Le long rugissement de la vie éternelle


Précédent   Bladi.net > Culture > Forum Culturel


Réponse
 
Outils de la discussion Modes d'affichage
  #1  
Vieux 14/07/2005, 16h39
Non membre
 
Messages: n/a
Par défaut Le long rugissement de la vie éternelle

« L'Ecclésiaste a dit : un chien vivant vaut mieux
Qu'un lion mort. Hormis, certes, manger et boire,
Tout n'est qu'ombre et fumée. Et le monde est très vieux,
Et le néant de vivre emplit la tombe noire.
Par les antiques nuits, à la face des cieux,
Du sommet de sa tour comme d'un promontoire,
Dans le silence, au loin laissant planer ses yeux,
Sombre, tel il songeait sur son siège d'ivoire.
Vieil amant du soleil, qui gémissais ainsi,
L'irrévocable mort est un mensonge aussi.
Heureux qui d'un seul bond s'engloutirait en elle !
Moi, toujours, à jamais, j'écoute, épouvanté,
Dans l'ivresse et l'horreur de l'immortalité,
Le long rugissement de la vie éternelle. »

(Poèmes barbares, Charles-René-Marie Leconte de L'Isle)


« Cependant je vous dis la vérité: il vous est avantageux que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous; mais, si je m'en vais, je vous l'enverrai.
Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement:
Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir..»

St Jean, 16, 8-9 et 13-14

« Et je vis un ange qui se tenait dans le soleil. Et il cria d'une voix forte, disant à tous les oiseaux qui volaient par le milieu du ciel: Venez, rassemblez-vous pour le grand festin de Dieu,
afin de manger la chair des rois, la chair des chefs militaires, la chair des puissants, la chair des chevaux et de ceux qui les montent, la chair de tous, libres et esclaves, petits et grands. »

St Jean 19,17-18

L'âme de la création crie vers le Seigneur: "Pour qui m'avez-vous formée ? qui est mon créateur ? colère et rapine, brutalité et violence m'oppriment, je n'ai d'autre guide que vous, ouvrez-moi votre champ, Seigneur !"
Le Créateur en appelle à la justice: "Qui protégera la création ? qui lui procurera la pâture et le bien-être ? quel maître lui donner, comment lui épargner la fureur des méchants ?"
La justice répond: "Il n'existe pas de chef sans haine, les plus justes eux-mêmes ne connaissent pas le droit chemin et c'est vers le plus fort que se tournent ceux qui peinent !"
Zoroastre, Les gâtâhs, Yasnah 29, La complainte de la création, 2,1-3

LES VISTES DU DESESPOIR (EXTRAIT)

La mache les firent réapparaître dans une pièce obscure, à côté d’un homme endormi.

Roukam se pencha au-dessus de l’homme.

- Ce n’est pas cet homme-ci. Allons voir ailleurs.

La mache réitéra l’opération, sans plus de succès. La silhouette endormie était une femme.

A la troisième tentative, il trouva ce qu’il cherchait : c’était l’homme qu’il avait vu sur les affiches !

La pièce tenait visiblement lieu de bureau, mais comportait aussi un lit, sur lequel l’homme était allongé. Une faible lampe donnait une lumière suffisante pour s’orienter sans renverser les meubles. Un extracteur d’air ronronnait près du plafond, assurant la ventilation. Roukam tourna sur lui-même, et repéra une porte, qu’il désigna à la mache.

- Obture provisoirement ceci… Copie le motif du mur qui est à côté, et déplace le motif.

Puis il toussota discrètement, pendant que la mache procédait à l’opération demandée.

L’homme sortit de son sommeil, bailla, se passa la main sur le visage, puis se rendit compte qu’il n’était pas seul. Il ouvrit les yeux, l’air contrarié, repéra Roukam et la mache qui flottait toujours en l’air, et se mit debout, comme sous le coup d’une secousse électrique.

- Qui a laissé entrer ce garçon ici ? Gronda t’il. Qui t’as laissé entrer ici ?

N’obtenant pas une réponse immédiate, il fit quelques enjambées rapides en direction de la porte, et s’arrêta net : là où il y avait une porte, il n’y avait qu’un mur en brique, aveugle, sans porte nulle part…

L’homme se retourna lentement vers Roukam, baissa la tête comme un taureau, et gronda de nouveau :

- Est-ce toi qui a fait cela ?

- Oui.

-Qui es-tu donc ?

Roukam n’avait pas envie de perdre de temps cette-fois, et en vint directement au fait.

- C’est moi. Je viens de l’avenir, et je veux savoir si vous êtes capable de faire la même chose.

L’homme se détendit, fit de nouveau quelques pas, et alla finalement prendre place derrière son bureau.

- Non, je ne peux pas faire la même chose. Je peux faire construire ou faire détruire, mais pas de cette façon. Tu viens de l’avenir, dis-tu ? Et pour faire disparaître une porte comme tu viens de la faire, il faut être un surhomme, un Ubermensch, oui, c’est cela tu es un surhomme venu de l’avenir !

Il considéra le jeune garçon avec un soudain respect.

