Le tissage du hanbel, une tradition purement féminine


Précédent   Bladi.net > Culture > Forum Culturel



Réponse
 
Outils de la discussion Modes d'affichage
  #1  
Vieux 11/03/2005, 19h17
Non membre
 
Messages: n/a
Par défaut Le tissage du hanbel, une tradition purement féminine



Le tissage est une activité que toutes les femmes du village d'Ait Hamza (province de Boulemane) exercent au quotidien, notamment pour produire les tentures murales appelées hanbels et connus sous le nom de tapis à poil ras.
D'après les traditions de cette région, le tissage est interdit aux hommes et la jeune villageoise commence à apprendre dès son jeune âge le tissage.

La transmission de ce savoir-faire s'effectue à domicile et au sein de la famille.
Au village, les tisseuses sont de véritables artistes. Elles font preuve de beaucoup d'imagination et d'un grand sens de créativité et de doigté lors de la conception de chaque oeuvre d'art.

Elles expriment à travers leurs produits, qui suscitent l'admiration des visiteurs aussi bien nationaux qu'étrangers, leurs pensées et émotions tout en s'inspirant de l'environnement naturel. Chaque motif représente une signification particulière, attachement aux racines, solidarité du peuple, espoir, joie, soucis et autres.

Conscientes de l'importance de l'organisation de leurs métiers en vue d'assurer une meilleure commercialisation de la production, les femmes tisseuses du village se sont regroupées depuis presque deux ans dans le cadre d'une coopérative «Atma Zarabi».

Celle ci a acquis au fil des temps ses lettres de noblesse et une large réputation à l'échelle nationale. Elle ambitionne actuellement l'exportation de ses produits vers les marchés internationaux.

Créée avec l'appui de l'Organisation des Nations Unis pour le Développement Industriel (ONUDI), la coopérative "Atma Zarabi" regroupe plus d'une centaine de femmes qui s'occupent de toute la chaîne de production allant de la recherche de la laine, au lavage, cardage, filage manuel, ourdissage et tissage sur les métiers.

Parmi les pièces maîtresses produites par la coopérative, outre le tapis «hanbel», des coussins, des couvertures de lits, du linge de maison (nappes de décoration et de cuisine) ainsi que des accessoires pour femmes, écharpes et sacs.

Le hanbel est considéré comme l'un des plus grands héritages qui ont été précieusement conservés durant plusieurs siècles par les tribus berbères de la région (moyen et haut atlas) et son existence remonte, selon certains chroniqueurs, à plus de 2.000 ans.

Au niveau socio-culturel, le hanbel est un symbole de patience, de sagesse, de fierté et d'honneur et sa valeur a même dépassé celles des bijoux pour les femmes du village.

De tout temps, le hanbel a été considéré dans la région comme l'objet le plus sacré et dont la fabrication devait être maîtrisée par chaque jeune fille avant son mariage. Il occupe aussi une place importante dans le trousseau de la mariée.
Par ailleurs, le tissage de ce tapis traditionnel s'effectue en plusieurs étapes au cours desquelles, les tisseuses accompagnent chaque manipulation d'un rituel de chants et de prières. La coloration des matières premières se fait à base de colorants naturels, dont les tisseuses maîtrisent la technique.

Au jaune orangé du henné, s'allient le bleu d'indigo, le rouge de garance, le noir bleuté et le vert.
Situé à une trentaine de kilomètres de Fès, le village d'Aït Hamza se trouve au coeur du moyen Atlas. La région se distingue par sa vocation pastorale et forestière favorisant ainsi l'existence d'un élevage extensif très développé qui constitue la principale activité de ses habitants ruraux.




Source: Le Matin.ma

Réponse avec citation
Réponse

Outils de la discussion
Modes d'affichage




Fuseau horaire GMT +2. Il est actuellement 23h59.



1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38