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#1
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Ma bohème Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ; Mon paletot aussi devenait idéal ; J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ; Oh ! là là ! que d'amours splendides j'ai rêvées ! Mon unique culotte avait un large trou. - Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse. - Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou Et je les écoutais, assis au bord des routes, Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ; Où, rimant au milieu des ombres fantastiques, Comme des lyres, je tirais les élastiques De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur "Arthur Rimbaud" |
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#2
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MERCI POUR CES VERS PLEINS DE GRACE ET D ELOQUENCE
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#3
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il etait pd
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#4
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OUI IL ETAIT GAY AINSI QU OSCAR WILDE ET TANT D AUTRES
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#5
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J'ai découvert Rimbaud au collège et depuis je suis devenue une inconditionelle:-) Quand on lit d'autres poètes..., tout est si bien construit, compté, rimé... mais quand je lis du Rimbaud, je me sens bcp plus libre, plus tranquille, je ne ressens pas l'ettouffement de la perfection métrique que je ressens en lisant d'autres... et puis sa jeunesse tourmentée a beacoup ajouté à son mythe je pense :-) |
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#6
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pffffffff....alors personne ici n'aime Rimbaud :-)
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#7
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Si, si, toutemimi, j'aime aussi, tu n'es pas la seule ! J'ajoute que Rimbaud était un brillant élève (il écrivait et traduisait des vers latins mieux que certains grands auteurs), révolté (contre sa famille, les bourgeois, etc. il a participé aux émeutes de la commune de Paris en 1870, ce qui lui a valu d'être emprisonné avant d'être libéré par son professeur, Izambard. Il publie ses premiers poèmes à 16 ans et forme un projet poétique : "Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens." Verlaine (grand poète également), plus âgé de dix ans, déjà marié (pour se ranger, car à la suite de la mort de son père et de la femme qu'il aimait, il a sombré dans l'alcoolisme et est devenu violent), a effectivement été ébloui par le génie précoce d'Arthur Rimbaud qu'il héberge à Paris. Ils vivent une brève passion orageuse (Rimbaud avait alors dix-huit ans), puis Verlaine tire sur Rimbaud un coup de pistolet qui le blesse à l'épaule, et lui vaut une condamnation à deux ans de prison (où il se repent et se tourne vers Dieu). A peine l'âge mur atteint, Rimbaud abandonne la littérature, voyage, s'engage dans l'armée néerlandaise puis déserte, devient gérant de comptoirs commerciaux à Harrar, puis sans doute trafiquant d'armes en Ethiopie. Rentré en France à 36 ans pour se soigner et se marier, il est amputé de la jambe dès son arrivée et meurt dans les bras de sa soeur Isabelle qui dit l'avoir ramené in extremis à la foi. Par ailleurs, si la langue qu'il utilise dans ses premiers poèmes (très influencés par ceux de Hugo, entre autres) semble couler de source, il n'en est pas de même pour les textes suivants réunis dans deux recueils, "Une saison en enfer" et "Illuminations". |
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#8
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Voici un autre poème parmi les plus connus : Le Dormeur du Val C'est un trou de verdure où chante une rivière Accrochant follement aux herbes des haillons D'argent ; où le soleil, de la montagne fière, Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons. Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue, Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue, Pâle dans son lit vert où la lumière pleut. Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme Sourirait un enfant malade, il fait un somme : Nature, berce-le chaudement : il a froid. Les parfums ne font pas frissonner sa narine ; Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit. Octobre 1870. Ce sonnet, comme d'autres poèmes de Rimbaud, est inspiré par la guerre de 1870 (contre les Prussiens, c'est-à-dire les Allemands). Le jeune Arthur, qui fugue souvent, a pu voir sa région dévastée, il est très choqué. Le poète dresse ici un tableau très coloré et vivant qui frappe l'imagination pour en faire ressortir toute l'horreur, sans jamais prononcer le mot "mort." Dans un ruissellement de lumière (haillons d'argent du soleil qui luit et se reflète dans l'eau, val qui mousse de rayons) et de vitalité végétale, au milieu de tant de couleurs (le vert de l'herbe, le bleu du cresson, le jaune du soleil, l'argent de la rivière, la couleur des glaïeuls) et de gaieté (chante, follement, mousse), l'immobilité et la pâleur d'un corps, et le rouge du sang. Au sujet de la progression dramatique : Le premier quatrain (strophe de quatre vers) plante le décor plein de vie et de gaieté. Le deuxième nous présente au milieu de tout cela, un jeune soldat dormant, d'une pâleur inquiétante et anormale dans toute cette lumière et cette verdure. L'inquiétude grandit avec le premier tercet (strophe de trois vers) : le soldat sourit comme un enfant malade et a froid. Il ne participe pas à l'exubérance de vie qui l'entoure et même le soleil n'arrive pas à le réchauffer. Il ne réagit pas aux parfums de la nature, sa poitrine ne bouge plus. Et l'explication finale arrive, saisissante : il a deux trous rouges au côté droit. |
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#9
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| Citation:
Ce poème, s'il évoque les fugues et les errances du jeune Arthur, s'inscrit aussi dans un débat poétique qui oppose Rimbaud, poète génial pour qui écrire des poèmes semble aussi facile que de laisser tomber des cailloux sur le chemin, à ceux qui furent ses modèles. Le poète défend ici une conception de la poésie et les choix de vie qu'elle implique : si sa Muse demande le dénuement qui devient emblématique de l'affranchissement des contingences, il n'y a là ni malheur, ni injustice. Le débordement et la cassure des vers montrent aussi le désir de liberté du poète qui bientôt abandonnera la versification traditionnelle. |
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#10
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J'espère que vous aurez savouré la lecture de ces quelques vers et que cela vous aura donné envie de lire d'autres poèmes. Merci à toutemimi d'avoir initié ce fil. |