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Samira Sitail. La prêtresse des ondes (AICPress) Sans doute la responsable médiatique la plus controversée dans le pays. Décriée régulièrement par les islamistes, quelques partis politiques, l'AMDH et une partie de ses journalistes, Samira Sitail continue à diriger (depuis près de trois ans maintenant) l'information à 2M. Que lui reproche-t-on ? C'est allé crescendo. Au départ, le simple fait d'être une femme, son arabe approximatif de beurette, et son "sale caractère" - on la dit "hautaine et autoritaire". Puis les critiques sont passées au registre des relations amicales que la dame entretient avec quelques éléments de l'entourage royal, son pouvoir croissant dans la gestion de la chaîne, son traitement discriminatoire de l'information et l'influence "makhzénienne" qu'elle donne à la ligne éditoriale de l'ex chaîne privée du royaume. Résignée à l'insolence, elle se bat, sort ses griffes et affronte à visage découvert ses détracteurs. Oui, Ali El Himma est son ami. Oui, le journal doit s'ouvrir sur les activités royales. Et oui, les islamistes sont dangereux "tant qu'ils ne s'inscrivent pas dans le projet démocratique voulu par le pays". Dans la guerre qui a opposé la chaîne de Ain Sebaâ aux islamistes d'Attajdid, Samira n'a pas hésité à descendre manifester dans la rue, à ameuter une partie de la société civile, des partis politiques et de la presse. Son style : gérer par le conflit. Dans la chaîne, son pouvoir est incontestable. Au point de faire oublier qu'elle a un supérieur, nommé par le roi, et qui s'appelle Mostapha Benali. D'où tire-t-elle son pouvoir ? D'abord de ses fonctions. "2M est aujourd'hui la télé officielle du nouveau régime. Sa direction de l'information est donc investie d'une mission, celle de porter sur écran les choix et les orientations de ce nouveau régime", explique un consultant en médias. Mythe ou réalité, le réseau relationnel de Samira Sitail constitue un de ses points forts. Non seulement dans le cercle royal, mais également dans la société civile et le microcosme politique et médiatique. "Si elle est restée, alors que beaucoup réclamaient sa tête, estime un journaliste à 2M, c'est aussi parce qu'aucun de ses détracteurs en interne ne peut se proposer en alternative pour occuper son poste". telquelonline |
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MEDIA - Maroc. Télévision ENTRETIEN avec Samira SITAIL Directrice de l'information de la chaîne nationale 2 M par Maya LARGUET-JDAINI, Yasmina "Je refuse de me voir dicter ce que je dois dire" Quinze ans de journalisme ont fait de Samira Sitail une vedette reconnue de la télévision marocaine. Elle occupe depuis près de deux ans le poste très convoité de directrice de l'information de la deuxième chaîne nationale, 2M. Elle revient sur son parcours, dans le troisième numéro du mensuel "Yasmina". - Où avez-vous grandi ? Je suis née et j'ai grandi en France. Mes parents ont quitté le Maroc au milieu des années 60. Mais nous revenions en vacances au Maroc chaque année. - Peut-on dire que vous êtes issue d'une double culture ? Tout à fait! Je revendique mon identité française et mon identité marocaine. Ma manière de vivre, de penser, ma vision de la vie ont été influencées par mes années passées en France et je me refuse à choisir entre ces deux identités. - Pourquoi avoir décidé de rentrer au Maroc ? Par obligation ou par choix ? En 1987, je suis allée au Maroc pour les vacances et j'ai demandé un stage à la TVM, la première chaîne nationale. Ils m'ont proposé de m'embaucher. Moi qui étais partie au Maroc en vacances, je n'en suis jamais revenue! - Quelles qualifications aviez-vous alors? J'avais une licence d'anglais et un diplôme de journalisme audiovisuel. Ce qui m'intéressait vraiment, c'était le journalisme audiovisuel. J'ai enchaîné les stages à Canal Plus, France 2, TF1, dans des maisons de production et des radios. - Comment s'est faite votre adaptation au Maroc? Il a fallu que je m'adapte au pays. Cela n'a pas toujours été sans heurts. J'ai travaillé pendant deux ans et demi pour la première chaîne TVM. A cette époque, les sujets tabous étaient nombreux. En 1988, j'avais décidé de faire un reportage sur le sida alors que personne n'en parlait. La rédaction ne voyait pas mon travail d'un bon oeil mais m'avait quand même autorisé à le faire. Puis elle a refusé de le diffuser. J'ai alors contacté "L'Opinion", un journal d'opposition, qui a publié mon article en première page. J'ai reçu un avertissement mais quelle satisfaction! - Vous avez ensuite fait partie de l'aventure de la nouvelle chaîne 2M... Je suis entrée à 2M en mai 1990, un an après sa mise sur pied. Cette chaîne cryptée était thématique (sport et cinéma), et l'information y était secondaire; mais ce nouveau média privé était considéré comme la chaîne qui brisait les tabous. J'animais à l'époque deux émissions. Dans "L'homme en question", j'interrogeais des personnalités sur des sujets jusque-là ignorés. La seconde, "Edition spéciale", était un débat d'actualité sur des thèmes comme la prostitution, le sida... C'était une vraie révolution. - La chaîne a été nationalisée en mai 1996. Cela a-t-il eu un effet sur votre travail? Oui, en quelque sorte... En 1995, j'avais été nommée rédactrice en chef de l'édition francophone du journal télévisé. Les choses avaient changé et les gens voulaient parler. Mais, en mai 1996, l'Etat à racheté 70% des parts de la chaîne et la censure a refait surface. J'ai donc démissionné. Je suis journaliste, je refuse de me voir dicter ce que je dois dire. - Vous êtes aujourd'hui directrice de l'information à 2M. Comment parvient-on à ce poste? Après quinze ans de travail! En 2000, le nouveau directeur général de 2M m'a proposé ce poste de directrice de l'information, qui était une création. J'ai d'abord refusé puis j'ai fini par accepter en mai 2001. - Le fait d'être une femme à un tel poste change-t-il quelque chose? Oui! Avant, je disais de bonne foi que cela ne changeait rien. Depuis ma nomination à ce poste très convoité, je ressens les choses différemment. Toute promotion est controversée mais lorsque vous êtes une femme on vous attaque sur un terrain différent. Sur la coiffure, l'habillement. On me reproche aussi de ne pas parler assez bien l'arabe, or je n'ai pas à me justifier. Un bon chef d'orchestre n'a pas besoin de savoir jouer de tous les instruments. Je veux bien être jugée, mais pour ce que je fais et non pour ce que je suis. - Quel bilan faites-vous après un an et demi à la direction de l'information? Très positif. La mobilisation interne des équipes pour les élections a été extraordinaire. J'ai aussi réussi à structurer et organiser la rédaction mais ma plus grande fierté est d'avoir décloisonné les rédactions arabophones et francophones. Désormais, il n'y a plus qu'une seule rédaction, avec une même vision. La question de la langue ne se pose plus, c'est une seule dynamique. Entretien avec Samira SITAIL directrice de l'information de 2M Propos recueillis par Maya LARGUET-JADAINI Yasmina |
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comme quoi, les beurettes peuvent aussi avoir une carrière fulgurante au Maroc! Bravo! Citation:
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Pourquoi avoir décidé de rentrer au Maroc ? Par obligation ou par choix ? En 1987, je suis allée au Maroc pour les vacances et j'ai demandé un stage à la TVM, la première chaîne nationale. Ils m'ont proposé de m'embaucher. Moi qui étais partie au Maroc en vacances, je n'en suis jamais revenue! |