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La culture marocaine est riche des spécificités amazigh" Entretien avec Mohamed Kabbaj, président de l'association Fès-Saïss Une manifestation à pérenniser · Mais surtout ne pas lui donner de connotation politique · Fès, carrefour de rencontres et de cultures C'est la première édition du Festival de la culture amazigh. Evènement historique, il a rencontré beaucoup de succès auprès du public. Le président de l'association Fès-Saïss, Mohamed Kabbaj, explique la philosophie et le concept du festival. - L'Economiste: Comment est venue l'idée d'organiser un tel festival à Fès? - Mohamed Kabbaj: En fait, on a pensé toujours que la ville de Fès est le creuset du Maroc. Vous trouvez à Fès des habitants d'origines diverses. Notamment des gens venant du Rif, du Moyen Atlas, du Haut Atlas, du Souss, de Tafilalet, etc. C'est un carrefour de rencontres et c'est comme cela qu'elle a été conçue. L'association Fès-Saïss a voulu ouvrir la ville à toutes les cultures et à toutes les tolérances. Tout d'abord, c'était à travers le festival des musiques sacrées, la musique andalouse puis le festival de jazz ainsi que d'autres manifestations que nous organisons régulièrement. On a toujours eu à l'esprit de donner priorité à notre culture et ses multiples facettes. Il s'agissait également de connaître notre patrimoine et nos racines. Cette démarche originale vise aussi à favoriser l'approche culturelle et non l'approche politique, démographique ou sociale. - Vous avez procédé de la même manière pour le choix du thème du festival en l'occurrence “le substrat amazigh de la culture marocaine”? - Effectivement. Nous avons évité la notion d'amazighité afin d'éviter toute polémique. Sachant que le Marocain ne peut se réconcilier avec lui-même qu'à travers la culture, on a choisi d'aborder le sujet par cette voie. Le fondement du Maroc c'est l'amazighité, non seulement parce que les premiers habitants du pays sont des Amazighs mais également parce que c'est la population majorité du Royaume. Toutes les composantes qui sont venues après, même les Arabes, restent minoritaires par rapport à cette première population. C'est clair, l'amazighité constitue bien le substrat de la culture marocaine aussi bien démographiquement que culturellement. On peut relever cela dans toute la production culturelle marocaine. Même si les langues arabe et française sont utilisées, notre culture reste tout à fait originale du fait de ses spécificités amazigh. On le constate quand on assiste à des conférences dans le monde arabe. Si on partage beaucoup de choses, comme la langue et la religion, il y a une différence notable au niveau de la personnalité. Différence qui provient justement de ce paramètre essentiel qu'est la culture amazigh. - Ce festival n'est-il pas aussi l'occasion d'une réconciliation avec cette culture? - Non. On part du principe qu'aucun pays, aucune entreprise ne peut réussir si elle ne se fonde pas sur sa propre personnalité et culture. Vouloir imiter les autres et les singer ne réussit jamais. Vous ne pouvez commencer à créer vous-même que si vous ne retrouvez pas votre propre spécificité. Et pour nous, ce retour aux sources est en quelques sortes un voyage au fond de nous-mêmes. C'est le meilleur moyen pour aller de l'avant. Il faut réitérer ce patrimoine pour qu'il soit une sorte d'énergie et de force pour avancer. - Qu'elle est votre opinion sur la démission de certains membres de l'Institut royal de la culture amazigh? - D'abord veiller à nous attacher aux choses fondamentales et non conjoncturelles. Le conjoncturel et l'événementiel sont certes importants et ils font la réalité de demain. Mais ce que nous cherchons à travers cette manifestation, c'est plutôt de toucher nos racines et de les faire resurgir. C'est pourquoi nous avons choisi le printemps, saison du renouveau et de la renaissance. Cette rencontre va permettre aussi de donner aux gens la possibilité d'exprimer des avis et des opinions. L'objectif est d'avoir une approche plus calme, scientifique et culturelle. On travaillera pour améliorer cette idée. Toutes les recherches présentées, au cours de ce Printemps amazigh, seront réunies et publiées dans un livre qui servira, j'espère, de référence. Nous souhaitons faire de ce rendez-vous un espace non seulement de discussions mais également de créations. L'ambition de ce festival est de devenir, je le répète, un lieu de création, de renouveau et de culture. Propos recueillis par notre correspondant, Youness SAAD ALAMI L'economiste du 14 Mars 2005 |
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c'est beau, mais l amazighité a besoin de politique, de concret et non de blabla a presenter lors de festival ou à publier dans des livres. |
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