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#1
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| Le génie dans l’urne Les medias occidentaux et israéliens s’enthousiasment pour les manifestations en faveur de la démocratie et contre le régime de Hosni Mubarak en Egypte. Celui-ci a même promis une pluralité de candidats pour la prochaine élection présidentielle. Mais on a dit que c’était surtout pour plaire à George W. Bush. En pratique, il n’y a aucune qu’une chance que la situation change en Egypte. Aucun candidat sérieux ne sera autorisé à s’opposer à Mubarak. Supposons un instant que des élections vraiment démocratiques aient lieu. Qui les gagneraient dans cette hypothétique situation ? Une des réponses plausibles est : Les Frères Musulmans. Ils sont bien implantés dans la population. Ils ont 50 ans et plus d’expérience politique. L’élite égyptienne, séculière, libérale et ouverte au monde, pourrait soudainement se retrouver elle-même sous la coupe de fanatiques religieux. Ce dilemme existe dans la plupart des pays arabes : Dans des élections réellement démocratiques, les forces islamistes gagneront — forces qui rejètent l’idée d’un État séculier, démocratique et libéral dont Bush parle tant. L’expérience de ce dilemme a déjà été faite. Des élections démocratiques ont eu lieu en Algérie. Après le premier tour, il devint évident que les forces islamistes allaient remporter une victoire écrasante. L’armée intervint et il n’y eu pas de second tour. Il en est résulté une guerre civile sournoise qui a fait des centaines de milliers de victimes. Maintenant, des années après, un compromis est recherché. Les dictatures actuelles dans plusieurs pays arabes — Libye, Jordanie, Soudan, Arabie saoudite et États du Golfe, parmi d’autres — se présentent elles-mêmes comme des remparts contre les forces islamistes fanatiques. Et nous avons déjà vu que des élections démocratiques n’élisent pas nécessairement des démocrates. L’Allemagne nazie est l’exemple classique. En Afghanistan, les Talibans sont arrivés au pouvoir par des élections libres et ont imposé un régime islamiste extrémiste. L’avenir de la démocratie en Iraq est encore acquis. Les moyens de la démocratie — élections multipartistes, campagne électorale libre, accès non discriminatoire aux médias — n’assurent pas, par eux-mêmes, la victoire de la démocratie. Celle-ci dépend d’un environnement social particulier, de la force des valeurs démocratiques dans l’esprit public, de l’acceptation de la règle de la majorité et de la sauvegarde des droits de la minorité. En l’absence de ces conditions, les élections ne sont qu’un vaisseau fantôme. Le génie du fondamentalisme islamique peut émerger des urnes plus que celui du fondamentalisme chrétien des urnes états-uniennes. Quelle est la situation en Palestine ? L’enthousiasme y est grand pour la démocratie. Il n’est pas né après la mort d’Arafat, comme beaucoup affectent de le croire. Il y a déjà 9 ans, des élections réellement démocratiques ont eu lieu dans les territoires de l’Autorité palestinienne. Mais la personnalité d’Arafat et la concentration du pouvoir exécutif entres ses mains ont réduit la visibilité de cette formidable réussite. Maintenant, de nouvelles élections pour le Conseil législatif (le parlement de l’Autorité palestinienne) et les conseils municipaux vont avoir lieu. Pour la première fois, le Hamas y prendra part et l’on s’attend à ce qu’il y réussisse. Comme dans beaucoup de pays musulmans, le Hamas paraît avoir un engagement social fort et exempt de corruption. A cela il faut ajouter, bien sûr, l’aura conférée par la résistance armée à l’occupation israélienne. Je pense que la participation du Hamas à ces élections est une bonne chose. La société palestinienne doit décider elle-même si elle veut un avenir démocratique et séculier ou un avenir religieux. J’espère, évidemment, la victoire du parti séculier. Mais je suis convaincu que l’exemple turc vaut mieux que l’algérien, que l’intégration des partis religieux dans le processus démocratique est préférable à la suppression violente de ces partis. L’intégration peut modérer les mouvements religieux, la répression les radicalise. Le résultat de tout le processus peut être très différent de ce que décrivent des « penseurs » superficiels occidentaux comme Bush. La société arabe est différente de la société occidentale, et la démocratie arabe ne sera pas une copie de la démocratie occidentale. Pour citer Frédéric le Grand au sujet de la tolérance religieuse : « Chacun doit chercher le salut selon sa propre voie. » Uri Avnery, mouvement Gush Shalom, ancien député israélien International Herald Tribune, 8 avril 2005 Trad. Jdal |
