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#1
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Comment le monde change Dans son livre « Les découvreurs », Daniel Boorstyn, directeur de la Bibliothèque du Congrès, donne un exemple de ce comment. L’époque est celle dite des Grandes Découvertes, l’évènement les expéditions de Vasco de Gama (1498 et 1502), qui ouvrent une route commerciale vers l’Asie en contournant l’Afrique. Avant l’ouverture de cette route, les échanges commerciaux entre l’Orient et l’Occident suivaient des routes terrestres ou traversaient le golfe d’Aden pour aboutir à Venise dans le sens Est-Ouest. Non seulement ces voies commerciales mettaient en relation des marchands, mais elles constituaient aussi des vecteurs culturels, des véhicules d’échanges spirituels. La route maritime des Indes et le monopole commercial que les Portugais en ont tiré ont tari ce courant commercial et culturel et entraîné le déclin de Venise. Ils ont rompu un lien que même les Croisades n’avaient pu rompre. Boorstyn résume ainsi leurs conséquences. « Les retombées seront mondiales. La splendeur italienne était due pour une bonne part aux richesses de l’Orient importées par Venise et Gênes. Désormais les trésors de l’Asie — épices, drogues, pierres précieuses, soieries — ne parviendront plus en Europe via le golfe Persique, la mer Rouge et le Levant, mais sur des navires passant par le cap de Bonne-Espérance et arrivant par l’Atlantique. Les sultans d’Egypte avaient réussi à maintenir élevé le cours du poivre en limitant les envois à deux cent dix tonnes par an. L’ouverture de la route portugaise des Indes ne tarda guère à porter ses fruits : en 1503, le poivre se vendait cinq fois cher à Lisbonne qu’à Venise … Les centres du commerce et de la civilisation vont se trouver déplacés par l’ère maritime naissante de la Méditerranée vers l’Atlantique. » Boorstyn donne aussi ces exemples de la manière dont les Portugais agirent. Celui-ci extrait du journal d’un compagnon de Gama : « Nous saisîmes un bateau venant de La Mecque, à bord duquel se trouvaient trois cent quatre-vingts hommes, femmes et enfants, et nous lui enlevâmes bien douze mille ducats, ainsi que des marchandises pour une valeur d’au moins dix mille autres. Puis nous brûlâmes le bateau et tous ses occupants avec de la poudre à canon, le premier jour du mois d’octobre (1498) ». Et cet autre : « Le 30 du même mois, Gama, arrivé à Calicut, somme le zamorin de se rendre et exige l’expulsion de la ville de tous les musulmans. Le souverain temporise et envoie des émissaires. La réaction de Gama est brutale. Il fait appréhender au hasard dans le port un certain nombre de commerçants et de pêcheurs, et les fait pendre sur le champ. Puis il ordonne que les corps soient coupés en morceaux et fait jeter mains, pieds et têtes dans une barque, qu’il expédie à terre accompagné d’un message en arabe suggérant au zamorin d’utiliser ces « restes » pour un curry ». Ce n’est pas que j’approuve les attentats djihadistes, mais en matière de terrorisme les Européens n’ont pas de leçons à recevoir tant ils en ont données au monde. Après cela, Boorstyn pose la question de savoir pourquoi les Arabes n’ont pas fait de « grandes découvertes ». Il en trouve une raison dans leur méfiance envers la mer. Ils eurent cependant de grands marins, tel Ibn Majid, auteur du Kitab al Fawa’id (1490), dont les indications nautiques sur la Mer Rouge et l’Océan Indien sont encore valables aujourd’hui. Ruse de la raison, Ibn Majid s’engagea comme pilote de Gama, contribuant sans l’avoir voulu à l’affaiblissement de l’Orient. Des historiens arabes lui trouvèrent l’excuse de la boisson. Quoi qu’il en soit, il semble bien que ce changement du monde s’est fait au détriment des Musulmans. |
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#2
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| Citation:
Donc pas étonnant que la violence extrême se retrouve au delà des cultures et des époques. Le seul "salut" ne viendra pas d'une améiloration de "la nature humaine" mais plutôt du renforcement des institutions qui permettent une "régulation" de cette violence, de l'éducation aux valeurs de solidarité et d'une meilleur connaissance de l'Autre. |
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#3
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on peut comprendre de ton intervention mon cher jdal que le monde ne peut changer que par la violence. L'histoire de l'Humanité peut nous emmener à affirmer cela. D'ailleurs les révolutionnaires Français, russes et d'autres faisaient de la violence une condition nécessaire pour tout changement. Cependant l'histoire récente de l'Humanité nous démontre que bien des changements se sont fait pacifiquement, quand la volonté d'éviter la violence est bien présente : la construction européenne en est un exemple, Ghandi et sa doctrine de la non violence, la fin de l'Appartheid, la sortie du cauchemar stalinien pour certains pays ... reste à savoir si les êtres humains ont assez de recul, de marge de manoeuvre, de ressources et de volonté pour déjouer les "ruses" de l'Esprit ! |
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#4
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Le monde a changé par d'autres moyens que la violence, souvent discrétement, localement. Ce que j'ai remarqué dans la théorie de Boorstyn, c'est le changement entre deux mondes, la rupture d'une sorte d'équilibre millénaire au bénéfice de l'un et au préjudice de l'autre. Je viens de lire un opuscule de Baudrillart, datant de 1978, consacré aux masses. Il y oppose l'effort institutionnel de donner du sens à la société à l'inertie des masses, à leur refus du sens. Il établit aussi un parallèle entre ce refus du sens des masses et le terrorisme comme refus du sens. Je dis bien un parallèle. Les masses sont incapables de terrorisme ; elles en sont la victime effective ; les victimes de Londres ou d'ailleurs n'ont pas de nom dans les media, donc elles n'en ont pas pour nous. De toutes façons, je me suis déterminé au refus de la violence pour changer quoi que ce soit, et quoiqu'il m'en gonfle parfois d'y avoir renoncé. |
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#5
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Le temps médiatique, par sa nature même, est très court par rapport au temps historique. Seul l'urgence, l'immédiateté et le présent interessent les médias. D'autre part ils ne sont friands que du sensationnel et donc de la violence. C'est ainsi que les événements violents sont mis en avant. Depuis plusieurs décennies et pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, des personnes d'origines, de religion et de croyances différentes, voire antagonistes, vivent ensemble en Europe, souvent en harmonie et sans violence. Mais les médias ne mettent pas en avant cet aspect. Je pense que c'est cette expérience de vie commune pacifique qui travaille en profondeur le mouvement de l'Histoire (la vraie non la virtuelle), et non les quelques événements qui font la une des médias ! |
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#6
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| Citation:
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