Torpeur sur le Parlement


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Vieux 31/05/2005, 08h38
 
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Torpeur sur le Parlement
Pendant que le Premier ministre présente son bilan au Parlement, des membres de son gouvernement et des parlementaires dorment paisiblement. Plus grave, parmi les responsables "somnolants", le Premier secrétaire de l'USFP et le ministre de l'Energie et des Mines.

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Pendant que Driss Jettou présentait le bilan tant attendu de son gouvernement, eux dormaient. Mohamed Elyazghi, ministre et secrétaire général de l'USFP, Mohamed Boutaleb, ministre et membre du MNP et un autre député du MP ont sérieusement piqué du nez alors même que le Premier ministre s'égosillait afin de convaincre des avancées que son gouvernement avait réalisées, et surtout de dissiper la chape de pessimisme qui s'est abattue sur le Maroc ces derniers temps. En d'autres temps, l'image de responsables politiques cédant aux appels de Morphée aurait été exploitée sur le thème « le Roi ne peut compter que sur lui-même. Cette classe politique est décidément constituée d'incapables ». Thème qui a permis aux tenants d'une Monarchie dite forte - mais qui en fait signifiait absolue - de justifier leur position. Cette fois-ci, le raccourci a fait long feu. Il apparaît pour ce qu'il est, un cache-misère pour des institutions défaillantes. L'amoncellement de mauvaises nouvelles et l'impression que les effets d'annonce du Souverain ne prennent plus vraiment.

Les limites de la Monarchie
Les défauts de l'Institution monarchique ont longtemps été dissimulés sous le vernis des qualités personnelles du Roi. Bien qu'avec des attributs différents, Mohammed VI comme Hassan II ont tiré profit de ce même principe. Hassan II était un roi, excusez l'euphémisme, « dur », mais intelligent. Despote certes, mais éclairé. Une partie de l'élite marocaine lui passait ce qu'il faut bien appeler « l'aspect barbare de sa gouvernance », au prétexte de sa supposée supériorité intellectuelle. Mohammed VI joue sur un autre registre. L'autocratisme de son institution était pardonné, voire même validé, par sa gentillesse, sa générosité, son humanité perçue en tous les cas. Tout cela tenait parce que le pays évitait le chaos. Il convulsait de temps à autre mais ne sombrait pas dans l'anarchie. Cette tolérance à l'absolutisme a permis l'accumulation d'une pression dont la maîtrise est de moins en moins probable. Bien que conscient vers la fin de sa vie de la nécessité de libéraliser le champ politique, ne serait-ce que pour permettre à l'institution monarchique de perdurer, Hassan II n'a jamais pu se résoudre à sauter le pas vers une véritable démocratie. Après la gueule de bois post-boom phosphatier du début des années 70 et après l'application des mesures d'austérité durant les années 80, le régime de Hassan II a laissé proliférer le secteur informel comme soupape de sécurité pour les tensions sociales. Résultat : corruption endémique et tissu industriel anémique. Au lieu de faire respecter la règle de droit économique et de permettre aux intérêts de la société de s'exprimer dans l'espace public, il a préféré l'extension de zones de non-droit économique et la mise sous tutelle de l'espace politique. En d'autres termes, il a réprimé le politique légitime au lieu de réprimer l'économique illégal.

Réformes cosmétiques
Le résultat a aussi été une émasculation des élites. En règle générale, celles qui n'ont pu être cooptées ont été marginalisées. Elites économiques rentières et élites politiques élues, non pas au suffrage universel mais au suffrage Hassanien, n'étaient, par définition, pas armées pour faire face aux défis de la mondialisation et de la complexification de la gestion des affaires de l'Etat qui en découlent. Force est de constater que Mohamme VI est resté dans le même schéma mental. Malheureusement pour lui, la panne du système risque de se produire sous sa direction. L'accumulation exponentielle des tensions sur le front du Sahara, l'incapacité de l'économie à générer les richesses suffisantes au bien-être du plus grand nombre et l'avènement d'un terrorisme marocain socialement ancré dans la misère sociale autant que dans les idéologies obscurantistes, mettent la Monarchie dos au mur. Prenant prétexte d'un soi-disant péril vert et avec l'assentiment des partis dits nationaux, Mohammed VI a commis la faute grave de permettre au ministère de l'Intérieur de bidouiller les élections. Résultat, il a fortement endommagé son capital politique. Son rythme de travail, son intérêt poussé pour le business et son intolérance à l'égard des nouveaux espaces de libertés ont contribué à ternir son image.
La bourde de l'annonce du pétrole à Talsint et la pantalonnade de l'Ilôt Tourah ont mis en doute sa capacité à gérer les affaires d'Etat. Cette constellation de dérapages érode un capital réel de sympathie et maintient les élites capables de participer à la gestion des affaires du pays dans la méfiance de la chose politique. Le rôle finalement positif joué par le Roi dans la mise en place de la réforme du statut de la famille n'a pas permis de renverser cette impression. Il n'a pas d'autres choix, aujourd'hui, que de s'atteler à regagner sa crédibilité de réformateur « démocratisant ». Sans la mobilisation d'élites de qualité et la confiance des citoyens, c'est son trône qui est en jeu.

Source: lejournal hebdo

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On dirait que tout vas pour le mieux pendant que le gouvernement dors, le trio espagne algerie et polisario ne perd pas de temps,
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