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#1
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| Encore un rude coup porté à la réputation du Maroc aujurd'hui dans Courrier International avec la reprise d'un article de telquel. Le lien n'est pas dispo mais vous pouvez toujours voir ça dans vos kiosques. |
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#3
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| Aujourdhui on y parle du Nigeria non? |
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#4
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| Voici l'article : Agressions physiques contre des Noirs, crachats, insultes, montée en flèche de l′antisémitisme, mépris des "n′sara"… Le discours officiel qui veut que nous soyons "un peuple ouvert et tolérant" en prend un sacré coup. Tant mieux. Il faut savoir se regarder en face. Nous vous prévenons, il est nécessaire, avant d’entamer la lecture de cet article, de mettre toutes vos susceptibilités de côté. Car nous le savons tous, il y a quelques-unes de nos facettes que nous refusons d’admettre. Autrement dit, nous avons encore du mal à regarder en face certaines de nos tares, et quand celles-ci sont évoquées, le sujet fâche. Comment ? Les Marocains sont serviles ? Jamais de la vie. Ils sont schizophrènes ? Mais pas du tout. Pousser le bouchon jusqu’à se demander si les Marocains sont racistes, cela relèvera pour beaucoup, de l’insulte pure et simple. Nous racistes ? Nous, peuple accueillant dont les touristes étrangers, quel que soit leur origine, chantent les louanges ? Nous, dont tout le monde reconnaît l’ouverture, l’hospitalité, la tolérance ? D’ailleurs, c’est ce qui est écrit dans nos livres d’histoire, et qu’on entend presque quotidiennement à la télévision et à la radio. Bon. Oublions un peu les livres d’histoire, la télé, la radio et les discours officiels et penchons-nous d’abord sur le mot "racisme" qui nous fait tellement peur. Selon le Larousse, le racisme est primo "toute idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains, les races". Exemples : le nazisme, l’Apartheid, le colonialisme ou encore l’esclavagisme. Tous ces abus de l’histoire sont en effet basés sur la même idéologie, celle de la supériorité d’une ethnie sur une autre. Et c’est ce racisme-là que la science a fini par démonter, prouvant génétiquement que le concept de "race" n’a pas de contenu scientifique réel. Secundo, c’est toute "attitude d’hostilité systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes". Cet aspect du racisme, loin de toute idéologie, est social, culturel, souvent ancré dans l’inconscient. C’est ce racisme-là qui est à l’origine de la non acceptation de l’autre et de sa différence : différence de couleur, de religion, de nationalité… Nous verrons plus tard, à quel point ces deux formes de racisme, à des degrés différents sont présentes au Maroc. Mais rassurons-nous d’abord. Le racisme est une attitude commune à tous les peuples. C’est en somme le propre de l’Homme. Selon l’anthropologue Hassan Rachik : "L’homme se sent plus en sécurité, plus à l’aise avec son semblable, avec quelqu’un qui parle la même langue que lui, qui a la même culture, les mêmes référents que les siens, la même couleur de peau que la sienne. Il conforte par là-même son identité propre en l’opposant à une autre, étrangère à la sienne". Voilà ce qui nous rassure et qui nous met à la fois devant une vérité : il n’y a aucune raison que nous échappions au racisme, celui en tout cas qui consiste à rejeter l’autre. Par ailleurs, explique Hassan Rachik, "l’urbanité, définie essentiellement par l’hétérogénéité des origines, est historiquement un fait nouveau au Maroc" Jusqu’à aujourd’hui en effet nos sociétés ne se perçoivent que comme homogènes puisque musulmanes (une seule religion), arabes (une seule culture) et marocaine (une seule nationalité), rendant ainsi la culture du mélange difficile. Comment concrètement cela se manifeste-t-il et contre qui ? Le racisme de la rue "Quand j’habitais Rabat, les vitres des fenêtres de mon appartement étaient tout le temps