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Vieux 11/05/2005, 13h24
 
Date d'inscription: mai 2005
Messages: 1
Par défaut A qui profite le terrorisme?

A qui profite le terrorisme ?

La guerre menée par le terrorisme islamiste, telle quelle
est présentée par les responsables gouvernementaux, par les médias, par les
forces de polices et par les terroristes eux-mêmes contre leurs adversaires
déclarés, est tout à fait invraisemblable.

L'exaltation idéologique peut conduire à toutes sortes de
crimes, et l'héroïsme individuel comme les assassinats en série appartiennent à
toutes les sociétés humaines. Ces sortes de passions ont contribué depuis
toujours à construire l’histoire de l’humanité à travers ses guerres, ses
révolutions, ses contre-révolutions. On ne peut donc être surpris qu’un
mitrailleur, un kamikaze ou un martyre commettent des actes dont les résultats
politiques seront exactement opposés à ceux qu’ils prétendent rechercher, car
ces individus ne sont pas ceux qui négocient sur le marché des armes,
organisent des complots, effectuent minutieusement des opérations secrètes sans
se faire connaître ni appréhendés avant l’heure du crime.

Quoiqu’elle veuille s’en donner l’allure, l’action
terroriste ne choisit pas au hasard ses périodes d’activités, ni selon son bon
plaisir ses victimes. On constate inévitablement une strate périphérique de
petits terroristes islamistes, dont il est toujours aisé de manipuler la foi ou
le désir de vengeance, et qui est, momentanément, tolérée comme un vivier dans
lequel on peut toujours pécher à la commande quelques coupables à montrer sur
un plateau : mais la « force de frappe » déterminante des
interventions centrales ne peut-être composée que de professionnels ; ce
que confirme chaque détails de leur style.

L’incompétence proclamée de la police et des services de
renseignements, leurs mea-culpa récurrent, les raisons invoquées de leurs
échecs, fondées sur l’insuffisance dramatique de crédits ou de coordination, ne
devraient convaincre personne : la tâche la première et la plus évidente
d’un service de renseignements est de faire savoir qu’il n’existe pas ou, du
moins, qu’il est très incompétent, et qu’il n’y a pas lieu de tenir compte de
son existence tout à fait secondaire (et ce sont-là ses premières ressemblances
avec la Mafia). Pourtant, ces services sont mieux équipés techniquement
aujourd’hui qu’ils ne l’ont jamais été.

Tout individu notoirement ennemi de l’organisation sociale
ou politique de son pays, et, d’avantage encore, tout groupe d’individus
contraint de se déclarer dans cette catégorie est connu de plusieurs services
de renseignements. De tels groupes sont constamment sous surveillance. Leurs
communications internes et externes sont connues. Ils sont rapidement infiltrés
par un ou plusieurs agents, parfois au plus haut niveau de décision, et dans ce
cas aisément manipulable. Cette sorte de surveillance implique que n’importe quel attentat terroriste ait été pour le moins permis par les services chargés de la
surveillance du groupe qui le revendique, parfois encore facilité ou aidé
techniquement lorsque son exécution exige des moyens hors d’atteinte des
terroristes, ou même franchement décidé et organisé par ces services eux-mêmes.
Une telle complaisance est ici tout à fait logique, eu égard aux effets
politiques et aux réactions prévisibles de ces attentats criminels.

Le siècle dernier, l’histoire du terrorisme a démontré qu’il
s’agit toujours, pour une faction politique, de manipuler des groupes
terroristes en vue de provoquer un revirement avantageux de l’opinion publique
dont le but peut être de renforcer des dispositifs policiers pour contrer une
agitation sociale, présente ou prévisible, ou de déclancher une opération
militaire offensive, et son cortège d’intérêts économiques, à laquelle s’oppose
la majorité de la nation.


