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LE DIVIN DES HORIZONS SCIENTIFIQUES La Science a-t-elle pour objet de se prononcer sur l'origine des textes sacrés ? A priori non : quand la Science appelle au savoir, le sacré prône la croyance en des réalités impalpables. Le divorce entre eux est aussi vieux que l'émancipation de la pensée scientifique, et rien ne semble vouloir les réconcilier. Rien ? Pas si sûr. De récents travaux relèvent le défi. En analysant systématiquement la structure du Qoran, Farid Gabteni, chercheur algérien assisté d'une équipe pluridisciplinaire, ouvre le débat : à la lecture de ses travaux, on peut légitimement s'interroger sur les possibilités techniques d'élaboration d'une structure aussi complexe que celle de ce livre. Une double complexité : mathématique et linguistique. Dame Science en est encore toute retournée : on vient à nouveau l'interpeller sur un thème qu'elle n'affectionne guère - les textes "sacrés" -. Nouvelle illumination ou future révolution ? Quoi qu'il en soit, le sujet mérite d'être étudié et tranché. Quoi de neuf pour justifier de réveiller un si vieux débat ? Farid Gabteni apporte dans "Le Soleil se lève à l'Occident - Science pour l'Heure"(1) une somme d'observations numériques et linguistiques, dont l'imbrication défie la rationalité. Les résultats sont suffisamment rigoureux pour interpeller la communauté scientifique, particulièrement les mathématiciens. Mathématiques, dites-vous ? Oui. Car sans être lui-même mathématicien de formation, Farid Gabteni a ouvert une voie dont l'outil d'exploration principal est la "noble discipline" de la science. "L'outil de compréhension du Sacré" Depuis que l'homme est homme, les mathématiques sont un outil de compréhension de l'environnement. Ses concepts permettent de décrire les lois du monde physique, de la découverte de l'unité à la théorie des cordes. Rappelons-nous la géométrie non-euclidienne, monstre d'abstraction devenu l'outil incontournable de la Relativité. Plus proche de nous, la découverte d'une "loi de l'évolution", via la géométrie fractale, illustre la pertinence d'outils mentaux pour étudier des phénomènes réputés aléatoires (tremblements de terre, fluctuations économiques, etc…). Feuillet de la vulgate d'Othman (Tachkent) Les mathématiques seront-elles aussi l'outil de compréhension du Sacré ? L'affirmer aujourd'hui relève de l'imposture. Mais l'idée n'est pas si incongrue aux yeux des philosophes des Sciences. Pour certains en effet, l'esprit humain n'a inventé les mathématiques que pour se perpétuer dans un environnement caractérisé par l'inconnu. Grâce à elles, le monde se retraduit dans un langage compréhensible, dans la sphère du connu. Dans cette perspective, la recherche de la compréhension du sacré ne représenterait qu'une étape de plus dans la quête universelle du savoir. Le chercheur spécialiste des textes religieux anciens - principalement le Qoran et la Bible - s'est d'abord penché sur la structure numérique de ces textes. Nul n'ignore par exemple le découpage des textes en versets. Ne servent-ils qu'à la mémorisation ou à la liturgie ? Ou leur différence, en nombre et en taille, véhicule-t-elle un sens ? D'emblée, on peut répondre que tout écrit est structuré, même s'il l'est de manière asymétrique. Les poésies en sont un bon exemple. Mieux, on peut toujours combiner les données sur n'importe quelle oeuvre pour en extraire des éléments répétitifs, à priori non prévus par leurs auteurs. Il fallait également tirer les leçons des travaux antérieurs sur "l'existence" de codes dans la Bible ou dans le Qoran, et il fallait dépasser l'excitation des premières découvertes et mener une étude véritablement pluridisciplinaire. En un mot, vérifier et valider chaque observation. "Hasard, oui, mais programmé" L'aventure commence en 1993. Farid Gabteni travaille sur la version graphique originelle du Qoran, plus connue sous le nom de "Vulgate d'Othman". Assisté d'un linguiste, Ahmed Hadjadj-Aoul et d'un Sc-Po, Frédéric Berjot, il relève des coïncidences surprenantes sur le manuscrit. Certaines observations sont récurrentes : en terme de nombres de lettres, de mots, de versets ou de