brisées, par des jets de pierre. A plusieurs reprises, en rentrant chez moi le soir avec des amis, on nous jetait des bouteilles cassées, on nous insultait, nous crachait dessus". Ce pourrait être de vulgaires actes de délinquance ou de vandalisme. Sauf que voilà, la personne qui en est victime est Sénéglaise. Donc noire. Et c’est à sa couleur de peau que les insultes font référence : âazzi, draoui… Difficile à croire. Et pourtant, des témoignages similaires sont loin d’être exceptionnels (voir reportage). Plus encore, notre culture orale regorge de proverbes, d’expressions bourrées de clichés à l’égard des noirs : ils sont sales, puants, etc, etc. Répulsion, mépris, et le même sobriquet qui revient souvent pour désigner le noir : bd. Dans notre inconscient collectif, le noir est donc encore un esclave. "il est très difficile de faire un lien mécanique entre le passé esclavagiste du Maroc et les attitudes racistes actuelles. Il est en revanche certain que si le noir aujourd’hui est diminué dans notre imaginaire, c’est parce qu’il a été esclave", explique Mohamed Ennaji, historien et auteur du livre Soldats, domestiques et concubines (Ed Eddif, 1994). Ce spécialiste de l’esclavage au Maroc tempère néanmoins "L’esclavage au Maroc n’a pas été uniquement un esclavage de noirs, comme c’était le cas aux Etats-Unis par exemple, mais également de blancs. Malheureusement, chez la plupart des gens, “âbd” a fini par désigner tous les noirs". Nous le savons tous, l’esclavage, c’est fini (depuis que le protectorat a interdit la traite des blancs et le commerce public des noirs), même si aucun texte de loi ne l’interdit formellement. Par ailleurs, si "l’infériorité du noir" est ancrée dans notre inconscient collectif, c’est parce qu’elle est véhiculée par des légendes transmises depuis des générations : "La couleur noire est le symbole d’une malédiction, d’une damnation. Si le noir a cette couleur de peau, c’est parce qu’il a été brûlé par le feu. A l’opposé, le blanc a toujours symbolisé la pureté, la chasteté, la vertu" explique Mohamed Ennaji. Difficile donc de se débarrasser du poids de l’inconscient collectif, dont subissent aujourd’hui les conséquences les noirs au Maroc, qu’ils soient Marocains ou étrangers : "Il faut néanmoins faire la différence entre l’attitude envers les noirs marocains et les noirs étrangers, spécifie Hassan Rachik, puisque l’attitude se durcit dès qu’il s’agit des noirs étrangers, puisqu’en plus de la couleur de peau, une autre différence vient s’y ajouter, celle de la nationalité". Les premiers ne seront pas épargnés de la raillerie "tes ancêtres étaient des esclaves", "tu n’es qu’un âbd", et les seconds eux, sont carrément indésirables. Beaucoup d’ailleurs, entendront de la bouche d’un enfant ou d’un adulte "rentre chez toi". Le racisme à l’égard des noirs n’est pas la seule forme du racisme de la rue, puisque notre langue, nos expressions (ô combien révélatrices) une fois de plus, n’épargnent pas une autre communauté : celle des juifs. N’ayons pas peur de le dire, toutes les religions monothéïstes sont bâties sur l’exclusion. Des autres religions, on entend. La religion musulmane, reconnaissant et le judaïsme et le christianisme le dit clairement : la oumma musulmane est supérieure aux autres. Ajoutons à cela une dose d’histoire (conséquence directe de la vision religieuse), les juifs, jusqu’à l’indépendance, n’étaient pas des citoyens marocains, mais des protégés du sultan, et payaient une dimma (sorte de taxe) pour pouvoir exercer leur religion librement et étaient parqués dans des mellahs. La communauté juive était donc considérée comme inférieure et traitée de la sorte. Au début du 20ème siècle : "Dans la montagne berbère et chez les chleuhs du Sous et du draâ, les juifs ne pouvaient vivre qu’à condition d’avoir un sid, un seigneur, dont ils étaient les serfs exploités et méprisés" (Dr F. Weisberger. Au seuil du Maroc). Aujourd’hui, tout juif au Maroc est un citoyen marocain, à titre égal avec tout autre marocain de confession musulmane. Et pourtant. Sans pour autant être victime d’agressions comme