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| Quand on atteint l'apogée d'un système, il est sage de s'arrêter ou de faire autre chose. A l'occasion de la présentation du dernier opus de sa saga intergalactique, George Lucas a confirmé au Monde, dimanche 15 mai, qu'il arrêtait bel et bien La Guerre des étoiles et qu'il allait prendre des "vacances". Au programme de ces vacances : la mise en chantier d'un nouvel épisode d'Indiana Jones et la création d'une série télévisée "Star Wars". Côté travail, ce qui lui tient vraiment à coeur "c'est, maintenant, de réaliser des films d'auteur, plus expérimentaux, affirme-t-il. Des histoires plus émotionnelles, avec peu de de rôles. J'ai une quinzaine d'idées en tête, que j'ai accumulées depuis quarante ans." Le réalisateur de THX 1138 affirme "avoir gagné assez d'argent pour financer des films qui pourront en perdre. J'ai de quoi faire ces films pendant dix ans. J'aurai alors 70 ans" . George Lucas a justement fêté, samedi 14 mai, son soixantième anniversaire, à Cannes, en famille et avec une partie de l'équipe du film. "Avec un peu de chance, ajoute-t-il, si certains de ces films marchent bien, je pourrai continuer d'en réaliser jusqu'à 85 ans..." Sans doute plus, puisque, en trente ans, la saga de Star Wars a généré quelque 3,4 milliards de dollars de recettes, auxquels s'ajoutent 9 milliards de dollars provenant des produits dérivés. Celui qui a révolutionné le mode de production hollywoodien en multipliant ces produits dérivés autour des films (jouets, personnages, livres, jeux vidéo...) explique que "les recettes des films ne proviennent plus que pour moitié des salles de cinéma" . Quand on évoque les budgets pharaoniques de ses films, le père de Dark Vador rappelle qu'aussi bien D. W. Griffith que David O. Selznick ont dépensé des fortunes pour produire Intolerance ou Autant en emporte le vent... D'ailleurs, à ses yeux, "l'arrivée des blockbusters dans l'économie du cinéma américain a favorisé l'éclosion des multiplexes et, par conséquent, a permis aux plus petits films d'exister". Il se souvient aussi, à la sortie du premier épisode de Star Wars, avoir "donné neuf entretiens à des journaux américains et participé à une seule émission télévisée. A l'époque, il n'y avait que les Cahiers du cinéma, au niveau mondial, comme véritable magazine de cinéma" . Les choses ont bien changé puisque, à la conférence de presse que George Lucas donnait dimanche, plus d'une centaine de journalistes ont été refoulés faute de place... "menaces contre la démocratie" Il en a profité pour parler un peu de politique. Avec La Revanche des Sith, il a voulu montrer comment "une démocratie devient une dictature, comment quelqu'un de bon pouvait devenir mauvais (...). J'ai beaucoup étudié l'histoire, a-t-il poursuivi, la période de l'Empire romain, et essayé de comprendre pourquoi après avoir assassiné César le pouvoir a été donné à son neveu ; pourquoi la France, après l'Ancien Régime, est passée à Napoléon. Ces thèmes sont récurrents." Le réalisateur a notamment lancé : "Peut-être que ce film pourra réveiller les gens aux Etats-Unis, notamment face aux menaces contre la démocratie" . Si le premier épisode de Star Wars a été écrit "sous la présidence de Richard Nixon, à fin de la guerre du Vietnam" , son dernier opus n'est pas directement lié à l'Irak. "A l'époque, en 1999, nous, les Américains, n'étions pas encore en guerre en Irak. On ne considérait pas Saddam Hussein comme un ennemi, on lui offrait des armes de destruction massive. Il y a un parallèle incroyable entre la guerre au Vietnam et en Irak, sur ce que nous, Américains, y faisons." Véritable maître de la Croisette ce dimanche, George Lucas a embarqué en début d'après-midi sur le plus gros paquebot de croisière du monde, le Queen-Mary-2, venu mouiller quelques heures en baie de Cannes. Gilles Jacob, le président du Festival, avait préparé un film hommage à leur amitié et le cinéaste a reçu, comme Gregory Peck ou Alain Resnais avant lui, le trophée du Festival. De retour sur la terre ferme, George Lucas a été acclamé en montant les marches du Palais avant la projection officielle de La Revanche des Sith. Huit cents copies du film seront distribuées en France, et il sera projeté dès minuit, le 18 mai, dans 300 salles. Il doit sortir le lendemain dans le reste du monde. Nicole Vulser Source : Le Monde |
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