L’esclave ne l’entendit pas de cette oreille…


Précédent   Bladi.net > Culture > Forum Culturel



Réponse
 
Outils de la discussion Modes d'affichage
  #1  
Vieux 10/05/2003, 01h05
Non membre
 
Messages: n/a
Par défaut L’esclave ne l’entendit pas de cette oreille…

Ce texte traite d’un passage sombre et tabou de l’histoire du Maroc, celui d’une coutume barbare importée de la contrée de Mahomet et imposée sur les terres de Tamazgha à savoir l’esclavage.

Attention ce texte, comporte parfois des scènes ou des expressions qui peuvent blesser certaines âmes sensibles.

______________________________ ____________________


Le chérif Moulay El Ghazouani Ben El Madani Ben Lmekki, descendant de la grande famille des Mekki (originaire de la Mecque) est un des grands caïds de la région du sud-est. Ils sont une famille de grands propriétaires terriens, caïds de père en fils depuis des générations. Son arrière grand père était caïd de Moulay al Hassan premier, son grand père caïd de Moulay Youssef et son père caïd de la France comme il est maintenant caïd de l’Istiqlal. C’est en ces termes qu’il l’expose à ses invités, certain et convaincu.

Sa fortune qui venait de loin dans l’histoire n’avait pas d’égale dans la région allant de djebel Al Ayachi à Merzouga. Des terres, des Ksours, des milliers d’ovins et autant de caprins, des centaines de camelins…
C’est qu’ils sont des gens de bien. Leur casbah a toujours été une forteresse de l’Islam dans le sud–est. Ils secouraient, ils aidaient, ils donnaient….

Moulay El Ghazouani Ben El Madani Ben El Lmekki, à l’image des Aït Boukil et des Naciri, ne laisse pas un musulman dans le besoin. Ses salons ne se vidaient jamais des Tolbas et des Oléma. Les gens de passage cependant, qui n’étaient ni Toulba ni Ouléma étaient hébergés dans les différentes mosquées qu’il avait construit dans plusieurs villages que traverse la grande route.

Il donnait sans compter et la Baraka de ses ancêtres était partout. Elle compensait tous ses dons et toutes ses largesses. Les brebis de Moulay El Ghazouani Ben El Madani Ben Lmekki donnaient jusqu’à six agneaux par portée et deux fois par an. Des palmiers qui ne donnent chez les autres ksouriens qu’au bout de quinze ans, portent dans les vergers de Moulay, de très belles dates dés la troisième année de leur transplantation. Des grappes de Mejhoul et des Bouzekri déposées à même le sol à la portée des rongeurs. Même les oiseaux n’osaient même pas toucher aux fruits des Madani. Il arrivait que pendant une forte invasion de crickets pèlerins, que des vergers soient sérieusement touchés. Mais la baraka était partout.partout.
Même pour ce qui est de ses esclaves.


