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Pour la première fois depuis 1993, la Rencontre annuelle des musulmans de France, qui se tient cette année du vendredi 25 au lundi 28 mars au Parc des expositions du Bourget (Seine-Saint-Denis), va accueillir Dalil Boubakeur, le recteur de la Mosquée de Paris. Ce dernier, élu président du Conseil français du culte musulman (CFCM) en mai 2003, interviendra, samedi, à la tribune de ce rassemblement organisé par l'Union des organisations islamiques de France (UOIF). Le président de la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF, proche du Maroc), Mohamed Bechari, doit également prendre la parole le même jour. Rarement le plateau de conférenciers réuni par l'UOIF aura été aussi lisse et consensuel. Aucun des ténors de la prédication islamique n'est annoncé cette année au Bourget : ni Youssouf Al-Qaradâwi, célèbre cheikh qatari qui anime l'émission hebdomadaire "La charia et la vie" sur la chaîne satellitaire qatarie Al-Jazira, ni le "télécoraniste" égyptien Amr Khalid, présent en 2003. La principale vedette sera le groupe malaisien de musique islamique Raihan. L'école de pensée des Frères musulmans, à laquelle se rattache l'UOIF, sera quasiment absente. Les seuls intervenants étrangers appartenant à des organisations liées aux Frères seront Aboujoura Soltani, le successeur de Mahfoud Nahnah à la tête du Mouvement de la société de paix (MSP) algérien, et surtout Mohamed Hamdaoui, président du Mouvement unicité et réforme (MUR), la branche religieuse du Parti de la justice et du développement (PJD), principale formation islamiste marocaine. Le programme du week-end reflète la volonté de l'UOIF de ne pas offrir une image de radicalisme. Tous les jeunes militants au discours trop musclé ont été systématiquement écartés de la tribune. L'ancien président de Jeunes musulmans de France (JMF), Farid Abdelkrim, qui avait un jour comparé Nicolas Sarkozy à un "shérif", ne parlera pas, pas plus qu'Abdelaali Baghezza, auteur d'un pamphlet intitulé Entrée interdite aux animaux et aux femmes voilées (éditions Akhira). Pas de tribune non plus pour le prédicateur suisse Hani Ramadan, le frère de Tariq, qui avait justifié la lapidation des femmes adultères et intervenait régulièrement au Bourget. Le responsable de la communication de la rencontre annuelle, Boubaker El Hadj Amor, ne fait pas mystère de cette politique : "Nous essayons d'éviter des dérapages venant de ceux qui ne connaissent pas le contexte de l'islam français. Nous avons eu notre dose avec les sifflets contre Nicolas Sarkozy, en 2003. Tous les analystes s'accordent à dire que c'est à cause de cet incident que la loi contre le voile a été adoptée. Nous ne voulons plus souffler sur les braises..." "COQUILLE SANS ÂME" Seule entorse à cette prudence : la participation du prédicateur Hassan Iquioussen, qui avait tenu des propos antisémites dans une conférence en 2003, a été maintenue. M. El Hadj Amor justifie cette décision : "Il a dit des bêtises, il l'a reconnu, nous aussi. Mais c'est un conférencier important pour les jeunes." Ce souci de respectabilité, qui caractérise la stratégie de l'UOIF depuis qu'elle participe aux instances représentatives de l'islam de France, suscite une fronde interne. L'interdiction du foulard à l'école a exacerbé les clivages entre les"orthodoxes", défenseurs de la doctrine islamique, et les "pragmatiques", enclins à la négociation avec les pouvoirs publics. La ligne des "pragmatiques" est représentée par le "clan des Bordelais" à la tête de l'UOIF : le président Lhaj Thami Breze, et surtout le secrétaire général, Fouad Alaoui, qui fixe la ligne politique. Ce dernier se prévaut d'avoir obtenu pour son organisation une place centrale dans le CFCM et dans la future Fondation pour les oeuvres de l'islam de France, installée sous l'égide du ministre de l'intérieur, Dominique de Villepin. Les détracteurs de M. Alaoui lui reprochent de ne pas s'être opposé davantage à la loi sur le voile. "Le fossé se creuse entre la base et les dirigeants, qui sont coupés du terrain, déplore un membre de l'UOIF. Ils sont devenus des undefinedfonctionnaires de la da'waundefined -prédication-." Ali Rahni, porte-parole du Collectif des musulmans de France (CMF) et proche de Tariq Ramadan, renchérit : "La respectabilité ne vient pas d'en haut, elle vient d'en bas. Nous sommes en pleine gestion néocoloniale de l'islam." Les opposants reprochent aussi à l'actuelle direction d'avoir pris ses distances avec des oulémas de stature internationale, comme Youssouf Al-Qaradâwi, devenu infréquentable depuis qu'il approuve les attentats-suicides en Israël. "On nous coupe de nos références religieuses, se plaint le militant déçu. Qui donne l'orientation intellectuelle de l'organisation aujourd'hui ? L'UOIF devient une coquille sans âme..." En réponse à ces critiques, Fouad Alaoui annonce la rédaction d'une charte. Il donne rendez-vous à ses détracteurs en septembre, pour l'assemblée générale qui doit renouveler la direction. Xavier Ternisien Article paru dans l'édition du monde du 26.03.05 |
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salam, bonjour, :-) Peut être que Sarko va intervenir ... tawmat :-) |
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salam, bonjour, :-) Citation:
tawmat :-) |