chapitres. Tout indique la présence d'une structure numérique organisée, méconnue depuis plus de quatorze siècles. En 1997, Farid Gabteni publie ses premiers résultats sous le titre "Le Hasard Programmé - Le miracle scientifique du Qoran"(2). De 1993 à 1998, l'équipe compile les éléments renforçant la démonstration : "un bédouin seul au milieu du désert d'Arabie il y a plus de quatorze siècles n'avait ni les moyens intellectuels, ni les outils techniques pour élaborer un système aussi complexe. Mieux : même avec des ordinateurs, il (Mohammed) ne serait pas arrivé à ce résultat", explique Frédéric Berjot. Un premier pas est franchi : "le Qoran est devenu un objet d'étude scientifique, et non plus purement théologique. Le caractère extraordinaire de cette oeuvre n'est plus soumis à une croyance. Il est posé telle une addition sur un tableau noir. Vérifiable par tous." (voir article "Rigueur scientifique" ci-dessous). Une méthode : la causalité Dès janvier 99, les travaux prennent une autre tournure. Tout commence par un sentiment de frustration : "Nous travaillions depuis six ans sur ces textes, explique Frédéric Berjot, nous avions accumulé des volumes entiers de données et d'observations répétitives et reproductibles. Mais pour quoi ? Il manquait le message". Le message, on le pressent. Et qui dit message dit déchiffrage, donc méthode à suivre. Il faut une indication. Pour comprendre, il faut revenir à l'origine, au début, au départ du Qoran. L'origine, tel était le mot-clé, et c'est encore Farid Gabteni qui va le trouver. La réponse était au début du Qoran. Le pas décisif est franchi : après avoir établi scientifiquement le caractère extraordinaire de la structure du Qoran, le chercheur met à jour un sens à toute cette cohérence. La structure n'est pas une fin en soit, elle se met à "parler", les chiffres et les mots résonnent. "En un mot, la lettre devenait vivante", résume Frédéric Berjot. Abraham, le premier scientifique En revenant à l'origine, Farid Gabteni suit l'exemple d'Abraham. "Le Soleil se lève à l'Occident - Science pour l'Heure" propose une analyse exhaustive de la description du Patriarche dans le Qoran. Ce dernier passe sa vie à rechercher la raison d'être de toute chose. Il est sûr que toute question a sa réponse. Pour cela il procède par "argumentation", soumettant systématiquement ses hypothèses à la critique. S'inspirant de ce modèle, l'auteur de "Le Soleil se lève à l'Occident - Science pour l'Heure" ne présente pas une observation sans l'argumenter. Chaque élément est présenté de manière claire et vérifiable. Le message s'impose alors. "Chacune des découvertes faites par Farid Gabteni était reprise par ses assistants, explique Ahmed Hadjadj-Aoul. Tout nouvel élément mis à jour et qui paraissait hors contexte lui était exposé, il en examinait tous les aspects, finissait par l'identifier et l'inserrait alors à sa place dans le puzzle". L'intuition n'est jamais absente de la recherche scientifique. Elle y préside souvent. L'inspiration a joué un rôle indéniable dans ces recherches. "Elle représente la part de la foi dans le raisonnement de Farid Gabteni, note Frédéric Berjot. C'est l'exemple de ce qui conduit à lier, et donc à voir que le 19ème chapitre du Qoran a pour titre "Marie", et que celle-ci est citée 19 fois dans le Nouveau Testament (dans le texte canonique grec)". Transcendance du langage Devant ces découvertes, le scientifique pointe du doigt un nouveau phénomène. La structure numérique se renforce d'observations linguistiques. Les chercheurs découvrent ainsi une quantité de correspondances phonétiques et sémantiques entre l'arabe, l'hébreu et le français (voir article "Quoi de neuf dans le 9 ?" ci-après). Structure du Qoran mise à jour dans "Le Soleil se lève à l'Occident - Science pour l'Heure". "Le plus surprenant est que ces adéquations ne résultent pas d'emprunts, reprend le linguiste Ahmed Hadjadj-Aoul, ce dont rend habituellement compte l'étymologie. Ainsi, comment expliquer l'équivalence entre l'arabe "afela" et le français "a filé", ou encore entre "'atiq" et "antique", "'azala" et "isolé"?"