A suivre

Réponse avec citation
  #2  
Vieux 10/05/2003, 16h37
Non membre
 
Messages: n/a
Par défaut L’esclave ne l’entendit pas de cette oreille…

Une armée d’esclaves pour garder et faire fructifier tout ce patrimoine. La Baraka n’épargnait même pas les esclaves des Madani dont la prolificité était légendaire.
Et la prolificité des « négresses » aidant, le « cheptel » des Madani touchait le millier d’âmes. Le plus grand « cheptel » d’esclaves de la région en tout cas. Moulay Lmadani était donc à la tête de la plus grosse fortune de la région. Et même pour les esclaves, ses ancêtres ne vendaient pas mais achetaient. Car c’était en nombre de têtes de bétail et d’esclaves que s’évaluaient la fortune et l’importance d’une famille.
Certains ont comme origine de lointains pays d’Afrique et se font toujours appeler Gnaoui (guinéen) ou Ismganen (sénégalais) ou Ihebchane (éthiopiens) ou soudani (soudanais). Ou tout simplement Aqbli (de la qibla).
Ils sont tous nasillards. Prononcent donc mal l’arabe, qui n’était pas leur langue d’origine, ils ne peuvent être ni muezzin ni imam, ni pouvoir psalmodier le coran en public. Laissera-t-on alors quelqu'un psalmodier : « Assanatou wa ssanamou aana nassounou nnah » ? Ce n’est plus du coran. C’est de la zizanie…Même le nom d’Allah, les « Iqblin » le prononcent Nnah.
Les cortèges funèbres portant leurs bières au cimetière ne comportaient que des Iqblin. Il arrivait même qu’un village de noir dépourvu de Taleb noir, soit acculé d’enterrer ses morts sans l’intervention salutaire d’un Fqih.
Seulement depuis que l’esclavage a été aboli, Moulay El Ghzouani ben Lmadani, tout comme son père ou son grand père avant lui, lutte contre des défections en masse. Il lui fallait à chaque fois trouver des remplaçants aux ouvriers d’une importante palmeraie.
Les « Iqbline » comme ils les appellent, quoique libres aux yeux de la loi, avaient toujours le comportement d’esclaves. Ils ne reniaient au maître aucun de ses anciens droits. Et plutôt que de s’établir dans la région, à la barbe des grands maîtres, ils ne pouvaient que s’évader sans laisser de traces. L’égalité pour eux est un leurre dont ils ne s’encombrent point. Comment en sera-t-il autrement alors que l’égalité n’arrive même pas à s’établir entre blancs eux-mêmes. Les « Iqbline » sont ainsi faits. Ils ne croient qu’à ce qu’ils ont vécu.

A suivre
Réponse avec citation
  #3  
Vieux 16/05/2003, 00h30
Non membre
 
Messages: n/a
Par défaut Re: L’esclave ne l’entendit pas de cette oreille…

Ceux qui restent au service de la grande famille n’avaient de la liberté, légalement octroyée, que celle de procréer et de choisir des prénoms de prophètes et de rois à leur progéniture.
Ils n’ont de droit, ni à la terre ni à l’eau d’irigation. Ils habitent des pièces en pisé là où le maître leur indique de construire. Ils s’occupent du cheptel du maître et ont le lait et le beurre, mais ne possèdent pas le bétail qu’ils soignent.
Ceci n’est pas particulier aux « iqblin »de Moulay Lmadani. Même libres et propriétaires de leur bétails et de leur palmeraies, dans tous les ksours ils vivent à part. Ils ont leurs habitudes, leurs fêtes et leurs «folklore ».

A la mosquée même, ils ne sont que tolérés et se relèguent d’eux même aux rangées les plus éloignées du « Imam ». Et il était fréquent de rencontrer des « iqbline » chassés des mosquées.
Des lieux de prière des noirs étaient bâtis un peu partout et le tour est joué.
Les masses liées économiquement au Maître consentantes et dévouées, lui accordaient en leur for intérieur, jusqu ‘au droit de mort et de vie sur leur personne. C’est croire si les gènes de l’esclavage s’étaient définitivement incrustés dans le plus profond de leur être.
Obéit, il en est fier. Exploité il n’en est pas conscient. Malade, c’est la volonté d’Allah. Maltraité ce sont ses œuvres. Tyrannisé il pardonne par conscience islamique. Certains se posent quand même des questions. L’excision leur vient des ancêtres les plus éloignés d’Afrique noire, la circoncision de l’Islam, mais la castration ? Elle ne doit leur venir que d’un peuple qui met son honneur entre les jambes des femmes. Ainsi prend t-il toute mesure quelque absurde soit-elle susceptible de sauver son honneur.

Jamais un serviteur ne s’est tenu assis devant Moulay Alghzouani Ben Lmadani Ben El Mekki. Même en palmeraie lorsqu’ils leur rendait visite dans leurs cabanes pour des affaires le concernant, tout le monde se mettait debout s’agglutinant devant lui les bras ballants, grands et petits, femmes et enfants. Habitués comme ils étaient d’être comptés ou triés pour être vendus. Jamais une main noire n’a serré la sienne.

