Affaire Ben Barka: que sait Benslimane?


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Vieux 22/03/2005, 14h39
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Par défaut Affaire Ben Barka: que sait Benslimane?

Ci-après des révélations intéressantes du Journal hebdo sur l'affaire Ben Barka...


Ben Barka Que sait Benslimane ?
Dès sa saisie du dossier Ben Barka, le juge d'instruction parisien, Patrick Ramel, a annoncé la couleur. Il auditionnera toutes les personnes susceptibles d'avoir de nouvelles informations sur l'affaire. Le général Benslimane pourrait être entendu.
Le nouveau juge d'instruction chargé de l'affaire Ben Barka, Patrick Ramel, ira jusqu'au bout. Son but : déterminer la responsabilité des officiels marocains et français ainsi que retrouver le corps de l'ex-opposant marocain. Dès sa prise de fonction, après la mutation du juge Choquet à Marseille l'été dernier, Ramel joue des coudes pour obtenir la levée du secret défense sur des documents concernant l'affaire. Et quelques semaines seulement après sa nomination, la ministre de la Défense française Michèle Alliot-Marie donne satisfaction au juge. Dès la remise desdits documents, Ramel constate qu'ils traitent uniquement de cas de certaines personnalités françaises. Il décide alors de revenir à l'instruction établie par ses prédécesseurs. La chose la plus marquante dans ces dossiers reste une fiche remise le 22 décembre 1965 par le Directeur général du SDECE (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage, remplacé depuis 1982 par la DGSE) au premier juge d'instruction chargé de l'affaire, Louis Zollinger. Cette fiche précise clairement que le 12 mai 1965, l'officier traitant de Lopez, M. Finville, avait clairement signalé que sa source lui avait déclaré que « le Général Oufkir m'a confirmé son projet de récupération de Ben Barka ». Dans cette même fiche, il est également mentionné que Lopez et Boucheseiche avaient passé deux communications téléphoniques au Maroc depuis le bureau de poste d'Orly à 17h19 le 29 octobre 1965. La première est une communication de 4 minutes destinée à M. Lamrani dont le numéro est 240 11 à Rabat. Le second, qui demeure le plus important, concerne une communication de deux minutes faite le même jour au numéro 20301 à Rabat. Lopez et Boucheseiche voulaient, au départ, contacter un agent du CAB1 dénommé Alem devenu par la suite contrôleur général à la DGSN, mais selon la fiche établie par Finville, c'est un certain capitaine Benslimane qui leur a répondu…

Un mystérieux appel
Dans le même cadre, le témoignage de M. Soual Luciel, responsable des PTT au bureau d'Orly, revient en détails sur cette communication. Questionné par l'officier principal de police, Georges Villeneuve, Soual décrit avec précision les événements de ce 29 octobre 1965. « Monsieur Lopez était accompagné d'un homme de grande taille vêtu d'un imperméable de couleur claire. Je ne l'avais jamais vu auparavant ». Cet homme ne serait autre que Boucheseiche, selon les dires de Lopez. Et Soual précise : « cette communication avait l'air d'être difficile. En effet, j'avais entendu au départ Lopez parler de secrétaire général et du capitaine Benslimane. Je n'ai pas entendu au départ la teneur des paroles de Lopez, mais il me semblait que la personne demandée (ndlr. Benslimane) faisait quelques difficultés pour accepter certaines conditions ». Mais le plus important dans cette déposition est sans doute ce passage : « l'homme qui accompagnait Lopez semblait lui dicter certaines phrases et paraissait s'énerver. À un moment, sans préciser les phrases exactes, j'ai compris que Lopez disait à son interlocuteur de venir tout de suite, au besoin par avion militaire ». Une information importante qui révèle qu'un avion militaire marocain a bien décollé vers Paris. Des éléments confirmés par Lopez qui assure, aujourd'hui, que le corps de Ben Barka aurait été transféré au Maroc dans ce même avion… Les investigations établies ont clairement convergé vers le général Benslimane qui n'est autre que ce jeune capitaine qui était de garde au CAB1 le 29 octobre 1965. Logiquement, Benslimane détiendrait des informations capitales sur l'affaire. Un autre haut gradé marocain aurait également des éléments importants. La justice française a relevé le nom d'un certain capitaine Kadiri qui était attaché militaire à Paris. Il aurait accompagné le général Oufkir dans une voiture de l'ambassade, pendant son séjour à Paris. Dans tous les cas, le juge Ramel n'hésitera pas à convoquer toutes les personnes susceptibles de faire avancer l'enquête. Reste à savoir si les autorités marocaines répondront favorablement aux demandes de la justice française.



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