| |||||||
![]() |
| | Outils de la discussion | Modes d'affichage |
|
#1
| |||
| |||
|
Arbour remet un de ses jugements en question Mise à jour le lundi 13 juin 2005 à 22 h 45. Louise Arbour estime qu'un arrêt rendu par la Cour suprême du Canada alors qu'elle y était juge devrait être revu. La décision autorise, « dans des circonstances exceptionnelles », la déportation de suspects de terrorisme dans des pays où ils risquent la torture. Mme Arbour, maintenant haute-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, refuse de qualifier l'arrêt d'erreur, mais reconnaît qu'il ne respecte pas les dispositions internationales qui interdisent de telles expulsions. « Dans certains cas, nous pouvons réexaminer, ou il peut être judicieux que les tribunaux réexaminent leur décision originale, tout comme il peut être judicieux que les législateurs revoient certaines des premières lois extrêmement sévères adoptées en réponse à la menace terroriste », a-t-elle affirmé. Elle prononçait un discours devant le Canadian Club, à Toronto, où elle a reçu le titre de Canadienne de l'année 2005. La décision, rendue en 2002, concernait le réfugié sri-lankais Manickavasagam Suresh, qui a fait l'objet d'une ordonnance de déportation pour des motifs de sécurité nationale. Le plus haut tribunal du pays a reconnu que l'interdiction de déportation de suspects vers des pays où ils courent un réel risque de torture est absolue, en vertu du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dont le Canada est signataire. Mais la Cour suprême a aussi statué qu'il pouvait exister des « circonstances exceptionnelles » où cette déportation pouvait être justifiée, sans cependant préciser lesquelles. Louise Arbour admet que la décision repose sur une interprétation des critères juridiques, « mais les critères juridiques internationaux seraient plus exigeants que ce qui a été exprimé à l'époque ». Elle croit qu'il faut éviter de laisser une crainte irrationnelle du terrorisme porter atteinte aux droits fondamentaux et, dans les pires cas, conduire à des détentions arbitraires et à la torture. Elle note aussi que l'approche adoptée par plusieurs pays au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 tend à changer. La décision n'a pas encore été mise en application, mais des représentants des services d'immigration l'ont invoquée dans le cas de plusieurs individus soupçonnés de terrorisme pour faire valoir que ceux-ci devraient être déportés. Le mois dernier, le comité des Nations unies sur la torture a d'ailleurs incité le Canada à réexaminer sa décision sur le cas Suresh, en plus d'émettre ses préoccupations dans l'affaire Maher Arar. Des pressions des groupes de défense des droits tentent de convaincre le Canada de revoir sa position. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Index/nouvelles/200506/13/008-Arbour-Ca nadian-Club.shtml Radio Canada |