L'argent sale dans l'économie americaine : 10% du PIB serait d’origine douteuse


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Vieux 05/05/2003, 03h05
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Le poids de l’argent sale dans l’Economie américaine


10% du PIB serait d’origine douteuse

Aux Etats-Unis, la marijuana, la pornographie et le travail au noir ont été derrière l’émergence d’un un marché parallèle qui représente selon les chiffres disponibles actuellement 10% de l’économie américaine. C’est ce qui ressort d’une étude publiée par l’activiste américain Eric Schlosser (*) dans laquelle il affirme que l’argent liquide rapporté par la culture de la marijuana dépasse de loin les recettes de la culture de maïs et les revenus de l’industrie pornographique sont les mêmes que les rentrées du box-office hollywoodien.
Selon cette étude intitulée "Reefer madness : sex, drugs and cheap labour" dont les volets principaux ont été publiés par "The Guardian", en dépit des lois sanctionnant la culture de la marijuana, plus rigoureuses dans certains États que celles qui punissent les assassins, les dépenses des Américains pour se procurer de la drogue sont supérieures à ce qu’ils dépensent sur les cigarettes. Ce non respect des lois en vigueur est également constaté en matière de pornographie. Selon l’étude, malgré la désapprobation officielle de cette industrie, les Etats-Unis sont leaders en matière d’exportation de matériel pornographique notamment des vidéos explicites.
L’analyse des fluctuations faite par Eric Schlosser indique, que malgré le fait que l’économie formelle des Etats-Unis eut connu une mauvaise conjoncture, l’économie parallèle a enregistré pour sa part une hausse des chiffres sans précédent. L’actuelle prospérité du marché informel qui rappelle les jours heureux du marché noir sous la prohibition des années 30 est due selon Schlosser à trois facteurs. Le premier est que pendant trois décennies aucun secteur agricole n’a connu un envol pareil à celui de la culture de marijuana. Le deuxième est que le tiers de la population âgée de plus de 12 ans fume de l’herbe. Le troisième point est que les revenus de la culture de la marijuana sont nettement supérieurs à ceux du maïs par exemple.
Pour ce qui est du profil des cultivateurs, Schlosser se bat contre les stéréotypes qui veulent dépeindre ces derniers comme étant de vieux hippies vivant en Californie du nord ou à Hawaï. La marijuana est cultivée en tant que plante d’intérieur ou dans le jardin par des personnes appartenant à la classe moyenne. Selon les estimations, quelque 3 millions d’Américains cultivent la marijuana, la plupart pour leurs besoins personnels ou de leurs amis. Le chiffre de ceux qui la cultivent pour en vivre est entre 100.000 et 200.000 personnes.
Les lois sont pourtant sévères, en 2001, 724.000 personnes ont été arrêtées pour des contraventions en relation avec la marijuana et quelque 50.000 sont en prison. Les personnes qui cultivent cette herbe à des fins commerciales peuvent écoper de peines parfois plus longues que celles auxquelles sont condamnés les auteurs de meurtres. Malgré cela 89% des lycéens affirment n’avoir aucun problème à obtenir le pot.
Concernant l’industrie pornographique, le nombre annuel des vidéos produites aux Etats-Unis s’est multiplié par 10 de 1985 à 2001. Le matériel pornographique qu’l soit destiné à la vidéo, à Internet ou à la télévision par câble est susceptible de générer quelque 10 billions de dollars. Un chiffre égal aux rentrées du box-office américain. Toujours selon l’étude d’Eric Schlosser, 211 nouveaux films sont produits chaque semaine. Outre les médias classiques, Internet est devenu une aubaine pour les producteurs du matériel pornographique. Alors qu’en 1997, les sites porno étaient de 22.000 leur nombre est désormais 300 000 sites sinon plus.
L’autre aspect de l’économie parallèle abordé par Schlosser est le travail au noir. Les 8 millions d’immigrés clandestins travaillent au noir et sont payés en espèces. La plupart d’entre eux vivent dans la précarité notamment dans la Californie qui absorbe le flot d’immigrants méxicains.


(*) Eric Schlosser est un activiste américain connu pour son combat contre le fast-food. Il a déjà publié : Fast food Nation : Dark Side of the all-American Meal et The pleasurses of slow food : celebrating traditions, flavors and recipes.

Fatima MOHO, Liberation (maroc) 4 mai 2003
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