

Il allia la bravoure et le recueuillement ; comme ils sont beaux les braves dans le mihrâb !

« Allâh leur donna donc la récompense d’ici-bas, ainsi que la belle récompense de l’au-delà. Et Allâh aime les gens bienfaisants. » [8]

Le Très-Haut dit également : « Ceux qui croient aux versets de leur Seigneur, § qui n’associent rien à leur Seigneur, § qui donnent ce qu’ils donnent, tandis que leurs cœurs sont pleins de crainte (à la pensée) qu’ils doivent retourner à leur Seigneur. § Ceux-là se précipitent vers les bonnes actions et sont les premiers à les accomplir. » [9]

Traduit de l’arabe du site kuftaro.org.
[1] Rapporté par Ad-Daylamî selon Anas.

[2] Sourate 23, Al-Mu’minûn, Les Croyants, versets 57 à 61.

[3] Rapporté par Al-Bukhârî dans At-Târîkh.

[4] Sourate 58, Al-Mujâdalah, verset 7.

[5] Rapporté par Al-Bukhârî.

[6] Rapporté par Abû Nu`aym dans Al-Hilyah.

[7] Cette métaphore renvoie à la marque qui se développe au fil du temps sur le front des orants à la suite de leurs nombreuses prosternations. NdT.

[8] Sourate 3, Âl `Imrân, La famille d’Amram, verset 148.

[9] Sourate 23, Al-Mu’minûn, Les croyants, versets 58 à 61.

tawmat :-)
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