celles que subissent les noirs, l’image du juif est très écorchée : tous les juifs sont des usuriers, ils sont sales, indignes de confiance, traîtres. Pire encore, l’insulte suprême qu’on puisse adresser à un musulman est de le traiter de juif. Et on retrouve là "cette attitude d’hostilité systématique" évoquée plus haut, attitude exacerbée depuis 1948, date de la création de l’Etat d’Israël. C’est depuis cette date en effet, que la vision du juif "ennemi" est venue remplacer celle du juif "inférieur" : "Je n’aime pas les juifs, dira ce Marocain (de confession musulmane). Ils sont mauvais, ils veulent tout avoir. Vous n’avez qu’à voir ce qui se passe au Proche-Orient". La confusion entre "juif" et "israélien" n’est d’ailleurs plus à prouver, que ce soit au Maroc, ou dans tous les pays musulmans. Si la confusion est bel et bien là, elle n’a – heureusement – pas basculé d’un racisme verbal à un racisme dans les actes. Le danger, lui, d’une recrudescence de l’hostilité latente, est néanmoins là. racisme idéologique, le vrai danger Quand cette hostilité devient-elle dangereuse ? Quand elle est récupérée, instrumentalisée par des "institutions" et alimentée par de véritables propos antisémites. Aujourd’hui encore, des cassettes audio des prêches du cheikh Kichk appelant au massacre des juifs sont en vente libre. Rappelons-nous, l’année dernière des propos clairement antisémites de l’imam Zemzami, relayé par le journal islamiste Attajdid, s’attaquant au Conseiller juif marocain André Azoulay, accusé de comploter contre l’islam à travers le festival d’Essaouira. Une campagne islamiste antijuive (qui dit en gros que tous les juifs sont les mêmes) à laquelle ont répondu plusieurs associations par la signature d’une pétition anti-antisémitisme. "Cet antisémitisme-là est le plus dangereux. Il est non seulement déclaré et fondé sur une idéologie mais en plus assumé par des gens cultivés qui jouent sur les sensibilités religieuses. Aujourd’hui, dans les mosquées donc des lieux publics, des gens qui parlent au nom de la religion et qui représentent donc une autorité religieuse, incitent impunément à la haine contre les juifs. Dans les universités, des propos antijuifs sont souvent tenus par des étudiants islamistes. Face à cela, l’Etat fait preuve d’une nonchalance dangereuse, puisque c’est ce racisme-là qui alimente celui de la rue", prévient Hassan Rachik. La pétition contre l’antisémitisme lancée en juillet 2002 tire la sonnette d’alarme : "Jouant sur le sentiment légitime de colère et de révolte du peuple marocain face aux actions odieuses menées par le gouvernement israélien contre les palestiniens, ils (les courants politiques de totalitarisme religieux) visent à créer l’amalgame et à monter les communautés musulmanes et juives les unes contre les autres dans notre pays". Le dérapage, donc, n’est pas loin. Que faire pour le prévenir ? Militer ? Soit, mais ce serait se mentir en croyant qu’il est suffisant de décrier le racisme, les attitudes racistes qu’elles soient à l’égard des noirs ou des juifs. Pour Hassan Rachik, la voie de la tolérance n’est pas une mince affaire : "il faudra que tout le monde s’y mette. Tirer la sonnette d’alarme d’accord, mais il faut une mobilisation des médias, des associations mais aussi celle des responsables de l’éducation. Quand le Marocain assimilera enfin le concept de citoyenneté basé entre autres sur l’acceptation de la différence, c’est là qu’il traitera de la même manière musulman, juif, chrétien, athée, noir, ou autre". Etudiants subsahariens: nos bougnoules Ils sont originaires d’Afrique subsaharienne et subissent au quotidien agressions physiques et verbales. Ici, au Maroc. Nous les avons rencontrés. Le racisme, dans toute son horreur, ils en sont victimes. N ous sommes au Souissi, face à la cité universitaire internationale. La bâtisse est blanche et nous apercevons à l’intérieur plusieurs blocs, des plantes vertes, des arbustes. Nous sommes encore à l’extérieur et nous ne savons toujours pas ce qui nous attend à l’intérieur. Ici, nous espérons rencontrer des étudiants étrangers, puisque