… L'étymologie tient une large place dans les travaux de l'équipe, où elle est poussée à l'extrême. Mais elle n'explique pas tout. Par exemple : le mot "français" vient de "franc", signifiant "parler ouvertement, en toute clarté, sans réticence". Et en arabe, le mot "arabe" vient de "i'rab", ayant strictement le même sens. Il n'existe à cela aucune explication étymologique. Une illustration, selon l'auteur, "de la transcendance du langage, au-delà de la barrière des langues" (3). "STRUCTURES NUMERIQUES ET LINGUISTIQUES" Pourquoi le français ? "Ce qui a été mis en évidence, principalement entre l'arabe et le français, laisse supposer l'existence de phénomènes similaires dans d'autres langues, note Ahmed Hadjadj-Aoul. Nous n'avons fait qu'observer et constater un phénomène qui nous dépasse. Mais il correspond à une réalité tangible, sur le plan linguistique comme sur le plan mathématique". De l'origine à la fin des temps Résumons-nous : les travaux de Farid Gabteni et son équipe mettent en lumière une structure numérique et un phénomène linguistique dans un livre vieux de plus de quatorze siècles. Personne n'avait vu le (ou les) phénomène(s), et "pas une lettre n'a été rajoutée au Qoran pour pouvoir aujourd'hui le déchiffrer"(3). Mais quel est ce message ? En deux mots, "le Qoran confirme, preuves scientifiques à l'appui, l'annonce messianique contenue dans les différentes Ecritures ; en particulier celles des trois religions monothéistes", explique Ahmed Hadjadj-Aoul. "Le Hasard Programmé - Le miracle scientifique du Qoran"(2) mettait déjà en exergue Marie et son fils. Le rapprochement était fait, par exemple, entre la prépondérance des observations portant sur le 19 et le titre du 19ème chapitre du Qoran : "Marie". "Le Soleil se lève à l'Occident - Science pour l'Heure" va plus loin : le message caché du Qoran véhicule l'annonce de l'avènement de Jésus. La nouveauté tient à la profusion des observations le désignant comme personnage-clé de l'Heure, c'est-à-dire de la fin des temps… Telle est l'explication du titre de l'ouvrage. Dans le Qoran, Jésus est en effet désigné comme "une science pour l'Heure" (Qoran, 43/61). "Mondes inconnus" Jésus n'était chez les musulmans qu'un signe de l'Heure. Il devient, avec "Le Soleil se lève à l'Occident - Science pour l'Heure", un pilier de la révélation qoranique et l'événement principal de la résurrection. Quant aux Chrétiens, n'ignorant pas que Jésus est désigné dans le Qoran comme le fils de la vierge Marie et le messager de Dieu, ils étaient loin de s'imaginer que le Qoran affirmerait aussi spectaculairement son importance. Malgré tout, celui-ci reste "le Dire du Vrai dans lequel ils exagèrent" (Qoran, 19/34). Le message révélé par l'étude le confirme : Jésus n'est ni Dieu ni son fils, mais un prophète et un messager d'une envergure spéciale. Le Judaïsme n'est pas en reste. Le message du Qoran est une confirmation du messianisme contenu dans la Torah et le Talmud, la loi écrite et la loi orale auxquelles doit adhérer tout juif se disant croyant. Le Qoran affirme cependant et sans équivoque que le Messie attendu par Israël s'est déjà présenté à eux. Il n'est autre que Jésus fils de Marie. Pluridisciplinaire, "Le Soleil se lève à l'Occident - Science pour l'Heure" est donc une compilation de travaux innovateurs, exposés avec clarté et érudition. Il donne au scientifique et au profane de nouvelles perspectives pour découvrir et déchiffrer des mondes inconnus, des mondes plus familiers qu'ils ne croient. Les prochaînes éditions seront consacrées à l'imbrication des lectures de Hafs, Warch et Qalun. Les onze autres lectures suivront. ______________________________ (1) Farid Gabteni, "Le Soleil se lève à l'Occident - Science pour l'Heure", 1ère éd., CIRS, Paris, juillet 1999 - 2ème éd., Al Bouraq, Beyrouth, novembre 1999 - 3ème éd., Al Bouraq, Paris, mars 2000. (2) Farid Gabteni, "Le Hasard Programmé, le miracle scientifique du Qoran", 1ère édition : La VI, Paris, 1997 - 2ème édition : La VI, Paris, 1998 - 3ème édition : CIRS, Paris, 1999. (3) In Farid Gabteni, "Le Soleil se lève à l'Occident - Science pour l'Heure", 1ère éd., CIRS, Paris, juillet 1999 - 2ème éd., Al Bouraq, Beyrouth, novembre 1999 - 3ème éd., Al Bouraq, Paris, mars 2000. |