La plupart des managers marocains craignent l'application des règles de la transparence


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Vieux 18/07/2005, 17h38
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Par défaut La plupart des managers marocains craignent l'application des règles de la transparence


La plupart des managers marocains craignent l'application des règles de la transparence


Une récente enquête initiée par la fondation CGEM a révélé que la majorité des patrons ignorent le contenu du concept de gouvernance d'entreprise


Au moment où la bonne gouvernance d'entreprise se confirme de jour en jour comme une valeur universelle et une exigence à caractère international en matière des affaires, ce concept n'est même pas encore bien cerné par les managers marocains. Selon une enquête sur la gouvernance d'entreprise au Maroc, initiée par la fondation CGEM pour l'entreprise, avec le soutien du «Center for International Private Enterprise» (CIPE), même si la plupart des dirigeants et responsables enquêtés (94,4%) semblent connaître ou du moins être au courant du concept de gouvernance, la majorité d'entre eux n'en connaissent pas le contenu et l'étendue.

Cette enquête a pour objet d'évaluer le contexte juridique et institutionnel ainsi que la pratique de la gouvernance dans les entreprises par rapport aux textes en vigueur et aux normes et codes internationaux, notamment les principes révisés de l'OCDE.

D'ailleurs, les enquêteurs ont eu du mal à avoir la confiance des enquêtés, dont certains avancent toutes sortes de prétextes (confidentialité des informations demandées, indisponibilité de la personne habilitée à répondre…) pour ne pas avoir à remplir le questionnaire ou refusent carrément de collaborer. Ce qui a permis aux enquêteurs de tirer, dès le début, une première conclusion de leur travail, bien avant qu'il soit bouclé : «Les difficultés rencontrées au niveau de l'enquête, à elles seules, en disent long sur le degré de transparence et les pratiques de gouvernance dans les entreprises au Maroc».
Le taux de réponses enregistré par cette enquête, qui a été réalisée auprès d'un échantillon de 40 entreprises faisant appel public à l'épargne, en majorité cotées en bourse, a été globalement de 45%.

La fausse perception du concept de gouvernance par les dirigeants se confirme par le fait que la plupart des sociétés cotées ont déclaré qu'elles disposent d'une charte de gouvernance (61,1%), mais le contrôle de vraisemblance fait à une question ultérieure montre qu'en fait il n'en est rien. «Il s'agit souvent de conventions ou d'accords quelconques, mais pas de véritable code de gouvernance», selon les enquêteurs.
Cette faiblesse culturelle en matière de gouvernance dans le monde des affaires au Maroc se manifeste également au niveau du degré de connaissance des textes relatifs à la gouvernance.

En effet, «il semblerait là aussi que le contenu de ces textes et leur implication en matière de bonne gouvernance ne soient pas connus. La preuve en est que, rares sont les interviewés qui ont pu apprécier les insuffisances des textes qui leur ont été présentés», affirment les enquêteurs.
Par contre, les organes en matière de gouvernance d'entreprise (ministères des Finances, de la Justice, le CDVM et la Bourse des valeurs) semblent être mieux connus que les textes. «Le rôle précis de ces organes en la matière reste cependant souvent méconnu des interviewés, du fait que les textes qui les régissent ne leur sont pas familiers».

Des droits à respecter
Le deuxième volet de l'enquête a porté sur la pratique de direction, de gestion et de contrôle des affaires et son degré de conformité avec les bonnes pratiques de gouvernance d'entreprise.

A ce sujet, l'analyse des résultats a montré que les droits des actionnaires à l'information, à la participation et au vote aux AG semblent être respectés conformément aux textes et sans coût pour l'actionnaire. «Cependant, il semblerait qu'il existe souvent des actions nominatives, ainsi que des clauses d'agrément ou pactes d'actionnaires dans les statuts qui limitent la transférabilité des actions», nuance l'enquête, en ajoutant que la nomination et la révocation des administrateurs, ainsi que le partage des bénéfices sont souvent des décisions prises par les actionnaires principaux seulement, à travers le Conseil, avec ratification de l'AG.

Pour les décisions concernant des changements fondamentaux pour la société, elles sont souvent prises par l'AGE et parfois par le Conseil. La majorité des sociétés publient des informations sur la structure apparente de leur capital (72,2%), mais pas sur les actionnaires ultimes. D'ailleurs, le concept d'actionnaire ultime n'est pas toujours bien compris par les interviewés. Et dans le cas où ces OPCVM existent dans le capital, une bonne partie des entreprises ont répondu qu'elles n'exercent pas leur droit de vote.

Par ailleurs, la majorité des sociétés ont répondu qu'elles respectent les droits juridiques des parties prenantes, mais pas ceux relatifs à la protection de l'environnement ou du consommateur, et affirment avoir un mécanisme d'intéressement du personnel.

En ce qui concerne la transparence et la diffusion de l'information, les sociétés ayant une structure de groupe ne procèdent pas toutes à la publication de situations consolidées parce que les textes ne les y obligent pas et la plupart des sociétés cotées en bourse et ayant une structure de groupe (61,1%) procèdent cependant à la consolidation de leurs comptes. 61,1% des entreprises déclarent avoir un service dédié à la communication financière et 88,9% affirment procéder à la publication de situations annuelles comptables auditées, y compris les situations consolidées quand elles sont faites.

A l'inverse, il faut noter l'absence totale d'informations diffusées sur la qualification, la rémunération et l'indépendance des membres du Conseil d'administration et des principaux dirigeants, ainsi que sur les actionnaires ultimes.



Lahcen Oudoud | LE MATIN

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  #2  
Vieux 19/07/2005, 02h26
 
Date d'inscription: juillet 2005
Messages: 38
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On gagne plus de fric dans un systeme corrompu, le seul perdant dans ce cas, c'est l'état.
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