c’est là qu’ils résident, quand ils trouvent de la place. Ici, nous espérons récolter leurs témoignages, connaître leur quotidien "d’étrangers". Mon collegue Driss Bennani m’accompagne. Il connaît l’endroit, y est venu à plusieurs reprises, pour voir des amis que nous espérons rencontrer. A l’intérieur, l’endroit est agréable. Très agréable. Il est 11h et l’enceinte de la cité est quasiment déserte. Les étudiants, nous nous en doutions, sont à leurs cours. La plupart d’entre eux en tout cas, puisque sur un banc, contre un mur, quelques-uns sont là. Tous ceux que nous apercevons sont noirs. Nous apprendront en effet plus tard que la cité universitaire accueille tous les étudiants non Marocains, ils sont majoritairement originaires d’Afrique subsaharienne, viennent de Mauritanie, du Sénégal, de Mali… Nous décidons, Driss et moi, d’aller vers le groupe le plus nombreux, formé de six étudiants noirs. Nous leur expliquons pourquoi nous sommes là. Très vite, ils sont debout, parlant entre eux, une langue que nous ne comprenons pas. C’est de nous qu’ils parlent. "Pourquoi venez-vous nous voir, nous ?", dit l’un d’eux, en français. Nous expliquons que nous comptons sur leur collaboration, sur leurs témoignages d’étrangers résidant au Maroc. Nous avons comme réponse des hochements de tête signifiant clairement un refus. Nous essayons la négociation : nous respecterons toute personne qui ne voudra pas donner son nom, nous acceptons les témoignages anonymes. Rien n’y fait. Ils ne nous font pas confiance : "Vous avez peut-être des caméras cachées". Nous assurons le contraire et continuons les négociations : "Vous êtes Marocains, vous savez donc si vous êtes racistes ou pas, ne venez pas nous le demander à nous". Le groupe commence à se disperser. L’un des étudiants prend la parole : "Ecoutez, nous avons suffisamment de problèmes comme ça. Vous voulez savoir ce que nous endurons, donnez-moi votre email et je vous raconterai tout. Mais pas ici, vous n’avez même pas l’autorisation de l’administration". Un seul des six étudiants accepte de rester avec nous. Un Malien, résident au Maroc depuis le mois d’août de l’année dernière et étudiant en sciences sociales. Nous l’appellerons Amadou. Amadou nous raconte sa vie en dehors de la cité et dès les premières phrases, nous sommes effarés. Il nous raconte les agressions physiques quotidiennes "tous les jours, un étudiant noir subit une agression physique. Tous les jours. On nous jette des pierres, on nous crache dessus, on se bouche le nez à notre passage". Amadou, lui-même, a été agressé : "Il y a une semaine, dans un marché, pas très loin de la cité. C’était en plein jour et il y avait du monde au marché. Pourtant, personne n’a réagi. On m’a volé mon portable au vu et au su de tous ceux qui étaient là". C’était peut-être un acte de vandalisme, insistons-nous. Amadou en est persuadé. Il est persuadé aussi que le fait qu’il soit noir y est pour beaucoup : "Vous savez, je suis Malien, je ne comprends pas l’arabe et quand je suis arrivé au Maroc, je ne comprenais pas les mots que les gens répétaient quand je passais dans la rue. Maintenant, je sais qu’on me traite de "âazzi", l’équivalent de sale nègre. Non, ce n’est pas une moquerie, je sais que c’est une insulte". Amadou est choqué par l’attitude des Marocains : "je ne comprends pas, vous êtes aussi Africains n’est-ce pas ? Pourquoi vous nous appelez tous les Africains ? Africain pour les Marocains veut dire noir. Je me rends compte aussi qu’ils ont honte de leurs racines africaines, qu’ils les nient et c’est peut-être pour cela que nous sommes indésirables ici". Amadou ne comprend pas les attitudes des Marocains : "La communauté marocaine vit en Espagne ou en France les mêmes conditions que nous vivons nous ici. Quand ils en sont victimes, les Marocains appellent cela du racisme et se comportent à notre égard exactement comme les Européens le font avec eux". Amadou a peur dans la rue. Tout peut arriver, de jour comme de nuit. D’ailleurs, il évite souvent d’être seul, et préfère être accompagné d’un ami. A la cité, les choses ne