Quand, un « honnête » chérif se permettait de reprocher à Moulay Alghzouani Ben Lmadani Ben El Mekki tout ce troupeau d’esclaves, celui là, se défendait et à raison que, légalement, selon la chariâa, que les esclaves aussi bien que leur progéniture, que l’islam avait trouvé dans cette condition, appartenaient de plein droit au maître.
Et c’est à lui de les affranchir, s’il le désire, ou ne pas les affranchir. Cela dépend de son bon vouloir et de ses relations avec le créateur. Les recommandations du bon Dieu sont claires disait-il : « tout bon musulman doit libérer ses esclaves ou le nombre dont il peut se passer. Acheter un esclave en vue de le libérer est également recommandé aux fidèles ».

Moulay Alghzouani Ben Lmadani Ben El Mekki disposait encore à l’heure de la démocratie, de plusieurs esclaves castrés. La également, malgré l’absence d’appuis solides en faveur de cette pratique, Moulay Alghzouani Ben Lmadani Ben El Mekki trouvait ses justifications dans la religion. Lorsqu’on lui rétorquait que le prophète avait formellement condamné la castration, il répondait que cela n’empêche pas des califes, des émirs, et des sultans du Hijaz de posséder des esclaves émasculés, pour servir leurs harems. Même des imams s’entouraient d’eunuques.

Il n’aimait et ne fréquentait que les Fqihs qui ne font aucune allusion aux esclaves. Il allait jusqu’à révoquer Tout Fqih qui défendait l’affranchissement des esclaves et leur égalité avec les maîtres. L’islam est contre toute forme de servitudes, que ce soit celle de l’homme, de la femme et de l’enfant.

- Comment as-tu pu dire cela. D’où l’as-tu eu ?
- Institution reconnue par le coran comme légale ?
- Oui Maître absolument, mais l’islam Monsieur dit que les mauvais traitements infligés aux esclaves non affranchis menaient tout droit à l’enfer.
- L’enfer c’est la où je vais t’envoyer tout de suite par cette chaleur torride et ce désert hostile. Fais donc tes bagages et va t’en. Que je ne te revoie plus sur mes terres.

Moulay Alghzouani Ben Lmadani Ben El Mekki, montrait toujours du doigt sa petite bibliothèque quand il parlait de “hadiths” et de paroles de “faqihs” mais ne s’avisait jamais d’en extraire un ouvrage et l’ouvrir. Et ceci pour deux raisons essentielles. La première est que la bibliothèque est accrochée au plus haut point du mur si loin au plafond qu’il va lui falloir prévoir une échelle pour redescendre des ouvrages. Et la seconde est que
Moulay Alghzouani Ben Lmadani Ben El Mekki, est analphabète.
A peine peut-il écrire son nom. Une signature pour lui est un acte fastueux et magistral, auquel il se prépare comme d’autres se prépareraient pour égorger et dépouiller le mouton de l’aïd. Il s’en passerait même dans ses oasis si ce n’est cette obligation de nouvelle, de signer des papiers pour l’administration.
- «Tenez » disait-il, « du temps même du prophète, l’adhésion d’un esclave à l’Islam, ne lui conférait cependant point le droit à la liberté ».

Moulay Alghzouani Ben Lmadani Ben El Mekki , professait, en connaisseur maitrisant la question que pour montrer aux personnes, le respect de notre propriété inaliénable sur nos esclaves, l’adhésion à l’islam n’est pas un visa vers l’affranchissement. Et pour conclure à l’intention de quelques incrédules il dit :
-« beaucoup de nègres islamisés étaient restés esclaves musulmans et non affranchis jusqu’à la fin de leur vie ». Et raclant sa gorge pour mieux se faire entendre, il entamait son réquisitoire contre l’abolition légale de l’esclavage dans le pays.
-« la liberté ne peut être obtenue que par le consentement du maître selon la chariâa » « l’Etat, conclut-il dépasse ses prérogatives et entache le divin. Il n’a qu’à libérer ses esclaves s’il en possède et n’a aucun droit de légiférer pour les nôtres, allant même à l’encontre de la chariâa ». « Un des signes de la fin des temps disait-il est quand des gamins venus des écoles de pays chrétiens se mettent à légiférer pour les musulmans ». Scandalisé, il ajouta : « nos esclaves eux-mêmes ne savent rien faire sans leurs maîtres ».