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#2
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| Ecoutez ce que les Arabes disent de la liberté Jusqu’aux récentes élections en Iraq et en Palestine, le monde arabe moderne était largement protégé des vents démocratiques qui ont soufflé partout ailleurs dans le monde. Pourquoi ? C’est une question vraiment importante. Cependant, elle a été esquivée pendant des années aussi en Occident qu’en Orient. En Occident, on l’esquivait parce qu’un politiquement correct toxique infectait les études universitaires sur le Moyen-Orient, à tel point que quiconque pointait l’absence de liberté dans le monde arabe courait le risque d’être étiqueté « orientaliste » ou « essentialiste ». On l’esquivait aussi parce que tout ce que les gouvernements occidentaux demandaient de fondamental aux dirigeants arabes était de garder ouvertes leurs pompes à pétrole, leurs prix bas et d’être gentils avec Israël. S’ils faisaient tout cela, ils pouvaient dénier à leurs peuples la liberté que les Etats-Unis prêchaient partout ailleurs. En attendant, les peuples arabes s’entendaient dire par leurs propres dirigeants et par leurs intellectuels d’État que la démocratie viendrait plus tard — après la lutte nationaliste contre le colonialisme, la libération de la Palestine ou l’avènement d’un État islamique. Maintenant, la combinaison du 11 septembre, de la politique de Bush et la banalisation du monde, par laquelle chacun peut de plus en plus voir comment chacun vit, ont changé tout ça, comme le montre la publication cette semaine du troisième Rapport sur le développement humain arabe, écrit par un groupe de sociologues arabes courageux sous les auspices du Programme des Nations Unies pour le développement. C’est une des plus belles productions de l’ONU sous Kofi Annan. Le premier rapport en 2002 s’attachait à l’état déplorable du développement humain dans les pays arabes, le deuxième en 2003 à l’état tout aussi critique de l’éducation et de la science dans ces pays. Le troisième pointe le « déficit aigu de liberté et de bon gouvernement dans le monde arabe ». Il souligne que les Arabes désirent, et ont besoin, de liberté et de bon gouvernement autant que tout autre peuple. Il ne pouvait mieux paraître, au moment où les Irakiens ont réussi à former un nouveau gouvernement. Le rapport marque que beaucoup d’États arabes ressemblent aujourd’hui à un « trou noir », qui pétrifie son environnement social mouvant en bloc où rien ne bouge et d’où personne ne s’échappe. « Toutes les instances politiques, les institutions, les tribunaux, les polices secrète et officielle et les nouveaux médias sont tenues en main par le dirigeant arabe — c’est pourquoi « l’État arabe moderne » est souvent doublé de « l’État policier ». « Tout ce que ces États ont en commun », note le rapport, « est que le pouvoir y est concentré au sommet de la pyramide exécutive et que la marge de liberté autorisée (qui peut être facilement réduite) n’a aucun effet sur la mainmise totale de l’État sur le pouvoir. » Mais sans une majorité du peuple derrière eux, tous ces régimes arabes manquent de légitimité. Les structures de la société arabe tendent à renforcer ces tendances autocratiques. Selon le rapport, « La famille, unité de base de la société arabe, est fondée sur le clanisme, qui exige la soumission, s’oppose à l’indépendance personnelle, au souci intellectuel et à l’épanouissement d’un être humain unique et authentique. Lorsque les enfants vont à l’école, ils y trouvent une institution, un cursus, un enseignement et des méthodes d’évaluation qui valorisent la dictée et inclinent à la docilité. Cet environnement éducatif n’ouvre pas les portes de la liberté de pensée et de la critique. « Le processus de restriction de la liberté complète son cycle dans le domaine politique en confinant la vie publique arabe dans un espace étroit et limité », note encore le rapport. « Ce processus compliqué a conduit les citoyens arabes, y compris certains intellectuels, à un état de soumission nourri par la peur et par le déni de cette soumission. » Les auteurs du rapport concluent sur l’espoir d’une redistribution large et pacifique du pouvoir dans le monde arabe, sur leur crainte que rien ne change — ce dont ils prédisent des « agitations