la FIFA insatisfaite


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Vieux 24/05/2005, 07h35
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Par défaut la FIFA insatisfaite

(Le Monde 18/05/2005)



Nouveau sursis pour la Fédération internationale de football (FIFA). A l'issue de son conseil de fondation, réuni lundi 15 mai, à Montréal, l'Agence mondiale antidopage (AMA) a accordé un délai, jusqu'en septembre, à la FIFA pour se conformer au code mondial antidopage. "La FIFA n'applique pas le code, explique Richard Pound. Il est évident qu'elle n'a pas modifié ses règles disciplinaires pour le rendre applicable."

Le base-ball favorable aux règles de l'AMA
Bud Selig, le patron de la Ligue professionnelle de base-ball (MLB), milite auprès de ses homologues des autres ligues sportives américaines afin de durcir les règlements antidopage, à la veille d'une rencontre avec des membres du Congrès, qui entendent légiférer sur le sujet.

Bud Selig, dont le sport a été affecté par plusieurs scandales récents, a longtemps été opposé au projet de l'Agence mondiale antidopage (AMA) de renforcer la lutte antidopage dans les sports professionnels américains, avant de changer d'avis.

Le projet de loi d'un "sport libéré du dopage" , présenté par Cliff Stearns, président de la Commission ad hoc du Congrès, a pour but de renforcer les sanctions et d'appliquer les règlements de l'AMA pour ce qui concerne les contrôles dans des disciplines dont le laxisme a souvent été stigmatisé par l'Agence.

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"Lors de l'assemblée générale de l'Asoif (Association des fédérations internationales des sports olympiques d'été) du 27 avril, à Berlin, le directeur général de l'AMA, David Howman, a notamment déclaré que les 28 disciplines au programme des Jeux d'été, y compris le football, étaient en conformité avec l'AMA" , a réagi Joseph Blatter, le président de la FIFA, mardi 17 mai, dans un communiqué.

L'AMA, qui ne possède pas de pouvoir coercitif, a toutefois menacé la plus grande fédération sportive du monde de représailles si elle n'apportait pas de changements à son règlement antidopage avant son congrès annuel, à Marrakech, en septembre. "Le mouvement olympique, en vertu de sa charte, peut retirer du programme des Jeux un sport qui ne respecte pas le code" , explique le patron de l'AMA. Autrement dit, le football pourrait être absent des JO de Pékin, en 2008.

La menace avait déjà été agitée avant les Jeux d'Athènes, en août 2004 * date à laquelle les fédérations sportives devaient théoriquement se mettre en conformité avec le code *, mais elle n'avait pas été mise à exécution. La pression pourrait aussi venir des gouvernements. "L'Allemagne, qui va adopter le code, pourrait décider d'interdire les matches de football sur son territoire" , suggère Dick Pound, qui, avant la tenue du comité exécutif de l'AMA, avait laissé entendre que la FIFA mettait en péril la Coupe du monde 2006 par son refus d'appliquer le code mondial antidopage. Sous l'égide de l'Unesco, les Etats doivent adopter le code avant les Jeux d'hiver de Turin, en février 2006.

Jeudi 26 mai, une délégation de la FIFA emmenée par le président de sa commission médicale, le Belge Michel D'Hooghe, doit rencontrer le ministre des sports du Luxembourg, Jeannot Krecké, dont le pays assure la présidence de l'Union européenne et qui représente les Etats membres de l'Union au conseil de fondation de l'AMA. Ils devraient aborder les quatre points sur lesquels l'Agence antidopage souhaite que la FIFA modifie ses règles. La principale concerne les sanctions : l'AMA exige que la FIFA applique les deux ans de suspension automatique prévus par le code, et non une sanction minimale de 6 mois comme c'est encore souvent la norme.

Concernant la gestion individuelle des cas, l'AMA exige que la FIFA cesse de prendre en considération des éléments tels que l'âge ou la situation personnelle du joueur. Par ailleurs, l'AMA déplore de ne pas être légitimée à interjeter appel des décisions rendues par la FIFA ou une association nationale. Enfin, elle demande à se voir reconnaître la possibilité de contester une autorisation à usage thérapeutique (AUT) délivrée par la FIFA ou de faire appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).

A la FIFA, on précise que ces "particularités" avaient été reconnues par Dick Pound lors du congrès du centenaire de la fédération, organisé il y a tout juste un an, à Paris. "Tout le monde devrait relire le document que Richard Pound a signé lors de notre congrès à Paris" , exhorte Michel D'Hooghe. La FIFA n'a approuvé le code que sur la base de ce texte. "Dans ladite déclaration, la FIFA affirmait son "respect du code" en contrepartie de l'engagement de l'AMA à "respecter l'autonomie des fédérations sportives internationales, dont la FIFA"."

Richard Pound n'a pas la même interprétation des engagements pris à Paris. "La FIFA a adopté le code sans réserve et à l'unanimité lors de son congrès, assure le Canadien. Avant le vote, j'avais expliqué que le code traitait chaque cas de dopage de façon individuelle et qu'il prévoyait des sanctions pouvant aller de 0 à 2 ans."

Sous la pression de la plus haute instance dirigeante du football, l'AMA avait introduit dans le code, lors de sa rédaction, à Copenhague, en 2003, la notion de "circonstances exceptionnelles" , qui permet de déroger à l'automaticité des deux ans de suspension pour un premier contrôle positif et mis en place un groupe de travail pour permettre aux fédérations de sports collectifs d'examiner individuellement les cas de dopage jusqu'en 2005.

"Nous avons travaillé avec la FIFA, nous avons rencontré ses dirigeants une douzaine de fois pour les aider à adapter leurs règles au code" , précise, las, le patron de l'AMA. "Aucune exception ne sera faite pour la FIFA, avertit Richard Pound. C'est une question de principe : le code, c'est le code. On l'accepte ou on ne l'accepte pas, mais on ne l'aménage pas."

"La FIFA n'a aucune leçon à recevoir en matière de lutte antidopage, surtout de gens qui ne possèdent pas 10 % de notre expérience dans le domaine, estime Michel D'Hooghe. Nous avons été les premiers à mettre en place une infrastructure contre le dopage, en 1950. Nous avons mis des médecins au service de l'AMA. Et, rien que cette année, nous avons réalisé 22 500 contrôles." Dans son communiqué, Joseph Blatter ajoute que "la FIFA est plus stricte dans ses sanctions et prévoit pour tout délit de dopage (...) une suspension pouvant aller de six mois au moins à une suspension à vie." Dans les faits, les sanctions excèdent rarement six mois.

Stéphane Mandard
Article paru dans l'édition du 19.05.05





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