Voilà donc la thèse de Moulay Alghzouani Ben Lmadani Ben El Mekki, plus au moins partagée par les populations blanches du sud-est.

A suivre


Réponse avec citation
  #4  
Vieux 16/05/2003, 16h26
Non membre
 
Messages: n/a
Par défaut Re: L’esclave ne l’entendit pas de cette oreille…

Trés interessant ce texte, j'attend la suite :-)
Réponse avec citation
  #5  
Vieux 16/05/2003, 17h19
 
Date d'inscription: décembre 2002
Messages: 6 257
Par défaut Re: L’esclave ne l’entendit pas de cette oreille…

j'ai aime ce passage:


"... L’excision leur vient des ancêtres les plus éloignés d’Afrique noire, la circoncision de l’Islam, mais la castration ? Elle ne doit leur venir que d’un peuple qui met son honneur entre les jambes des femmes. Ainsi prend t-il toute mesure quelque absurde soit-elle susceptible de sauver son honneur."


le texte que j'ai mis en gras est une tres belle description de ce peuple dont les jeunes aujourd'hui discutent repetitivement la virginite des filles.
Réponse avec citation
  #6  
Vieux 16/05/2003, 22h59
Non membre
 
Messages: n/a
Par défaut suite

Les invités de Moulay El Ghzouani Ben EL Madani, étaient assis sur des divans faits de gros tapis de haute laine couvrant le sol. Et adossés aux murs de la pièce tapissée de Hanbel en pure laine multicolore œuvre des fines tisseuses de Siroua.

Moulay El Ghzouani Ben EL Madani, appela Bouirik et lui fit signe de la tête d’aller au jardin ramener un beau bouquet de menthe.

Bouirik Ould Qeddour est né et a grandi dans le ksar même et est dressé depuis son très jeune âge à servir dans les propres appartements de Ben El Maddani. Sa mission consistait à se tenir debout à l’entrée de la Masria, à la disposition du maître guettant le moindre de ses gestes.
Et quand celui-ci reçoit, les tâches qui lui sont dévolues sont claires et précises. Il les a apprises à force de les avoir exécutées des milliers de fois. Ramener tout le matériel à thé, surveiller la bouilloire qui frémit, et au signe du maître aller chercher un beau bouquet de menthe.
Bouirik sait que son maître accorde à la qualité de ce bouquet toute l’importance que peut avoir un bon verre de thé. Aussi en choisit-il les branches une à une comme une maîtresse de maison nipponne arrange un vase de fleurs. Bouirik maîtrise également tout changement à apporter à la constitution de ce bouquet selon les préférences saisonnières du maître. Il y joint quelques branches d’absinthe en hiver, au début du printemps quelques feuilles de verveine et au printemps de belles corolles blanches de fleurs d’oranger.

Au signal du maître Bouirik descendit les escaliers avec l’agilité d’un chat sauvage, quitta le ksar et disparut dans la verdoyante palmeraie. En de temps pour un chien d’arrêt pour rapporter le gibier tiré, Bouirik arriva au bas de la Masria, et présenta au Caïd-Atay (Maître du thé) son bouquet de menthe fleurie embaumant l’allée principale de la Kasbah. Le maître appela Ba Hammoud, le maître du thé et lui dit d’une voix d’airain :

- « jette cette botte de menthe et dis à Bouirik d’en chercher un autre ».

Sans trop savoir les raisons de cela, Ba Hammoud qui attendait ce bouquet depuis quelques instants alors que sur ses somptueux braseros les « Mqrach » d’eau bouillaient de plus belle. Leur jet de vapeur ardente échauderait grièvement toute main imprudente qui passerait à proximité.

- « Va chercher une autre botte et tout de suite » dit le maître du thé à l’esclave.

Celui-ci démarra en trombe sans pouvoir demander le pourquoi de la chose. C’est certainement son retard qui a mécontenté le maître et il cherchait la petite faucille dans l’herbe drue de la planche entamée. Maintenant qu’il avait la faucille sous la main, la commission ne sera que de courte durée. Il démarra donc avec l’avantage que représentent des pieds toujours nus adhérant au sol de la belle oasis. Afin de gagner même du temps il prit un raccourci qui l’obligea à sauter une murette en terre battue de plus de deux mètres de hauteur. C’est que l’agilité du jeune esclave, alliée à sa jeunesse et à son intrépidité ont été des atouts importants l’ayant élevé jusqu’au rang de servir à proximité immédiate du maître.

