|
#1
| ||||
| ||||
| Le langage des jeunes des cités peut faire rire. Il renforce aussi leur exclusion. La plupart des adolescents des quartiers défavorisés présentent des difficultés avec la langue française, à laquelle ils ont substitué une langue "des cités" souvent comprise d'eux seuls. Ces jeunes donnent l'impression d'être de véritables friches. On dirait que rien n'a été cultivé chez eux, qu'ils se sont constitués tout seuls. Qu'on l'appelle "argot des cités", "parler banlieue" ou "langage des jeunes", ce jargon a été beaucoup étudié "culturellement". Des chercheurs ont décrypté sa structure, décortiqué son vocabulaire, répertorié ses emprunts aux langues des communautés immigrées. Des artistes en ont fait un sujet en tant que tel, comme le réalisateur Abdellatif Kechiche avec L'Esquive, grand vainqueur de la dernière cérémonie des Césars. Bernard Pivot a glissé des "meufs" dans une de ses dictées. Les dictionnaires ont même ouvert leurs pages à certains de ses mots, comme teuf, keum, keuf ou beur (et beurette), également tirés du verlan. N'était-ce pas oublier que ce langage, généralement débité à toute vitesse et sans beaucoup articuler, se heurte aussi à une autre réalité : celle du monde extérieur et de la vie de tous les jours ? Pas simple de chercher du travail, d'ouvrir un compte en banque ou de s'inscrire à la Sécurité sociale quand on ne possède que "350 à 400 mots, alors que nous en utilisons, nous, 2 500" Cette langue est une langue de proximité, une langue du ghetto. Elle est parlée par des jeunes qui sont obligés d'être là et qui partagent les mêmes anxiétés, les mêmes manques, la même exclusion, le même vide. ne recente etude à montrée que 12 % a 15% de la population jeune" utiliserait aujourd'hui exclusivement ce langage Convaincre des jeunes de renoncer à leur argot relève du défi. "Ils sont très réticents quand on leur propose de revenir au b.a.-ba du français. Pour eux, parler bien ou mal, c'est anecdotique. On se doit pourtant de les convaincre qu'il n'y pas d'autre choix que de posséder le code commun général. C'est le seul moyen, pour eux, de sortir de leur condition. Ils sont condamnés à parler le français commun. Et leur peine, c'est l'école." Est-ce un hasard si des spécialistes en prévention de la délinquance s'intéressent autant à cette "fracture linguistique" ? De la carence orale à la violence physique, le pas peut être rapide. "L'incapacité à s'exprimer génère de la frustration. Faute de mots, l'instrument d'échange devient alors la castagne. Et moins on est capable d'élaborer des phrases, plus on tape |
|
#2
| ||||
| ||||
| ouais ben comme dirait ma cousine cinok, garde la pêche!!!! :-D :-D |
![]() |
| Outils de la discussion | |
| Modes d'affichage | |
|
|