Allemagne 1933 : Hitler


Le 30 janvier 1933, Hitler est nommé chancelier d’Allemagne
et chef du pouvoir exécutif. Pourtant, deux adversaire potentiels sont encore
devant lui : le Reichstag, qui vote les lois, arrête le budget et décide
la guerre, ainsi que le parti communiste allemand, qui, dans le marasme
économique de l’époque, pouvait se relever inopinément et constituer un
dangereux concurrent. Le 22 février, Goering, alors président du Reichstag
attribue aux S.D. (Sicherheitsdienst : Service de renseignements de sûreté) des
fonctions de police auxiliaire. Le 23, la police perquisitionne au siège du
parti communiste et y « découvre » un plan d’insurrection armée avec
prises d’otages, multiples attentats et empoisonnements collectifs. Le 27
février, un militant gauchiste s’introduit sans difficultés dans le Reichstag
et, avec quelques allumettes, y provoque un incendie. Le feu s’étend si
rapidement que le bâtiment est détruit. Tous les experts, techniciens et
pompiers, ont témoigné qu’un tel incendie ne pouvait être l’œuvre d’un seul
homme. Bien après la guerre, d’anciens nazis confirmeront le rôle des S.D. dans
cet attentat. Dès le lendemain de l’incendie, plusieurs milliers d’élu et de
militants communistes sont arrêtés, l’état d’urgence décrété, le parti
communiste interdit. Quinze jours plus tard les nazis remportent les élections
au Reichstag, Hitler obtient les pleins pouvoirs et, dès juillet 1933, interdit
tous les autres partis.


Italie 1970 : les Brigades rouge


Au cours des années septante, l’Italie était au bord d’une
révolution sociale. Grèves, occupations d’usines, sabotage de la production,
remise en question de l’organisation sociale et de l’Etat lui-même ne
semblaient plus pouvoir être jugulé par les méthodes habituelle de la
propagande et de la force policière. C’est alors que des attentats terroristes,
destinés à provoquer de nombreuses victimes, et attribués à un groupe
« révolutionnaire », les Brigades Rouges, sont venu bouleverser
l’opinion publique italienne. L’émotion populaire permit au gouvernement de prendre
diverses mesures législatives et policières : des libertés furent
supprimées sans résistance, et de nombreuses personnes, parmi les plus actives
du mouvement révolutionnaire, furent arrêtées : l’agitation sociale était
enfin maîtrisée. Aujourd’hui, les tribunaux eux-mêmes reconnaissent que la CIA
était impliquée, de même que les services secrets italiens, et que l’Etat était
derrière ces actes terroristes.

USA 1995 : Timothy Mc Veigh



Le 19 avril 1995, un vétéran de la première guerre du Golfe,
Timothy Mc Veigh, lance contre un bâtiment du FBI, à Oklahoma City, un camion
chargé d’engrais et d’essence. Le bâtiment s’effondre et fait cent
soixante-huit victimes. Au cours de l’instruction, Mc Veigh a déclaré avoir été
scandalisé par l’assaut donné par le FBI, deux ans plus tôt, à une secte d’adventiste à Wacco, dans le Texas. Assaut au cours duquel périrent plus de quatre-vingt membres de la secte, dont vingt-sept enfants. Révolté par ce crime, Mc Veigh était donc parti en guerre, seul, contre le FBI. Et au terme de son procès, largement médiatisé, il a été exécuté, seul, par une injection mortelle, devant les caméras américaines.


Après l’attentat, 58 % des Américains se sont trouvés
d’accord pour renoncer à certaine de leur liberté afin de faire barrage au
terrorisme. Et dans l’effervescence populaire entretenue par les médias, le
président Clinton du signer le consternant antiterrorism Act autorisant
la police à commettre de multiples infractions à la constitution américaine.