chaotiques » — et sur leur attente d’un changement induit de l’extérieur et d’une traversée de crise. Mais l’important de ce rapport est que la réforme politique est inscrite à l’agenda arabe par des Arabes. Il y a des remarques acerbes sur la responsabilité des Occidentaux et des Israéliens dans le retard de la démocratisation arabe, mais il y en a aussi sur ce que les Arabes se sont fait à eux-mêmes et combien ils doivent changer : Les peuples ne changent pas parce que vous leur dites qu’ils le peuvent, mais parce qu’ils se disent eux-mêmes qu’ils doivent changer. Lisez ce rapport, et vous comprendrez aussi pourquoi une partie des Arabes hait les Etats-Unis pour l’invasion de l’Iraq, et pourquoi une autre partie prie pour que cette invasion soit couronnée de succès. Thomas L. Friedman, The New York Times, 8 avril 2005 Trad. Jdal |
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#3
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| Toujours la même rengaine : "les Arabes ne sont pas mûrs pour choisir ceux qui doivent les gouverner. Les Arabes sont fanatiques dans l'âme" Pfffffffffffffffffffffffffffff fffffffffffffff Un argument qui a servi et sert encore à justifier les pires axactions dans les pays Arabes. A bannir tout débat. A éliminer toute critique des régimes dictatoriaux. |
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#4
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| toujours le ton hautain et volontiers donneur de leçon du sieu friedmann, qui pour avoir eu des pulitzer et pour avoir ete sacre grand specialiste du monde arabe par la presse americaine se croit au dessus du monde, et surtout des arabes. et ce n'est pas le plus agressif de ces articles, j'en ai lu de bien pire, ces articles sont periodiquement traduits par la presse arabe. |
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#5
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| Citation:
Absolument d'accord en ce qui concerne à la participation de Hamas dans le procès électoral |
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| Petit rappel historique : dans la fin des années 50, en Syrie il y avait des éléctions libres, des journaux libres. Toutes les tendances participaient aux élections : frères musulmans, communistes, nationalistes arabes bassistes et autres, socialistes, libéraux. Avec l'arrivée du dicateur Assad les partis politiques ont été interdits sauf les bassistes, les opposants ont été jetés en prison. Alors les syriens des années 50-60 étaient plus aptes à faire des choix politiques que les syriens du XXIème siècle ? La démocratie dans les pays arabes, non seulement n'arrange pas seulement les affaires des dictateurs mais aussi les interêts de certaines multinationales et des goyvernements israéliens, américains et autres. Parce qu'un peuple qui dispose librement de son sort dispose aussi librement de ses richesses ! |
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#7
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| Citation:
je vous promets que l'egypte etait bien plus democratique qu'aujourd'hui. triste mouvement de l'histoire, chez nous elle marche ds le sens inverse. |
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| Citation:
pas besoin de... :-D |
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#9
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| Il y a certes des raisons internes à l'absence d'ouverture politique dans les sociétés arabes : raisons historiques, culturelles etc ... Mais il y aussi des raisons exterieures : - L'existence de l'Etat d'Israél et l'état de guerre imposé aux Arabes (pretexte de tous les dicteurs syriens, égyptiens, jordaniens irakiens pour faire taire toute voix libre) - La volonté de mainmise des USA et de certains européens sur les richesses pétrolières des pays arabes. Volonté qui poussent ces états à soutenir des régimes illégitimes qui leur permettent de profiter de ces richesses. |
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#10
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| Citation:
mais n'empeche que c'est la triste verite. ou est partie la grande renaissance litteraire et artistique, le foisonnement des presses libres, le grand mouvement d'emancipation des femmes, le liberalisme de na7ass pacha ... enfin tout ce qui faisait l'esperance de toute la nation arabe. il n'en reste rien , ou si peu de choses que ce n'est meme pas la peine d'en parler. |
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