sont pas simples non plus : "Vous savez, nous avons deux salles pour regarder la télévision ou pour discuter. C’est difficile à croire, mais les arabes syriens, palestiniens, Egyptiens et les subsahariens ne se mélangent jamais dans ces salles. Les blancs dans une salle, les noirs dans l’autre". Coup de bol, les amis de Driss Bennani sont là. Eux sont tout de suite en confiance. Comme Amadou, ils nous parlent des injures, des jets de pierres des enfants, des crachats. "Foutez-le camp dans votre pays" ont-il déjà entendu. Si à la faculté et dans leurs écoles, ils ne sentent pas l’hostilité à leur égard, il arrive pourtant, qu’il y ait des incidents. On nous raconte alors comment cet enseignant d’une école privée a répondu à une étudiante camerounaise lui demandant -poliment- de répéter son explication : "Si tu ne comprends pas mes explications, rentre dans ton pays". Ce jour-là, ils étaient sept étudiants étrangers dans sa classe. Les sept ont quitté la salle. Tous se souviennent de cette affreuse histoire qui circulait il y a quelques années et dont les noirs subsahariens ont payé le prix cher : "on a inventé une histoire horrible, celle d’un Africain qui aurait mangé des bébés. A cette époque-là, il suffisait qu’un noir monte dans un bus pour que les Marocains en descendent". Doudou est au Maroc depuis quatre ans. Il est Sénégalais et dans son pays, on lui disait qu’il avait de la chance d’aller au Maroc, un pays ouvert et tolérant. Il lui a fallu quelques mois pour se rendre compte à quel point ses compatriotes ont tort : "La nuit quand on sort, on est souvent contrôlés par les flics. Parce qu’on est noirs et qu’ils voient en nous d’éventuels immigrés clandestins. Délit de faciès quoi, comme en Europe. Même ici, à la cité internationale, on souffre de racisme, même s’il est plus discret. Mais on sait bien que les gens de l’administration et les gardiens font preuve de favoritisme. Ils nous préfèrent les arabes, les nar, comme on appelle les arabes en Afrique". Une jeune fille d’origine capverdienne se greffe au petit groupe : "les Marocains sont vraiment bizarres. On m’a souvent dit au Sénégal où j’ai longtemps vécu qu’ils étaient aimables, hospitaliers. J’ai très vite été déçue. Pour eux, nous les filles noires, nous sommes toutes des prostituées". Continuer à vivre au Maroc ? Les avis sont partagés. Pour l’expérience professionnelle, oui, certains resteront. D’autres, dont cette sénégalaise, quitteront le pays, leurs études terminées : "Je refuse de rester dans un pays où je suis méprisée". En attendant, comment réagissent-ils aux agressions verbales ou physiques ? "Nous sommes habitués, disent la plupart, nous préférons ne pas faire attention et passer. Ici à la cité, où nous nous regroupons souvent, on se sent en sécurité, nous ne craignons rien". Driss et moi quittons la cité. Je ne pense à rien. J’ai honte. Rien de plus. témoignages Farida, aide-comptable, 27 ans. N’aime pas les noirs. Oui, j’ai des amis noirs, africains ou marocains, cela ne m’a jamais dérangé. Mais cela n’ira jamais plus loin. Me marier avec un noir ? Jamais de la vie. Je préférerais rester seule toute ma vie. En plus, je ne veux pas d’enfants noirs avec des cheveux frisés. Quelle horreur ! Majdouline, 32 ans, cadre dans une agence de voyage. N’aime pas les noirs. J’ai une sainte horreur des noirs. Je les trouve sales et puants. Une fois, je devais partir à l’étranger en avion. Arrivée à mon siège, je vois que ma place est entre deux Africains. Je suis directement allée vers une hôtesse de l’air, la suppliant de me changer de place. J’aurais quitté l’avion si elle ne l’avait pas fait. Hind, 40 ans, traductrice. N’aime pas les noirs L’année dernière, mon mari a invité à la maison une de ses connaissances, un Africain. Nous l’avons hébergé pendant dix jours. Après son départ, j’ai exigé de mon employée de maison qu’elle frotte les murs et le parterre de la chambre où il a dormi, qu’elle lave et relave les draps qu’il utilisait. Quelques jours après ce grand ménage, dès que j’entrais dans cette pièce, je trouvais qu’elle sentait "le