Au vu des ravages causés par l’attentat, Samuel Cohen, le père de la bombe à neutrons, avait affirmé : « Il est absolument impossible, et contre les lois de
la physique, qu’un simple camion remplis d’engrais et d’essence fassent
s’effondrer ce bâtiment. » Deux experts du Pentagone étaient même venu
préciser que cette destruction avait été « provoquée par cinq bombes
distinctes », et avaient conclu que le rôle de Mc Veigh dans cet attentat
était celui de « l’idiot de service ».


Au cours de son procès, Mc Veigh a reconnu avoir été
approché par des membres d’un « groupe de force spéciales impliquées dans
des activités criminelles ». Le FBI ne les a ni retrouvé, ni recherchés.
Mais dans cette affaire, la police fédérale a dissimulé tant d’information à la
justice qu’au cours de l’enquête, l’ancien sénateur Danforth a menacé le
directeur du FBI d’un mandat de perquisition, mandat qu’il n’a pu
malheureusement obtenir. L’écrivain Gore Vidal affirme, dans son livre La
fin de la liberté : vers un nouveau totalitarisme, sans hésiter :
« Il existe des preuves accablantes qu’il y a eu un complot impliquant des
milices et des agents infiltrés du gouvernement afin de faire signer à Clinton
l’antiterrorism Act.



USA : 11/9

La situation mondiale exige l’ouverture continuelle de
nouveaux marchés et demande à trouver l’énergie nécessaire pour faire
fonctionner la production industrielle en croissance constante. Les immenses
réserve des pays arabes, et la possibilité des se les approprier, d’acheminer
cette énergie à travers des zones contrôlées, font désormais l’objet de
conflits entre les USA, décidés à asseoir leur hégémonie, et les autres pays
d’Europe et d’Asie. S’emparer de telles réserves aux dépends du reste du monde
exige une suprématie militaire absolue et d’abord une augmentation considérable
du budget de la défense. Mesures que la population américaine n’était, il y a
quelques années encore, aucunement disposée à entériner. Le 11 janvier 2001, la commission Rumsfeld évoquait qu’un « nouveau Pearl Harbour constituera
l’évènement qui tirera la nation de sa léthargie et poussera le gouvernement
américain à l’action.»


Les services de renseignements américains, qui prétendaient
tout ignorer de l’attentat du 11 septembre, étaient si bien averti dans les
heures qui ont suivi, qu’ils pouvaient nommer les responsables, diffuser des
comptes rendus de communications téléphonique, des numéros de carte de crédit, et même retrouver inopinément le passeport intact d’un des pilotes terroristes dans les ruines fumantes des deux tours, permettant ainsi de l’identifier ainsi que ses présumés complices. La version des autorités américaines, aggravée plutôt qu’améliorée par cent retouches successives, et que tous les commentateurs se sont fait un devoir d’admettre en public, n’a pas été un seul instant croyable. Son intention n’était d’ailleurs pas d’être crue, mais d’être la seule en vitrine.

Le pouvoir est devenu si mystérieux qu’après cet attentat,
on a pu se demander qui commandait vraiment aux Etats-Unis, la plus forte
puissance du monde dit démocratique. Et donc, par extension, on peut se
demander également qui peut bien commander le monde démocratique ?

Démocratie : Etat et Mafia


La société qui s’annonce démocratique semble être admise
partout comme étant la réalisation d’une perfection fragile. De sorte qu’elle
ne doit plus être exposée à des attaques, puisqu’elle est fragile ; et du
reste n’est plus attaquable, puisque parfaite comme jamais société ne fut.
Cette démocratie si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi :
le terrorisme. L’histoire du terrorisme est écrite par l’Etat, elle est donc
éducative. Les populations ne peuvent certes pas savoir qui se cache derrière
le terrorisme, mais elles peuvent toujours en savoir assez pour être persuadées
que, par rapport à ce terrorisme, tout le reste devra leur sembler plutôt
acceptable, en tout cas plus rationnel et plus démocratique.