- Es-tu envoyé par Dieu pour nous porter assistance ?

Une lueur de fanatisme brillait dans ses yeux, que Roukam n’aimait pas. A ce point de l’entrevue, Roukam avait déjà compris que ce n’était pas encore l ‘époque ni les gens qu’il recherchait jusqu’à présent, les constructeurs des maches, ceux qui avaient conçu celles-ci et qui les avaient envoyés dans un lointain avenir, pour construire le monde où il vivait. Comme il ne voyait pas très bien que répondre à la question formulée par l’homme, il jugea prudent de répondre par une autre question.

- Je viens d’une ville appelée Dresde. Elle n’est plus qu’un champ de ruines. Je voudrais savoir tes mobiles, pourquoi tous les hommes, dans ton pays, te suivent, et pourquoi aussi, tes ennemis te combattent avec tant d’énergie. Peux-tu m’informer, à défaut de faire disparaître une porte, comme je l’ai fait ? Jouez-vous à un jeu ici ?

- Un jeu ? Mais ce n’est pas un jeu ! Dans ce monde de lutte éternelle, ceux qui veulent vivre doivent se battre, et ceux qui ne veulent pas se battre ne méritent pas de vivre !

L’homme se lança dans une rhétorique assez confuse. Roukam comprit vaguement que la race des hommes de ce pays était une race de seigneurs, que le reste de la terre était dirigé jusqu’à présent par une conspiration internationale de commerçants et de parasites, qu’il fallait faire disparaître pour nettoyer le monde et survivre. Lors d’un discours qu’il avait prononcé, l’homme avait entrevu un glaive lumineux orienté vers l’Est, et avait déclaré la guerre dans cette direction, pour vaincre le communisme. Il était convaincu avoir obéi à un ordre divin. Tantôt il parlait sourdement, tantôt il hurlait.

Roukam laissa ce flot de paroles se tarir. Quelque chose dans ce qu’il venait d’entendre et dans ce qu’il avait vu au-dehors ne lui plaisait pas. Il se souvenait des esclaves, ceux qui avaient suivi Spartacus : eux voulaient vivre libres et égaux. Or, ici, personne ne semblait libre, tout était hiérarchisé à l’extrême, comme dans une colonie de fourmi. Oui, c’était cela, un monde de fourmis…Même dans le monde de cauchemar qu’il cherchait à fuir lui-même, où les hommes vivaient immortels dans le vice et les perversions les plus infâmes, ces hommes-là vivaient libres de leur mouvement, et égaux.

L’homme venait d’achever de discourir, et attendait, ayant renouvelé sa requête :

- Alors, consens-tu à porter assistance à l’Allemagne ?

Roukam secoua la tête.

- Même si c’était possible pour moi, je ne le ferai pas. Votre comportement, la façon dont vous êtes organisés me déplaît..

- Mais pourquoi ? N’ai-je pas obéi à la volonté de Dieu, quand il a fait apparaître à mes yeux ce glaive lumineux ?

- Qui sait ? Peut-être le Dieu dont tu parles a t’il voulu ainsi provoquer ta perte ?

- Mais ne vois-tu pas que le peuple allemand est écrasé sous les bombes ? Que notre pays est en train de mourir sous les coups de nos ennemis ?

- Il faut savoir être capable d’assumer ses responsabilités envers les hommes qu’on dirige, quand on se prétend guide… N’insiste pas, je ne ferai rien pour ton peuple ni pour toi !

Roukam coupa court à l’entretien qu’il avait lui-même provoqué, et ordonna mentalement à la mache de remettre la porte à son emplacement initial, puis de regagner le porche où il se trouvait précédemment.

LES VISTES DU DESESPOIR (FIN DE L'EXTRAIT)

Je manque un peu de doc, et j'improvise, mais ceci est authentique dans le fond (pas la forme):

« Revue Historique mensuelle… Avril 1979… Témoignages de l’entourage d’Adolph HITLER:

Un jour, vers la fin de la guerre, nous avons trouvé le Führer dans un état très agité, il claquait des dents, tremblait, et présentait des symptômes de fièvre. Il désignait sans cesse un coin de sa chambre, mais nous n’avons pas pu déterminer ce qu’il voulait nous dire. Nous avons appelé son médecin personnel, qui lui a administré une piqûre, et il est tombé dans un profond sommeil. Le lendemain, il avait retrouvé son calme….

Autre témoignage, Goering… Le Führer s’est trouvé un jour à côté de moi, à la fin d’un dîner, il ne dit mot pendant un certain temps, puis se pencha vers moi, et murmura sous le ton de la confidence, en me regardant dans les yeux:

"J'AI VU L'HOMME NOUVEAU. IL M'A FAIT PEUR...IL NE CONNAIT PAS LA PITIE !"

Puis il se replongea dans ses pensées. A cet instant même, il semblait complètement déconnecté de la réalité, et j’ai commencé à douter de l’issue du conflit.»
Réponse avec citation
Réponse

Outils de la discussion
Modes d'affichage




Fuseau horaire GMT +2. Il est actuellement 18h59.



1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38