D’un bond, Bouirik arriva sur la planche de menthe entamée. Le maître était toujours à sa fenêtre, appuyé au grillage extérieur en fer forgé. Bouirik se mit à l’œuvre et en quatre petits coups de faucille amassa une importante botte de la précieuse menthe.
Il se redressa et comme d’habitude baissa la tête sur la botte de menthe et renifla profondément le baume paradisiaque de cette miraculeuse plante. Il redémarra en trombe et en un instant se trouva devant le Caïd-Atay.

A suivre
Réponse avec citation
  #7  
Vieux 16/05/2003, 23h20
 
Date d'inscription: décembre 2002
Messages: 6 257
Par défaut Re: suite

c'est bien raconte. la suite yuba.
Réponse avec citation
  #8  
Vieux 16/05/2003, 23h21
Avatar de Yazz
Mi-Femme Mi-Féline
 
Date d'inscription: décembre 2002
Messages: 20 352
Par défaut Re: suite

Eh bien ?! :-o
La suite s'il te plaît yuba ! :-)
Réponse avec citation
  #9  
Vieux 21/05/2003, 01h44
Non membre
 
Messages: n/a
Par défaut Re: L’esclave ne l’entendit pas de cette oreille…

Celui, qui avait déjà reçu les ordres du maître, présenta Bouirik devant les invités le bouquet de menthe toujours à la main.

-« Tekdit timijja a yankhouren n’ousserdoun » ?

Bouirik, blême comme si jamais il n’avait été noir, tremblait de tout son corps. Bouirik tout blanc ne répondait. Quatre esclaves dont le frère aîné du coupable, maintenaient déjà Bouirik par les mains, les épaules et la taille. Immobile devant le maître, il ne savait de quel crime on l’accusait.
Le maître déposa sa baguette sur les narines de Bouirik qui ont pris encore plus de largeur. Et à son signal, les tortionnaires mirent bouirik à genoux puis déposèrent une de ses oreilles sur le tapis berbère de haute laine rouge.

-« bissmilah a yaqbli » dit Moulay El Ghzouani Ben El Maddani, en se saisissant de la grosse bouilloire en cuivre rouge que lui tendait Caïd Atay. Moulay s’approcha du prosterné, tenant en sa main droite la bouilloire pleine d’eau brûlante et que de grandes quantités de charbon de bois de Tamarix rendait sifflante de vapeurs.

-« Amz'at » dit le maître en versant prestement le contenu de la bouilloire dans le contenu de l’oreille présentée à lui.

Bouirik poussa un cris de mort et battit longuement de tous ses membres tel un bœuf égorgé. Il poussa quelques râles avant de s’aplatir sur le beau tapis de Taznakht. Il s’apaisa après avoir reçu tout le contenu de la bouilloire dans la calebasse éclatée.

Le maître se retira après avoir jeté sur Bouirik la dernière botte de menthe qu’il avait le malheur de flairer dans le jardin. D’autres esclaves arrivèrent pour changer le tapis alourdis d’eau bouillante et de sang.

-« jetez le tapis souillé de sang de nègre dans l’Abeddouz » dit El Ghzouani Ben El Maddani Ben El Mekki à ceux qui débarrassaient le plancher. Puis se retourna, les yeux enflammés, vers les quatre esclaves portant Bouirik encore agonisant :

- « jetez le cadavre noir dans les fourrés de la petite oasis abandonnée et attachez tous mes chiens. Ils ne se nourrissent que de chaire blanche ».

Les invités ne purent que d’enchaîner la discussion précédemment entamée, sur les dégâts des inondations du Ziz et comment venir en aide à de pauvres familles de blancs dont tous les biens ont été emportés par le fleuve déchaîné.


Fin
Réponse avec citation
Réponse

Outils de la discussion
Modes d'affichage




Fuseau horaire GMT +2. Il est actuellement 21h31.



1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38