On se trompe chaque fois que l’on veut expliquer quelque
chose en opposant la Mafia à l’Etat : ils ne sont jamais en rivalité. La
théorie vérifie avec efficacité ce que toutes les rumeurs de la vie pratique
avaient trop facilement montré. La Mafia n’est pas étrangère dans ce
monde ; elle y est parfaitement chez elle, elle règne en fait comme le
parfait modèle de toutes les entreprises commerciales avancées.



La Mafia est apparue en Sicile au début du XIXe siècle, avec
l’essor du capitalisme moderne. Pour imposer son pouvoir, elle a du convaincre
brutalement les populations d’accepter sa protection et son gouvernement
occulte en échange de leur soumission, c’est-à-dire un système d’imposition
directe et indirecte (sur toutes les transactions commerciales) lui permettant
de financer son fonctionnement et son expansion. Pour cela, elle a organisé et exécuté systématiquement des attentats terroristes contre les individus et les
entreprises qui refusaient sa tutelle et sa justice. C’était donc la même
officine qui organisait la protection contre les attentats et les attentats
pour organiser sa protection. Le recours à une autre justice que la sienne
était sévèrement réprimé, de même que toute révélation intempestive sur son
fonctionnement et ses opérations.



Malgré ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas la Mafia
qui a subvertit l’Etat moderne, mais ce sont les Etats tyranniques qui ont
concocté et utilisé les méthodes de la Mafia. Tout Etat moderne contraint de
défendre son existence contre des populations qui mettent en doute sa
légitimité est amenée à utiliser à leur encontre les méthodes les plus
éprouvées de la Mafia, et à leur imposer ce choix : terrorisme ou
protection de l’Etat.


Mais il n'y a rien de nouveau à tout cela. Thucydide
écrivait déjà, 400 ans avant Jésus-Christ, dans La guerre du Péloponnèse :
" Qui plus est, ceux qui y prenaient la parole étaient du complot et
les discours qu'ils prononçaient avaient été soumis au préalable à l'examen de
leurs amis. Aucune opposition ne se manifestait parmi le reste des citoyens,
qu'effrayait le nombre des conjurés. Lorsque que quelqu'un essayait malgré tout
des les contredire, on trouvait aussitôt un moyen commode des les faire mourir.
Les meurtriers n'étaient pas recherchés et aucune poursuite n'était engagée
contre ceux qu'on soupçonnait. Le peuple ne réagissait pas et les gens étaient
tellement terrorisés qu'ils s'estimaient heureux, même en restant muet,
d'échapper aux violences. Croyant les conjurés bien plus nombreux qu'ils n’étaient,
ils avaient le sentiment d'une impuissance complète. La ville était trop grande
et ils ne se connaissaient pas assez les uns les autres, pour qu'il leur fût
possible de découvrir ce qu'il en était vraiment. Dans ces conditions, si
indigné qu'on fût, on ne pouvait confier ses griefs à personne. On devait donc
renoncer à engager une action contre les coupables, car il eût fallut pour cela
s'adresser soit à un inconnu, soit à une personne de connaissance en qui on
n'avait pas confiance. Dans le parti démocratique, les relations personnelles
étaient partout empreintes de méfiance, et l'on se demandait toujours si celui
auquel on avait à faire n'était pas de connivence avec les conjurés".


La société moderne qui, jusqu'il y a peu, allait de succès
en succès, et s'étaient persuadée qu'elle était aimée. a du renoncer depuis
lors à ces rêves ; elle préfère maintenant être redoutée. Elle sait bien que
"son air d'innocence ne reviendra plus".


Ainsi, les manipulations générales en faveur de l'ordre
établi sont devenues si denses qu'elles s'étalent presque au grand jour. Pourtant,
les véritables influences restent cachée, et les intentions ultimes ne peuvent
qu'être assez difficilement soupçonnée, presque jamais comprises. De sorte que,
sous la démocratie, on vit et on meurt au point de confluence d'un très grand
nombre de mystères.

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