La MarocAine, une femme d exeption [img align=right]http://www.lamarocaine.com/rachidadati.jpg[/img]
Conseillère de Nicolas Sarkozy, cette fille d’ouvrier marocain savoure ses nouvelles fonctions.
Sa vivacité et son franc parler à toute épreuve lui ouvrent les portes de la réussite.
Dans son bureau du ministère de l’Intérieur, place Beauvau dans le VIIIème arrondissement de Paris, Rachida Dati nous parle de son parcours. Aujourd’hui conseillère technique de Nicolas Sarkozy, en charge entre autres des dossiers de la prévention de la délinquance et de la cohésion sociale, elle est au cœur de l’action politique : "Une chose essentielle dans une cité" avoue t-elle avec fierté. Le regard brillant et le verbe concis, elle retrace les principales étapes de sa carrière. Un itinéraire fulgurant, que rien ne laissait présager. Née en France en 1966 d’un père ouvrier marocain et d’une mère femme au foyer algérienne, Rachida n’a toujours compté que sur elle-même pour gravir les échelons de la réussite professionnelle. Fortement encouragée par un père soucieux de voir sa progéniture réussir là où il n’avait pas eu le privilège d’arriver, la petite Rachida a échappé à l’école publique et à la violence des banlieues. Inscrite dans une école catholique de jeunes filles, elle est élevée avec les enfants de la bourgeoisie provinciale, et observe attentivement leurs codes ainsi que le lui avaient recommandé ses parents. Jusqu’au baccalauréat la studieuse lycéenne jongle avec deux cultures. Celle de l’école où elle est initiée aux messes, aux confessions, aux retraites et à des leçons de savoir vivre, et puis la culture arabo-musulmane délivrée par des parents traditionalistes et conservateurs. La jeune Rachida est aussi très vite initiée à la dureté de la vie. Dès l’âge de 16 ans, elle travaille dans une grande surface puis en milieu hospitalier pendant quatre ans afin d’assurer son argent de poche. En parallèle, elle poursuit un Deug en sciences économiques à l’université de Dijon tout en n’oubliant pas son objectif : travailler dans une entreprise. Née probablement sous une bonne étoile, l’intéressée croise dans une réception Albin Chalandon à l’époque Garde des Sceaux, après avoir été ministre de l’industrie et de l’équipement et l’un des plus jeunes présidents français de banque. Elle l’aborde sans hésitation afin de glaner quelques conseils sur sa future carrière. L’homme lui suggère de lui exposer ses motivations par écrit. Le soir même, la jeune fille a déjà posté sa lettre. Les conséquences dépassent ses espérances. Séduit par son caractère obstiné, Chalandon l’invite à un déjeuner en tête à tête pour lui trouver peu de temps après un poste de comptable chez Elf Aquitaine. Commence alors pour elle la course aux promotions et aux missions. Trois ans plus tard, elle est recrutée à la direction de l’audit au sein du groupe de Jean-Luc Lagardère, à la suite de l’une de ses rencontres avec le président du groupe. Elle explique : "Ma carrière s’est faite grâce à des rencontres et au fait que j’ai toujours su ce que je voulais vraiment". Entre-temps, Rachida s’envole près d’une année à Londres pour devenir auditeur interne à la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement. Son carnet d’adresses s’étoffe aussi. Elle se lie d’amitié avec Marceau Long, Président du Conseil d’Etat qui la présente à Simone Veil. Cette dernière cherchait un rapporteur pour un groupe d’étude à l’initiative du premier ministre de l’époque, Edith Cresson. Rachida paraît être la personne indiquée. Peu de temps après, Simone Veil et Marceau Long l’encouragent à se consacrer à la magistrature. Rachida est alors acceptée sur titre et prête serment, parée de la robe de magistrat de Simone Veil. Cet évènement peu commun est rapporté par la presse française. Depuis, la carrière de la juriste suit son cours. Elle devient juge dans le ressort de la Cour d’Appel d’Amiens et plus tard substitut du procureur au tribunal d’Ivry. Quant à ses rapports avec son pays d’origine Rachida les trouve constants : "J’ai passé ma vie à m’intéresser au Maroc et à mendier les invitations aux manifestations en France se rapportant à ce pays. Je ne perçois aucune indignité à courir derrière mes origines". Qui oserait s’indigner contre cette course ? |