noir". Soraya, universitaire, 26 ans. N’aime pas les juifs. Quand j’étais petite, ma grand-mère me disait que les juifs étaient hideux, sales, puants. Ni elle ni moi n’en avions jamais vus à cette époque. Plus tard, j’ai compris que c’étaient de bonnes histoires de grand-mère. Mais ma peur d’enfant des juifs s’est transformée en aversion. A la fac, au début des années 90, j’étais toujours des manifestations anti-israéliennes. En tant qu’arabe, je suis solidaire de la cause palestinienne et tout juif pour moi est une menace pour les musulmans. Leïla, 17 ans, étudiante. Marocaine victime de racisme. Je suis marocaine de mère allemande. Je suis blonde aux yeux bleus. Dans la rue, on me prend facilement pour une étrangère. Quand je passe devant des jeunes ou des gamins, souvent les insultes fusent, en arabe bien-sûr, puisqu’on croit que je ne comprends pas : sale n’srania, mécréante, etc. Anne, 34 ans, artiste-peintre. Française, victime de racisme Je vis au Maroc depuis plus de dix ans. Les Marocains m’ont toujours traitée avec respect, sauf quand il y a eu conflit ou friction. Avec des chauffeurs de taxi ou des épiciers. Le mot qui revient le plus souvent c’est n’srania, utilisé comme insulte, ou ihoudia (juive). Ceci dit, je n’ai pas à me plaindre, parce que quand je vois comment les noirs sont traités, méprisés, quand je vois qu’un taxi ne s’arrête pas quand une personne de couleur noire le hèle, je m’estime heureuse de ne pas être noire vivant au Maroc. Michaël, 32 ans, cadre d’entreprise. Juif. J’habite Gauthier, un quartier à Casablanca où résident beaucoup de juifs. Ce que l’on vit tous les jours, ce sont les regards qu’on nous j<=ette, quand on passe dans la rue. Souvent on va en famille à la synagogue et c’est là où je me rends compte qu’on peut nous jeter des regards très méchants. Parfois aussi, on se moque de nous. On voit bien les gens chuchoter à notre passage. Ce qui se dit ? Le mot Ihoudi (méchamment dit) revient très souvent. Tout cela pour dire que si nous sommes acceptés, nous sommes encore considérés comme une communauté à part et non pas comme des Marocains. La seule condition à ces témoignages a été l’anonymat. Tous les prénoms sont faux. Seuls les professions (pas toutes) et les âges sont vrais. Raisons avancées : les personnes se déclarant racistes préfèrent le taire (c’est moche) et celles disant les Marocains racistes ont peur de représailles. Un autre versant du racisme ? Sur ce point en particulier, nous frôlons le ridicule. Soit, c’est universel, toute différence, de quelque nature qu’elle soit, peut donner naissance à des attitudes de rejet. Soit, notre passé, pas si lointain que cela, est tribal et nous avons longtemps vécu en petites communautés (les tribus en l’occurrence) très fermées sur elles-mêmes. Cela justifie-t-il pour autant que nous continuions à considérer le Marocain d’à côté comme foncièrement différent de nous-mêmes ? Pour l′anthropologue Hassan Rachik, rien de méchant et ça ne peut être considéré comme du racisme. D’ailleurs, toujours selon Rachik, le mélange des ethnies se fait de plus en plus, en dépit des statistiques qui prouvent par exemple que les mariages inter-ethniques ne font pas encore la norme. Plus clairement, les fassis continuent à se marier majoritairement avec des fassies et même chose pour les berbères. Une chose est sûre, les Marocains portent un regard très caricatural les uns sur les autres. Ceux du nord (Tanger, Tétouan…) n’aiment ceux du "Dakhil" (Casablanca, Rabat…), les Fassis n’aiment pas les berbères, qui le leur rendent bien, les r’batis n’aiment pas les slaouis. Bref, les Marocains n’aiment pas trop se mélanger. Rejet ? Peut-être. Renfermement sur soi, communautarisme ? Sûrement. Certaines de nos expressions et de nos proverbes sont indubitablement anti-Juifs ou anti-noirs. En voici un échantillon, histoire de rire de nous-mêmes. Anti-juifs Ihoudi hachak. Expression souvent utilisée pour parler d’un juif. Suivi de "hachak" (sauf votre respect), juif devient une grossièreté, un gros mot. Mate ihoudi fel’mellah. Littéralement, un juif est mort au mellah. Expression