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#1
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Je veux sentir l'odeur du café. Cinq minutes. Je veux une trêve de cinq minutes pour un café. Je ne veux rien d'autre que me préparer un café. Cette obsession me donne un but, un objectif. Tous mes sens sont tendus vers cet unique appel. Ma soif n'a plus qu'un seul but : un café. Le café, pour l'amateur que je suis, c'est la clé du jour. Le café, pour le connaisseur que je suis, il faut se le préparer soi-même et ne pas se le faire servir. Car celui qui vous l'apporte y ajoute ses paroles, et le café du matin ne supporte pas le moindre mot. Il est aube vierge et silencieuse. L'aube – mon aube – est étrangère à la moindre parole. L'odeur du café boit le moindre des bruits, fût-ce un simple bonjour, et se gâte. Le café est donc ce silence originel, matinal, circonspect, solitaire, où tu te tiens, tout seul, avec cette eau que tu choisis, paresseusement et coupé du monde, dans une paix retrouvée avec les êtres et les choses. Eau que tu verses lentement, lentement, dans le petit récipient de cuivre, aux reflets sombres et mystérieux, dorés, presque fauves, avant de le poser sur un feu doux, ou mieux encore sur du charbon de bois. Extrait de "Une mémoire pour l'oubli" de Mahmoud Darwich :rose: |
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#3
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| Eloge du café matinal 2 Écarte-toi un peu de ce qui chauffe à feu doux pour observer, en bas, la rue qui s'éveille et qui part à la recherche de son pain, depuis que le singe est devenu homme. Rue portée par les charrettes des marchands des quatre-saisons, les couplets naïfs des commerçants qui vantent leurs marchandises. Respire l'air de la fraîcheur de la nuit, retourne ensuite à ton fourneau – ah si seulement c'était un feu de bois ! – et observe, avec calme et mesure, le jeu des éléments : le feu qui prend des reflets vert et bleu, l'eau qui se ride et exhale de petites billes blanches qui se transforment en pellicule brillante, laquelle ne tarde pas à s'épaissir doucement, pour crever en grosses bulles, qui s'élargissent, toujours plus rapidement, et se brisent, se gonflent à nouveau et se brisent, avides de dévorer les deux cuillerées de sucre dont l'absorption provoque un discret sifflement devenu, quelques instants plus tard, gargouillis bouillonnant, impatient d'une nouvelle offrande, celle de la poudre rugissante, étalon de senteurs et de virilité orientale. Éloigne le récipient du feu et entame le dialogue de la main, encore vierge de toute trace de tabac ou d'encre, avec la première de ses créations, avec sa création première, qui délivrera, en cet instant, la saveur de ta journée et le verdict des augures. Elle te dira si tu dois travailler ou te tenir à l'écart du monde. De ce premier geste de son rythme, de ce que lui confère le monde du sommeil encore ouvert sur la journée passée, de ce qu'il révèle de ton âme, dépendra la couleur de ta journée. Darwich |
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#4
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| Eloge du café matinal 3 Le café, la première tasse de café, est le miroir de la main, de cette main qui tourne le breuvage. Le café est le déchiffrement du livre ouvert de l'âme, devin des secrets que le jour renferme. Depuis la mer, l'aube de plomb continue à progresser, portée par des sons comme je n'en avais jamais entendu. La mer toute entière est farcie des obus qui s'y perdent. La mer n'est plus liquide, se fait métal. La mort peut-elle se parer de tous ces noms ? Nous avons dit que nous sortirions. Alors, pourquoi cette pluie rouge, noire, grise, sur ceux qui s'apprêtent à sortir et ceux qui resteront, hommes, pierres, arbres ? Nous avons dit que nous sortirions. « Par la mer », ont-ils exigé. « Par la mer », avons-nous accepté. Alors pourquoi arment-ils vagues et embruns de ces canons ? Pour que nous nous hâtions davantage ? Ils doivent commencer par lever le siège, du côté de la mer, ils doivent ouvrir la dernière voie pour laisser couler notre dernier filet de sang. Tant qu'il en sera ainsi – et il en est ainsi – nous ne sortirons pas. Je prépare donc mon café ! |
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#5
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completement d'accord. le Top, c'est la cafetière programmable. à 6h45, le café se fait tout seul, et je me reveille avec son odeur . même pas besoin de revil. :-D |
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#6
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| Citation:
tu perds tous ces plaisirs :-D |
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#7
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ces plaisirs, sont reservés pour la café du soir !! avec celui du matin, mon plaisir, c'est que l odeur vient me chercher sous la couette !!! 8-) |
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#8
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Mon premier geste endormi verse l'eau les suivants pèsent les doses j'attends l'esprit vague que passe l'eau sur le sable obscur du Guatemala un air en tête je soulève la panse embuée et verse l'odorant breuvage sur la nuit qui me fuit enfin devant le jour qui se mire dans la tasse |
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#9
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satanding ovation !
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#10
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"Il y a des jours où le bonheur minuscule du café du matin ne vient pas à bout des nouvelles du jour." Sylviane Agacinski |