qui se dit, quand quelqu’un fait quelque chose qu’il ne fait pas d’habitude, quelque chose de bien, de positif. L’expression veut dire : tu as fait quelque chose de bien, la preuve, un juif est mort. Anti-noirs Al hour belghemza ou al âbd beddebza. Littéralement, un être "libre" et par extension un blanc a juste besoin d’un clin d’œil, quant à l’esclave par extension un noir ou un employé, lui a besoin d’être frappé. Bhal oujeh Draoui âamrou ma ytteghsel. C’est comme le visage d’un nègre, on ne pourra jamais le nettoyer. Se dit d’un objet, d’un meuble qu’on a du mal à nettoyer. Draoui maâmrou idirha zina. Littéralement, un nègre ne peut rien faire de bon. (Cette petite liste a été établie avec l’aide de Soumaya Naâmane Guessouss, sociologue) Lexique désignant les noirs Draoui. En fait Drâaoui, devenu draoui. Drâaoui, donc originaire de la région du Drâa, dont les habitants sont majoritairement mats de peau. Hertani. L’acceptation commune est que hertani vient de la contraction des deux mots "hour" (libre) et "tani" (deuxième). Hertani voudrait dire donc une personne libre, mais de second ordre (les esclaves ayant été affranchis). Pour certains historiens, le mot viendrait de h’ratine, laboureurs du Maroc présaharien, où il y vivait une population noire très ancienne. Telquel, Maroc |
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#5
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| Juste à lire le debut de l'article , j'ai arreter et pourquoi me direz vous? Ca pue le tissu de mensonges. Il prennent des cas isolés pour en faire une généralité! Ces témoignages sont faux où sont exagérer! Bref, pointons le doigts sur les vraies problèmes. Et Tabrakallah des vraies problèmes au Bled c'est en veut tu, en voilà ! |
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#6
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| Ah oui au faîte la partie où on enumère certaines Marocaines qui n'aiment pas les noirs, il suffit de faire un tour à Paname ou même ici en Alsace et voir les beaux couple Marocaine-Noires pour contre dire çelà! |
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#7
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| c'est pas vrai... j'adoooooooooore denzel washington :loveetc:http://images.allposters.com/images/77/039_44208.jpg et meme pharrell wiliams :-D :-D http://www.vh1.com/shared/media/news...rtlist-mtv.jpg mais ce que je prefere, c'est Malabarrrrrrrrrrr :-D ;-) |
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#8
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| j'ai lu l'article en diagonale .. et j'ai sauté certain passages non pas qu'ils me choquent ou que je pense que ce n'est pas vrai mais parcequ'ils ne m'apprenent rien .. j'ai vu comment ils sont traités les etudiants blacks à rabat pour refuter ce qui est dit dans cet article. les proverbes aussi qui font presque parti de notre patrimoine culturel.. Si on veut pouvoir dire que certains aspects de l'article sont exagerés il faut d'abord qu'on se regarde en face, reconnaitre nos travers et les corriger. maintes fois je me suis surpris à reprendre une personne agées pour une expression raciste (anti juive ou anti noir ) et malheureusement je ne suis même pas sûr su le recul pris par l'expatriation qui me fait prendre conscience de cet etat de fait..je suis sûr d'un chose c que même qd j^étais au maroc je n'acceptait pas les insultes faites aux etudiant senegalais.. et souvent gratuitement ou le mepris des dans le regard des filles qu'ils essayent d'approcher .. c ce que j'en pense. |
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#9
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| j'ai oublié de dire qu'avec les infos, les paraboles ... etc la situation des noir s'ameliore .. celle des juifs s'aggrave du fait des evenements du proche orient.. |
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#10
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| redouane, il faudrait respecter leur choix meme si tu es distant à ce sujet là Citation:
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